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Dabangg2

Traduction : Intrépide - 2

Bande originale

Dagabaaz Re
PandeyJee Seeti
Fevicol Se
Saanson Ne
Dabangg Reloaded
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Fevicol Se Remix
Dabangg Reloaded Remix
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La critique de Fantastikindia

Par Mel - le 11 juin 2013

Note :
(7.5/10)

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Chulbul Pandey (Salman Khan) a été muté dans une grande ville pour s’occuper enfin d’affaires « sérieuses ». Sa réputation de redresseur de torts l’a précédée et c’est tout naturellement lui qu’on envoie pour secourir un petit garçon enlevé contre une rançon importante. Il n’est pas nécessaire de décrire ici ce qu’il advient des bandits, c’est de Chulbul dont on parle ! Intrépide (dabangg), il l’est aussi surement qu’invincible et profondément corrompu. Mais l’opacité de ses « œuvres sociales » — le Chulbul Pandey Welfare Fund — n’empêche pas la presse de l’adorer et de le surnommer « Robin des Bois Pandey ».

Sur le plan personnel, il s’est marié avec Rajjo (Sonakshi Sinha). Les choses se sont arrangées avec son père Prajapati (Vinod Khanna) et son frère Makhanchan (Arbaaz Khan). Et la petite famille vit en harmonie dans sa nouvelle maison, au rythme des peignées mémorables infligées par Chulbul aux méchants. C’était sans compter sur le don Thakur Baccha Lal (Prakash Raj) et son petit frère teigneux Gainda (Deepak Dobriyal), qui ne sont pas prêts à laisser leur ville entre les mains puissantes du nouveau venu…

Dabangg2 est la suite de Dabangg sorti en 2010. Les personnages principaux sont les mêmes, à commencer par l’énoOoorme Chulbul, et Rajjo qui baisse si bien les yeux. La continuité avec le premier opus est renforcée par le long générique qui rappelle des scènes clés des aventures précédentes de notre policier au gros cœur. Il est cependant possible de se plonger avec délectation dans cette nouvelle histoire sans rien connaître du passé de nos héros. Les conflits avec le frère et le père ont été pardonnés et le lourd passé familial a été laissé de côté. Tout le monde est devenu gentil chez les Pandey.

Le parti-pris des auteurs a été de capitaliser sur ce qui a marché le mieux dans la première incarnation en gommant toute aspérité. C’est donc à un grand numéro de Salman Khan que nous sommes conviés. Il est de toutes les scènes et de toutes les chansons. A croire que la ville entière gravite autour de lui. Mieux, d’habitude c’est le policier qui part à la chasse aux méchants ; ici c’est le contraire : ils viennent presque d’eux-mêmes à Chulbul pour recevoir la raclée qu’ils méritent. Ils n’existent en réalité que pour mettre Salman en valeur.

Arbaaz Khan a choisi pour sa première réalisation de ne garder que ce qui était certain de plaire. Nous assistons donc à une sorte de best of, à la crème-de-la-crème. L’histoire est aussi simple que claire. Les bagarres sont dantesques avec des ralentis et du bullet-time à gogo. Le don est suffisamment idiot et ridicule pour faire plus rire que peur. L’épouse fort jolie fait montre d’un soupçon de caractère, mais pas trop quant même. Et bien sûr, Sallu tombe la chemise…

Tout cela est mis en image avec une bonne humeur communicative. L’absence totale d’autre prétention que d’amuser le public fait plaisir à voir. Cette tendance amorcée avec Rowdy Rathore est ici poussée à son paroxysme pour toucher un public encore plus large. Certains pourraient trouver que le film cède à la facilité. Mais, comme les clowns au cirque, c’est du grand art d’avoir l’air facile. À cet égard, Dabangg2 surpasse tous les masala d’action des dernières années, de Wanted à Singham, en passant par le premier Dabangg.

Dabangg2 présente la particularité notable d’être une entreprise familiale. Il a été réalisé par Arbaaz, le frère de Salman, et produit comme le premier par Arbaaz et Malaika Arora, sa belle-sœur. On en regrette presque de ne pas apercevoir Helen, sa belle-mère. Arbaaz s’est réservé un petit rôle qu’il tient fort honorablement et Malaika nous gratifie d’une charmante apparition dans une chanson. On est aussi en terrain connu avec les vauriens. Prakash Raj passait déjà un sale quart d’heure dans Wanted et Nikitin Dheer nous montrait ses muscles impressionnants dans Ready. La seule nouveauté, c’est Deepak Dobriyal qu’on avait vu aux côtés de Mahie Gill dans Not a Love Story.

La mise en image est tout à fait convaincante avec un montage nerveux et des effets spéciaux plutôt bien faits. Il faut cependant reconnaître qu’il n’y a aucune invention dans la réalisation. Ce n’est pas le but de toute façon, puisque le film ne véhicule aucun message et que les personnages ont une psychologie très sommaire. Les scènes de combat à l’issue inéluctable pourront peut-être lasser. À la décharge des auteurs, elles sont cependant tout à fait réjouissantes avec leurs gimmicks où le public retrouve ses marques.

Tous les acteurs jouent un rôle qu’ils connaissent par cœur. Salman fait le pitre, danse et cogne comme toujours. Sonakshi fronce admirablement les sourcils à défaut d’avoir un texte à dire. Prakash Raj innove un peu en roulant des yeux. Seul Vinod Khanna est un peu décevant dans un rôle de presque-vieillard. Aucun ne surjoue vraiment, si ce n’est peut-être dans les scènes d’in-placement. C’est en effet une des particularités de Dabangg2 que de contenir des messages publicitaires explicites. On se souvient de la publicité Castrol dans Chalte-Chalte. Ici le procédé est amené à un niveau jamais vu. Nous avons droit par exemple à une scène entière, totalement déconnectée de l’histoire, pour vanter les mérites de zoom.com, une société de transfert de fonds. Mais surtout, et c’est une première, à un item-number dédié à une marque.

La chanson Fevicol Se, interprétée par Kareena Kapoor et chorégraphiée par la grande Farah Khan est en réalité une publicité pour une marque de colle, (Fevicol). Le thème retenu par les créatifs est « Colle ma photo sur ton cœur avec de la Fevicol ». Il est troublant de constater que le talent des auteurs fait qu’elle est extrêmement plaisante à voir comme à entendre. Les rimes de « Fevicol » avec « alcohol », « petrol » ou même « baby doll », sont désopilantes. Kareena est adorable et se sort admirablement de cet exercice où elle éclipse totalement Salman. Il a pour lui les quatre autres chansons qui, bien qu’agréables, ne restent malheureusement pas dans l’oreille.

Dabangg2 est un film très plaisant à regarder. Bien sûr il ne restera pas dans les annales du 7e art, mais on sort de ce grand numéro de Salman Khan avec le sourire aux lèvres et le sentiment d’avoir passé un très bon moment. Finalement, on en regrette d’avoir vu le film seul dans son canapé, et pas dans un cinéma surchauffé de Bombay entouré d’une foule joyeuse qui siffle au moindre geste du formidable Chulbul Pandey.



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