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Chalo Dilli

Traduction : Allons à Delhi

Année2011
LangueHindi
GenresComédie, Road-movie
RéalisateurShashant Shah
Dir. PhotoNikos Andritsakis
ScénaristeArshad Sayed
ActeursLara Dutta, Vinay Pathak
Dir. MusicalAnand Raj Anand, Gaurov Dasgupta, Sachin Gupta, Rohit Kulkarni
ParoliersShabbir Ahmed, Manthan, Anand Raj Anand, Krishika Lulla, Nisha Mascarenhas
ChanteursSukhwinder Singh, Neeraj Shridhar, Raja Hasan, Natalie Di Luccio, Kamal Heer, June Banerjee
ChorégrapheStanley D’Costa
ProducteursKrishika Lulla, Kavita Bhupathi Chadda, Lara Dutta
Durée120 mn

Bande originale

Chalo Dilli
Hi 5
Kaun Se Badi Baat
Laila O Laila
Matargashtiya
Moments in Life
Hi 5 (Club Mix)
Laila (Club Mix)

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Fiche IMDB
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La critique de Fantastikindia

Par Didi - le 28 février 2012

Note :
(7/10)

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Mihika Banerjee (Lara Dutta) est une brillante femme d’affaires moderne, élégante, occidentalisée et maniaque de l’hygiène. Elle travaille, comme il se doit, à Bombay, capitale économique de l’Inde alors que son mari (Akshay Kumar), militaire de carrière, réside à Delhi. Entre deux voyages d’affaires autour du monde, elle doit prendre l’avion pour Delhi où son mari lui a préparé une fête d’anniversaire. Or, les choses ne se passent pas comme Mihika l’avait programmé… D’abord, elle rate son avion et doit voyager sur une compagnie low cost, puis son vol est détourné sur Jaipur ce qui l’oblige à finir la route en voiture avec chauffeur. La voiture est une vieille guimbarde et le chauffeur, pas très dégourdi, est même plutôt endormi. Entre-temps, un des passager, Manu Gupta (Vinay Pathak), croisé durant le vol s’est « incrusté » dans la voiture. Manu, vendeur de saris, de classe moyenne, est plutôt rustre et accro à la chique de la feuille de bétel. Ce qui devait arriver, arriva… La voiture tombe en panne au milieu de nulle part sur une route du Rajasthan et notre très sophistiquée Mihika, affublée du sympathique, mais néanmoins lourdeau, Manu, vont devoir finir leur voyage à grand renfort de système D…

Sorti en avril 2011, en plein milieu de la saison de cricket (IPL et coupe du monde, ou l’inverse, je ne suis pas experte en cricket), cette petite production est passée assez inaperçue, tenant l’affiche durant trois semaines et faisant le score honorable, vu la mise de départ (5 crore de budget) de 9,5 crore au box-office. Soyons clairs : le film ne laisse pas un souvenir impérissable et ne révolutionne pas le cinéma par son originalité, néanmoins Chalo Dilli possède quelques qualités qui méritent le détour.

Chalo Dilli, on l’a dit, ne brille pas par son originalité, ayant recours à deux ficelles scénaristiques classique : le road movie et la réunion de deux personnages, ici un homme et une femme, que tout oppose. Du genre road movie, Chalo Dilli retient le côté initiatique du voyage qui permet aux personnages d’aller au-delà de leurs limites et d’en revenir transformés. Ce genre semble connaître, ces dernières années, un regain d’intérêt dans le cinéma populaire indien (Jab we met et son remake tamoul, Road, Movie, ZNMD). Quant au couple de personnages que tout oppose, mais qui doivent faire route ensemble malgré eux, cela n’est pas quelque chose de nouveau non plus, étant donné que de l’opposition des caractères découle la plupart des situations comiques. Néanmoins, Chalo Dilli se distingue de films comme la première partie de DDLJ ou de Jab we met par son dénouement : Mihika et Manu ne vont pas finir mariés, puisqu’ils le sont déjà chacun de leur côté. Autrement dit, Chalo Dilli est une comédie, mais pas une comédie romantique. Le romantisme est d’ailleurs évacué du film pour ne laisser place au départ qu’à l’antagonisme, puis à la franche amitié une fois les épreuves passées.

En effet, notre débonnaire Manu, qui est loin de se mettre la rate au court-bouillon et qui, à toute nouvelle épreuve, oppose un « ce n’est pas si grave » (« it’s not a big deal » dans le texte des sous-titres anglais), va parvenir au terme de ce long périple à dérider notre femme d’affaires stressée et très attachée à ses principes (soit son sac de marque, ses hauts talons et sa bouteille d’eau minérale). Il va même au-delà, notre bon Manu, en faisant comprendre à cette femme beaucoup trop matérialiste (son côté occidentalisé) que les choses simples de la vie, la beauté d’un lever de soleil, les saveurs authentiques de la cuisine rurale, l’amour des siens et leur santé, etc., sont bien plus importants que les contretemps d’un voyage ou des chaussures de marque.

Le couple pour le moins étonnant formé par Lara Dutta, géniale dans son rôle de femme sophistiquée maniaque de l’hygiène, et Vinay Pathak, dans l’un de ses avatars habituels (le gars débonnaire et comique au physique peu avenant), est le ressort principal de cette comédie bien rythmée à l’humour léger, même si elle n’est pas exempte de quelques recours aux blagues moins subtiles, on va dire.

La musique sans « boum-boum » (quel plaisir !), mais plutôt style bhangra, est un autre atout du film. En revanche, il n’y a pas de séquences chorégraphiées, les chansons accompagnant juste la route de nos personnages à l’exception de la reprise du numéro de Zeenat Aman dans Qurbani, Laila o Laila, ici dansé par l’item girl d’origine tchèque, Yana Gupta.

La dernière qualité du film est, comme il se doit pour un road movie, la photographie, qui met remarquablement en valeur les paysages du Rajasthan et ses habitants aux habits colorés. De sorte que si vous regardez le film et qu’il ne vous emballe que moyennement, vous n’aurez pas tout perdu en voyageant sur les petites routes du Rajasthan, ou bien dans la deuxième classe d’un train bondé avec les vendeurs ambulants venant proposer leur marchandise aux arrêts des petites gares.

À plusieurs reprises, lors de chroniques de films diverses, j’ai fait état de cette période où les productions hindies péchaient pas leur côté standardisé/ insipide ou trop occidentalisé. C’est en fait l’année 2010 qui a été marquée par cette tendance, l’année 2011 s’étant révélée être un bon cru.

Pour finir, je tiens à signaler aux lecteurs qui découvriraient ce petit film sympathique grâce à cette chronique que c’est mon cher et tendre (alias mon mari) qu’il faut remercier pour cette trouvaille à côté de laquelle je serais passée tant le film a été exploité sans tambour ni trompettes. Mon cher et tendre n’est pas amateur de films indiens, loin s’en faut, il n’a vu que quelques-uns des rares films qui sont sortis sur les écrans français. Néanmoins, il a passé un bon moment en le visionnant dans l’avion qui le menait à Bombay pour voyage d’affaires. J’espère que ce sera votre cas.

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