|
Fonction : actrice
Née le : 9 avril 1948 au Bengale
Famille : mariée avec Amitabh Bachchan depuis le 3 juin 1973, mère de Shweta née en 1974 et d’Abhishek né en 1976. Belle-mère d’Aishwarya Rai, épouse d’Abhishek depuis le 20 avril 2007.
Jaya Bhaduri est née dans une famille lettrée bengalie, son père était écrivain et journaliste. Elle n’est pas devenue actrice par hasard ni parce que sa beauté l’a poussée là : Jaya voulait devenir actrice, en faire son métier. Elle est diplômée du très renommé Film and Television Institute of India de Pune.

Elle commence sa carrière en 1964 à l’âge de 15 ans dans un film du légendaire Satyajit Ray, Mahanagar. C’est en visionnant les courts métrages diplômants de l’Institut du film de Pune, que le célèbre réalisateur Hrishikesh Mukherjee repère Jaya Bhaduri et décide d’en faire l’héroïne de son prochain film : Guddi, en 1971, où elle interprète une lycéenne obsédée par la star Dharmendra. Le réalisateur cherchait une actrice différente des normes de l’époque, qui aimait les stars choucroutées, aux regards lourdement surlignés à l’eye-liner (Sharmila Tagore, Mumtaz...) et à la féminité surexposée. Jaya Bhaduri apporte au cinéma hindi de l’époque, une simplicité rafraîchissante. Et par rapport aux sex symbol des années 70 qui apparaissent au même moment, (Zeenat Aman, Parveen Babi), Jaya est sage, rassurante.

- Abhimaan
On l’appelle "la fiancée de l’Inde" : elle incarne la "fille bien", celle qu’on rêve de présenter à ses parents (ou celle que les parents rêvent d’avoir comme belle-fille), discrète mais déterminée, elle est la fiancée réservée (Abhimaan), l’épouse courageuse (Silsila), la veuve exemplaire (Sholay).

- Ek Nazar
Pourtant quand un réalisateur lui en donne la possibilité, elle sait se révéler extravertie et drôle (au début de Zanjeer), volontaire (Ek Nazar), pleine de joie de vivre (Mili). Jaya dit que ce sont ses rôles dans Guddi et Mili qui lui ressemblent le plus : insouciante, extravertie, aimant s’amuser.
Elle remporte trois Filmfare Awards de la meilleure actrice : pour Abhimaan en 1974, pour Kora Kagaz en 1975, et pour Naukar en 1980.

Elle enchaîne 11 films dans la seule année 1972 ( !) et rencontre Amitabh sur le plateau de Ek Nazar.
Après son mariage en 1973, elle continue à tourner mais le rythme se ralentit nettement dès 1975, après la naissance de Shweta et avant celle d’Abhishek en 1976. Elle se consacre à ses enfants.
Son dernier film de cette période est Silsila. Elle a alors 33 ans, l’âge "fatidique" pour de nombreuses actrices. Elle dit elle-même (dans une interview dans The Indian Express en 1997) ne pas avoir vraiment décidé d’arrêter sa carrière, mais "les gens ont arrêté de faire des films avec lesquels j’étais à l’aise. Les rôles qui étaient créés pour moi étaient tous des répliques de Kora Kagaz et Abhimaan, je n’aurais fait que me répéter". Et les propositions se sont faites rares, voire inexistantes avec le temps. Triste, non ?

D’ailleurs les années 80 semblent être la période la moins heureuse de son existence : les relations entre son mari et ses partenaires (Rekha, Parveen Babi) font la une des journaux, et même lorsque les photographes viennent tirer le portrait de la famille de la star la plus adulée de l’Inde, elle n’essaye même pas de mettre un sourire sur son visage, son regard est absent…
Lorsque j’ai lu le roman de Sashi Tharoor, Show Business, satire du petit monde de Bollywood, je n’ai pas pu m’empêcher de voir dans les personnages principaux, Amitabh et Jaya.
Une fois ses enfants adolescents, et même s’ils restent sa priorité, dans les années 90 Jaya reprend des activités extérieures, elle tourne dans des séries TV, elle est pendant plusieurs années présidente de la Children’s Film Society, India, qui produit, distribue et promeut des films "qui offrent un divertissement sain aux enfants, développant leur caractères, leurs connaissances, ouvrant leurs perspectives et les aidant à devenir des citoyens utiles à l’Inde moderne".
Elle entre également en politique, en étant élue membre de la haute chambre du parlement indien (Rajya Sabha), représentant le parti Samajwadi (parti socialiste). Elle devra céder sa place en 2006 sous la pression du Parti du Congrès qui estime que son titre de présidente de l’Institut du Développement du Film de l’Uttar Pradesh n’est pas compatible avec sa position de députée (NDLR : j’ai trouvé des articles plus récents qui continuent à lui donner le titre de députée, elle l’est donc peut-être toujours, les arcanes de la politique indienne m’échappent ! En tout cas cette activité semble lui prendre une bonne part de son agenda et représente la plus grande partie des photos de Jaya qu’on trouve sur le net).

- Jaya en campagne
Après 18 ans d’interruption, elle revient au cinéma en 1998 avec Hazaar Chaurasi Ki Maa ("Mère du n° 1084"), un film d’auteur de Govind Nihalani, tiré d’une nouvelle bengalie sur le mouvement naxalite de Calcutta des années 70, qui a remporté le National Film Award du meilleur film.

- Kabhi Khushi Kabhie Gham
Depuis, elle est revenue vers Bollywood et fait une véritable deuxième carrière, là où beaucoup se contentent d’apparitions. Elle ne tourne sans doute pas autant qu’elle le souhaiterait, certes elle est cantonnée dans des personnages de mère, mais ce sont de beaux rôles, notamment ceux de Fiza (2000), de Kabhi Khushi Kabhie Gham (2001), de Kal Ho Naa Ho (2003) qui lui valent chacun un Filmfare Award de la meilleure actrice dans un second rôle. On la retrouve aussi en mère angoissée dans Laaga Chunari Mein Daag (2007). Un Filmfare Lifetime Achievement Award couronne sa carrière en 2007, mais on espère que cela ne l’empêchera pas de continuer de tourner ! Même si le flop de Drona où elle jouait le rôle de la mère d’Abhishek, a dû être douloureux.
Ses derniers films sont Sunglass, de Rituparno Ghosh avec Konkona Sen Sharma et Madhavan, et Aap Ke Liye Hum (précédemment intitulé Phir Tum Mil Gaye puis Chassni) de Revathy Verma, où elle joue le rôle de la mère adoptive d’Ayesha Takia. AB Corp, la maison de production des Bachchan, a financé le projet à hauteur de 30 %.
Aujourd’hui, la plus grande fierté de Jaya est sa famille. En gardant sans doute quelque part un regret, n’avoir tourné qu’une quarantaine de films alors qu’elle avait le potentiel de faire une grande carrière. La famille Bachchan a traversé des années difficiles, lorsque la carrière d’Amitabh était au plus bas, qu’il a dû affronter des scandales politiques, la banqueroute de sa maison de production, récemment encore il a été attaqué pour des achats de terrain illicites. La force de caractère et la solidité de Jaya ont sans doute été, et sont toujours, le ciment du clan Bachchan.

- La famille Bachchan aux IIFA
|