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Cuckoo

Traduction : Coucou

Année2014
LangueTamoul
GenresDrame, Mélodrame / Romance, Comédie romantique
RéalisateurRaju Murugan
Dir. PhotoP. K. Varma
ScénaristeRaju Murugan
ActeursDinesh, Malavika Nair, Aadukalam Murugadoss
Dir. MusicalSanthosh Narayanan
ParoliersGaana Bala, Yugabharathi, R. K. Sundar
ChanteursGaana Bala, Sathish, Dhee, RR, Divya Ramani, Kalyani Nair, Pradeep Kumar, Andony Dasan, Vaikom Vijayalakshmi
ChorégrapheSheriff
ProducteurA.R. Murugadoss
Durée146 mn

Bande originale

Enda Mapla
Manasula Soora Kaathey
Potta Pulla
Agasatha
Kalyanamam Kalyanam
Kodaiyila

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Fiche IMDB
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La critique de Fantastikindia

Par Gandhi Tata - le 11 juin 2014

Note :
(7/10)

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On a souvent du mal à définir, ce qu’est réellement la nouvelle vague tamoule… Dans les années 70, les films sociaux, progressistes et féministes, rentraient dans cette catégorie. Récemment, depuis le milieu des années 2000, les longs métrages néoréalistes, filmés à hauteur d’homme, sont considérés comme tels. Coucou (Cuckoo), réalisé par le débutant Raju Murugan, avec l’acteur Dinesh, vu dans Attakathi, est une vision sans condescendance de ceux qui en sont justement dépourvus. Ce n’est pas la première fois que le cinéma tamoul se penche sur l’existence des personnes malvoyantes ou aveugles, mais c’est bien l’une des rares fois, où leur infirmité n’est pas sujette au misérabilisme et à l’apitoiement.



Thamizh (Tamil en VOSTFR) mène une vie insouciante et joviale, avec ses amis, en vendant des babioles et chantant des chansons dans la rue. De son côté, Sudhanthirakodi (Liberté en VOSTFR) suit des études pour devenir institutrice. Bien qu’étant de conditions et de milieux sociaux différents, ils ont un point commun, la cécité. Si les premières rencontres donnent lieu à des petites querelles, assez drôles, Thamizh et Sudhanthirakodi finissent par s’aimer, après s’être bien châtiés. La vie n’est déjà pas un long fleuve tranquille pour les personnes valides, alors pour eux… Oppositions familiales, mépris, intolérances, seront quelques-uns des périls qu’ils devront affronter ensemble.


La grande qualité du scénario de Raju Murugan est sa volonté de nous immerger dans le quotidien d’un aveugle et d’adopter son point de vue, tout au long du film. L’autre aspect important de Coucou, c’est son humour, qui permet de rire des petites mésaventures vécues par les héros, sans aucun cynisme. Le ton bon enfant, imposé par le réalisateur, parvient à briser le regard complaisant, et presque méprisant, que le cinéma avait l’habitude de développer autour du handicap des personnages. Raju Murugan est à féliciter pour sa considération, car son histoire remet l’accent sur la personnalité, au détriment de la déficience. Avant d’être aveugles, Thamizh et Sudhanthirakodi sont comme vous et moi, capables de sentiments, d’autodérision et d’envies. Sur ce dernier point, Coucou s’emploie à dénoncer l’ingérence de l’entourage (valide) qui refuse à ces personnes le droit de désirer et projeter.


Si Coucou évite soigneusement les clichés sur les malvoyants, il n’en est pas de même au niveau de la réalisation parfois hasardeuse, qui s’abime dans la facilité, durant la dernière demi-heure. Il est vraiment regrettable de voir Raju Murugan emprunter le chemin du mélodrame, ce qui nuit grandement au ton réaliste qu’il avait instauré jusque-là. Cependant, on retiendra quand même la sensibilité de l’approche, le soin dans l’écriture des personnages et l’effort déployé pour ancrer le récit dans cet univers très particulier, où l’ouïe, l’odorat et le toucher, permettent de voir les choses.


Enfin, au niveau du scénario, il est intéressant de noter que le film ne tourne pas essentiellement autour du couple, et fait place à toute une galerie de protagonistes secondaires qui contribuent grandement à composer ce microcosme. Ces petits rôles sont primordiaux pour entretenir l’humour, appréhender les codes qui régissent ce milieu et enfin, comprendre qu’il y a différents niveaux de cécité, mais qu’une façon de l’accepter, la bonne humeur. Le message peut paraître naïf, mais c’est ainsi qu’ils subsistent dans un monde bien trop brutal pour nous.


Malavika Nair joue le personnage de Sudhanthirakodi, avec beaucoup de sensibilité et de retenue. Elle ne cherche pas à mimer les aveugles, mais à se fondre dans le rôle et à vivre en tant que telle. C’est beaucoup moins spectaculaire que l’acteur Dinesh (Thamizh), qui a fait un énorme effort sur la gestuelle et ses yeux qu’il roule d’une certaine façon, pour bien montrer sa forme de cécité. Par moment, on est bluffé par le personnage qui efface totalement l’acteur, mais malheureusement, il en fait parfois trop, notamment dans les scènes où il est amené à émouvoir. Il faut admettre que durant ces moments dramatiques, il surjoue, en singeant tout ce qui a pu se faire par le passé, sur le sujet, en terme de jeu d’acteur. La référence à un autre film, centré sur un homme aveugle, Rajaparvai, est assez évidente. Cette œuvre des années 80, a été une source d’inspiration importante pour Dinesh, qui rend hommage à sa façon, à l’interprétation de Kamal Hasan. L’acteur aurait pu s’inspirer de la subtilité de sa partenaire, pour donner à Thamizh, cette réserve qui lui fait défaut à certains moments-clés.


Le compositeur de la bande originale, Santosh Narayanan, s’impose depuis quelques temps déjà, comme le successeur de A.R.Rahman, et ça se précise encore un peu, avec Coucou. Que cela soit sur le plan de la bande son, qui appuie les moments d’émotion et d’humour, le silence volontaire pour laisser le champ libre aux acteurs, ou sur les chansons magnifiques, appartenant à des styles différents (ballade, folk, etc…), le musicien livre exactement, l’ambiance sonore appropriée pour soutenir la réalisation ou rehausser les moments où ça flanche. En bref, l’album est une pépite musicale qui réunit quelques-uns des meilleurs morceaux de l’année. Enfin, le chef opérateur P. K. Varma, a fait un travail conséquent sur la couleur et la lumière, pour rendre la photo aussi éclatante que possible. Ce rendu est certainement une volonté du réalisateur, qui a voulu magnifier cette réalité, plutôt ordinaire, de manière à retranscrire la perception des héros.


En quelques mots, Coucou aurait pu être un excellent film, mais les errements de son réalisateur, durant la dernière partie, nuisent un peu à l’ensemble. Cependant, ça reste une œuvre assez honnête, portée par des interprétations de qualité, une magnifique musique et une photo chatoyante.


Commentaires
6 commentaires
En réponse à Gandhi Tata - le 18/06/2014 à 14:14

Oui Alineji, c’est un petit film sans prétentions, avec une vision positive et humaniste comme tu le dis.

gt

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Ferdinand LACOUR le 21/02/2015 à 04:56

Une belle fable !

PAGE le 16/06/2014 à 04:04

Avec tout le respect à Gandhi Tata pour sa critique, comparer Santhosh et A.R.Rahman est un peu réducteur pour les 2. Alors que Rahman est dans la case des grands maitres, Santhosh débute à peine. Mais le plus important, ils ne recherchent pas la même chose. Ce sont 2 esprits relativement différents. Leur seul point commun est peut être dans le fait qu’ils sont innovateurs et se sont des gens qui ne se contentent pas de ce qui existe déjà. Bref, ça m’a surpris, et je voulais le dire.

Gandhi Tata le 18/06/2014 à 14:13

Salut !

En fait, ce n’est pas une comparaison, mais davantage une forme de passage de flambeau, que je prédis, car j’annonce qu’il s’impose depuis quelques temps comme le successeur de A.R.Rahman. Du temps d’Ilaiyaraja, dès qu’un mec faisait 2 bons albums, on attendait la suite, pour voir qui allait déloger le Maestro, et c’est finalement A.R.Rahman qui s’est imposé. Dans notre cas, et bien Rahman est très bon, il a cette régularité qui fait qu’il n’a jamais déçu, mais d’un autre côté, il faut voir les choses en face, les belles années de Rahman sont derrière lui, aujourd’hui c’est une pointure, on attend toujours beaucoup de lui, mais il n’y a plus cette excitation et cette fascination et personnellement, moi qui scrutait chaque sortie de ses albums, je dois admettre qu’il fait de bonnes choses, mais rien de bien frais depuis un moment.

Santhosh Narayan, comme Sean Roldan, et quelques autres, ils apportent un souffle nouveau à la musique tamoule. Bien sur, on est loin de la frénésie de Roja ou Gentleman, mais en même temps, les premiers albums de Rahman, n’ont pas eu le même impact que les premiers pas d’Ilaiyaraja , et on peu ainsi comparer chaque génération. Les époques sont différentes, le marché de la musique et les succès aussi, enfin les façons de composer ont beaucoup évolué. Ainsi, Santhosh Narayanan est davantage dans une logique de bande originale, il ne cherche pas à composer le hit machine volume 20, avec des bombes musicales, d’ailleurs des mecs comme Yuvan ou Harris qui ont suivi cette logique se sont cassés les dents ces dernières années, ils font des albums médiocres.

Donc l’idée, n’est pas de comparer, mais d’espérer et de voir la confirmation d’un gars qui se démarque et prétend de plus en plus, à la suite, à ce que sera la musique après l’ère Rahman.

C’est le but de mon propos.

gt

PAGE le 21/06/2014 à 20:39

 ;)


Alineji le 12/06/2014 à 20:17

Belle critique Gandhi Tata, je suis tout à fait d’accord avec toi et ce film mérite d’être vu, avec sa vision chaleureuse et humaniste des personnages et des situations !

Gandhi Tata le 18/06/2014 à 14:14

Oui Alineji, c’est un petit film sans prétentions, avec une vision positive et humaniste comme tu le dis.

gt