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Bollywood : l’usine à remakes

Publié mercredi 8 avril 2009
Dernière modification mardi 24 mars 2009
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Par Jawadsoprano

Dossier Les remakes (ou adaptations de films existants)
▶ Les remakes régionaux

Depuis des années, le nombre de films hindis se révélant être des adaptations de films américains représente une partie conséquente de la production. Si cette tendance s’est accrue depuis les années 90, on remarque que Bollywood a très souvent emprunté aux films occidentaux, notamment dans les années 70. A l’époque, les réalisateurs s’inspiraient du style des films, des méthodes de direction ou de quelques scénarios. Désormais, dans les années 2000, on peut parler de copie intégrale, les cinéastes allant même jusqu’à appliquer la méthode du copier/coller de scènes.

L’industrie du cinéma hindi a toujours été en étroite relation avec le cinéma américain. Dès les années 70, les films d’action et les polars funky d’Hollywood ont trouvé preneurs en Inde. Les producteurs de Bollywood reprenaient les codes principaux de ce type de film (héros plein de style et très sûr de lui, james-bond-girl, méchants caricaturaux…) en y ajoutant des ingrédients spécifiques aux attentes du public indien (tradition, famille, voire social) pour réaliser la formule magique du masala d’action. Ainsi sont nés les polars Don, The Great Gambler ou Johny Mera Naam.

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Raaz, remake d’Apparences
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What Lies Beneath/Apparences

Les bons vieux remakes

Des films avaient ainsi des similitudes frappantes avec des classiques hollywoodiens et le terme de remake pouvait être employé même si l’oeuvre finale différait largement dans sa présentation.

Mais au cours des années 90, la tendance s’est complètement accélérée, avec une volonté d’adapter un scénario qui a fait ses preuves, en un minimum de temps. Les spécificités du cinéma indien (musique, clips et romantisme exacerbé) arrivaient encore à masquer le manque d’imagination des scénaristes dans la plupart des films. Par exemple, si Akele Hum Akele Tum est très largement inspiré du film Kramer Vs Kramer, le format typique de Bollywood (chansons, débauche de grands sentiments) le rendait évidemment singulier par rapport à l’original.

Mais à l’approche des années 2000, la tendance de mondialisation culturelle, notamment grâce à Internet, a contribué à faciliter les adaptations. Le manque cruel d’imagination des scénaristes, couplé à la frilosité des producteurs pour aborder des thèmes nouveaux a conforté le phénomène. Il est en effet très facile de reprendre une formule déjà testée, de la remodeler à sa façon, pour ensuite la livrer à un public qui n’attend que ça. La copie a toujours existé, mais maintenant la vitesse de diffusion des informations est telle, que l’on peut identifier ces adaptations toujours plus nombreuses. Pour les producteurs, il est plus facile de financer un film à partir d’un scénario qui a déjà montré son potentiel en obtenant un succès dans un ou plusieurs pays.

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Unfaithful, film remaké à l’insu de son plein gré
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Murder, remake de Unfaithful
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Hawas, remake de Unfaithful (deuxième du nom)

Une usine à copier

Si certains réalisateurs prennent des sources d’inspiration auprès de classiques du genre, tout en injectant des éléments personnels, le film peut être considéré comme une nouvelle oeuvre. Mais quelques-uns se sont spécialisés dans la copie totale, sans aucune gêne, en choisissant la facilité. La tendance actuelle pousse le cinéma hindi à s’occidentaliser de plus en plus (durée raccourcie des films, suppression des chansons, relations entre les personnages moins démonstratives…) pour plaire au public NRI ou à celui des métropoles. Ainsi, lorsqu’un remake est réalisé, la différence entre la version originale et la version indienne est de plus en plus mince. De plus en plus, il s’agit même d’un copier-coller d’une grande partie des situations du film original. Malheureusement, les budgets ne sont pas les mêmes qu’à Hollywood, et un film d’action indien remaké peut difficilement soutenir la comparaison de son homologue américain. Des films comme Rudraksh (version indienne de Matrix) ou Speed en sont les exemples les plus frappants.

La principale source d’inspiration est évidemment Hollywood. Qu’il s’agisse d’un grand classique (Fight Club, Usual Suspects) ou d’une série B (Unfaithful), pas de jaloux.

Les spécialistes

Impossible de parler de remakes sans évoquer le nom des Bhatt. En effet, le producteur Mahesh Bhatt et sa maison de production Vishesh Films se sont fait une spécialité d’adapter les scénarios hollywoodiens à Bollywood. On peut notamment difficilement passer à côté des thrillers semi-érotiques qui ont défrayé la chronique au milieu des années 2000 tant ils sont nombreux.

Les nanars !

Certains producteurs très paresseux proposent des remakes de seconde zone : un copier/coller souvent mal fait, des acteurs de second plan en mal de reconnaissance, une bande-son insipide et une promotion savamment orchestrée. Le resultat est souvent un désastre aussi bien cinématographique que financier.

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Usual Suspects
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Chocolate, remake (insulte) de Usual Suspects

Alors oui, on est souvent pris au dépourvu en se rendant compte qu’un film que l’on a aimé est finalement une copie conforme d’un original plus convaincant. Parfois, on est amusé de voir à l’écran un film hindi qui nous rappelle étrangement un film visionné quelques années plus tôt.

Le comble ? Un remake de film américain dont la bande originale comporte des copies de chansons égyptiennes, coréennes, thaïlandaises ou pakistanaises…

Pour vous faire une idée, vous pouvez consulter la liste non exhaustive de quelques remakes identifiés par nos soins.

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Old Boy
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Zinda, remake aseptisé d’Old Boy
Commentaires
6 commentaires
En réponse à francelisel - le 15/11/2010 à 14:53

http://inde.aujourdhuilemonde.com/hollywood-et-bollywood-liaisons-fructueuses-entre-indiens-et-americains

Hollywood et Bollywood, liaisons fructueuses entre Indiens et Américains 12/11/2010 | AFP.

Hollywood et Bollywood, les deux plus grands foyers mondiaux de production cinématographique, ont signé un accord pour développer la production et la distribution communes de leurs films et limiter la multiplication des plagiats en Inde de films américains.

Une "déclaration historique" a été signée mercredi entre la ville de Los Angeles et l’industrie du cinéma indien et permettra d’augmenter le nombre de films indiens tournés à Hollywood, a affirmé dans un communiqué la Motion Picture Association of America (MPAA), qui réunit les principaux studios.

L’accord "renforce l’engagement de notre ville à attirer les productions internationales. Nous attendons avec impatience les futures productions indiennes", a déclaré Antonio Villaraigosa, le maire de Los Angeles, lors de la signature de l’accord aux studios Paramount Pictures. Hollywood et Bollywood (nom donné en raison de la présence des studios à Bombay) avaient déjà multiplié les partenariats ces dernières années. Le représentant de la délégation indienne, le producteur Bobby Bedi, s’est félicité de l’accord, soulignant que Hollywood et Bollywood "sont économiquement robustes et représentent un intérêt économique et culturel significatif dans leurs pays respectifs". "L’Inde a toujours été fascinée par Hollywood et cet accord nous rapproche encore, avec l’objectif de partager notre expérience sur les meilleures pratiques commerciales sur le marché de la production cinématographique locale et internationale", a-t-il ajouté. Un potentiel de développement immense

Les analystes soulignent que l’industrie de l’image représente un potentiel de développement immense en Inde. Les secteurs de la télévision et du cinéma y ont généré des recettes de 7,7 milliards de dollars en 2008, un chiffre qui devrait atteindre 13 milliards en 2015, selon une étude de la société de consultants PricewaterhouseCoopers. Cela reste très inférieur aux recettes générées par les studios américains, mais le nombre d’entrées vendues en Inde (3 milliards en 2009) est deux fois plus important qu’aux Etats-Unis. L’accord devrait également permettre de mettre un peu d’ordre dans la pratique, courante en Inde, de produire des versions locales de films hollywoodiens, reprenant généralement le scénario, les personnages, et jusqu’à la musique du film original. Une pratique qui a conduit ces dernières années Hollywood à traîner Bollywood devant les tribunaux pour plagiat. La MPAA soulignait mercredi que l’accord prévoyait de renforcer "la protection des contenus". "Notre industrie dynamique partage les mêmes défis et objectifs", a déclaré dans un communiqué Bob Pisano, le président de la MPAA. "Les nombreuses co-productions avec des studios indiens ces dernières années sont la preuve des liens grandissants entre nos deux industries. L’accord signé ce jour est un pas important vers l’avant, pour poursuivre ce mouvement", a-t-il dit.

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francelisel le 02/12/2010 à 15:49

J’approuve Boman Irani dans ses propos. Bollywood est trop faible côté scénarios. ********************* Boman : Indian films need stronger screenplays


December 2, 2010 02:53:49 PM IST Glamsham Editorial

Indian film writers need to strengthen their screenplay writing abilities, versatile comedy actor Boman Irani said at the International Film Festival of India (IFFI) on Wednesday.

He said a theme based plot, sub text driven and focused screenplay writing with contemporary consciousness would help make Indian cinema strong in its appeal.

Interacting with mediapersons at IFFI Wednesday evening, the accomplished comedy actor Irani stressed on the need to work more in imparting training to the talented lot of story writers for films in all the shades of Indian cinema.

We are good writers but we should good become good screen writers, he said.

view MIRCH videos

Irani who created waves through his acting in MUNNABHAI MBBS, 3 IDIOTS, KHOSLA KA GHOSLA and other films while paying tributes to the famous comedy actors like Mehmood, Asrani, Kishore Kumar, Charlie Chaplin, Jagdeep etc said comedy is an integral part of film making.

He said comedy evolves from real life situations and uneasiness makes him create comedy for disseminating message of peoples’ pain and problems.

CHECK OUT : Boman Irani’s new avatar for DON 2

In his freewheeling interaction he narrated several instances from his films praising many of his directors for excellent knowledge of the craft of filmmaking.

He noted director Raju Hirani for being an excellent editor who shoots his films in such a manner that in Munnabhai MBBS not a single shot that was recorded was wasted indicating his excellent control over direction.

The entire film is ready in Hirani’s mind before he starts shooting it and hence the film can be shot in very less time, Irani added.

Boman Irani who started his career as a sports photographer said he has received several offers from Hollywood but he is not accepting any of them as he did not find enough challenge in them.

His forthcoming projects include MIRCH, GAME, BANDHA HAI BINDASS, DON 2, SHORT TERM SHAADI, FERRARI KI SAWARI, said Irani.

francelisel le 15/11/2010 à 14:53

http://inde.aujourdhuilemonde.com/hollywood-et-bollywood-liaisons-fructueuses-entre-indiens-et-americains

Hollywood et Bollywood, liaisons fructueuses entre Indiens et Américains 12/11/2010 | AFP.

Hollywood et Bollywood, les deux plus grands foyers mondiaux de production cinématographique, ont signé un accord pour développer la production et la distribution communes de leurs films et limiter la multiplication des plagiats en Inde de films américains.

Une "déclaration historique" a été signée mercredi entre la ville de Los Angeles et l’industrie du cinéma indien et permettra d’augmenter le nombre de films indiens tournés à Hollywood, a affirmé dans un communiqué la Motion Picture Association of America (MPAA), qui réunit les principaux studios.

L’accord "renforce l’engagement de notre ville à attirer les productions internationales. Nous attendons avec impatience les futures productions indiennes", a déclaré Antonio Villaraigosa, le maire de Los Angeles, lors de la signature de l’accord aux studios Paramount Pictures. Hollywood et Bollywood (nom donné en raison de la présence des studios à Bombay) avaient déjà multiplié les partenariats ces dernières années. Le représentant de la délégation indienne, le producteur Bobby Bedi, s’est félicité de l’accord, soulignant que Hollywood et Bollywood "sont économiquement robustes et représentent un intérêt économique et culturel significatif dans leurs pays respectifs". "L’Inde a toujours été fascinée par Hollywood et cet accord nous rapproche encore, avec l’objectif de partager notre expérience sur les meilleures pratiques commerciales sur le marché de la production cinématographique locale et internationale", a-t-il ajouté. Un potentiel de développement immense

Les analystes soulignent que l’industrie de l’image représente un potentiel de développement immense en Inde. Les secteurs de la télévision et du cinéma y ont généré des recettes de 7,7 milliards de dollars en 2008, un chiffre qui devrait atteindre 13 milliards en 2015, selon une étude de la société de consultants PricewaterhouseCoopers. Cela reste très inférieur aux recettes générées par les studios américains, mais le nombre d’entrées vendues en Inde (3 milliards en 2009) est deux fois plus important qu’aux Etats-Unis. L’accord devrait également permettre de mettre un peu d’ordre dans la pratique, courante en Inde, de produire des versions locales de films hollywoodiens, reprenant généralement le scénario, les personnages, et jusqu’à la musique du film original. Une pratique qui a conduit ces dernières années Hollywood à traîner Bollywood devant les tribunaux pour plagiat. La MPAA soulignait mercredi que l’accord prévoyait de renforcer "la protection des contenus". "Notre industrie dynamique partage les mêmes défis et objectifs", a déclaré dans un communiqué Bob Pisano, le président de la MPAA. "Les nombreuses co-productions avec des studios indiens ces dernières années sont la preuve des liens grandissants entre nos deux industries. L’accord signé ce jour est un pas important vers l’avant, pour poursuivre ce mouvement", a-t-il dit.

Didi le 10/04/2009 à 23:20

Sarkar n’est pas à proprement parlé un remake du Parrain, c’est plutôt un hommage et c’est revendiqué comme tel à la différence d’autres remakes inavoués.

pierrot le 10/04/2009 à 19:11

Votre article est intéressant, mais on aurait bien aimé avoir la liste de tous les films qui sont des remakes de Hollywood, car c’est intéressant. J’en ai déjà un "The Killer" remake de Collateral avec Tom Cruise.

Thurman le 19/06/2014 à 15:28

I love what you guys are usually up too. This kind of clever work and coverage ! Keep up the awesome works guys I’ve added you guys to blogroll. Also visit my blog post … summer fat loss factor

Laurent le 10/04/2009 à 19:28

La liste est prévue prochainement dans notre dossier "remakes" !

En effet, The Killer est sympathique pour Irfan Khan en tueur à gages.

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