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Chaar Din Ki Chandni

Traduction : Quatre nuits de clair de lune

Année2012
LangueHindi
GenreComédie
RéalisateurSamir Karnik
Dir. PhotoKabir Lal
ScénaristesNishant Hada, Amit Masurkar
ActeursTusshar Kapoor, Anupam Kher, Om Puri, Johnny Lever, Farida Jalal, Kulraj Randhawa
Dir. MusicalShiv-Hari, Sandesh Shandilya, Abhishek Ray, R. D. B, Dr. Zeus
ParoliersAnand Bakshi, Sandeep Srivastava, R. D. B.
ChanteursSunidhi Chauhan, Shaan, Shweta Pandit, Parichay, Sandesh Shandilya, Anaya, Nindy Kaur, Dr. Zeus
ChorégraphesCaesar Gonsalves, Bosco Martis
ProducteurSamir Karnik
Durée125 mn

Bande originale

Chandni O Meri Chandni (2012 Version)
Radha Rani
Dj Play That Song
Chandni O Meri Chandni (House Mix)
Chaar Din Ki Chandni (Club Mix)
Kangna Tera Ni

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Fiche IMDB
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La critique de Fantastikindia

Par Mel - le 7 août 2012

Note :
(5/10)

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Quatre nuits de clair de lune, c’est à peu près la signification du titre Chaar Din Ki Chandni, en référence au proverbe hindi "Chaar din ki chandni phir andheri raat" : après quatre nuits de clair de lune, les jours sombres reviendront. Voilà qui n’est pas très engageant. Encore un drame ?

Tout commence au Rajasthan où le prince Chandraveer Singh (Anupam Kher) marie sa fille. Les auspices ne sont favorables que pendant sept jours, il faut donc tout organiser fissa. Le fils Veer [1] (Tusshar Kapoor) est donc rappelé d’urgence de Londres où il étudie. Il revient au manoir familial avec sa petite amie Chandni (Kulraj Randhawa) qu’il aimerait bien épouser. Son altesse paternelle étant particulièrement irascible, il n’ose pas lui avouer que la jeune femme qui l’accompagne est sa promise. Et il ne trouve rien de mieux que de la faire passer pour une journaliste venue de Londres pour couvrir le mariage royal de sa sœur.

Pour compliquer les choses, les parents de Chandni, Fatoor (Om Puri) et Pammi (Farida Jalal) arrivent de leur Penjab pour rencontrer leur future belle-famille. Mais comme rien n’a été avoué à sa Précieuse Grâce, ils se font passer pour des décorateurs du mariage. Le subterfuge pourrait passer si les trois frères de Veer ne montraient pas un intérêt pour la pétillante Chandni, et si le cousin Shaitan ne reniflait pas le coup fourré. Mais le plus grave problème, c’est que le prince s’est pris d’affection pour Chandni et qu’il lui a promis de lui trouver un mari dans les quatre jours, c’est à dire en même temps que sa propre fille.

Et ce n’est pas tout. Kaan (Johnny Lever) se fâche gravement avec le royal maître des lieux et jure de revenir se venger lors du mariage de la princesse, parole de Rajput, à ne pas prendre à la légère…

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Un joli clair de lune

Non, malgré ce que son titre pouvait laisser imaginer, Chaar Din Ki Chandni n’est pas un drame, c’est une farce. Elle est sortie sur les écrans en mars 2012 et a été réalisée par Samir Karnik à qui l’on doit Yamla Pagla Deewana l’année précédente. Cette comédie à succès qui réunissait trois Deol, présentait déjà Anupam Kher et Johnny Lever. Mais faute d’une vedette comme Dharmendra pour attirer les investisseurs, Samir Karnik a certainement dû en rabattre sur le budget. Cela se ressent au niveau des décors, il n’y en a pas. Le film est intégralement tourné au Kishmar Fort Hotel. C’est un lieu magnifique, mais ils n’ont pas dû avoir les moyens de réserver l’hôtel entier pour tout le tournage. En conséquence, une bonne partie des scènes est réalisée sur fond bleu laissant un halo irisé autour des personnages. Il est rare de voir des effets spéciaux numériques dans de simples scènes de conversation. Chaar Din Ki Chandni l’a fait.

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La chasse au gros est ouverte

Un autre signe de l’absence de moyens est la réutilisation d’éléments provenant d’autres films. Le plus emblématique est certainement la chanson-titre Chandni O Meri Chandni tirée du film Chandni. Prendre la chanson-titre d’un autre film, chantée par Sridevi elle-même et qui a eu beaucoup de succès qui plus est, c’est assez courageux. Mais quelles que soient les qualités du duo Tusshar Kapoor/Kulraj Randhawa, la comparaison avec le couple Rishi Kappor/Sridevi ne tourne pas à leur avantage.

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Les frangins crétins

Chaar Din Ki Chandni est comme un patchwork composé avec des morceaux de vrais films. On retrouve des images des derniers succès de Salman Khan, Singham avec Ajay Devgan, Wanted de Timur Bekmambetov, au détour d’une scène on entend Lata Mangeskar ou Kishore Kumar, Om Puri auto-parodie Billu, etc. Il y a tellement de ressemblances et d’emprunts à d’autres films qu’il est difficile de les citer tous. Il est probable que les auteurs argumenteraient qu’il s’agit d’hommages. Mais même les gags sont souvent issus d’autres films. La source la plus évidente est Yamla Pagla Deewana. Samir Karnik s’est lui-même plagié ! A vrai dire, en soi, c’est très drôle.

Un scénario qui semble écrit par un enfant de primaire, pas un sou pour tourner le film, des gags éculés. Qu’y a-t-il à sauver ? L’inspiration première peut-être. A moins que ce soit un pur hasard pour une fois, les similitudes avec Louis De Funès (tendance Pouic-Pouic) sont frappantes. Il est difficile d’imaginer une telle influence en Inde, mais pourtant Anupam Kher s’excite comme notre comique national, et Om Puri n’est pas en reste. Ça crie, ça menace sans aucune mise à exécution et les quiproquos s’enchaînent à grande vitesse. Pour être juste avec nos voisins transalpins, la distribution de baffes "à la Bud Spencer", c’est à dire énormes et sonorisées, est également un élément-clé de Chaar Din Ki Chandni.

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La revanche des Sikhs

Avec un tel pedigree, réel ou supposé, l’abord de ce film demande un petit travail préalable. Il est indispensable d’arrêter de s’imaginer qu’il y a une pensée sous-jacente et de surtout ne pas chercher d’où vient l’idée, le son ou l’image de la scène qu’on regarde. Ensuite il n’y a plus qu’à se laisser emporter. Et ça marche !

Sans rien connaître des Penjabis et de la façon dont peuvent les voir les autres Indiens, leur description est irrésistible, même à l’autre bout de la Terre. Ils sont présentés un peu comme un Chti le ferait d’un Marseillais. Le personnage emblématique, Pappi Sardar (un double rôle de Tusshar Kapoor) est totalement désopilant. Sa démarche les jambes écartées pour ne pas risquer d’abîmer la partie de son anatomie qu’il croit fort volumineuse est un grand moment. Le pseudo-père de Chandni est à se tordre. Johnny Lever est exceptionnel, avec de belles grimaces. Samir Karnik a rassemblé ici une ménagerie formidable !

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Un bisou à Pappi ?

Alors bien sûr ça ne vole pas haut, il y a des faiblesses et des baisses de régime. La première partie du film est nettement moins forte que la seconde, ce qui participe un peu de l’angoisse du spectateur au début. Certains personnages comme les trois frères sont médiocres. Le décorateur de mariage homosexuel (tiens, comme dans Kal Ho Naa Ho…) développe un comique particulièrement déplaisant, et à un moment qui va au-delà de la limite. Heureusement, on le voit peu. Mais la bagarre générale finale est très drôle avec certains effets spéciaux bien exécutés. Il est même à prédire que ce film aura pu produire au moins une de ces phrases-cultes que les enfants se répètent à l’envi dans les cours de récréation : "Ghajini. Dabangg. Wanted. Singham… The Dirty Picture" (il faut l’accent…).

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Fallait pas l’énerver ! En même temps, il va manger là…

Chaar Din Ki Chandni comporte cinq chansons dansées qui ne rentreront pas dans l’histoire de la musique. Enfin peut-être, mais ce sera alors pour les très nombreux emprunts des chorégraphies comme Tusshar Kapoor qui s’essaye à copier Shah Rukh Khan ou Akshay Kumar dans Singh is Kinng. La chanson-titre Chandni O Meri Chandni, on l’a vu, est une reprise. Mais elle n’est finalement pas si mauvaise. Et si on regarde avec objectivité, les abords du Kishmar Fort Hotel valent bien les montagnes suisses de l’original. Cette chanson est remixée en version "club" dans le générique de fin et se laisse assez bien écouter.

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Papa, maman, la bonne et moi

Malgré les sous-titres anglais rapides et nombreux, on entre plutôt bien dans Chaar Din Ki Chandni et je ne m’y suis pas ennuyé. Après quelques sérieux moments d’inquiétude sur l’histoire très faible et après avoir commencé à me désoler du sur-jeu d’Anupam Kher, j’ai finalement laissé le cerveau de côté et je suis retombé en enfance. Ça commence par un sourire… puis ça finit par une franche rigolade.
J’ai presque honte, mais ce fut un vrai plaisir de revoir certaines scènes à l’occasion de cette chronique.




[1] Tous les personnages du film s’appellent "Singh". On gagnera donc en clarté à n’utiliser que leurs prénoms.

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