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Dil Bole Hadippa !

Traduction : Le cœur dit «Hourra !»

Année2009
LangueHindi
GenreComédie romantique
RéalisateurAnurag Singh
Dir. PhotoSudeep Chatterjee
ScénaristeAparajita
ActeursRani Mukherjee, Anupam Kher, Shahid Kapoor, Dalip Tahil, Poonam Dhillon, Rakhi Sawant, Sherlyn Chopra
Dir. MusicalPritam Chakraborty
ParolierJaideep Sahni
ChanteursMika Singh, Shreya Ghoshal, Sunidhi Chauhan, KK, Sonu Nigam, Alisha Chinai, Master Saleem, Rana Mazumdar, Hard Kaur, Joshilay, Mukhtar Sahota
ChorégraphesVaibhavi Merchant, Rekha Prakash
ProducteurAditya Chopra
Durée147 mn

Bande originale

Gym Shim
Bhangra Bistar
Ishq Hi Hai Rab
Discowale Khisko
Hadippa
Discowale Khisko (Remix)
Hadippa (Remix)

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La critique de Fantastikindia

Par Kendra - le 24 novembre 2009

Note :
(7/10)

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Dil Bole Hadippa ! (DBH) est un bon vieux divertissement mêlant deux thèmes chers aux spectateurs indiens et surtout à la maison Yash Raj : le cricket et le Punjab, auxquels s’ajoute un nouvel élément, le héros est une femme. Et pas n’importe laquelle puisqu’il s’agit de Rani Mukherjee et de son retour dans les films non-larmoyants (bon d’accord, elle a une réputation à garder : une larme ou deux coulent, mais rien d’insupportable ;)).

Le bon mot pour qualifier DBH est "charmant". Oui, tout y est charmant, la photographie, les clips, les costumes, les références, les chansons, Rani, Shahid… Charmant mais pas toujours crédible. Il faut avouer que le scénario tient sur un timbre-poste, qu’il est bien prévisible et reprend des éléments bien connus mais ce qui en fait le ciment, c’est bien le talent de Rani, et dans une moindre mesure celui de Shahid, car DBH est sans conteste le film de Rani.

Heureusement les événements s’enchaînent, le spectateur n’a donc pas vraiment le temps de se poser des questions existentielles dans la première partie du moins (quoi, Veera est vraiment censée avoir 18 ans ? Le fait que son père simule une attaque cardiaque pour le faire venir en Inde ne gêne vraiment pas plus que ça Rohan ? etc, etc…)
Veera, jeune fille pétillante et talentueuse, vit et travaille avec sa famille dans un théâtre de village. Tout ce à quoi elle rêve tient dans sa batte de cricket : elle veut pouvoir jouer dans une véritable équipe au sein de laquelle elle pourrait exprimer tout son talent. Elle pense pouvoir enfin tenter sa chance lorsqu’elle apprend que l’équipe locale recrute, sous la direction de son nouveau capitaine, Rohan, tout droit rentré de Londres à la demande expresse de son père. Mais Veera ne passe même pas le portail du terrain, sous prétexte qu’elle est une femme. Anéantie, elle rentre dans son théâtre au moment d’un drame, le danseur principal est trop saoul pour assurer le spectacle, elle doit donc se travestir pour prendre sa place. Là, elle se rend compte qu’elle pourrait faire la même chose pour obtenir sa place bien méritée dans l’équipe. Ainsi naît Veer Pratap Singh (le nom ne vous est pas inconnu, n’est-ce pas ?).
Une grande majorité du film se partage donc entre Rohan découvrant son amour pour le Punjab… et aussi pour Veera, qu’il pense être la soeur de Veer !

Il est intéressant de noter l’absence de réelle figure maternelle (à l’exception de celle de Rohan, peu présente), peut-être pour laisser à Rani la seule véritable présence féminine centrale ? Mais où sont donc passées les filmi maa ? En revanche, nous avons droit à un père, et l’un des pires qui soit, interprété par Anupam Kher, absolument irritant dans ce rôle d’homme qui obtient tout ce qu’il veut de son entourage. Il est loin le temps où il jouait les pères aimants et compréhensifs.
Deux messages assez positifs jalonnent le film. Dans un premier temps, le message féministe ambiant ; même si Veera est obligée de se travestir en Veer, DBH tente bel et bien d’inciter (avec plus ou moins de naiveté, certes) à un changement de regard sur la femme moderne indienne. N’oublions pas non plus l’appel à la relation cordiale entre l’Inde et le Pakistan (même si c’est l’Inde qui se doit de gagner le match de cricket !).
Rani se voit offrir une nouvelle palette de jeu en interprétant le jeune Veer, vraiment très drôle dans le langage du corps et dans les paroles. Certains pourraient trouver à redire sur le déguisement d’homme, peu crédible. En effet, on voit bien que c’est toujours Rani, et une simple paire de lentilles et un polo un peu plus grand ne peuvent cacher ses traits féminins (ni sa voix, ni ses mains impeccablement manucurées). Oui mais voilà, ce n’est pas le propos du film, on ne cherche pas à montrer une travestie réaliste, le déguisement n’est là que pour ajouter à la situation comique et mettre l’emphase sur les discriminations évidentes dont sont victimes les femmes. Il est intéressant de constater que contrairement à ce que l’on aurait pu attendre, aucune ambiguïté entre Rohan et Veer n’est même suggérée. Shahid, dont le rôle était peu exigeant, est d’ailleurs filmé dans DBH comme une bimbo aurait pu l’être : gros plan sur le torse nu huilé, t-shirts col en V hyper-décolletés, kurtas avantageuses, chemises ouvertes jusqu’au nombril (mais avec une micro-écharpe !).
Notons que Sherlyn Chopra personnifie l’inutilité et qu’elle a dû faire un concours de chirurgie plastique avec Rakhi Sawant, qui a au moins le mérite de savoir bien danser (en revanche jouer, c’est une autre histoire…).

La seconde partie est cependant moins maîtrisée et plus longue… ah ce dernier match de cricket ! Il faut un peu de patience tout de même, surtout que l’on se doute déjà tous du dénouement… qui est bien décevant. En fait, le film aurait été bien meilleur sans ce dernier discours un brin mélo, assez facile, qui devrait vous faire éclater de rire, et pas seulement parce que Rani se retrouve après un match entier de cricket à parler avec un brushing à faire pâlir les acteurs de sitcom.
DBH est donc un peu moins bien que prévu, mais il ne mérite pas du tout le dédain que lui a montré le public indien, qui semble tout de même avoir un certain mal à accepter les films dont les héros sont des femmes fortes, qui prennent en main leur destin, quitte à briser les tabous, quitte à se faire mal voir de la société (le même sort a été réservé à Aaja Nachle, Laaga Chunari Mein Daag). S’il y a bien une chose que l’on ne peut nier concernant la maison Yash Raj, c’est qu’elle ose traiter de sujets pas vraiment populaires, tout en gardant bien entendu les ingrédients des films traditionnels, et donc en sacrifiant toujours un peu de réalisme.
Sans aucun doute les chansons, les superbes clips (Discowale khisko est une merveille de couleur et de chorégraphie !) et l’incroyable alchimie entre Rani et Shahid sont les plus grands atouts de DBH, que nous vous conseillons de ne pas rater si votre coeur a envie de crier "hadippa" !

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