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Bhumika

Traduction : Le Rôle

Année1977
LangueHindi
GenreDrame
RéalisateurShyam Benegal
Dir. PhotoGovind Nihalani
ScénaristesShyam Benegal, Girish Karnad, Satyadev Dubey
ActeursNaseeruddin Shah, Om Puri, Amrish Puri, Smita Patil, Anant Nag
Dir. MusicalVanraj Bhatia
ParoliersMajrooh Sultanpuri, Vasant Dev
ChanteursSaraswati Rane, Meena Fatharpekar, Firoz Dastur, Preeti Sagar, Chandru Aatma, Bhupinder Singh
ChorégrapheSudarshan Dhir
ProducteursLalit M. Bijlani, Freni Variava
Durée142 mn

Bande originale

Baaju Re Mondar Baaju Re
Ghat Ghat Mein Ram Ramaiya
Mera Ziskila Balam Na Aaya
Meri Zindagi Ki Kashti Tere
Saawan Ke Din Aaye Sajanwa Aan Milo
Tumhare Bina Jee Na Laage Ghar Mein

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La critique de Fantastikindia

Par Suraj 974, Ganesh - le 8 septembre 2005

Note :
(7.5/10)

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L’avis de Ganesh : Dans les années quarante, après une enfance malheureuse au cours de laquelle elle a appris à chanter, Usha part à Mumbai où elle trouve un rôle au cinéma. Elle rencontre le succès, épouse l’amant de sa mère qui l’exploite, et connaît plusieurs aventures avant de se décider à prendre son avenir en main.

Shyam Benegal est l’un des pionniers de la nouvelle vague du cinéma indien des années 70. Après avoir débuté dans la publicité, le réalisateur se lance dans les courts-métrages et les documentaires qui abordent certaines questions sociales (notamment la place de la femme dans la société indienne). Ses films ont non seulement reçu des éloges en Inde et sur la scène internationale, mais ont aussi connu un réel succès populaire. Ils reflètent l’esthétisme des deux réalisateurs qui l’ont énormément influencé : Guru Dutt et Satyajit Ray. On retrouve ainsi dans ses longs métrages la subtilité et le réalisme de Ray, et le perfectionnisme technique de Dutt.


Admirablement mis en scène, Bhumika est sans doute le plus beau film de Shyam Benegal. L’osmose avec son actrice fétiche est saisissante. Inspiré des mémoires de l’actrice marathi Hansa Wadkar, le film retrace avec un sens aigu de l’épure le parcours d’une femme, Usha ( Smita Patil). Au carrefour de sa vie, elle essaie de trouver un chemin viable parmi ceux qui lui sont proposés, celui qui lui permettrait de retrouver sa place dans la société indienne des années cinquante. Pour cela, elle devra lutter contre les ombres du passé et les stéréotypes qui définissent la femme « respectable » et la femme « amorale ». Pour suivre ce cheminement existentiel, Shyam Benegal, caméra à l’épaule, suit l’actrice pas à pas, pour filmer avec sérénité ses atermoiements et les multiples embûches qu’elle rencontre, pour mieux la saisir dans ses tourments et ses attentes, pour mieux l’isoler au milieu d’un monde artistique qui l’éloigne des valeurs inculquées par sa mère. Il enchaîne les séquences avec une maîtrise formelle impressionnante.

Entourée de comédiens à leur meilleur niveau (Nasureddin Shah, Amrish Puri), Smita Patil n’a jamais besoin d’en rajouter pour susciter l’émotion. Elle parvient à rester juste, même dans le faux. Tout simplement brillante.

La cinématographie soignée et fluide de Govind Nihalani, l’enfance de Nisha en noir et blanc, ainsi que la musique essentiellement composée d’extraits de films hindis, recréent l’ambiance des années 50 et donnent au film une atmosphère particulière.

Cependant, force est d’admettre que la plus grande qualité du film est aussi son plus gros défaut : son registre intimiste et réaliste. En effet, le film est lent et long, on décroche extrêmement vite et on sombre dans une certaine somnolence pendant quelques scènes. De plus, en s’inspirant de la vie d’Hansa Wadkar, il était facile pour le réalisateur de tomber dans la surenchère « pro féministe » caricaturale et excessive. Shyam Benegal réussit à éviter cet écueil, mais en contrepartie son film paraît bien froid par rapport à ce qu’il veut raconter et dénoncer. Si l’on regarde Bhumika avec un intérêt certain, c’est en spectateur peu ému que l’on ressort de la projection.

Bhumika est donc un beau portrait de femme, un chant d’amour à la grande actrice Smita Patil, mais l’aspect intimiste et réaliste risque d’en rebuter plus d’un.

Note de Ganesh : 7/10

L’avis de Suraj : Bhumika est avant tout un très beau portrait d’une femme. Bien qu’elle soit une star très demandée dans le cinéma, Usha, femme aux idées progressistes, ne rêve que de pouvoir s’installer et de mener une vie tranquille avec sa famille, malheureusement elle ne peut jamais s’y faire, car elle aime trop la liberté. Dilemme cornélien qui lui causera bien des tourments et la conduira à terminer sa vie dans la solitude la plus totale.

Smita Patil dans le rôle principal est excellente, elle incarne à la perfection ce rôle de femme plus moderne que son époque. Elle lui donne une présence et une profondeur rare, et porte littéralement le film par sa performance, puisque tout repose sur elle, elle est de tous les plans.

La Narration, résolument moderne, alterne régulièrement les séquences au présent et les flashbacks. C’est par ce moyen qu’on découvre l’enfance mouvementée de Usha et ses relations conflictuelles avec ses parents, mais aussi toute son adolescence et ses relations sentimentales tout aussi agitées avec la multitude d’hommes qui gravitaient autour d’elle. Le film est ponctué de scènes de danse qui reproduisent les passages célèbres des films de l’actrice. Il y a de nombreuses scènes de Kathak dans la lignée de Pakeezah, qui permettent d’admirer la performance de Smita Patil dans ce domaine, où elle est tout aussi irréprochable en recréant le jeu et les mimiques des actrices de l’époque.

Le film se démarque aussi par sa très belle photographie. Elle est utilisée pour dater les différentes époques de la vie de Usha. L’enfance est dans un très beau noir et blanc, l’adolescence est dans une sorte de sépia, et l’âge adulte marque le passage à la couleur.

Bhumika est donc un très beau portrait de femme, à mettre aux côtés de grands classiques tels que Mother India, dans un style plus populaire. Il vaut avant tout pour la performance impressionnante de Smita Patil, dans ce qui est certainement son plus grand rôle, celui d’une femme avant tout.

Note de Suraj : 7,5/10

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