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Abhimaan

Traduction : Fierté

Année1973
LangueHindi
GenresMélodrame / Romance, Films sociaux
RéalisateurHrishikesh Mukherjee
Dir. PhotoJaywant Pathare
ScénaristeNabendu Ghosh
ActeursAmitabh Bachchan, Jaya Bachchan, Bindu, Asrani
Dir. MusicalS. D. Burman
ParolierMajrooh Sultanpuri
ChanteursLata Mangeshkar, Kishore Kumar, Mohammad Rafi, Manhar Udhas
ProducteursSusheela Kamat, Pawan Kumar
Durée122 mn

Bande originale

Meet Na Mila Re Man Ka
Nadiya Kinare
Teri Bindiya Re
Loote Koi Man Ka Nagar
Ab To Hai Tumse Har Khushi Apni
Piya Bina Piya Bina
Tere Mere Milan Ki Yeh Raina

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La critique de Fantastikindia

Par Marine - le 14 mai 2013

Note :
(8/10)

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Subir (Amitabh Bachchan) est un chanteur à la mode. Il est tellement débordé qu’il ne peut pas rendre visite à sa tante aussi souvent qu’elle le souhaiterait. Mais une fois là-bas, il rencontre Uma (Jaya Bhaduri), jeune fille à la voix merveilleuse. Ils parlent musique. Elle lui reproche d’être superficiel dans ses chansons. Il est charmé. Ils se marient et vivent la vie heureuse des jeunes couples, jusqu’à ce que Subir insiste pour faire chanter sa femme en public et que la carrière de cette dernière prenne le pas sur la sienne. Dès lors tout se dégrade.

Pour commencer, il est intéressant de remarquer le parallèle entre la situation des personnages et celle des acteurs. Dans le film, lorsque la carrière d’Uma monte suite aux encouragements de son mari, celle de ce dernier qui décline. Dans la « vraie vie », c’est la situation inverse : lorsqu’elle épouse Amitabh Bachchan, la carrière de Jaya est non seulement à son zénith, mais elle est bien plus importante que celle de l’angry young man en devenir. Ce n’est qu’après, qu’elle se retirera progressivement de la scène.
Et la question que pose le film est un peu la suivante : un homme peut-il accepter que sa femme travaille plus que lui et soit davantage reconnue par la société ?

Bien sûr, l’orgueil de Subir est sévèrement touché par ce renversement de situation. Mais paradoxalement, il est fier qu’on admire sa femme. Ce qui perturbe davantage Subir, c’est qu’il ne trouve plus sa place dans son couple. Ne sachant plus où il doit être chez lui, il se réfugie chez Chitra (Bindu). Hrishikesh Mukherjee aurait pu donner l’occasion à son personnage de trouver la force intérieure pour surmonter sa jalousie, mais ce sont les évènements (que je ne révélerais pas afin de vous laisser les découvrir par vous-même) qui bousculent les choses.

Avec Abhimaan, nous sommes dans un cinéma intimiste, qualifié de social, propre au réalisateur, comme dans Mili ou Anand. Dans les seconds rôles (et parfois les premiers rôles d’ailleurs), on retrouve souvent les mêmes visages d’un film à l’autre. Mais toujours avec plaisir.
Quant Abhimaan est sorti, les deux acteurs principaux venaient tout juste de se marier. Pour le public, lorsque le réalisateur nous montre Subir et Uma en "lune de miel", c’est comme s’il s’était immiscé dans la vie privée des acteurs. Ils sont jeunes, lumineux et complices comme jamais. Comment le spectateur pourrait-il être surpris de savoir qu’ils sont mariés à la vie comme à l’écran ?

Jaya est formidable et nous offre une palette d’émotion variée. C’est la jeune fille espiègle, la jeune mariée amoureuse, l’épouse inquiète, la femme blessée. Quel que soit ses états d’âme, on les partage avec grand intérêt et émotion. Elle a été récompensée pour ce rôle par un filmfare Award de la meilleure actrice, son premier.
On ne peut rien reprocher à Amitabh qui joue très bien son rôle mais que peut-il faire quand sa femme brille autant à l’écran ?

De façon peu courante pour une actrice habituée aux rôles de vamps comme dans Kati Patang, Bindu est ici dans un rôle valorisant et positif. Certes, elle est la deuxième femme, mais elle joue un doux personnage au grand cœur de façon tout à fait crédible.

Les chansons font bien sûr partie intégrante de l’histoire parce qu’il s’agit du métier de Subir, puis d’Uma, mais aussi parce qu’elles reflètent les sentiments des personnages et leur situation. Seulement les protagonistes, surtout Subir, ne semblent pas s’en apercevoir. Ou plutôt, à mesure que sa carrière décline, il devient sourd à la musique et à sa femme. C’est la musique qui les unit puis les sépare. R. D. Burman a fait un travail remarquable en signant des chansons devenues des classiques aujourd’hui et a été récompensé à juste titre : la musique est tout simplement magique.

J’ai usé de pas mal de superlatif dans cette critique (cela m’arrive parfois), mais ce film qui ne présente pas un grand spectacle, mais plus la vie quotidienne de la classe moyenne est des plus réussi. Il est porté tant par les acteurs que par la musique qui est également un personnage à part entière. Il est juste et émouvant, et je me souviens encore des torrents de larmes que j’ai versés pour le final.

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