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Pukar

Traduction : L'appel

Bande originale

Kay Sera Sera
Sunta Hai Mera Khuda
Humrahi Jab Ho Mastana
Hai Jaana - 1
Hai Jaana - 2
Kismat Se Tum
Ek Tu Hi Bharosa

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La critique de Fantastikindia

Par Laurent - le 15 mai 2009

Note :
(7/10)

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Désobéissant aux ordres de son supérieur Hussein (Om Puri), le major Jaidev Rajvansh (Anil Kapoor) capture à la suite d’une expédition mouvementée le dangereux terroriste Abhrush (Danny Denzongpa), qui jure de se venger. A son retour, Jaidev est accueilli à bras ouverts par son amie d’enfance Anjali (Madhuri Dixit), qui l’aime en secret depuis toujours. Mais Jaidev est amoureux de Pooja (Namrata Shirodkar), au grand désespoir d’Anjali. Ayant réussi à s’évader, Abhrush va profiter de la situation…

Pour sa septième réalisation, Rajkumar Santoshi a choisi de s’attaquer au genre du suspense anti-terroriste. Reprenant le couple principal du film de gangsters Parinda, Anil Kapoor et Madhuri Dixit, il renoue avec sa spécialité : le film d’action. Anil n’est certes pas le protagoniste idéal du genre dans la filmographie du réalisateur, c’est un acteur plus soft qu’un Sunny Deol (Ghayal, Ghatak), ou que les durs à cuire vieillissants de China Gate, nouvelle version des Sept Mercenaires par Santoshi, mais il sait jouer la carte du héros romantique, aidé par la présence de la lumineuse Madhuri Dixit, plus séduisante que jamais et bonne comédienne comme souvent.

Toutefois, le personnage le plus marquant du film est sans conteste celui du terroriste impitoyable interprété par Danny Denzongpa : ce spécialiste des rôles de méchants dans les années 90, qu’il soit opposé à des héros virils comme Amitabh Bachchan (Agneepath) ou Nana Patekar (Krantiveer), est l’acteur fétiche de Santoshi, apparaissant dans 5 films consécutifs du réalisateur ; et s’il était encore meilleur en méchant sadique moustachu dans le néo-western Ghatak, il est ici impeccable, et confirme qu’il est un acteur qui ne déçoit jamais.

Rajkumar Santoshi est également exigeant sur les aspects techniques du film, comme sa photo travaillée, ou bien son sens du cadrage et du rythme. On sent bien d’ailleurs que, s’il trousse la romance des protagonistes tout à fait correctement, il prend surtout du plaisir à multiplier les scènes d’action impressionnantes, variées aussi bien dans leur nature (combats, fusillades, explosions, courses-poursuites) que dans le type de véhicules utilisés (voitures, avion, hélicoptère).

La séquence d’ouverture, où Anil part capturer le méchant, est l’un des sommets du film : après un vertigineux saut en parachute, notre héros et ses hommes partent en expédition dans la neige et sont confrontés aux terroristes, jusqu’à ce que le héros neutralise leur chef dans un combat singulier. Visuellement superbe, cette scène nous rappelle une fois de plus que, loin des matrixeries câblées simili-arts martiaux et autres poursuites de voitures clipées, Santoshi est l’un des derniers défenseurs d’un cinéma d’action traditionnel à Bollywood.

Car il sait éviter les gros effets, son cinéma se rapprochant plus des films américains des années 80. Et si l’aspect « film de commando » de cette séquence est sommaire et ne rivalise pas avec des productions hollywoodiennes, même bien antérieures (Aliens, Predator avaient par exemple modernisé le genre en le mêlant à la science-fiction), la scène du saut en parachute de toute une escouade d’hommes est très bien faite ; on retrouvera une séquence de ce type six ans plus tard dans Don avec Shah Rukh Khan, mais réalisée par effets spéciaux, et copiant bêtement un film occidental (le duel en chute libre entre James Bond et Requin dans le prégénérique de Moonraker).

On peut cependant trouver au film quelques défauts secondaires : dans le genre du thriller anti-terroriste, Pukar est nettement moins parfait que le remarquable Mission Kashmir de Vidhu Vinod Chopra, sorti la même année, un film ambigu qui lui est supérieur sur tous les points (technique, direction d’acteurs, ampleur tragique), à part peut-être pour les séquences d’action. Quant aux clichés du genre, ils sont plutôt bien traités : certes, le scénario ultra-classique, acceptable dans le cadre d’un film commercial, s’empêtre un peu dans un triangle amoureux banal dans la première partie ; en revanche, l’aspect patriotico-militaire évite la grandiloquence nationaliste des thrillers anti-pakistanais (Zameen) et autres films de guerre (Line Of Control).

Pukar est ainsi un film d’action hindi qui échappe à la lourdeur emphatique habituelle. Ce film de genre esthétisant ressemble plus à un film de commande qu’à une oeuvre personnelle de son réalisateur : contrairement à Khakee par exemple, on n’y trouve pas toutes les constantes de son cinéma (film engagé à la Damini, plus récemment Halla Bol ; ambiance de western à la Ghatak). Comme la plupart des films d’action bollywoodiens, celui-ci est un peu trop long et un peu trop masala : est-ce une concession octroyée au producteur ou bien une tentative, hélas manquée, de renouer avec le grand public après l’échec de l’ambitieux China Gate deux ans auparavant ? Pukar accorde en tout cas plus d’importance à l’histoire d’amour et aux chansons que dans ses films précédents, un peu plus originaux.

Cela dit, ne pinaillons pas sur des points faibles mineurs. Avec ce film, Santoshi confirme qu’il est un artisan chevronné en nous livrant un quasi-sans faute : bonne direction d’acteurs, couple glamour, technique impeccable, scènes d’action nombreuses et soignées, rythme fluide de l’ensemble, des qualités qui font de Pukar une belle référence du film d’action hindi par le maître du genre. Ce divertissement haut de gamme plaira donc à tous ceux qui ont découvert le réalisateur en 2004 avec Khakee, un polar musclé pour lequel il mettra la barre encore plus haut.


Ek Tu Hi Bharosa

Commentaires
6 commentaires
En réponse à Laurent - le 15/05/2009 à 15:05

C’est exact, les Tamouls les copient plutôt bien depuis le début des années 90, notamment avec Rajini, mais le cinéma hindi maîtrise moins la technique ;-)

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Jaamunaa le 23/02/2019 à 14:31

J’ajoute que cette séquence ke sera sera est pour moi plus que remarquable par la performance dansée absolument exceptionnelle de Prabhu Deva & Madhuri Dixit avec en plus toute la fantaisie dont Madhuri sait faire preuve, aussi pour l’orchestration du titre. Des qualités que je n’ai jusqu’ici pas retrouvées dans les chansons des productions de ces 3 dernières années où pour moi rien d’émerge d’un ensemble où tout parait formaté sur le même moule et où rien ne brille par une quelconque originalité. Alors que je pourrais en citer des dizaines et des dizaines de la décennie précédente qui leur sont largement supérieures. Mais je n’ai pas encore tout découvert …

Jawad le 22/05/2009 à 11:57

Film sympa, pas inoubliable mais qui reste correct, grace à Anil et Madhuri mais aussi à la musique. On oubliera quand même les méchants super caricaturaux et les scènes d’actions pas toujours maitrisées. 7 c’est pas mal, j’aurais mis 6 ou 6,5 mais c’est subjectif.

pbx67 le 15/05/2009 à 14:55

Les "matrixeries câblées simili-arts martiaux" : Waouhhh ! Ce sont en fait des "Yuen Woo Pingeries", du nom de celui qui a chorégraphié entre autres, Fist of Legend, Crouching Tiger, Hidden Dragon, Kill Bill Vol. 1 et Vol. 2, Kung Fu Hustle…

Laurent le 15/05/2009 à 15:05

C’est exact, les Tamouls les copient plutôt bien depuis le début des années 90, notamment avec Rajini, mais le cinéma hindi maîtrise moins la technique ;-)

Madhurifan le 15/05/2009 à 08:52

Merci d’avoir passé ce film en revue Laurent. Il le mérite.

J’ai beaucoup aimé Pukar malgré le coté parfois un peu "gamin fanfaron" d’Anil, un acteur que je trouve capable du meilleur (Salam-e-Ishq, Lajja) comme du pire (No Entry).
Le concert de Lata à quelque chose de surréaliste, de lunaire, un peu comme celui de Kajol dans Fanaa. Il doit y avoir une norme de mise en scène de concert patriotique :-)
Une fois de plus Madhuri est excellente. D’ailleurs je trouve que c’est une très bonne période pour elle (Aarzo, Lajja Devdas). J’ai beaucoup apprécié la scène de la rencontre entre Pooja et Jaidev sur fond du remarquable "Que sera" (un morceau d’anthologie pour moi). Cette distance entre les protagonistes renforce le côté émotionnel : Anjali assiste, impuissante, à la recontre qui va la détruire. Tout le film est trufffé de touches qui donnent du relief aux personnages.

Bref, un très bon moment à passer. Je lui mettrais facilement un 7.5, voire 8.

Maya le 15/05/2009 à 08:21

A noter aussi : une splendide BO, signée AR Rahman, dont Ek Tu Hi Bharosa, chantée en direct dans le film par Lata Mangeshkar (exceptionnel !) qui me flanque la chair de poule à chaque fois que je l’entends.

Moi qui ne suis pas fan des films d’action, Pukar m’a plu à cause du personnage de Madhuri Dixit, de cet amour renié qui l’amène à (…spoiler…), j’ai trouvé que c’était original et fort, cela donne un ton différent au film.