]]>

Coolie


Année1983
LangueHindi
GenreMasala
RéalisateursManmohan Desai, Prayag Raj
Dir. PhotoPeter Pereira
ScénaristeK. K. Shukla
ActeursAmitabh Bachchan, Waheeda Rehman, Rishi Kapoor, Rati Agnihotri, Shoma Anand
Dir. MusicalLaxmikant-Pyarelal
ParolierAnand Bakshi
ChanteursSuresh Wadkar, Asha Bhosle, Alka Yagnik, Anuradha Paudwal, Shailender Singh, Shabbir Kumar
ChorégrapheKamal
ProducteurKetan Desai
Durée168 mn

Bande originale

Mujhe Peene Ka Shauk Nahi
Jawani Ki Rail Kahin
Lambuji Tinguji
Sari Duniya Ka Bhoj Hum Uthate Hain
Humka Ishq Hua
Accident Ho Gaya
Mubarak Ho Tumko Haj Ka Mahina

En savoir plus

Fiche IMDB
Page Wikipedia
La critique de Fantastikindia

Par Maya - le 10 août 2010

Note :
(7/10)

Article lu 1804 fois

Galerie

Coolie est surtout célèbre parce que c’est sur ce tournage qu’Amitabh Bachchan faillit perdre la vie. La scène où l’accident s’est produit est d’ailleurs immortalisée : le film s’arrête sur l’image avec un texte commémoratif. Et la bagarre reprend, une séance de dishum comme il y en a tant.

Pourtant Coolie n’est pas un film comme il y en a tant : il réussit à être à la fois ouvertement communiste et d’une grande ferveur religieuse, sur le thème "l’union fait la force et Dieu guide nos pas". Un grand écart idéologique qui vaut son pesant de roupies, hélas légèrement englué dans une sauce masala assez indigeste et dont pour une fois on se serait bien passé, l’essentiel étant ailleurs.

L’aspect le plus intéressant de ce film est de loin le côté social : Iqbal (Amitabh Bachchan) fédère les coolies, tous habillés de rouge ils font grève et s’associent pour exiger de l’exploiteur local, un lotissement de maisons décentes. Ils devront affronter bien des avanies, mais marteau et faucille en mains (il faut le voir pour le croire !), Iqbal défend ses camarades.

Il est aidé dans sa lutte par Vicky (Rishi Kapoor), jeune reporter alcoolique dont la mère (Waheeda Rehman) a perdu la mémoire et la parole. Ciel, mais c’est la mère qu’Iqbal a perdu quand il avait 8 ans, enlevée par le méchant, etc, etc.

Il est également aidé par un faucon apprivoisé, Allarakha, qui apparaît fort opportunément à chaque fois que la vie d’Iqbal est en jeu. Le bras armé de Dieu. Ce dernier est très présent tout au long du film, non seulement pour expliquer l’inexplicable, processus bien connu des scénaristes, mais aussi comme justicier au service des pauvres et des opprimés. Les chirurgiens s’activent un bon nombre de fois, mais c’est la foi de ceux qui prient qui sauve le héros, étrange parallèle avec la réalité car lorsqu’Amitabh était dans le coma, l’Inde entière priait, dans les temples, les mosquées et les églises, comme dans le film.

Côté masala, c’est un véritable florilège que s’offre Manmohan Desai, scénariste et réalisateur bien connu pour ses drames familiaux à multiples rebondissements (Amar Akbar Anthony, Aa Gale Lag Jaa, Suhaag, Naseeb…). Familles disloquées, enfants perdus, gentil qu’on emprisonne abusivement, méchant qui s’approprie la fortune de sa fille adoptive, amis séparés dans l’enfance qui se vouent un amour éternel, garçon pauvre amoureux de la riche héritière, rien ne manque à Coolie. Pas même l’humour ! Quelques scènes rapellent le côté grand-guignol assumé d’Amar Akbar Anthony et Amitabh s’en donne à cœur joie, notamment dans la séquence où il prépare une recette de cuisine (française) en suivant la recette à la radio, et sa dulcinée pour lui jouer un tour passe alternativement de l’émission de cuisine à l’émission de yoga, sans qu’il y prenne garde… Il faut voir aussi Amitabh immortalisé en statue du "Coolie inconnu".

Ce film est un must see pour tout fan d’Amitabh Bachchan. Ce dernier est tout simplement irrésistible avec ses pantalons blancs et sa tunique rouge, qu’il danse ou qu’il se batte, qu’il prie, qu’il parle d’amour ou harangue ses camarades, son charisme explose littéralement.

Rishi Kapoor compose l’anti-héros sympathique sans lequel le héros ne s’en sortirait pas. Les deux personnages sont équilibrés et ont bien leur place sur l’échiquier, pour une fois on échappe à la co-star faire-valoir. Les jeunes filles elles, n’y échappent pas. Elles sont charmantes, font montre d’une indépendance d’esprit rafraîchissante, mais il est dommage qu’elles soient laissées sur le bord de la bataille socio-idéologique, comme si elles étaient absolument hermétiques à toutes ces questions, uniquement préoccupées par leurs histoires de cœur.

La musique de Laxmikant-Pyarelal est elle aussi résolument tournée vers la romance et le masala, elle est typique des films des années 70-80. Sept chansons émaillent Coolie, plus dynamiques que romantiques. Les chorégraphies ne sont pas très élaborées, deviennent même comiques si on les regarde en accéléré, mais un soin particulier est apporté à la mise en scène, aux couleurs, et l’ensemble est agréable à regarder, on ne s’ennuie pas. A noter : les costumes sont très réussis, ce qui n’est pas si courant pour les films de cette époque, mention spéciale pour les tenues des demoiselles, particulièrement seyantes, avec un bon équilibre entre tenues indiennes et tenues occidentales.

Commentaires
Pas encore de commentaires