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Angadi Theru

Publié vendredi 12 juin 2009
Dernière modification samedi 6 mars 2010
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Par Jordan White

Rubrique Albums
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Alors que les sorties des BOF en hindi devraient arriver tel un raz-de-marée suite à deux mois de disette, plongeons-nous dans une BOF du sud, en l’occurrence tamoule, avec le duo gagnant Vijay Anthony/G.V Prakashkumar. La musique d’Angadi Theru est née de leur fructueuse collaboration.

Il existe des BOF qui paraissent simples en apparence mais qui vous trottent dans la tête, avec leurs douces mélodies. Angadi Theru et ses six morceaux en fait partie. Modeste en apparence (tout comme semble l’être le film) et pourtant riche musicalement. Excepté le dernier morceau qui tient plus du talk-over que du chant, la BOF d’Angadi Theru trouvera certainement de quoi satisfaire les mélomanes amateurs de musique traditionnelle sans pour autant s’avérer bouleversante en terme d’originalité.

Le premier morceau Aval Appadi Ondrum "ouvre les festivités" avec un piano, une flûte (un des instruments roi du disque) et quelques notes de sarod délicatement posées. La voix de Ranjith associée à celles de Vineetj Srinivas et Janaki nous plongent tout de suite dans une ambiance ouatée. Quelques touches de synthé se font sentir, mais l’essentiel se trouve ailleurs. Les percussions très discrètes, la présence des violons, la montée crescendo des choeurs à la fin du premier pont (avec la voix féminine) participent à la quiétude et à la douceur de l’ensemble.

Kathaigal Sollum peut d’abord nous faire penser à un semblant d’électro avec une légère instrumentation organique (l’intro). L’arrivée de la guitare sèche grattée de façon énergique (on entend très distinctement les glissements de doigts sur les cordes pour les accords) ainsi que le jeu en arrière des cymbales charleston pour apporter une profondeur rythmique. Ce couplet permet de préparer le refrain, porté par les deux voix de la chanson, magnifiquement mises en valeur. L’émotion se fait sentir et ne nous lâche plus. Y compris dans l’intermède à base de percussions, sur une ligne de basse percutante avant le retour à la mélodie d’intro par la flûte.

Après sa splendide interprétation sur la BOF de Oy ! où elle chantait sur le troisième titre, Shreya Ghoshal fait à nouveau parler tout son génie musical, et s’il en était encore besoin, confirme sa présence de tout premier ordre que ce soit au nord comme au sud. Elle nous invite une fois de plus à la suivre et cela ne se refuse pas. La flûte et les percussions sont une nouvelle fois mises à l’honneur sur ce titre Unperai Sollum, un titre entraînant qui comme les deux précédents ne s’embarque pas dans des rythmes délirants. Pas de dance ou d’électro ici, lesquelles auraient pu être hors-sujet.

Kannil Theiryum Vaanam, quant à elle, fait beaucoup penser à une chanson de Slumdog Millionaire, en particulier Dreams on fire pour la basse et les premières notes de guitare électrique. On quitte donc pour une fois la musique traditionnelle du début sans toutefois renier ce qui a précédé en terme de composition. Nous sommes en 2009 après tout, et l’on peut bien entendu composer de très beaux morceaux s’appuyant sur l’électronique tout comme l’ont prouvé à maintes reprises Vishal/Shekhar ou encore Salim/Sulaiman.

Retour à un rythme moins soutenu avec le planant Engae Poveno. Le titre fait surtout parler de lui pour son couplet au piano/synthé. On est dans une composition très maîtrisée mais sans surprise.

Karungali Naaye, lui, peut étonner comme irriter et ce dès sa première note. Mix rageur, talk-over, flow en ruptures, beats hip-hop assez massifs, ce titre se veut tonitruant. Reste à savoir si vous êtes clients ou pas du tout. Belle BOF que ce Angadi Theru, principalement pour ses trois premiers titres.


Année : 2009

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