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Aarakshan

Traduction : Quotas

Bande originale

Achha Lagta Hai
Mauka
Kaun Si Dor
Roshanee
Saans Albeli
Mauka (Remix)

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Fiche IMDB
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La critique de Fantastikindia

Par Julie - le 14 août 2012

Note :
(7/10)

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Sorti sur les écrans en août 2011, Aarakshan n’aura pas eu besoin d’une promotion pharaonique pour faire parler. Interdit de diffusion dans plusieurs états du pays comme le Punjab, l’Uttar Pradesh et l’Andhra Pradesh, par crainte de violences et d’émeutes, même la presse française a relayé le sujet, c’est dire.

Malgré cela, le film a fait une entrée pas trop mauvaise au box-office et a rapporté environ 25 crore de roupies en 4 jours.

La controverse se trouve dès le départ dans le titre du film qui signifie "quotas", mot qui n’augure rien de bon, en général et pas seulement en Inde, et qui renvoie directement à ce qu’on appelle la discrimination positive. Il s’agit d’un certain pourcentage réservé dans l’éducation et les administrations relevant de la fonction publique pour les populations issues des castes les plus défavorisées comme les dalits et c’est là que le sujet fâche.

Saif Ali Khan interprète Deepak Kumar, jeune étudiant brillant d’une institution d’études supérieures, mais dalit. Il bénéficie heureusement du soutien et de l’amitié du respecté directeur de l’école, le professeur Prabhakar Anand (charismatique Amitabh Bachchan) et de sa fille Poorbi (Deepika Padukone) - là c’est plus que de l’amitié. Il a également pour ami Sushant (Prateik Babbar), fils d’un haut membre de l’administration de l’école. Lorsque la cour suprême vote un amendement pour augmenter les quotas, tout leur univers s’écroule, leur entourage s’enflamme et eux-mêmes se retrouvent opposés dans une guerre des castes inscrite dans la société depuis des milliers d’années.

On comprend mieux alors pourquoi le sujet a tant fait grincer des dents des deux côtés et déterré la hache de guerre au point que des gardes du corps ont dû être mis à disposition des acteurs, surtout pour Saif Ali Khan, fils du nawab de Pataudi, mais qui joue un dalit !

Quand l’éducation devient un business, il est forcé que les "alliances" politiques ne vont pas aller dans le sens de l’égalité d’accès pour tous à la connaissance. Sur ce point-là, le réalisateur n’y va pas avec le dos de la cuillère pour dénoncer les agissements de ripoux, du politicien au policier en passant par le professeur, qui s’unissent dans la crainte de voir leur trône vaciller. Derrière le combat social se découvre aussi le combat idéologique de l’éducation contre l’argent peu intègre que l’on retrouve dans toutes les sociétés et on peut se demander si, plus que la controverse sociale, ce n’est pas dans ce message que le film a une portée universelle.

Le film est intéressant, également, dans la mesure où il n’hésite pas à questionner sur les problématiques que pose cette politique des quotas et, au travers du personnage de Prabhakhar Anand, à s’interroger sur l’origine du problème et sa prise en charge (ne maîtrisant pas le sujet, je ne vais pas rentrer dans ces problématiques un peu compliquées, d’autant que les sous-titres n’aident pas à comprendre le fonctionnement des partiels dans ce type d’école supérieure).

Cependant Aarakshan reste un film Bollywood où les classes défavorisées sont montrées sous leur meilleur jour, auquel s’ajoute la mise en place directe d’un camp des bons et d’un camp des méchants à tel point que le réalisme du film en pâtit parfois. Il y a également une multiplication des personnages secondaires et des intrigues qui sont autant d’éléments perturbateurs et donnent au tout un aspect flou au risque de perdre le spectateur en route.

Heureusement, les personnages principaux qui composent le noyau du film échappent à ce schéma et gagnent en intérêt en révélant leurs ambivalences face à la hausse des quotas.

Amitabh Bachchan est magistral et Saif, bien qu’un peu éclipsé, est très bon (à condition de ne pas rechercher du sexy). Deepika Padukone progresse et sa prestation intéresse tandis que Prateik Babbar est bien mais manque de maturité quand même. Pour jouer la femme du professeur Anand, le réalisateur a eu la brillante idée de choisir Tanvi Azni, choix que l’on applaudit à deux mains car elle soutient sans problème la comparaison avec son "mari".

Le jeu des acteurs relève la réalisation qui cherche à faire dans le sensationnel mais se révèle bien fade.

Le plus gros bémol du film revient…….. à la musique. Il n’y a qu’une seule séquence chorégraphiée, Mauka, qui se déroule dans le quartier populaire et qui heureusement, est sympathique. La chanson romantique Achcha Lagta Hai est très douce mais aussi très… courte ! Le reste n’est que musique disons, d’ambiance. Bien que les parties instrumentales soient très jolies à l’écoute, elles passent presque inaperçues dans l’action. C’est dommage.

Alors, certes, ce n’est pas le Bollywood de l’année 2011 mais il se regarde avec beaucoup d’intérêt et permet de découvrir un sujet délicat dans la société indienne, sans parler des stars de l’industrie qui élargissent leurs horizons. C’est un bon compromis pour ceux qui souhaitent changer de la comédie traditionnelle sans pour autant s’aventurer dans l’extrême qui nous fait éteindre le DVD d’une main tremblante. En espérant que ce type de films ouvre la voie à d’autres plus poussés et assumés…

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