]]>

Aks

Traduction : Le reflet

Bande originale

Banda Yeh Bindas Hai
Yeh Rat Jali Kee Chipkali Rat
Aaja Gufao Me Aa
Ramleela
Bhala Bura
Rabba Rabba Rabba Rabba…
Ham Bhul Gaye Hain Rakh Ke Kahee
Hum Bhul Gaye Hai Rakh Ke Kahi
Rat Aati Hai Chali Jati Hai

En savoir plus

Fiche IMDB
Page Wikipedia
La critique de Fantastikindia

Par Laurent - le 4 décembre 2008

Note :
(7/10)

Article lu 1661 fois

Galerie

Manu Verma (Amitabh Bachchan) est le chef de la Sécurité Nationale indienne. Lors d’un voyage à Budapest, le ministre de la Défense, qu’il devait protéger, est assassiné par Raghavan (Manoj Bajpai), un sadique qui perpètre ses crimes selon des rituels mystiques. En effet, Raghavan avait pour mission de s’emparer d’une disquette classée « secret défense ». Verma est chargé de l’enquête. Après plusieurs meurtres de Raghavan, il parvient enfin à arrêter le tueur en série, qui est condamné à mort. Dans un accès de folie, ce dernier prédit à son juge qu’un jour il ressuscitera pour venir hanter tous ceux qui l’ont rejeté…

Disons-le tout de suite, si cette production d’Amitabh Bachchan est osée et originale pour le public indien, qui a boudé une œuvre aussi noire, Aks s’inspire comme souvent à Bollywood de plusieurs films hollywoodiens, notamment Le Témoin Du Mal avec Denzel Washington. Pourtant, c’est l’un des films les plus morbides jamais produits à Bombay. Bénéficiant d’une mise en scène et d’une photographie très travaillées, le film se déroule essentiellement de nuit, ses couleurs froides collant parfaitement à cette sombre histoire de tueur en série. Manoj Bajpai, qui incarne ce dernier, cabotine un peu trop dans son rôle de psychopathe mystique, mais son jeu très théâtral contribue au caractère relativement oppressant du film. Il faut un bon moment pour s’habituer à son personnage, mais il reste mémorable pour son visage anguleux et ses longs monologues hallucinés, parfois même sur le lieu de son crime en présence d’un cadavre. Le personnage n’est donc pas complètement crédible, mais fascine par son amoralité.

Cependant, la véritable star du film est Amitabh, qui trouve ici l’un de ses rôles les plus singuliers : car s’il interprète au début un serviteur de l’Etat intègre, ses vêtements de couleur sombre et ses lunettes de soleil lui donnent d’emblée un aspect austère, et annoncent le changement d’attitude du personnage qui, à force de traquer ce criminel qui nie toute valeur morale, va finir en quelque sorte par adopter les traits de caractères de ce dernier. L’ambiguïté du personnage joué par Amitabh s’exprime notamment dans la chanson Aaja Gufaon Mein, une étrange danse macabre se déroulant dans une grotte blafarde éclairée de lueurs verdâtres, dans laquelle l’acteur est assis sur un trône de pierre sculpté surmonté d’une tête de dieu… ou de démon ? Les scènes où Amitabh terrorise sa propre famille par son comportement sont également très intéressantes, l’acteur se montrant plus fin que Manoj Bajpai pour rendre le cynisme de son personnage dans la seconde partie du film, qui est grâce à lui la meilleure. Toujours imposant à 58 ans, il a d’ailleurs tenu à tourner lui-même une scène dangereuse dans laquelle, menotté à Bajpai, il saute avec lui de près de 10 mètres de haut dans une puissante cascade, dans tous les sens du terme.

Il est dommage que le film soit trop long, souffrant de plusieurs baisses de régime comme l’histoire d’amour du méchant avec une danseuse de night-club, incarnée par Raveena Tandon, ou bien son utilisation de masques fabriqués par son frère simple d’esprit, idée improbable reprise à Mission Impossible. L’histoire saugrenue de la disquette que recherche le tueur rallonge également inutilement le film, cassant son ambiance cauchemardesque et atemporelle par une considération terre-à-terre. Malgré ces quelques défauts, cette première réalisation de Rakesh Mehra est un film original porté par un acteur charismatique, un polar contemplatif au charme vénéneux et aux accents expressionnistes, émaillé de trouvailles morbides et d’une fin inquiétante, qui rappelle un peu celle des films fantastiques désabusés de John Carpenter.

L’échec injuste de ce film torturé, qui manqua de ruiner son producteur Amitabh Bachchan, forcera Rakesh Mehra à un silence de cinq années, pendant lesquelles il préparera un fulgurant come-back au box-office : Rang De Basanti avec Aamir Khan. Quant à Bachchan, il interprétera à nouveau un rôle négatif l’année suivante dans Aankhen.

Commentaires
1 commentaire