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Grand Masti

Traduction : Une Formidable Foire

Année2013
LangueHindi
GenreComédie
RéalisateurIndra Kumar
Dir. PhotoRituraj Narain
ScénaristesMilap Zaveri, Tushar Hiranandani
ActeursVivek Oberoi, Aftab Shivdasani, Ritesh Deshmukh, Pradeep Rawat, Suresh Menon, Sonalee Kulkarni, Manjari Fadnis, Karishma Tanna, Maryam Zakaria, Bruna Abdullah, Kainaat Arora
Dir. MusicalAnand Raj Anand, Sanjeev-Darshan
ParolierKumaar
ChanteursMika Singh, Wajid, Sanjeev Rathod, Darshan Rathod, Ritu Pathak, Payal Dev, Dj Anshul Makhija
ChorégrapheGanesh Acharya
ProducteursIndra Kumar, Ashok Thakeria
Durée135 mn

Bande originale

Grand Masti
Zulmi Zulmi
Tu Bhi Mood Mein
Grand Masti (remix)
Grand Masti (mash up)

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Fiche IMDB
Page Wikipedia
La critique de Fantastikindia

Par Mel - le 17 décembre 2013

Note :
(6/10)

Article lu 775 fois

Abhishek Mande a terminé sa critique dans Rediff.com par la phrase suivante : « Je vais donner 0 sur 5 à Grand Masti parce qu’il est impossible que vous appréciiez ce film et prétendiez respecter les femmes. » Mazette ! Il y va fort Abhishek ! Mais une petite seconde… Est-ce que c’est un film qui parle des femmes d’abord ? Certes, il y en a. Elles ne sont cependant pas le sujet principal. Autant dire les choses clairement, le sujet c’est le sexe. Amar (Ritesh Deshmukh), Prem (Aftab Shivdasani) et Meet (Vivek Oberoi) ne pensent qu’au sexe, plus précisément au leur.

Alors ils en parlent (beaucoup), le chérissent, le plaignent, sont terrifiés à l’idée qu’il lui arrive malheur, ou qu’il soit simplement exposé. Mais ils n’y associent pas plus de sentiment ou de moralité qu’à n’importe quelle autre partie de leur corps. Leur sexe est à l’image de la prunelle de leurs yeux. Le ravissement de voir une jolie fille est aussi dénué d’arrière-pensées que de passer un agréable moment avec elle. Grand Masti est amoral et a-sentimental. C’est d’ailleurs ce que signale le titre : on est juste là pour s’amuser et se faire plaisir, dans les grandes largeurs.

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Prem, Amar et Meet

Ok, je ne m’en sortirai pas si facilement. Qui dit sexe, dit hommes et femmes — on est en Inde quand même. Nos trois héros sont donc mariés, et au bout de quelques années, ils commencent à se désespérer. Leurs charmantes épouses ne s’intéressent guère à la bagatelle. Pire, elles contrôlent totalement leurs vies et ils se voient comme de gentils chiens en laisse. Ils éprouvent en fait la détresse immémoriale du chasseur-cueilleur que sa femme contraint à travailler aux champs. Alors lorsque l’opportunité de retrouver pour quelques jours la liberté de leurs jeunes années se présente, ils sautent sur l’occasion. Ils ne pensent pas à mal, puisqu’ils ne pensent qu’à eux.

Arrivés sur le campus pour une réunion d’anciens élèves, il ne leur faut pas beaucoup de temps pour tomber sur trois jeunes femmes accommodantes. Il faut ici les défendre, ce ne sont pas eux qui sont allés à elles, mais bien elles qui les ont harponnés. C’est l’occasion qui a sauté sur les larrons. Ils auraient été bien en peine de leur manquer de respect, elles leur inspirent trop la sainte trouille indienne des femmes. Et puis où est le mal à accepter un cadeau du ciel ? Ils succombent donc à la tentation, mais la délivrance va mettre un peu de temps à arriver…

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Aux prises avec le terrible principal Robert

Leur problème, c’est le directeur de la Fac, le terrifiant principal Robert (Pradeep Rawat). L’homme, pétri de rigidité morale, ne vise qu’à l’édification de la jeunesse. Il est parti en croisade contre tout ce qui pourrait ressembler à une entente cordiale. Or nos trois pieds nickelés ont fait de sa propre maison un camp du drap dort. Les voilà donc à courir en caleçon entre deux portes qui claquent. Vous pourriez objecter qu’après tout, il a bien raison ce principal : Amar, Prem et Meet ont effectivement trompé sans hésiter leurs femmes respectives !

Eh bien non. Tout ça n’est qu’une vaste blague, des histoires que les garçons se racontent entre eux dans la cour de récréation, autrefois à l’armée ou dans le vestiaire d’une salle de sport. Rose, Mary et Marlow (les trois donzelles accueillantes) n’existent pas plus que leur père Fouettard. Les situations et les plaisanteries en découlant n’ont pas d’autre but que de rassurer les spectateurs masculins sur leur propre virilité et leur pouvoir de séduction. On est entre hommes, et nous rions de nous-mêmes et de nos petits malheurs, sans nous faire trop d’illusions…

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Hardik… évidemment !

Certes, le comique de Grand Masti n’est pas d’une grande finesse, ni toujours d’une grande originalité, mais il fonctionne. Il rejoint en cela les canons internationaux du genre, et le corbeau qui picore l’entre-jambes de Prem vaut bien la fermeture éclair d’anthologie de Mary à Tout Prix. De la même façon, les jumelles Fook Mi et Fook Yu de Goldmember trouvent leur pendant avec Rose, Mary et Marlow (les trois prénoms enchaînés se prononcent en hindi comme Roz Meri Mar Lo, soit quelque chose comme « Baise-moi tous les jours »).

Indra Kumar a repris les trois personnages principaux de Masti pour réaliser neuf ans plus tard une histoire totalement différente sur un ton qui n’a rien à voir (ni à entendre). Il a conservé un point départ à vocation universelle, celui de la soumission des maris à leurs épouses, pour nous servir une comédie qui va bien au-delà de ce que Bollywood nous propose habituellement. Il est aussi très différent des sex comedies américaines comme les American Pie ou les pochades à la française telles les films de Max Pecas. Les personnages sont ici plutôt attachants et l’humour est finalement bon enfant. Grand Masti ne nous met heureusement pas en présence d’individus tellement frustrés qu’on se demande si ça ne va pas déraper gravement.

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Amar en mauvaise position

Deux ou trois plaisanteries, à l’instar de la formidable farce du buffle, vont un peu plus loin. Mais on aurait du mal à les qualifier de méchantes. Les gags visuels et les répliques égrillardes à double sens sont permanents. Ils sont par chance pour la plupart compréhensibles même par ceux qui ne parlent pas l’hindi. Il faut en revanche avoir dans ce cas une assez bonne idée du vocabulaire anglais grivois. Rassurez-vous, quelques mots suffisent. Il est même étonnant de constater que le français n’est pas si éloigné. Le chromosome Y doit avoir une influence sur le langage…

Les trois chansons chorégraphiées sont plutôt convenues et leurs mélodies ne resteront pas dans l’oreille. La première, Zulmi Zulmi, qui fait la part belle à des jeunes femmes occidentales en bikini, donnerait presque le mal de mer à force de tournoiement de caméra. La chanson titre Grand Masti ne brille pas non plus par sa mélodie. Par contre, son refrain très représentatif du film ne manque pas d’impressionner, même en version originale : I got a rocket in my pocket / O baby come and launch it / So we can fly away now / Get in the room and lock it

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En attendant le lancement des fusées

La paillardise est parfois difficile à supporter, mais quand elle est présentée comme ici, avec gentillesse et sans aucune arrière-pensée malsaine, elle peut être très amusante. Il faut pourtant reconnaître que Grand Masti exclut totalement le public féminin qui le trouvera certainement d’une grossièreté affligeante. Mais sa trivialité libératrice est assumée. Les jeunes hommes indiens ne s’y sont pas trompés et se sont précipités en masse pour voir ce film qui sort de l’ordinaire.


Bande-annonce

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