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Aisha (Sonam Kapoor/cure-dent n°1) ne s’habille qu’avec de grandes marques et veut tellement paraître sophistiquée avec son maquillage L’Oréal appliqué à la louche qu’elle finit par ressembler au mieux à une mémère bloquée dans les années 80 (Liliane Bettencourt style), au pire à un travesti.
Elle est entourée par Pinky (cure-dent n°2), aussi agréable que votre petite sœur en sevrage de Gossip Girl, et par la mal-dégrossie-limite-idiote Shefali (Desi Girl en voie de mutation vers cure-dent n°3). CD n°1 en pince pour Arjun (Abhay Deol) apparemment parce qu’il lance des gravillons à la fenêtre de sa chambre (12 ans d’âge mental) et porte une cravate quand il va au bureau.

- Elle a le tailleur de votre mère, il porte une pince à cravate, ils étaient faits l’un pour l’autre !
Entre shopping, jardinage et pâtisserie, CD n°1 n’a plus une minute à elle : mais comme elle se revendique "organisatrice en chef" et qu’elle s’enorgueillit de penser aux moins chanceux qu’elle, CD n°1 décide de maquer Shefali (DG->CD n°3) avec Randhir, un grand dadais insupportable au look improbable, vaguement amoureux d’elle : quelle super copine !
Et l’on peut ajouter à cette bande de winners, Aarti (super cure-dent), la pseudo-copine d’Arjun, et Dhruv, qui éveille vaguement l’intérêt de CD n°1, sûrement parce que tout son jeu d’acteur s’est concentré dans ses pectoraux.

- Une belle brochette... de cure-dents !
Jane Austen doit se retourner dans sa tombe : où qu’elle se trouve, elle en a pourtant vu des vertes et des pas mûres question adaptations (et du très bon aussi, cf le film tamoul Kandukondain Kandukondain), mais Aisha, version bollywoodienne d’Emma, nivelle le palmarès vers le bas. Il y avait pourtant un beau challenge à relever tant la société indienne avec ses problèmes de classes, de castes, et son essor économique rappelle la société anglaise du début du 19ème siècle. Mais il aurait fallu conserver l’intelligence, l’ironie, la légèreté et la fluidité littéraire de Miss Austen. La production d’Aisha a au contraire la légèreté d’un éléphant chaussé de stilettos : on avait pas vu placements de produits aussi subtil depuis la bouteille de soda de Taal et, quand Aisha veut marier Shefali et Randhir, elle leur réserve une chambre d’hôtel et les dépose devant : classe.

- Je suis pas que jolie, je sais aussi me servir d’un ordinateur !
Le rythme est sous tranxène, même la descente en rafting est aussi palpitante qu’un dimanche après-midi à regarder une chaîne publique française. Sonam Kapoor veut nous montrer qu’elle peut être drôle et qu’elle sait pleurer mais comme elle joue sur le mode second degré de grande gigue immature, on est plus dans la commedia dell’arte que dans l’émotion. Si elle ne manque pas de grâce et de joliesse, elle n’a clairement pas, pour le moment, les épaules pour porter un film toute seule : c’est pourtant ce qu’a voulu faire la famille Kapoor en produisant ce film, lancer Sonam comme un produit marketing mode après la déception de Saawariya, comme toutes les familles de l’aristocratie bollywoodienne l’ont fait un jour avec leurs rejetons. Pour que ça fonctionne, il aurait fallu donner quand même un peu d’épaisseur aux autres personnages, qui ici ne sont que des caricatures, et opter pour une réalisation plus subtile et moins datée.

- Bon, d’accord, c’est vrai qu’elle est jolie comme tout !
C’est que les comédies réussies faisant l’éloge de la superficialité, façon La Revanche d’une Blonde ou le plus ancien Indiscrétions, ne se réalisent pas facilement. Comme ces comédies romantiques qui sont l’un des musts de Bollywood, ces films dont on se repasse régulièrement les meilleurs moments en boucle, et dont même les séquences les plus improbables ou "cucul la praline" deviennent cultes. Si vous achetez Aisha, je suis prête à parier qu’il finira au fond de votre placard puis sur la liste de films que vous braderez sur eBay quand il faudra faire de la place... !
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