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[Edit 09/11] Kaashmora et Kodi pour Diwali

Publié mercredi 9 novembre 2016
Dernière modification mercredi 9 novembre 2016
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Par Gandhi Tata

Rubrique News
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[Edit 09/11] Troisième semaine pour les deux sorties tamoules de Diwali.


[Edit 02/11] : Deuxième semaine en France pour Kaashmora et Kodi.


Diwali est à la fois, une période attendue et redoutée par les cinéastes, car ça joue gros et aucun faux pas n’est toléré. Cette période chaude pour le business du cinéma a vu de nombreux favoris déchanter et autres outsiders émerger (l’inverse arrive aussi, mais peu de petits films osent entrer dans l’arène de Diwali, réservée traditionnellement aux mastodontes).

Dans le sud, l’édition 2015 opposait deux grosses pointures de Kollywood : Thoongaa Vanam avec Kamal Haasan à Vedalam avec Ajith Kumar. Dans cet affrontement au sommet, si le premier s’est adjugé la palme du succès critique, c’est bien Thala Ajith qui en est ressorti vainqueur avec d’excellents résultats au box-office.

En général, Diwali rime avec masala, car c’est une période festive qui requiert des films légers avec le nécessaire de comédie, de romance et d’action. Et cette année, Kaashmora (avec Karthi) et Kodi (avec Danush), proposés par notre partenaire Aanna Films, appartiennent chacun à un genre différent avec l’indispensable touche masala. Ces films seront bien sûr proposés en VOSTFR, comme toutes les sorties Aanna Films, dans de nombreuses salles en France.


Kaashmora

Tout d’abord, il y a Kaashmora, présenté comme un masala d’aventure et de science-fiction, qui vise un public à la fois familial et citadin allant dans des multiplexes. Le film revendique clairement son appartenance à la fantasy, avec une ambiance médiévale et un mystérieux personnage de guerrier-mage au look improbable. Kaashmora puise aussi son influence dans les mythes populaires indiens de la réincarnation, puisque le second personnage, plus contemporain, ressemble trait pour trait au chevalier en armure. Serait-il son aïeul ? Ou son précédent avatar ?


Kaashmora cultive sa dualité jusqu’au bout, avec un film dont chaque partie se déroule à une période différente et un double rôle très intéressant pour Karthi. Si le personnage principal semble traverser les époques en se réincarnant, il n’en est pas de même pour son entourage. Sa compagne du passé semble être une princesse insoumise et téméraire, dont les habits et l’attirail en disent long sur l’étendue de son pouvoir. Au présent, c’est une jeune femme intrépide, curieuse et probablement journaliste qui va découvrir le secret de sa destiné et lui permettre de se souvenir de sa vie antérieure.


Kaashmora est le troisième long métrage du réalisateur Gokul qui a débuté modestement avec un petit film d’action, Rowthiram, avant de surprendre tout le monde avec l’excellent Idharkuthane Aasaipattai Balakumara, une comédie complètement déjanté sur l’alcoolisme. Gokul semble aimer l’expérimentation, puisqu’il s’attaque à un tout nouveau genre avec Kaashmora, après s’être essayé avec succès au masala d’action et au divertissement burlesque à tendance sociale. C’est également le premier film à gros budget pour ce jeune réalisateur, car le casting composé de noms prestigieux, les somptueux costumes pour la partie médiévale du film et l’usage massif d’effets spéciaux sur les scènes de guerre, ont coûté très cher. Cependant, Kaashmora semble allègrement piller l’univers de Baahubali, sans en avoir les moyens. Car rappelons-le, Baahubali disposait d’un budget 2 à 3 fois supérieur à celui de Kaashmora. La bande-son est composée par Santhosh Narayanan, qui s’est définitivement imposé comme le nouveau patron de la scène musicale tamoule après le succès de Kabali.


Enfin, la distribution composée d’une pléiade de stars est l’autre point fort de Kaashmora. Le rôle titre est tenu par l’infatigable Karthi qui revient ici après le succès de Thozha et enchaînera avec le nouveau film de Mani Ratnam. L’acteur renoue avec le genre et on lui souhaite plus de réussite cette fois, car sa dernière tentative dans la fantasy s’appelait Aayirathil Oruvan, qui malgré de bons chiffres au box-office, avait été fustigé par les critiques pour son scénario bancal et ses limites techniques. Les actrices, Nayantara et Sri Divya, partagent pour la première fois l’affiche avec Karthi, et il ne devrait pas y avoir de rivalité dans l’air car chacune d’elles occupe une partie du film. D’ailleurs, Nayantara interprète le rôle de la princesse et elle semble très en forme sur les scènes de maniement d’armes blanches qui font référence au Secret des poignards volants de Zhang Yimou. De son côté, le comique vétéran Vivek revient dans un rôle plus sérieux qui ne devrait cependant pas manquer d’humour.




Kodi

L’autre film tamoul de Diwali, cette année, c’est Kodi, un masala politique, qui cible essentiellement les masses, à la vue du contexte et du sujet, présentés dans la bande-annonce, qui parleront plus à ce type de public, friand de films authentiques, à consonance « locale » avec des numéros musicaux dappa et des héros moustachus en loungui (jupe traditionnelle pour homme) tout droit sortis des quartiers populaires de Chennai.


Contrairement à la France, où la politique est un sujet qui ne passionne plus grand monde, ça reste une des préoccupations principales des franges les plus pauvres de la population tamoule. D’ailleurs Kodi veut dire drapeau, et ce titre est un clin d’œil aux nombreux partis politiques qui marquent leurs territoires dans ces zones défavorisées en y plantant leurs étendards. Sans nourrir d’ambition sociale, Kodi entend quand même dénoncer quelques pratiques douteuses, voire mafieuses, de certains politiciens, comme les pots-de-vin, l’extorsion et l’intimidation. Néanmoins, le film — produit et porté par l’acteur Dhanush — sera un divertissement populaire comportant tous les ingrédients d’un masala.


Kodi est réalisé par R. S. Durai Senthilkumar dont les deux films précédents, Ethir Neechal et Kakki Sattai avec Sivakarthikeyan, avaient connus une belle carrière au box-office. Kodi est son premier film important, par le casting et le budget. On peut également dire que Kodi est une forme de reconnaissance de son talent, puisque R. S. Durai Senthilkumar travaille pour la première fois avec des stars, mais aussi avec un producteur respecté, également réalisateur distingué et maintes fois récompensé aux National Awards : Vetrimaaran.


Kodi est décidément le film des premières, car à côté des nouvelles collaborations, il y a aussi une nouvelle tentative. En effet, l’acteur Dhanush tient pour la première fois de sa carrière, un double rôle. Il interprète, Kodi et Rishi, qui sont deux individualités dont on ignore les liens. On sait que le premier est un jeune loup de la politique, alors que le second est un jeune homme sans histoire qui va être victime de ce système cruel où les votes se gagnent à grands coups de violence et de bakchich.


On pense souvent que la politique est un univers sans pitié, essentiellement masculin qui ne laisse aucune place aux femmes, mais on se trompe lourdement. Parmi les femmes côtoyant le cercle du pouvoir, il y a celles qui sont pleines d’illusions, qui finissent par devenir des victimes, et celles qui jouent de leur charme pour en faire une arme de séduction et manipuler les politiques véreux à leur guise. Deux actrices incarnent ces deux types de femme, Anupama Parameswaran vue dans Premam et l’excellente Trisha Krishnan qui joue ici un personnage complexe, prénommé Rudhra. Cette dernière qui est à la fois amoureuse, intelligente et marionnettiste, va séduire et duper Kodi, l’apprenti politicien aux méthodes peu orthodoxes. Inutile de dire qu’à côté du double rôle de Dhanush, c’est bien le personnage d’antagoniste de Trisha qui constitue ici l’attraction principale de Kodi. Les méchantes sont rares dans le cinéma tamoul, mais à chaque fois qu’il y en a eu, elles ont fait des étincelles. On se souvient tous de Neelambari dans Padaiyaapa et on ne doute pas un instant que Trisha va donner beaucoup de fil à retordre à Dhanush et leurs confrontations promettent beaucoup.


Enfin, la musique de Kodi est aussi composée par Santhosh Narayanan qui se taille part du lion en ayant deux sorties pour Diwali. Qu’importe le résultat de l’affrontement avec Kaashmora, il en ressortira de toute façon vainqueur et c’est un fait assez exceptionnel qu’il faut signaler, étant donnée une scène musicale tamoule beaucoup plus variée que par le passé, avec un nombre croissant de nouveaux compositeurs qui se révèlent chaque année.

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