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Break Ke Baad

Traduction : Après le break

Bande originale

Adhoore
Ajab Leher
Dhoop Ke Makaan Sa
Dooriyan Bhi Hai Zaroori
Main Jiyunga
Don’t Worry About Me
Adhoore – Remix
Dhoop Ke Makaan Sa – Acoustic

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La critique de Fantastikindia

Par Madhurifan - le 7 janvier 2011

Note :
(5/10)

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Dans la catégorie "je sais pas ce que je veux et je suis une jeune fille capricieuse", je vous présente Aaliya (Deepika Padukone). Aaliya a la chance d’avoir un copain d’enfance, Abhay (Imran Khan), qui est amoureux, veille sur elle et arrondit les angles. Ils auraient pu être heureux dès le début du film, surtout que ça ne se passe pas dans un bidonville, mais non, Bollywood oblige, il faut tenir deux heures. Inventons donc des complications pour tenir la distance. Lui, il sait qu’il l’aime et elle sait… qu’elle veut devenir actrice. Lui, en bon fils indien, s’ennuie à reprendre les affaires de son papa. Elle, en charmante égoïste, est obsédée par son idée de carrière au grand désespoir de sa mère (Sharmila Tagore). Tout va se décanter lorsqu’Abhay, dans un grandiose sacrifice, va convaincre la maman de laisser partir sa fifille faire des études de communication en Australie. Un grand moment car Deepika diplômée en communication, c’est à peu près aussi crédible que Genelia en prof de danse ou que Casimir à l’Assemblée Nationale.
En Australie, le couple va se retrouver dans une sorte de pension tenue par Nadiya (Shahana Goswami). La catalyse peut commencer…

Si vous arrivez à vous passionner pour cette histoire, vous aurez bien de la chance. Les raisons de ne pas accrocher sont multiples. A commencer par le scénario d’une plate banalité (la plate banalité étant le degré extrême de la banalité). On cherche en vain un brin d’originalité, d’invention dans les péripéties. Rien. Ou si peu. Exit le scénario.

Ensuite, comme il s’agit probablement d’une commande, allons à l’essentiel. Inutile de se prendre le chou à creuser le caractère des personnages. Ils sont à peine effleurés et les sentiments manquent cruellement de finesse. Exit les personnages.

Une chose est sûre, pour son premier film, Danish Aslam n’aura pas marqué l’histoire du cinéma hindi. On pouvait pourtant espérer mieux d’un poulain rodé à l’école Yash Raj comme assistant-réalisateur sur quelques grosses productions : Thoda Pyaar Thoda Magic, Ta Ra Rum Pum, Fanaa, Salaam Namaste.

Des films avec un scénario simpliste et sans originalité, ce n’est pas ce qui manque, partout dans le monde. C’est même la norme. Mais parfois le réalisateur réussit tout de même à en tirer quelque chose. Ou le directeur de la photo, ou le décorateur. Ici, rien de tout ça, mais par contre une curiosité : le contre-temps systématique. Lorsque l’histoire prend un peu de consistance, les personnages semblent s’affadir et lorsqu’on s’intéresse enfin à eux, c’est l’histoire qui se traîne. Bref, impossible de rentrer dans le film. On a l’impression de le voir passer comme les vaches voient passer les trains.

Et pourtant ça commence bien. Les nombreux clins d’oeil à l’amateur de cinéma hindi laissent présager un bon moment, pimenté d’hommages à ce cinéma qu’on aime. Par exemple, le générique de début, qui déroule la jeunesse puis l’adolescence des héros, est une sorte de croisement entre celui de La Famille Indienne et celui (de fin) de Main Hoon Na, avec son côté joyeux et naïf.

Et pendant un bon moment on baigne dans les références. Inutile de vous cacher que de tomber sur le cultissime Ek Do Teen de Tezaab a de quoi mettre de bonne humeur et en bonnes dispositions l’inconditionnel de Madhuri que je suis. Et les références directes et indirectes à SRK (et à d’autres) et à ses films foisonnent. Quelques étincelles de plaisir crépitent donc au début. Mais on ne fait pas un film uniquement avec des références. Et la désillusion est à la hauteur de l’espoir. Les étincelles en question se noient rapidement dans un océan de platitudes. Avec, en prime, le sentiment qu’on nous prend pour des billes puisque l’idée avait déjà largement été essorée par I Hate Luv Storys, quelques mois plus tôt et de façon un peu plus subtile.

Break Ke Baad a tout pour être un ratage complet. Et pourtant, malgré tous ces défauts, il laisse le sentiment d’un film plutôt sympa. Sympa en premier lieu parce qu’il ne se prend pas au sérieux. Ce n’est pas un film au deuxième degré ou une comédie burlesque, comme l’un des Golmaal par exemple. Non, mais on sent bien que personne ne croit à cette histoire et, finalement, ce détachement donne un certain charme au film. La décontraction permet à la brochette d’acteurs qui soutient ce navet scénaristique de faire passer la pilule. Deepika reprend son numéro habituel de fille de caractère, style Bachna Ae Haseeno. J’ai toujours du mal à considérer que c’est ce qu’on appelle une actrice mais, avec son nez en pointe et son regard de hibou, je la sens mûre pour nous interpréter bientôt la Cruella des 101 Dalmatiens version indienne.

Quant à Imran, il se croit toujours dans la pub pour Coca avec Kalki Koechlin et réussit à la perfection le rapprochement commissure de la lèvre droite-plissement du même oeil. Mais il garde quand même ce petit air timide de boy next door qui le rend attachant. Le problème vient plutôt du fait qu’il donne l’impression de faire la suite de I Hate Luv Storys. Il faudrait peut-être qu’il pense à varier les rôles. Cela dit, cela ne semble pas si facile, à regarder l’expérience de son collègue Ranbir Kapoor, qui n’est guère plus varié dans ses choix (mais qui a un bien meilleur plan de com). Bref, ce n’est pas dans Break Ke Baad qu’on verra l’émergence de grands acteurs.

Heureusement, à côté des deux personnages principaux, les seconds rôles tiennent bien mieux la route. D’abord Shahana Goswami. Depuis son rôle de madame Arjun Rampal dans le Rock On !! d’Abhishek Kapoor avec Farhan Aktar, c’est une actrice dont je guette les apparitions. Ici, elle est parfaitement à l’aise en commerçante lucide et humaine. Bien que le recul manque, elle semble prendre un peu le même chemin que Konkona Sen Sharma, la fragilité en moins. En tout cas, voilà une actrice à suivre.

Autre second rôle, Sharmila Tagore. Cette femme a une vraie classe naturelle. Ici, c’est un régal de la voir en mère angoissée et protectrice, prenant des décisions mais pas si sûre que cela d’elle-même. Un rôle court mais pas si simple. Sharmila Tagore est bien une grande dame du cinéma indien.

Et puis il y a l’incontournable second rôle féminin : Lilette Dubey. Mais quand donc lui proposera-t-on un premier rôle ? Un premier rôle dramatique. Un rêve…

Pour résumer, scénario minable, acteurs principaux sans grands atouts mais bons seconds rôles. Comment cela peut-il engendrer un résultat final plutôt sympa ?

En réalité, la grande force du film de Danish Aslam réside dans sa musique. Les morceaux principaux, Adhoore, Dhoop Ke Makaan et Dooriyan Hai Zaroori, malgré une rythmique plutôt bourrin, apportent de la légèreté au film et équilibrent les contre-temps dont je parlais plus haut. L’oreille accroche ces rythmes agréables et lénifiants. La musique de Vishal Dadlani et Shekhar Ravjiani, des briscards de Bollywood, c’est le sucre qui fait passer la potion de Mary Poppins. On retrouve ce style passe-partout caractéristique qui fait qu’aux premières notes, on se sent en terrain connu. Certains diront, assez justement, que c’est toujours la même chose, à la limite du plagiat ou de l’auto-plagiat. Mais ça marche.

Eh oui, Break Ke Baad est un film globalement sans intérêt mais qui, en définitive, se laisse regarder. Un exemple de plus que la technique de fabrication des films modernes est bien rodée. Break Ke Baad, c’est comme les ricochets. Vous lancez la pierre sur l’eau, vous la regardez rebondir et vous l’oubliez dès qu’elle a coulé. Ploc, ploc, ploc… plouf.

Idiot mais sympa.


Note : 5/10 - Pas indispensable. Si vous ne le voyez pas, vous vous en remettrez


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