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Delhi Belly

Traduction : Le ventre de Delhi

Année2011
LangueHindi
GenreComédie
RéalisateurAbhinay Deo
Dir. PhotoJason West
ScénaristeAkshat Varma
ActeursImran Khan, Vir Das, Poorna Jagannathan, Shenaz Treasuryvala, Kunaal Roy Kapur, Vijay Raaz
Dir. MusicalRam Sampath
ParolierAmitabh Bhattacharya
ChanteursKeerthi Sagathia, Suraj Jagan, Aamir Khan, Ram Sampath, Chetan Shashital, Sona Mohapatra, Tarannum Mallik, Shazneen, Arethna
ChorégraphesFarah Khan, Bosco Martis
ProducteursAamir Khan, Kiran Rao, Jim Furgele
Durée103 mn

Bande originale

Bhaag D.K. Bose
Nakkaddwaley Disco, Udhaarwaley Khisko
Saigal Blues
Bedardi Raja
Ja Chudail
Tere Siva
Switty Tera Pyaar Chaida
I Hate You (Like I Love You)
Badardi Raja (Remix)
Switty (Punk)

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Fiche IMDB
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La critique de Fantastikindia

Par Señorita, Didi - le 3 juillet 2011

Note :
(7/10)

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Tashi (Imran Khan), Arun (Vir Das) et Nitin (Kunal Roy Kapur) sont trois jeunes co-locataires d’un appartement miteux du centre de Delhi. Tashi, journaliste, est sur le point de se marier à Soniya, jolie fille délurée d’un milieu assez aisé, mais la pression étouffante de ses futurs beaux-parents le fait sérieusement douter et ce, d’autant plus que sa ravissante et non moins émancipée collègue, Menaka, ne le laisse pas indifférent. Arun a un travail artistiquement gratifiant - il est dessinateur d’animation -, mais les incessantes remarques de son chef commencent sérieusement à lui "pourrir la vie", à laquelle sa petite amie donne le coup de grâce en le quittant pour un meilleur parti. Quant au troisième larron, Nitin, sa gourmandise le perdra : il attrape une intoxication alimentaire qui lui cause bien du souci gastrique après avoir mangé un poulet tandoori achété à un vendeur des rues à l’hygiène douteuse. La vie de nos trois compères se complique quand ils se retrouvent, à l’insu de leur plein gré, mêlés à des affaires louches de la mafia locale…

Tournée il y a deux ans à Delhi, cette nouvelle production de Mr. Perfectionist, alias Aamir Khan, sort enfin sur les écrans indiens et français (grâce à Aanna films) pour le plus grand bonheur des amateurs de cinéma hindi, qui ont connu une longue période de vaches maigres due à une saison de cricket particulièrement longue et à des productions parfois très médiocres. Cette attente a aussi été marquée par plusieurs polémiques concernant l’utilisation d’un langage cru et de situations dénuées de fausse pudibonderie, lesquels ont valu à Delhi Belly une classification "A", soit pour adultes et adolescents de plus de 12 ans. La controverse était telle à un moment donné que Aamir Khan lui-même a dû mouiller sa chemise ou plutôt son costume et révéler ce qui devait être la cerise sur le ladoo : son apparition dans un item number à la fin du film. Mais qu’en est-il du résultat ?

Delhi Belly est une comédie agréable et bien réussie à certains égards. Son premier atout est un scénario bien construit conférant une fluidité à l’enchaînement des situations, parfois très rocambolesques, ce qui lui donne des airs de Very Bad Trip dans l’ambiance. Néanmoins la comparaison s’arrête là, puisque nos personnages n’émergent pas d’un coma éthylique et ne tentent pas, en vain, de reconstruire la chronologie d’une nuit de folie dont ils n’ont aucun souvenir. En effet, si Tashi, Arun et Nitin s’embarquent dans une course folle pour échapper à la mafia locale et sauver leur peau, leurs déboires sont plutôt le résultat d’une série de quiproquos que d’une consommation abusive d’alcool et autres substances toxiques. Dans Delhi Belly, la seule substance toxique est un poulet "aux morpions", cause des ennuis gastriques de Nitin, mais aussi source de problèmes à plusieurs reprises pour ses compagnons, d’où le titre du film : "Delhi Belly", le ventre de Delhi.

La mécanique comique bien rythmée est parfois enrayée par quelques défauts : des personnages secondaires inutiles (l’ex-mari de Menaka ou la copine d’Arun) ou l’utilisation répétitive de l’humour scatologique, en d’autres termes "pipi-caca".

Avec ses airs de Very Bad Trip, ses personnages parlant anglais les trois quarts du temps, les connotations clairement érotiques de certaines scènes, allant bien au-delà du simple baiser désormais coutumier avec la jeune génération d’acteurs (Ranbir Kapoor, Shahid Kapoor ou, ici, Imran Khan), sa courte durée (moins de deux heures) et les séquences chantées réduites au minimum syndical, on peut se demander si Delhi Belly est bien un film indien. Si l’on considère les ressorts comiques de l’action : le poulet tandoori avarié, l’usage des flatulences, la dissimulation du visage avec des burqas ou le plafond qui s’effondre sous les pieds des danseuses de kathak, effectivement, Delhi Belly reste un film indien qui revendique aussi son indianité par des clins d’œil au cinéma populaire et en rendant un hommage décalé à ses stars des années 80, marquées par les effets capillaires et vestimentaires de la mode "disco". Néanmoins, Delhi Belly se veut aussi le reflet d’une société indienne en pleine évolution, plus urbaine et moderne, où les femmes peuvent s’émanciper par le travail et où les jeunes gens s’affranchissent de la pudibonderie de leurs aînés.

Grâce à ses qualités (scénario plein de rebondissements et situations rocambolesques) qui l’emportent sur ses (quelques) défauts, Delhi Belly, avec ses allures de farce, est un bon divertissement qui se laisse regarder et fait passer un bon moment.


Bande-annonce

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