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Bewafaa

Traduction : Infidèle

Bande originale

Ek Dilruba Hai
Ek Bewafaa Hai
Kehta Hai Kabutar
Pyaar Ki Raatein
Pyaar Ka Anjaam
Teri Yaad…Teri Yaad
Kaise Piya Se

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La critique de Fantastikindia

Par Marine - le 2 octobre 2012

Note :
(5/10)

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Au Canada, vit la jeune Anjali (Kareena Kapoor). Si son père est indien, sa mère est canadienne (mais plus royaliste que le roi). Anjali est amoureuse d’un jeune musicien sans le sou : Raja (Akshay Kumar). Voilà que sa sœur aînée Aarti (Sushmita Sen) revient de Delhi pour passer quelque temps chez ses parents. Enceinte de cinq mois, elle trouve le plan parfait pour présenter Raja à leurs parents sans qu’ils puissent le rejeter : attendre la naissance de son enfant. Les grands-parents qui nageront dans le bonheur ne pourront s’opposer à cette union, même si Raja n’est pas le gendre idéal. Mais le plan ne se déroule pas comme prévu. Alors qu’Anjali va chercher son beau-frère, le très occupé homme d’affaires Aditya (Anil Kapoor), à l’aéroport, Aarti meurt en mettant au monde des jumelles. Le père d’Aarti a donc une idée pour reconstruire sa famille anéantie par le décès de sa fille aînée : marier Anjali à Aditya.

Quand on a regardé Hum Aapke Hain Koun… !, on se dit que Bewafaa est une sorte de suite alternative. Du point de vue occidental, cette possibilité pour un veuf d’épouser sa belle-sœur semble étrange. La justification qui apparaît à travers ces deux films est que les jeunes orphelins sont certains de connaître l’amour maternel avec leur tante. Ce qui n’aurait pas été garanti avec une "étrangère" (dans Hum Saath Saath Hain, on nous faisait bien sentir que le cas de Mamta était une exception).

On peut admirer le personnage d’Anjali, qui fait de son mieux pour s’adapter à sa nouvelle vie et à son mari, sans se retourner sur son passé. Un peu comme le personnage de Radha dans Sangam. Par ailleurs, on voit bien Anjali tiraillée entre sa vie de famille qu’elle aimerait voir s’améliorer et un ancien rêve incarné par Raja. C’est vraiment le personnage courageux du film et le seul à prendre des décisions. Car sous prétexte que personne ne veut lui imposer sa volonté, elle doit composer seule et assumer les conséquences de ses actes. Les autres personnages se contentent de faire pression d’un côté ou d’un autre.

Ce qui attire la curiosité dans ce film, c’est de savoir jusqu’où l’égoïsme des uns et des autres va les mener. On a déjà Aditya, qui dès le début apparaît comme l’homme d’affaires qui n’a pas de temps à consacrer à sa famille. Ensuite il y a les parents d’Aarti et d’Anjali qui demandent à leur cadette de se sacrifier pour le bien de la famille. Il y a également Raja, qui veut Anjali et peu importe la famille de celle-ci. Et enfin Anjali qui veut être heureuse, avec Raja, puis avec Aditya, et encore Raja… Bref, la grande question est : Qui verra son vœu réalisé ? Quel égoïsme sera satisfait ? Les motivations et les intensions de chacun sont parfois douteuses mais le spectateur essaye de suivre.

Dans le dernier tiers du film, Aditya présente à Anjali un couple d’amis : Dil (Manoj Bajpai) et Pallavi (Shamita Shetty). Il s’agit d’un des points faibles (et non des moindres) du film. Même après explications, leur rôle reste ambigu et surtout difficile à comprendre. La seule chose qui reste, c’est la touche volontairement vulgaire qu’ils donnent (ils en font des tonnes pour cela). Ce n’est pas la faute des acteurs mais plutôt du scénario qui ne s’est pas assez reposé sur les personnages principaux pour faire évoluer la situation. On ne peut que le regretter en imaginant le déroulement de l’histoire si Anil Kapoor avait dû faire l’étalage de son talent en campant un mari reconquérant sa femme, un peu comme dans Hum Aapke Dil Mein Rehte Hain. Or, là, on a l’impression que ses capacités ne sont pas exploitées au maximum : c’est frustrant.

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Le sari imprimé léopard

La réalisation aide vraiment à percevoir Aarti comme la brisure au sein de la famille. Vivante, elle n’est jamais présente sur le même plan qu’Aditya. On ne voit jamais leur bonheur de couple que sous la forme de souvenir, une fois qu’elle est morte. Cela accentue le fait qu’il s’agisse d’une ombre qui hante la famille reconstituée autour d’Anjali.

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Morte et pourtant présente à chaque instant

Sushmita Sen illumine littéralement la première partie du film, tandis qu’en femme tourmentée, Kareena Kapoor est très convaincante et très éloignée des filles du type "Pooja" qu’elle interprétait au début des années 2000, dans Mujhse Dosti Karoge !, ou La Famille Indienne. Au contraire, Akshay Kumar est assez peu convaincant dans ce film. Surtout dans son rôle de rock-star, et force est de constater que changer de coiffure, de pilosité faciale ou arborer des costumes ridicules ne suffisent pas.

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Akshay musicien : jamais sans la chemise à franges !

Un véritable effort a été fait sur la musique, avec un résultat inégal néanmoins. Je vous renvoie d’ailleurs sur l’article de Jawadsoprano. Il y a certes la grande Lata Mangeshkar qui interprète Kaise Piya Se, mais surtout la très belle et mélancolique ballade Teri Yaad Yaad, chantée par Ghulam Ali.

Lorsque le clap de fin retentit, on se dit que c’est dommage. Dommage que le film ne soit pas allé au bout de ses promesses. Le titre proposait une réflexion intéressante sur un sujet (osons le dire) tabou : l’infidélité. Cela aurait pu faire un bon film. Qu’est-ce que l’infidélité ? Et y a-t-il une justification possible ? La réponse du réalisateur à la question de l’infidélité est une queue de poisson, la fin passe complètement à côté après avoir passé en revue, très rapidement, toutes les émotions possibles. Le spectateur a l’impression de s’être fait avoir. Au final, c’est un film que l’on peut trouver touchant par certains aspects, agaçant par d’autres, mais surtout inachevé. Difficile de se défaire de cette impression d’acte manqué pour ce divertissement d’une facture pourtant honnête.

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