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Festival de Cannes » Festival de Cannes 2011
Interview de Rakeysh Omprakash Mehra
Interview de Rakeysh Omprakash Mehra, réalisateur indien, dans le cadre du festival de Cannes 2011

Publié vendredi 16 décembre 2011, par Swiss-Bolly
Dernière modification mardi 13 décembre 2011
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Dimanche 15 mai, 14h30, je suis installé dans un salon privé du Palais des Festival. A ma droite une équipe de télévision italienne, à ma gauche Emir Kusturica qui fume un cigare. J’attends Rakeysh Omprakash Mehra, réalisateur du documentaire « Bollywood, The Greatest Love Story Ever Told » présenté à Cannes hors-compétition. C’est un homme agréable et sympathique qui répondra longuement à chacune de mes questions.

Fantastikindia : Comment est né ce documentaire qui je l’espère sera distribué un jour en France.
ROM : J’adorerais que le documentaire soit distribué en France. En fait, lorsque Shekhar Kapur, le producteur qui était juré à Cannes l’an dernier est venu me dire qu’il voulait faire un film sur Bollywood, j’ai tout de suite été très excité par le projet. Ce que je voulais vraiment faire c’est essayer de montrer au monde comment le cinéma indien a reflété les changements culturels et politiques du pays à travers des chansons sur lesquelles on peut danser. Permettre de montrer au monde qu’il y a beaucoup de chansons et musiques qui reflètent la juxtaposition de ce qui se passe dans la société indienne.

Fantastikindia : Que représente pour vous ce documentaire ?
ROM : C’était très important parce que depuis ma naissance, je vis et respire Bollywood. Je fais des films Bollywood. Je voulais le montrer au monde. J’ai aimé construire un pont entre différentes cultures, pour faire voyager les gens. Car l’inde a absorbé les cultures du monde entier depuis des milliers d’années. Alexandre le Grand est venu en Inde, puis les mongols, les portugais, les anglais, les français… Ils se sont toujours intégrés, nous ne leur avons jamais demandé de partir. Le fait est que la culture indienne change et se renouvelle sans cesse. C’est ce qui est en train d’arriver au cinéma, c’est ce vers quoi nous avançons. Nous sommes toujours heureux de notre culture, nous en sommes toujours fiers sans être agressif. Nous prenons beaucoup au monde sans perdre notre propre identité, et nous faisons du monde le notre ! Vous savez, lorsque vous vous battez contre quelque chose, il ya toujours le danger de perdre, un danger de résistance. J’ai la sensation que, comme peuple, nous n’avons jamais résisté. L’Inde est le seul pays du monde avec cette histoire. Nous ne sommes jamais éteints. Jamais dans notre histoire, depuis des milliers d’années, nous ne nous sommes battus pour des terres, nous sommes toujours restés où nous étions. D’autres sont venus et nous les avons accueillis pour qu’ils fassent parti de notre culture. C’est un melting-pot. Si vous avez le film hier, vous avez remarqué qu’il y avait des chansons avec des influences multiples, de la folk musique indienne, du hip hop, du jazz, du r’n’b, et même des chansons anglaises. Comme nation, nous en sommes très fiers. Nous avons appris du monde entier, et nous essayons de le retransmettre. Il y a beaucoup de bonheur dans le geste de donner, pas de prendre. Vous êtes plus heureux en donnant. C’est tout ce que j’ai voulu montrer à travers ce film. Le monde ne nous connait qu’à travers un cinéma uniquement musical. Mais à travers ces chants et ces danses c’est toute une culture qui y est reflétée. C’est ce qui est arrivé et j’en suis très heureux.

Fantastikindia : Il y a un certain nombre d’acteurs qui interviennent dans le film, Amitabh Bachchan, Madhurit Dixit, Katrina Kaif… A-t-il été compliqué de les convaincre ?
ROM : Absolument pas, ils ont tous accepté tout de suite. J’ai juste eu à prendre mon téléphone et à les appeler, leur expliquer le projet et leur dire que l’on avait besoin de leur contribution. Ils nous ont donné de leur temps sans hésiter. Je me souviens que mon bureau est devenu un lieu de passage et de tournage pour les interviews, j’en garde un formidable souvenir.

Fantastikindia : Amitabh Bachchan avait d’ailleurs déjà tourné avec vous !
ROM : Oui, Amitabh est comme un mentor pour moi, je l’aime et j’espère qu’il m’apprécie également. C’est un acteur tellement doué. Tous les styles lui vont. Il chante, danse, il peut jouer des scènes d’action, être émouvant… Il sait tout faire. J’ai fait mon premier film avec lui, il a ensuite fait une apparition dans un autre de mes films puis dans celui-ci, bref, nous sommes liés par le cinéma.

Fantastikindia : Vous êtes un grand réalisateur indien, « Rang De Basanti est un classique, « Delhi 6 » est un film très réussi, qu’est-ce qui vous a motivé à réaliser un documentaire ?
ROM : Je n’y ai pas trop réfléchi, j’ai toujours suivi mon instinct. C’est ce que je voulais faire. Quand on m’a dit que ça allait être présenté ici, j’ai senti que cela allait être une grande opportunité. Cannes est le temple du cinéma, les gens aiment le cinéma et le célèbrent ici. C’est un super festival, c’est le meilleur endroit du monde pour le cinéma. Les gens viennent du monde entier et le public est formidable. Les journalistes qui viennent ici, comprennent ce qui se passe. Ils ne sont pas intéressés seulement par les stars, mais vraiment par les films. C’est une opportunité géniale et je suis très reconnaissant au directeur du festival de m’avoir donné la possibilité de raconter Bollywood à ma façon.

Fantastikindia : La question que tous les fans français de Bollywood se posent, quel sera votre prochain film ?
ROM : Je suis en train de faire un film nommé Bhag Milkha Bhag, ce qui signifie Court Milkha court. C’est l’histoire du plus grand sportif Indien, Milkha Singh. L’histoire se déroule durant l’indépendance. A cette époque l’Inde était divisée et parfois violente. Milkha Singh avait 11 ans lorsqu’il a vu le massacre de sa mère, son père, sœurs, frères,… Il a couru rejoindre la partie indienne, a grandi, est devenu un gangster, est tombé amoureux… Il a toujours voulu faire quelque chose de sa vie, devenir un homme intègre et respecté. Il finira par représenter l’Inde aux Jeux olympiques. Ce n’est pas une histoire sur la fuite de ses démons, mais sur comment fuir avec eux. Il n’est pas habituel de faire des biopics en Inde, nous faisons toujours des films romantiques. Mais un nouveau cinéma est né là où est née l’Inde. Et des histoires comme celles là intéresseront la nouvelle génération. Ca m’excite beaucoup de raconter à mes enfant l’histoire de ce garçon qui n’avait rien, pas de parents, pas d’argent, rien à manger, pas de baskets, seulement une paire de jambes pour courir. Mais il a pu faire ce qu’il a voulu. Vous savez, l’esprit humain est le plus fort lorsque vous le laissez aller. J’aime l’histoire et j’espère que je la ferais bien.

Fantastikindia : Et la question que tous les journalistes doivent vous poser, comment se passe votre séjour à Cannes ?
ROM : Je me sens très honoré, je suis comme un membre de la famille du cinéma mondial quand je suis ici. Les gens aiment ce que Cannes reflète. C’est un moment très humble dans ma vie. J’en suis très heureux. Ce n’est que mon deuxième jour ici, j’ai été très occupé par la promotion de mon film. Il y a aujourd’hui encore deux projections. Ensuite j’essaierai de voir le plus de films possibles jours et nuits, dormir et me lever pour voir encore plus de films. Je vais faire ça durant toute la semaine. Je regarde les films comme un enfant. C’est fascinant de voir des films sélectionnés de tous les pays du monde. Tellement d’expressions, de gens, qui racontent des histoires différentes. C’est magique et fascinant. Je ne veux pas perdre ça. Je ne veux pas voir Cannes comme un endroit où l’on vient pour faire la fête toute la nuit, même si c’est très bien et que j’aime aussi ça, mais mon attention est portée sur voir des films. Si j’arrive à rencontrer les réalisateurs de ces films c’est encore mieux. Avoir la chance de partager un café avec eux et discuter, discuter, discuter. Et le temps est également magnifique, le soleil, sortir. Vous pouvez arrêter n’importe qui dans la rue et commencer une conversation sur un film. C’est incroyable parce que je viens d’un pays où l’on adore le cinéma, mais les 2 millions de personnes aiment le même cinéma. Nous n’avons pas le choix, nous aimons ce cinéma.

Merci beaucoup de la part de Fantastikindia de nous avoir accordé de votre temps et bonne fin de festival !

Retrouvez l’intégralité de notre dossier Cannes 2011 : ici



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