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Bin Roye

Traduction : Sans pleurer

Année2015
LangueOurdou
GenreMélodrame / Romance
RéalisateursShehzad Kashmiri, Momina Duraid
Dir. PhotoFarhan Alam
ScénaristeFarhat Ishtiaq
ActeursJaved Sheikh, Mahira Khan, Armeena Khan, Humayun Saeed, Zeba Bakhtiar
Dir. MusicalShiraz Uppal, Shani Arshad, Waqar Ali, Sahir Ali Bagga
ParoliersShakeel Sohail, Sabir Zafar
ChanteursHarshdeep Kaur, Rahat Fateh Ali Khan, Rekha Bharadwaj, Shiraz Uppal, Ankit Tiwari, Saleema Jawwad, Momin Durrani, Zeb Bangash, Abida Parveen
ChorégraphesAsim Raza, Hassam Hussain, Sarmad Sultan Khoosat
ProducteurMomina Duraid
Durée120 mn

Bande originale

Tere Bina Jeena
Ballay Ballay
Chan Chariya
O Yaara (Bin Roye)
Maula Maula (Bin Roye)
Bin Roye

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Fiche IMDB
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La critique de Fantastikindia

Par Marine - le 22 juillet 2015

Note :
(8.5/10)

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Il y a toujours de nombreuses sorties pour les fêtes. Le weekend dernier, pour Aïd el Fitr (la fin du Ramadan), nous attendions en France pas moins de quatre films. Mon emploi du temps ne me permettait d’en voir qu’un seul. Après l’annulation de Baahubali, j’avais donc le choix entre Bin Roye et Bajrangi Bhaijaan (Dhanush ne me tentait pas). J’ai donc essayé d’être stratégique en comptant sur Salman Khan pour tenir au moins deux semaines au Gaumont-Saint-Denis afin que j’aille le voir plus tard, ce qui me semblait beaucoup moins évident pour Bin Roye. Et comme j’avais bien aimé la bande-annonce et son acteur beau « à tomber par terre » (ce sera mon expression phare le concernant), manquer ce film était un risque que je ne voulais pas courir.

Me voici donc pour la séance du dimanche, dans la file d’attente devant la salle. Les gens sont venus en famille, ils se reconnaissent, s’embrassent, prennent des photos… Les femmes sont sur leur trente-et-un et au final, la salle est presque pleine. Et moi, je suis bien contente d’avoir réservé !

A Karachi, Saba a grandi, gâtée par ses parents, sa grand-mère et son cousin Irtiza, dont elle est secrètement amoureuse. Seulement, Irtiza doit partir étudier aux État-Unis pendant deux ans. Il vit alors chez l’oncle et la tante de Saba. Il y côtoie leur fille Saman, qui a été adoptée et qui est en réalité la sœur biologique de Saba. S’installe alors un triangle amoureux entre cousins.

Le début du film m’a un peu perturbée dans la mesure où je n’arrivais pas à resituer les liens familiaux. Notamment entre Saba et Irtiza, ce qui était vraiment dérangeant (ils ne sont pas frère et sœur quand-même ?). Les secrets de famille et les nombreux non dits ne viennent pas simplifier les choses. Mon résumé en début d’article correspond à ce que j’ai compris au bout de plusieurs dizaines de minutes de film.
Ce qui prouve bien que l’on finit par s’y retrouver ! Le sous-titrage n’aide pas toujours non plus. Le spectateur ne maîtrisant pas l’ourdu (en minorité dans la salle semble-t-il) sera perdu lorsque les personnages chuchoteront, que leurs mails seront lus en voix off ou qu’ils auront la mauvaise idée de parler pendant les chansons et qu’il ne s’affichera aucun sous-titre. Ce n’est pas très souvent, mais cela peut se révéler gênant.
Heureusement pour moi, ma voisine a gentiment comblé mes lacunes lors du générique de fin, en acceptant de me révéler les dialogues d’une scène clé du film. Elle m’a aussi avoué avoir lu quelques sous-titres et avoir trouvé que ça ne correspondait pas vraiment à ce qui était dit à l’écran. Enfin, c’est aussi ce que l’on m’a dit quand je suis sortie de Yennai Arinthal. Il faut préciser ici que les sous-titres ont été réalisés par le producteur et non par le distributeur français. Allons ! Ceci est surmontable, nous avons vu pire !

Bin Roye est un bon mélodrame tiré du roman Bin Roye Aansoo de Farhat Ishtiaq (qui s’est occupé du script du film). J’ai pleuré pendant au moins la moitié du film. Imaginez-moi en mode « mini fontaine », le robinet refusait de se fermer. Cela ne m’était pas arrivé depuis Aashiqui 2. Ce film se présente un peu comme un grand drame familial où la romance est nettement dominante par rapport à l’aspect familial, contrairement à La Famille indienne. Car, hormis la grand-mère, le reste de la famille interagit finalement peu avec le trio principal. Bin Roye nous replace dans les grandes fresques du début des années 2000, mais dans un format plus court car il ne dure que deux heures. D’ailleurs les actions en elles-mêmes sont plutôt rapides. La réalisation ne s’attarde pas sur l’événementiel, mais bien sur le plan des sentiments et des émotions. Pourtant, même si c’est une machine à faire pleurer, il faut que j’avoue avoir honteusement ri à deux reprises : au moment censé être le plus tragique et lorsque les mâles s’affrontent pour défendre l’honneur d’une femme.

Rares sont les triangles amoureux que je n’ai pas trouvé indigestes, mais Bin Roye est de ceux-là. Et comme Chandni, il tourne autour de l’héroïne et non du héros comme dans Kuch Kuch Hota Hai. Attention, il ne faut pas y voir un message féministe car paradoxalement, c’est le personnage masculin qui est présenté comme sans défaut. Cependant le point de vue a le mérite d’être peu courant et plutôt bien traité. Ainsi, Mahira Khan interprète avec succès une large palette d’émotions qui va de la joie et l’amour à des sentiments plus difficiles comme la souffrance et la terreur. Cela rend le personnage de Saba très humain car il est loin d’être idéalisé et l’on peut facilement s’y identifier. A moins qu’il s’agisse juste de ma formidable empathie pour les personnages malheureux en amour.
Si Armeena Khan est très jolie, plus que Mahira Khan, son personnage apparaît pourtant bien fade à côté. Quant à Humayun Saeed, il est juste à tomber par terre, je l’ai déjà dit, je sais. Il joue (très bien) un homme idéal et sans faille face à l’héroïne. Seulement cela chiffonne un peu. En effet, il est constamment fort et stable quand les événements pourraient nécessiter une transition émotionnelle. Mais je peux difficilement vous en dire plus sans totalement vous spoiler le film.

Les musiques sont agréables et les chansons chorégraphiées se trouvent dans la première moitié du film qui est la plus gaie. J’ai fredonné Balley Balley tout le lendemain de la séance. La chanson a d’ailleurs connu un petit succès en Inde. Et la voix de Rahat Fateh Ali Khan faisant toujours des merveilles, Tere Bina Jeena est très mignonne aussi. On se balade malheureusement assez peu dans le Pakistan, même dans les clips, mais les intérieurs et les costumes sont magnifiques car, bien évidement, l’histoire se passe dans une famille très aisée financièrement.

Pour l’anecdote, le film a reçu l’autorisation d’être distribué en Inde, mais l’état du Maharashtra l’a interdit car « le Pakistan soutient le terrorisme ». On est pourtant loin d’un film prônant la haine du voisin, contrairement à certains films indiens que j’ai croisés et qui manquaient de subtilité sur ce point.

A la fin du film, la salle a applaudi, mais pas moi. J’avais trop à faire avec mon mouchoir. En résumé, j’ai été conquise, et pas seulement par l’acteur. Bin Roye est un film que j’ai très envie de revoir et que je ferais découvrir à toutes mes copines si mon emploi du temps me le permettait. Aussi, si vous aimez les romances, que vous êtes équipés de mouchoirs et que le film passe près de chez vous, je vous conseille fortement d’aller le voir. En effet, j’ai bien peur que l’idée de trouver dans quelque temps un dvd de Bin Roye en vostfr relève du pur fantasme. Un peu comme les licornes et les intégrales d’Ajith en vostfr. Et encore, pour les licornes, je pense qu’il y a de l’espoir.

La bande-annonce

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