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Shirin Farhad Ki Toh Nikal Padi

Traduction : Shirin et Farhad se sont casés

Année2012
LangueHindi
GenreComédie romantique
RéalisateurBela Bhansali Sehgal
Dir. PhotoMahesh Aney
ScénaristeSanjay Leela Bhansali
ActeursBoman Irani, Farah Khan, Daisy Irani, Nauheed Cyrusi
Dir. MusicalJeet Ganguly
ParoliersAmitabh Bhattacharya, Faral Ali
ChanteursShreya Ghoshal, Mohit Chauhan, KK, Neeraj Shridhar, Usha Uthup
ChorégraphesGeeta Kapoor, Pony Verma, Longines Fernandes, Feroz Khan
ProducteursSunil Lulla, Sanjay Leela Bhansali
Durée112 mn

Bande originale

Khatti Meethi
Ishq Mein Tere Bina
Kaafir Andhere
Kukuduku
Shirin Farhad Ki Toh Nikal Padi
Ramba Mein Samba

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Fiche IMDB
Page Wikipedia
La critique de Fantastikindia

Par Raj Aryan - le 23 avril 2013

Note :
(7/10)

Article lu 1230 fois

Farhad Pastakia (Boman Irani) est un Parsi de 45 ans vivant à Bombay. Il travaille comme vendeur dans une boutique de lingerie féminine. Toujours célibataire, il vit avec sa grand-mère et sa mère Nargis (Daisy Irani) qui le couve comme un bébé. Malgré les efforts de sa mère et de nombreuses rencontres matrimoniales, Farhad ne parvient pas à trouver une épouse à cause de son âge et de son métier, à la fois modeste et « inhabituel ».

Un jour, il rencontre dans sa boutique Shirin Fuggawala (Farah Khan), une Parsie célibataire de 40 ans. Le hasard les fait se rencontrer plusieurs fois. Ils ne tardent pas à tomber amoureux l’un de l’autre et décident de se marier. Mais la mère de Farhad déteste sa future bru car elle est la secrétaire de la fondation parsie qui gère l’immeuble. A ce titre, Shirin a fait détruire le réservoir illégal construit par le défunt mari de Nargis et auquel elle était très attachée.

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Farhad Pastakia, vendeur de sous-vêtements … féminins

Shirin Farhad est le titre d’une des plus célèbres histoires de la littérature persane adaptée par de nombreux auteurs, en particulier le célèbre poète Nezami au XIIe siècle. Cette histoire est très connue en Inde où les mystiques soufis ont fait de l’amour de Farhad pour Shirin, une métaphore de l’amour divin.

Il n’est donc pas étonnant avec des personnages éponymes, d’avoir un film sur les Parsis (1), communauté originaire d’Iran ayant conservé sa religion zoroastrienne et installée en Inde au cours des siècles. Pourtant avec un tel titre et une telle affiche, on voit bien qu’on est à cent lieues d’une histoire d’amour mystique mais plutôt dans une comédie drolatique.

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« Tu me donnes ton numéro ? »

Shirin Farhad Ki Toh Nikal Padi n’est peut-être pas un chef-d’œuvre mais c’est en tout cas un très bon divertissement qui fait éclater de rire plus d’une fois, en particulier lors de la fameuse scène de la serviette. L’échec du film s’explique peut-être par le fait qu’il dépeint l’histoire d’amour de deux personnes ayant la quarantaine passée. Mais c’est justement ce qui donne son charme au film et qui nous offre une histoire à la fois touchante et atypique.

Dans le rôle du héros, on trouve Boman Irani, plutôt habitué aux rôles de second couteau comique ou de méchant (comme dans les deux derniers Don). Il assure le spectacle en étant à la fois drôle et touchant dans son rôle de vieux garçon amoureux. Mais la révélation du film c’est indéniablement Farah Khan qui pour la première fois, passe vraiment devant la caméra et en haut de l’affiche. Farah est vraiment géniale dans ce rôle qui lui va à merveille, elle est pleine d’humour et d’énergie et son accent si particulier va bien avec son personnage.

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L’amour n’a pas de date limite

C’est une bonne initiative de Bela Bhansali Sehgal (sœur de Sanjay Leela Bhansali) de nous conter ici une histoire d’amour entre des personnages plus tout jeunes et avec un physique sortant des canons habituels de la minceur. Cela n’empêche pas nos deux personnages éponymes d’être pleins de charisme. Farah Khan, qui pour ses films choisit toujours des actrices grandes et minces (Sushmita, Deepika, Katrina), montre ici en passant devant la caméra qu’elle n’a rien à leur envier tant elle rayonne dans ce film.

Pour ce film, Bela Bhansali Sehgal a voulu rendre hommage à la communauté parsie qu’elle connaît bien. Bien que pionniers et nombreux dans le cinéma hindi, les Parsis sont une communauté peu représentée à l’écran, il faut dire qu’ils sont très peu nombreux : 0,005% de la population indienne ! Ici, tous les personnages sont parsis (avec de jolis prénoms persans comme : Firdaus, Feroz, Nargis, Khurshid, Anahita etc..) et tous les acteurs pour les interpréter le sont aussi. Boman et Daisy Irani sont bien sûr parsis comme leur nom l’indique (les Irani sont une partie des Parsis arrivés plus récemment d’Iran). Quant à Farah Khan, sa mère est parsie (sœur de Daisy Irani) et son père musulman (d’où son nom). On trouve aussi dans ce film, l’une des plus belles actrices parsies, la magnifique Nauheed Cyrusi. Dans le rôle de son fiancé, on retrouve Rushad Rana, entraperçu dans Mohabbatein, Rab Ne Bana Di Jodi et qui jouait l’assistant de Samiya Siddiqi dans Veer-Zaara.

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La méchante tante et la mère tyrannique semblent bien s’amuser

Petit clin d’œil dans ce film à Feroze Gandhi (aucun lien de parenté avec le Mahatma Gandhi), un Parsi célèbre pour avoir épousé Indira Nehru et ainsi avoir donné son nom à la plus célèbre famille de la vie politique indienne. Ici, c’est un autre Feroze Gandhi, le vieil oncle de Farhad, toujours célibataire et complètement fou, qui veut toujours épouser son « Indira ». Touchante métaphore du fort taux de célibat au sein de cette communauté.

Mais revenons au film qui est avant tout divertissement, plus qu’une analyse ethnographique de la communauté parsie. Les chansons de Jeet Ganguly contribuent, elles aussi, au charme du film. Séparées du film, elles ne sont pas des plus marquantes mais associés à lui, elles sont à la fois comiques et romantiques.

Les clins d’œil sont nombreux dans les chansons comme dans Kukuduku sur laquelle Farhad danse dans sa chambre pour exprimer ses sentiments naissants devant ses posters de Freddy Mercury, lui-même parsi ayant passé une partie de sa jeunesse à Bombay, et qui avait à l’époque Lata Mangeshkar pour modèle.

Mais les morceaux les plus amusants nous sont offerts par Farah Khan qui après avoir réalisé tant de chorégraphies de films nous permet enfin de voir ses talents de danseuse. Dans Khatti Meethi, elle se met à danser avec plein de grâce et d’humour pour exprimer à son tour les sentiments naissants de son personnage. C’est toute la magie des chansons hindi mais avec des personnages au physique « ordinaire ».

Le titre le plus drôle est bien sûr Ramba Mein Samba où Farhad et Shirin se mettent à rejouer avec plein d’humour des moments de Kuch Kuch Hota Hai, Hum Aapke Hain Koun… ! et Dilwale Dulhania Le Jayenge. « C’est comme dans les films ! » comme le dit si bien Farhad.

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Je l’ai trouvé !

Shirin Farhad Ki Toh Nikal Padi n’est sans doute pas le film de l’année mais c’est en tout cas un très bon divertissement, à la fois touchant et très drôle (grands éclats de rire garantis). Ce film a surtout le mérite de nous offrir une histoire d’amour entre des personnages sortant des canons de beauté et de jeunesse du cinéma hindi, et de nous offrir par ailleurs une évocation affectueuse de la communauté parsie.

(1) La communauté parsie est très peu nombreuse mais largement surreprésentée dans la vie économique indienne avec des familles comme les Tata ou les Wadia. Malheureusement, elle souffre d’un déclin démographique très rapide : elle est passée d’un peu plus de 100 000 personnes en 1961, à moins de 70 000 en 2001. A ce rythme, elle aura probablement encore été divisée par deux d’ici 2050.

Les causes de cette baisse de la population sont multiples. Un cinquième est attribuée à l’émigration mais le reste à la réduction drastique de la natalité depuis 60 ans environ. Une des raisons est le mariage tardif tel que le film l’évoque : un homme sur 5 et une femme sur 10 sont encore célibataires à 50 ans. Le principal motif invoqué par les personnes elles-mêmes est le manque d’argent pour fonder un foyer. De plus, la fécondité des couples mariés est aujourd’hui beaucoup trop faible pour renouveler la population. Le gouvernement indien est conscient du problème, mais inverser cette tendance semble très difficile dans un pays où le contrôle des naissances devient un question cruciale.

On est traditionnellement parsi par son père, ce qui fait que les nombreux mariages en dehors de la communauté n’ont pas d’influence démographique. Ils expliquent en revanche pourquoi beaucoup de personnalités du cinéma hindi ayant des origines parsies n’ont pas forcément des noms « parsis » : Farah Khan, Aftab Shivdasani, Diana Penty, Zayed Khan, Farhan Akhtar, etc.



Bande-annonce

Commentaires
5 commentaires
En réponse à Lola - le 12/05/2013 à 21:42

Un chouette métrage vous avez raison - mais qui n’eut pas le succès public escompté mais bien critique - de Homi Adajania - d’origine non parsie il me semble contrairement aux Farah Khan, J.F.Z Akhtar et surtout à Sooni Taraporevala (qui en ferait de façon viscérale son cheval de bataille et qui entre autres, photographe à ses heures perdues, exposait ses somptueux clichés du Musée d’Art Moderne de New York au Quai Branly, chez nous…). Adajania qui distribuait à nouveau Irani dans Cocktail dans un rôle secondaire une fois de plus…

A Bientôt !

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Lola le 10/05/2013 à 23:52

Boman Irani n’aurait probablement pas eu ce premier rôle s’il ne s’était pas déjà distingué avec brio dans une autre comédie plus singulière et plus percutante aussi sur la communauté parsie : Little Zizou de Sooni Taraporevala (scénariste de Mira Nair entre autres qui s’essayait à la réalisation avec, parmi tant d’autres acteurs brillants, John Abraham dont l’apparition parait presque improbable dans ce genre de visée cinématographique…)

Un bref aperçu ici (le fondu enchainé du début de la video est normal) http://www.youtube.com/watch?v=z32xfg7djvk

Raj Aryan le 12/05/2013 à 15:47

Boman Irani a également joué dans un autre film sur les Parsis : "Being Cyrus". Saif Ali Khan y joue le rôle du personnage éponyme et le film est entièrement en anglais. Par ailleurs merci pour l’info concernant "Little Zizou".

Lola le 12/05/2013 à 21:42

Un chouette métrage vous avez raison - mais qui n’eut pas le succès public escompté mais bien critique - de Homi Adajania - d’origine non parsie il me semble contrairement aux Farah Khan, J.F.Z Akhtar et surtout à Sooni Taraporevala (qui en ferait de façon viscérale son cheval de bataille et qui entre autres, photographe à ses heures perdues, exposait ses somptueux clichés du Musée d’Art Moderne de New York au Quai Branly, chez nous…). Adajania qui distribuait à nouveau Irani dans Cocktail dans un rôle secondaire une fois de plus…

A Bientôt !

Marine le 28/04/2013 à 11:19

Après avoir vu la bande-annonce, j’avoue que je m’attendais à quelque chose de plus drôle encore. Cependant je ne regrette pas d’avoir vu le film. On a l’impression de pénétrer dans un microcosme rarement vu dans le cinéma "bollywood" avec cette communauté de Parsi. Et les situations qui en découlent sont souvent cocasses.

J’ai trouvé Farah Khan très amusante dans son rôle de femme à poigne (dans tous les sens du terme) et l’histoire globalement sympathique.

Une mention spéciale en effet pour "l’amoureux d’Indira" et pour le clip Ramba Mein Samba. J’ai d’ailleurs beaucoup aimé la campagne d’affiches du film où les deux acteurs principaux posent dans des postures clés de certains grands classiques de la romance des années 90.

C’est un film à voir mais pas aussi marquant qu’on aurait pu l’espérer.

Alineji le 24/04/2013 à 19:55

Merci pour cette critique Raj Aryan, ça donne vraiment envie d’aller voir. Hélas, encore une distribution d’Eros qui ignore les sous-titres français.