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Citizen

Traduction : Citoyen

Année2001
LangueTamoul
GenresMasala, Films sociaux
RéalisateurSharavanan Subbaiya
Dir. PhotoRavi K. Chandran
ScénaristeSharavanan Subbaiya
ActeursAjith Kumar, Nagma, Meena, Cochin Haneefa, Vasundhara Das, Vinu Chakravarthy
Dir. MusicalDeva
ParolierVairamuthu
ChanteursSadhana Sargam, Shankar Mahadevan, Vasundhara Das, Hariharan, Harini, Tippu
ChorégraphesSaroj Khan, Tharun Kumar, Longie
ProducteurS. S. Chakravarthy
Durée172 mn

Bande originale

Australia Desam
Merkae Udhitha Sooriyan
Pookara Pookara
Chikkimukki Kallu
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Fiche IMDB
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La critique de Fantastikindia

Par Marine - le 2 avril 2015

Note :
(5.5/10)

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Un homme dont la vie de mécanicien musulman un peu philosophe sur les bords semble bien ordinaire organise en réalité l’enlèvement de plusieurs dignitaires en se donnant le nom de « Citizen » (citoyen). S’organise alors une chasse à l’homme.

On se rend compte très rapidement que le film tourne autour d’une histoire de vengeance et c’est en suivant l’enquête policière qu’on progresse vers là où le réalisateur veut nous emmener : la corruption des fonctionnaires et leurs conséquences. Je tiens ici à prévenir le lecteur qu’il y a des scènes à la limite du soutenable et on tentera de se rassurer en pensant qu’ici, la fiction dépasse de très loin la réalité. L’originalité de Citizen tient à ce que le film apporte une réponse concrète au problème de la corruption. Certes, la solution est présentée comme extrême comparée à la peine de mort mais oh combien plus efficace. Cela pourrait presque être un programme politique pour prévenir ce fléau qui gangrène ce pays. Car il n’y a rien de pire pour un détenteur de l’autorité que de trahir et de se retourner vers les citoyens qu’il représente et doit protéger. Tel est le message du film.

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L’horreur.

Par sa thématique et les faits monstrueux qu’il révèle, le film pourrait être difficile à regarder. Et malgré des scènes qui mettent mal à l’aise, on est cependant loin de l’intensité d’un Paradesi. Les scènes de la fille tentant désespérément de se faire aimer du héros (on ne peut pas lui en vouloir) viennent alléger le propos avec leur lot de chansons tout comme l’absurdité des scènes d’action. Cependant, on pourra considérer cela comme l’un des défauts du film.

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Les fantasmes musicaux de l’héroïne.

En effet, les scènes d’action plombent ce long-métrage par leur manque total de réalisme. Que le héros envoie au tapis une vingtaine de méchants à lui tout seul est une chose normale qui ne pose aucun problème dans un film. Par contre, faire vingt mètres dans les airs à l’aide de pirouettes, si. Krrish a des excuses mais Citizen n’a pas le moindre super pouvoir, lui (à moins que ce ne soit sa carte d’électeur ?). On a presque l’impression d’être dans la parodie de scènes d’action. Cette erreur surprend d’autant plus à côté du "soin" utilisé pour les prétextes des chansons. En effet, mis à part celles des pêcheurs, aucune n’est interprétée par les personnages « dans la vraie vie ». Les trois autres chansons ne sont que les fantasmes d’une Indhu follement amoureuse d’Abdullah. Le premier clip I like you m’a fait revenir à l’époque des G Squad et autres boys bands du point de vue du maquillage outrancier et des costumes. C’est normal pour un film de 2001. Mais que ce soient les musiques ou les chorégraphies, il n’y a rien à retenir.

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Quand Ajith rencontre Edward Cullen

Ce qui peut aussi perturber le spectateur ce sont les incohérences qui ponctuent le film. Comment ce qui a été jeté dans l’eau a-t-il pu se retrouver sous terre ? Comment une poignée d’hommes a-t-elle pu réduire à sa merci près de 700 personnes aux abois ? A côté de ces détails, les maquillages parfois étranges d’Ajith perturbent peu. C’est d’ailleurs l’œuvre du maquilleur de Kamal Hassan qui a l’habitude de ce genre de transformation.

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Ajith, deuxième place à gauche. Oui, le maquillage fait des merveilles.

On remarquera que le réalisateur n’a pas voulu mettre son propos de justice dans la bouche d’une seule religion puisque le héros en passe par trois différentes : l’hindouisme, le christianisme et l’islam. C’est le citoyen qui est remis au centre de l’intérêt général et la justice est due à chacun, quelle que soit sa communauté et son rang social. Le plaidoyer d’Ajith au tribunal fait sensation.

En vérité, quand on voit arriver sur l’écran Ajith Kumar avec la coupe de cheveux de Stefan Eicher, on prend peur. Et puis l’histoire prend le dessus. Et le charisme de l’acteur principal aussi. Ajith Kumar joue deux rôles dans ce film. Celui d’Abdullah et celui de son père, simple pêcheur. Il est bon dans les deux registres, éloquent, émouvant, et je m’arrête là avant de tomber dans la fangirl attitude.
Pour les autres acteurs, c’est une autre histoire. L’héroïne Indhu, celle qui est amoureuse du héros, est jouée par la chanteuse Vasundhara Das que l’on a vue la même année dans Le mariage des moussons. Elle a de jolis yeux mais ne fera pas jaillir la moindre larmichette dans les vôtres. Meena qui joue la mère du héros, par contre, oui. Quant à Nagma qui interprète l’enquêtrice à la poursuite de Citizen, elle est plutôt crédible. Le souci vient plutôt de la réalisation qui l’efface trop vite.

Trop sérieux pour "ne pas se prendre la tête", et pas assez pour marquer définitivement les esprits. Citizen et son pouvoir de super citoyen peine à convaincre tout le monde et reste un film moyen. Par contre, les fans d’Ajith, ne passeront pas à côté.

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