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Cocktail


Bande originale

Tumhi Ho Bandhu
Daaru Desi
Yaariyan
Second-Hand-Jawani
Tera Naam Japdi Phiran
Luttna (Saif Ul Malook)
Alif Allah (Jugni)
Yaariyan (Reprise)
Luttna (Version 2)
Tera Naam Japdi Phiran (Remix)
Main Sharabi

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La critique de Fantastikindia

Par Mel - le 5 décembre 2012

Note :
(4/10)

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Gautam (Saif Ali Khan) est un informaticien trentenaire, dragueur aussi entreprenant qu’impénitent. Il vit à Londres sous le chaperonnage bienveillant d’Oncle Randhir (Boman Irani). En accompagnant ce dernier à l’aéroport, il croise Meera (Diana Penty), une jeune indienne introvertie qui arrive de New-Dehli pour rejoindre son mari Kunal (Randeep Hooda). Le scélérat la rejette cruellement et elle se retrouve à la rue sans le sous. Tandis qu’elle pleure toutes les larmes de son corps dans les toilettes d’un fast-food, arrive Veronica (Deepika Padukone) qui sort de boîte de nuit un peu éméchée.

Veronica est jeune, belle, riche et reine de la nuit londonienne. Elle a bon cœur, aussi elle invite Meera à s’installer chez elle le temps de se retourner. Les deux jeunes femmes deviennent les meilleures copines du monde et un soir, elles aperçoivent Gautam au restaurant pour un dîner d’affaire. Par jeu et pour venger Meera que Gautam avait choquée à l’aéroport, Veronica lui donne une de ces bonnes leçons typiquement féminines qui laisse Gautam interloqué, les bras ballants.

Quelques temps plus tard, ils se retrouvent tous les trois par hasard dans une discothèque où Veronica irradie le dance-floor pendant que Meera fait tapisserie. Veronica saisit l’occasion de sauter sur Gautam qui ne demande que ça. Et en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire, il emménage avec les deux copines…

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Quel talent ce Gautam !

La vraisemblance n’est pas le point fort de Cocktail. Cela commence dés les premières secondes, dans un avion, avec une consigne de sécurité surprenante : "N’oubliez pas de gonfler votre gilet de sauvetage avant de quitter l’appareil" [1]. La suite nous montre l’évocation d’un fantasme masculin universel, le Walhalla du passager en classe éco : Gautam comptant fleurette à une hôtesse de l’air aussi ravissante que compréhensive. Puis un peu plus tard dans le film, il est question de passer un week-end au soleil. Pourquoi pas l’Afrique du Sud ? Les 23h de vol dans le week-end n’ont pas effrayé nos trois compères… Ces quelques exemples aériens ont surpris le passager d’un long-courrier que j’étais lors de la vision du film.

C’est peut être que le Londres de Homi Adajania, dont c’est le second film après Being Cyrus, n’est ici qu’un décor en carton-pâte qui a déjà beaucoup servi. L’histoire secondaire incohérente de Meera avec son pseudo-époux Kunal n’est pas plus crédible. Et que dire de l’improbable vie dissolue puis repentante de Veronica… A vouloir faire un film larger than life, les auteurs se sont totalement détournés de la réalité. Ce n’est pas en soi un problème au cinéma, si ce n’est que Cocktail ne pousse pas l’absurdité suffisamment loin pour nous emporter. Le film flotte entre deux eaux, l’histoire tangue, comme Veronica après s’être envoyée un litron entre deux joints.

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Les deux copines de Gautam, Veronica et Meera

Le scénario n’offre aucune surprise dans cette comédie romantique qui a l’air d’avoir été tournée à la chaîne. A la décharge des auteurs, il faut bien reconnaître qu’il était difficile de faire autrement avec un point de départ aussi pauvre : "Deux copines canons, Veronica la délurée et Meera la coincée emménagent avec un dragueur invétéré". Vous ne me croyez pas ? Voyons-voir… 2 filles 1 mec, ça fait en théorie 5 possibilités. Mais à Bollywood, le problème se simplifie :

1. Personne ensemble : c’est pour un film français dépressif, ça ne marche pas à Bombay. Et puis, il est où le romantisme si chacun reste dans son coin ?
2. Les trois ensemble : éventuellement dans un film danois ?
3. Les deux filles ensemble : ça pourrait être drôle en Allemagne, mais même Anurag Kashyap n’est pas près de l’oser à Bollywood.
4. Gautam avec Veronica : le film commence comme ça.
5. Il reste… il reste…

Effectivement que reste-il ? Un Saif Ali Khan qui cabotine comme jamais ? A plus de 40 ans et après la cure de bodybuilding qu’il a subie pour son film précédent (Agent Vinod) cela commence à être difficile. Il faut pourtant reconnaître qu’il parvient parfois à arracher un sourire au spectateur. Car ce dernier ne s’est pas endormi ; subjugué qu’il est par les deux beautés qui monopolisent l’écran.

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La délicieuse moue de Meera

Diana Penty, dont c’est le premier film, est spécialisée dans l’art de la moue interrogative à faire tomber par terre le spectateur attaché à son siège dans cet avion qui n’en finit pas de survoler la Russie. Elle danse très mal, sa minceur fait presque peur, son accent anglais n’a d’égal que celui du commandant de bord d’Air France, mais quelle grimace divine !

Soyons sérieux, il est difficile de faire tenir un film de presque 2h30 sur le seul mouvement du visage d’une jeune sylphide inexpérimentée. La lourde charge est dévolue à Deepika Padukone qui s’en sort haut la main. Une des idées de départ des producteurs était certainement de reformer le couple Deepika/Saif qui avait eu beaucoup de succès dans Love Aaj Kal et encore un peu crédibilité dans Aarakshan. Ce couple en lui-même présente ici peu d’intérêt, Deepika vole seule la lumière. Elle sait être est suprêmement belle, et même parfois émouvante malgré la pauvreté du drame. Love Aaj Kal ne lui laissait pas assez d’espace ; on ne voit qu’elle dans Cokctail. C’est un festival qui illumine le ciel d’Oulan-Bator dont on aperçoit les lumières par le hublot.

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Maman !

Les second rôles sont englués dans le carcan de dialogues indigents. On avait vu Boman Irani nettement plus à l’aise dans Ferrari Ki Sawaari, pour ne citer que ce film de 2012. Quant à Dimple Kapadia dans le rôle de la mère de Gautam, elle ne parvient pas à approcher la truculence de Kirron Kher dans Dostana. Ces personnages à vocation comique sont absents de la seconde partie prévue pour fonctionner comme une publicité pour les mouchoirs en papier. Elle repose intégralement sur les frêles et tellement ravissantes épaules de Deepika, qui aurait pu laisser une forte impression si l’histoire avait été un peu travaillée.

Le travail, on le voit dans la réalisation des chansons dans la boîte de nuit. Les images sont magnifiques et la musique auto-attribuée à Pritam fonctionne très bien. C’est dans ces moments qu’on se rend compte de la médiocrité des casques qu’on nous distribue gratuitement dans les avions. Les autres morceaux, comme la chanson de plage Tumhi Ho Bandhu sont loin de laisser une impression indélébile.

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Veronica, tu bois trop entre deux danses…

La lumière se rallume, il va falloir éteindre l’écran car on va bientôt atterrir. Le film est déjà oublié. Il a eu quand même une vertu : celle de faire passer le temps en charmante compagnie. Cocktail a une furieuse tendance à ressembler aux publicités pour les parfums de luxe qui ornent les pages de la revue glacée placée dans la pochette devant nous, à coté de la fiche des consignes de sécurité et du sac à vomi qui n’a pas servi. Mais avec un avantage indéniable, les images bougent.

Bon, allez, c’est pas tout ça, mais il faut passer la douane…




[1] On doit gonfler son gilet en dehors de l’avion parce que sinon, l’évacuation ressemblerait à une compétition de bibendum qui tentent désespérément de passer par la porte trop étroite… Cette consigne de bon sens est rappelée à chaque vol passant au dessus d’une étendue d’eau, sur toutes les compagnies aériennes du vaste monde.



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