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Dushman Duniya Ka

Traduction : L’Ennemi du Monde

Année1996
LangueHindi
GenreMélodrame
RéalisateurMehmood
Dir. PhotoS. Naidu
ScénaristeAziz Quaisi
ActeursShah Rukh Khan, Salman Khan, Jeetendra, Laila Mehdin, Mehmood
Dir. MusicalAnu Malik
ParolierRavindra
ChanteursKumar Sanu, Asha Bhosle, Alka Yagnik, Sudesh Bhonsle, Lucky Ali, Abhijeet Bhattacharya, Mehmood
ChorégraphesSaroj Khan, P.L. Raj, Mehmood
ProducteursAshok Mishra, Masoom Ali, Babubhai
Durée162 mn

Bande originale

Bakrewala Baba
Darwaza Kahe
Hum Yuva Hain
Mere Samne Gudian Japani Hai
Nasha Nasha
Tanha Dil Sulagtha Tha
Tumko Rulhata Hi Raha

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Fiche IMDB
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La critique de Fantastikindia

Par Alineji - le 22 avril 2014

Note :
(2/10)

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Le titre signifie « l’ennemi du monde ». Rien que ça ! Quelle histoire, dites-donc ! L’ennemi en question c’est la drogue ! Dès l’énoncé du titre, on se dit déjà que le film ne va pas être très drôle. C’est pourtant Mehmood, acteur comique des années 1960 et 1970, qui l’a réalisé en 1996. Déjà en perte de vitesse, comme acteur, il n’avait pas tenu la caméra depuis 1979. Dushman Duniya Ka fut son sixième et dernier film en tant que metteur en scène. Il ne semble pas que l’univers de la cinéphilie y ait beaucoup perdu.

L’histoire se résume en quelques mots : une famille unie, aimante, bien sous tous rapports, celle de Mahesh (Jeetendra) et Reshma (Sumalatha), parents d’un bon fils, Lucky (Manzoor Ali), étudiant sage, fiancé idéal, n’en-jetez-plus-ça-va-déborder, va être détruite pas le noir fléau auquel a succombé le jeune homme. Le reste du scénario ne sert qu’à habiller cette trame maigrelette et est aussi original que cette idée de départ.

À vouloir se risquer dans un registre ultra dramatique où il n’est pas à l’aise, le cinéaste tombe à plat. Le film se voulait militant et, c’est là que le bât blesse. Il est simplement pontifiant et ridicule, ratant totalement son but. La leçon est assénée au bazooka. On reste à Bollywood, mais pas dans le plus subtil cinéma masala, celui du milieu des années 1990, qui a produit quelques chefs-d’œuvre… et aussi beaucoup de super nanars. Il y faut donc un peu d’humour. Les vagues passages qui se veulent comiques sont grossiers, lourds et répétitifs. Hélas pour le metteur en scène, ce sont plutôt les scènes tragiques qui provoquent le rire.

On le savait, les bons sentiments ne font pas forcément de grandes œuvres. Mais quand même ! Et de plus, il paraît que Mehmood était directement concerné. Est-ce, justement, parce qu’il l’était trop qu’il n’a pas réussi à se distancier d’un sujet trop pesant pour lui ? Son propre fils, Lucky, à qui il destinait le rôle du héros qui sombre, avait commencé à prendre de la marijuana et a refusé de jouer. Son héros porte d’ailleurs le même prénom, Lucky, dans ce long métrage.

C’est finalement son plus jeune fils qui s’est dévoué. En faisant un mauvais jeu de mot – c’est de circonstance –, on ne peut affirmer que Lucky lui ait porté chance, puisque l’insipide Manzoor Ali, n’a pas rejoué par la suite. Mehmood s’est attribué le rôle d’un personnage ambigu, trafiquant et dealer, agent corrupteur de la jeunesse, mais moralisateur. Affublé d’un nom grotesque, Goat Baba, il bêle autant qu’il parle, bien entendu, et est aussi vêtu d’un improbable costume de diable, pourvu de deux cornes rouges du plus bel effet. Il est si insupportable qu’on a du mal à saisir comment les jeunes se laissent séduire au lieu de fuir à toutes jambes.

Pourquoi, dans ce cas, parler de ce film ? Tout simplement parce que comme l’auteur de cette chronique, vous vous serez un jour laissé piéger par la pochette alléchante et mensongère d’un DVD. Vous y aurez vu un délicieux Shah Rukh Khan partager l’image avec un Salman très sobre et sérieux. Tiens une vieille toile de Shah Rukh et Salman encore amis ? Que nenni ! Salman apparait 5 minutes dans son propre rôle, exactement entre la 79e et la 84e minute. Il sort de sa caravane de tournage, mâche un chewing-gum, signe des autographes, puis, revêtu d’une seyante tenue immaculée, coiffé tout aussi élégamment, il se livre à une danse ondoyante. Fin de l’item number.

Là on se dit, bon très bien ! Ce n’est pas grave, ce n’est rien, ce n’est que Salman après tout. Pour être tout à fait juste, si sa coiffure est absolument grotesque (c’est la perruque de Tere Naam), sa moustache est plus réussie que celle de Shah Rukh Khan. Car, hélas pour Shah Rukh, c’est bien pire. On l’avait déjà vu arborer une moustache dans Paheli. Une vraie moustache ! Là, il nous la fait à la Hitler. Son caméo dure un bon quart d’heure, en début de film, et l’on a mal pour lui : il n’a jamais été aussi mauvais. On ne sait pourquoi, il passe environ 10 des 15 minutes où il est à l’écran à tirer une grosse langue épaisse à tout bout de champ. Bizarre ! Ce devait être la conception qu’avait Mehmood de l’humour.

Shah Rukh est Badru, le conducteur de rickshaw ami de Mahesh. A la 18e minute, il se fait renverser par un camion pour sauver Lucky, âgé de sept à huit ans et déjà la proie d’un vilain bonhomme qui offre des cigarettes aux petits garçons à la sortie de l’école. Eh bien oui, le tabac mène à toutes les déchéances ! On hésite alors entre le soulagement et la révolte contre un sort aussi injuste. Le soulagement : le voici enfin sauvé d’un rôle aussi absurde ! La révolte : vu la suite, il aurait mieux fait de laisser Lucky se faire écraser, ça nous aurait évité 2h ¾ d’inepties et de malaise. On se prend à rêver d’un autre film, avec par exemple un scénario sur l’amitié indéfectible entre deux orphelins, Badru et Mahesh, le premier soutenant le second et son épouse Reshma dans leur dure épreuve.

Qu’est-ce que ces deux acteurs allaient faire dans cette galère ? Etait-ce par amitié pour le vieil acteur-réalisateur sur le déclin ? Shah Rukh l’avait déjà côtoyé dans Guddu. Était-ce pour l’illusion de faire une bonne action, de tourner pour la bonne cause et l’édification de la jeunesse ? Salman et Shahrukh ont été de toutes les promos. Le mystère restera entier. À quoi bon parler du jeu des autres acteurs, à peine correct, si les superstars sont si mauvaises ? Le spectateur ne peut s’attendre à de bonnes surprises.

Reste la musique, due à Anu Malik, qui a composé celle de nombreux autres films avec le Baadshah, de Baazigar à Main Hoo Na, c’est la seule chose supportable de ce trop long-métrage, mais perdue au milieu de ce grand n’importe quoi moralisateur, elle ne suffit pas à le sauver du désastre. En guise de conclusion, donner dans le médiocre à ce point-là est quand-même assez exceptionnel. Dushman Duniya Ka reste une curiosité de la filmographie de Shahrukh Khan.

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