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Ayan

Traduction : La course du soleil

Année2009
LangueTamoul
GenreMasala
RéalisateurK. V. Anand
Dir. PhotoM. S. Prabhu
ScénaristesA. N. Balakrishnan, D. Suresh
ActeursSurya, Tamanna, Prabhu, Karunas, Ponvannan, Jagan, Akashdeep Saigal
Dir. MusicalHarris Jeyaraj
ParoliersPa. Vijay, Na. Muthukumar
ChanteursChinmayi Sripaada, Benny Dayal, Karthik, Devan Ekambaram, Hariharan, Haricharan, Krish, Mahathi, Harish Raghavendra, Sayonara Philip
ChorégraphesRaju Sundaram, Ganesh Acharya, Dinesh Shikari, Susithra
ProducteursM. S. Guhan, M. Saravanan, Aparna Guhan, Aruna Guhan
Durée162 mn

Bande originale

Pala Pala
Vizhi Moodi
Oyaayiye Yaayiye
Nenje Nenje
Honey Honey
Oh Super Nova

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Fiche IMDB
Page Wikipedia
La critique de Fantastikindia

Par Señorita, Didi - le 8 février 2010

Note :
(7/10)

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Deva (Surya), un jeune diplômé en informatique, vit seul avec sa mère qui tient une petite droguerie à Chennai. Au lieu de postuler à un poste de fonctionnaire comme le souhaiterait sa mère, Deva rejoint le gang de Das (Prabhu), un ami de son père décédé, spécialisé dans les trafics divers : importation de DVD pirates, recel de diamants importés illégalement d’Afrique, etc. Le prospère commerce illégal de Das-Deva subit la concurrence d’un gang rival, dirigé par Francis Lalanne, euh non, Kamlesh (Akashdeep Saigal) qui entend bien prendre le contrôle de l’ensemble du secteur à Chennai, y compris le trafic de stupéfiants. Pour ce, il envoie l’un de ses hommes, Chitti (Jegan), infiltrer le gang de Das. Deva et Chitti se lient d’amitié et le premier tombe même amoureux de la sœur, Yamuna (Tamanna), du second. Les choses se gâtent quand Deva perce le double jeu de Chitti. Néanmoins Deva pardonne à Chitti alors que celui-ci meurt après avoir servi de mulet pour transporter de la drogue en Malaisie. Mais Deva est accusé du meurtre de Chitti. Il doit alors prouver son innocence pour regagner le cœur de sa belle et venger son ami…

Ayan est le seul véritable blockbuster, et le plus gros succès du cinéma tamoul pour l’année 2009. Son acteur principal, Surya Sivakumar, dont les deux derniers films Ayan et Aadhavan sont dans le Top 3 de l’année, s’octroie ainsi le statut de roi incontesté et incontestable de l’industrie tamoule pour 2009. Mais pourquoi ce film, sorti au mois de mars, et encore diffusé dans certains cinémas au mois de juillet, a-t-il eu autant de succès ?

Tout d’abord, pour apprécier Ayan, il est nécessaire de se mettre dans le bon contexte. Le film ne promet pas d’être une redite du magnifique et bouleversant Vaaranam Aayiran. C’est un masala d’action pur et dur, et cela annonce des chansons, de bonnes bagarres, de l’humour, une histoire d’amour, le tout mélangé de façon à passer un moment divertissant, et c’est exactement ce qu’on a ici, ni plus ni moins. Il ne faut pas en attendre trop, car ce n’est pas un masala exceptionnel, mais si nos attentes correspondent aux promesses du film, nul doute qu’on passe un bon moment.

Il faut bien avouer que le film pèche sur certains points, à commencer par le méchant, qui est, comment dire… risible. Pourtant, quand on finit par être un habitué du cinéma indien, on a déjà croisé quelques personnages ridicules sur notre parcours, mais là, on atteint des sommets, particulièrement si on est français d’origine. En effet, comment ne pas remarquer la ressemblance frappante qu’accuse le pseudo-méchant avec notre célèbre Francis Lalanne (cocorico) ? Il a même ses mimiques : et vas-y que je te secoue les cheveux, de droite à gauche, et puis de gauche à droite. Il faut dire que l’acteur vient du soap, ceci expliquant cela. Pas crédible du tout le méchant-Lalanne ! D’autres éléments du film prêtent également au rire involontaire, entre autres, certaines destinations exotiques (Afrique, Malaisie) sont le décor de plusieurs scènes du film et n’échappent pas à une profusion de clichés.

Toutefois, si on passe outre ces quelques détails, il faut avouer que le film est plutôt de bonne facture. Évidemment, l’intrigue fait le grand huit comme c’est souvent le cas dans un masala d’action, mais personne n’est venu voir Ayan pour y trouver un scénario digne de Mani Ratnam. Du coup, il est plus agréable de se laisser porter par les rebondissements que de chercher la petite bête. Les bagarres sont bien réalisées, et généralement pas trop longues, comme cela arrive parfois dans les films du Sud, de quoi satisfaire ces messieurs qui en redemandent toujours, mais aussi ces dames, qui aimeraient bien en avoir un peu moins…

Il ne faut pas se voiler la face, le point fort du film, c’est son acteur principal, Surya Sivakumar. Il est beau, il est fort, il danse, il fait ses cascades lui-même, et il sait jouer les scènes romantiques. Que demande le peuple ! Pas grand-chose d’autre je pense, parce que Surya est un des acteurs préférés des Tamouls, lesquels, lorsque j’étais au Tamil Nadu, m’accueillaient comme une des leurs quand je leur disais que c’était aussi mon cas.

En effet, Surya a montré qu’il pouvait porter sur ses épaules des drames, comme seul le cinéma tamoul sait les faire (Pithamagan, Vaaranam Aayiran), mais il assure également le show des masala d’action avec une efficacité redoutable. Sa "belle gueule" et son sourire éclatant ont sûrement une part non négligeable dans son succès, sans être les seules qualités que l’on puisse admirer chez lui, heureusement ! Et de suite, un masala d’action dont l’originalité n’est pas la point fort, passe beaucoup mieux quand un acteur charismatique en assure le leading role. Il sait nous faire rire, ce qui nous évite les habituels comiques lourdingues à la Vadivelu, il sait nous faire pleurer, et il sait nous faire sourire. De fait, la majorité des sourires sont dus aux scènes romantiques, qui, de par l’alchimie entre Surya et Tamanna, sont très agréables à regarder. Cette dernière s’en sort bien, même si son rôle n’est pas très développé, et montre qu’elle est une actrice sur qui il va falloir compter ces prochaines années.

On l’aura compris, s’il faut une raison, voire deux, pour regarder Ayan, c’est bien Surya et Tamanna, mais ce ne sont pas les seules. La musique est également un atout non négligeable du film. Les chansons, agréables à écouter, le sont aussi à regarder. Outre Nenje Nenje ("légèrement" copiée de Guzarish, la love song de Ghajini), qui met bien en valeur les deux héros et leur alchimie, on prend aussi beaucoup de plaisir à regarder O Aayiye Ayiye et Pala Pala qui offrent toutes les deux un festival de costumes pour le moins… originaux ! Ceux qui aiment regarder les fautes de goût des stylistes du Sud, y trouveront leur compte, et ceux qui n’y voient aucun intérêt, peuvent être séduits par le rythme et les belles mélodies des deux chansons. Pala Pala, il faut bien le dire, excelle dans les deux cas de figure.

Ayan semble donc être un masala d’action agréable à regarder après une dure journée de travail pour se détendre, ce qui est peut-être la clé de son succès. Il a plusieurs défauts certes, mais qui sont fortement compensés par le charisme de son acteur principal, les chansons, et le fait que le film ne se prenne pas au sérieux. Si vous n’êtes pas fans de masala d’action ou de Surya, passez votre chemin, mais dans le cas contraire, vous passerez sans doute un bon moment.

Vidéo de Pala pala où Surya fait un clin d’œil aux autres personnages de ses films (Perazhagan, Kaakha kaakha, Ghajini…)

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