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Happy New Year


Bande originale

India Waale
Manwa Laage
Satakli
Lovely
World Dance Medley
Nonsense Ki Night
Dance Like A Chammiya
Sharabi
Indiawaale (Electronic)
Kamlee
The Heist (Instrumental)

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La critique de Fantastikindia

Par Alineji - le 27 octobre 2014

Note :
(6.5/10)

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Farah Khan - Shah Rukh Khan, le duo gagnant ? Qui plus est avec Deepika comme partenaire féminine du King Khan pour la troisième fois. Nous sommes allés voir le quatrième et dernier film de la chorégraphe et réalisatrice pour vous donner notre verdict !

Commencé en 2005, sans cesse repoussé pour des raisons diverses : fâcheries supposées ou réelles, emplois du temps incompatibles, que sais-je encore, Happy New Year était attendu depuis des années. Farah Khan nous a enfin livré son dernier opus, en sortie mondiale pour la fête de Diwali, le 24 octobre. La trame en avait été dévoilée : une bande de bras cassés envisage le casse du siècle dans le plus grand palace de Dubaï, l’Atlantis-The Palm, au moment d’un concours international de danse. Oui mais ! Pour arriver à leurs fins, ils doivent participer à la compétition, et le hic, c’est qu’aucun d’eux ne sait danser.

La scène introductive a lieu à Dubaï, à la fin du concours de danse, au moment du grand feu d’artifice de fin d’année, l’occasion d’un large panoramique aérien sur l’archipel artificiel de la Palm Jumeirah. Tout le monde cherche la dernière équipe des finalistes, celle de l’Inde, l’Indiawale, pour l’ultime prestation. Introuvable. Mais où sont-ils passés ? Un retour en arrière nous ramène en Inde et au début de l’aventure. À la fin d’un combat de boxe truqué, Charlie (Shah Rukh Khan), qui est aussi le narrateur, refuse de se coucher comme il était prévu, lorsqu’il entend dans le public des spectateurs le traiter de voleur et de fils de voleur. Après avoir mis son adversaire KO, il est contraint de laisser là sa médiocre carrière sportive. Peu de temps après, il entend à la télé le nom de son puissant ennemi, Charan Grover (Jackie Shroff). Ce dernier va présider le grand concours de Dubaï et y montrer des diamants d’une valeur de 20 millions de dollars. La décision est prise, Charlie vengera son père, fabricant de coffres-forts déshonoré et poussé au suicide, 8 ans plus tôt, car accusé à tort de vol par cet escroc.

Charlie va donc recruter sa fine équipe de « losers », tous excellents dans leur spécialité, mais qui dans la vie courante ne sont pas des fusées. A commencer par Jagmohan Prakash, dit Jag (Sonu Sood), une force de la nature à demi sourd, et Tammy Irani (Boman Irani). Tous deux sont d’anciens employés de son père pour qui les coffres n’ont aucun secret. Il leur faut aussi un hacker, ce sera Rohan (Vivaan Shah), le neveu de Jag, adolescent trop introverti pour avoir des amis et plaire aux filles. Grover a un fils, Vicky, dont l’inénarrable Nandu Bhide (Abhishek Bachchan) est le sosie parfait. On va donc, en dépit de son QI assez limité, l’intégrer au programme, car la porte ultrasécurisée qui donne accès au coffre renfermant les diamants de Grover ne s’ouvre qu’avec l’empreinte du pouce de Vicky, empreinte qu’il faudra récupérer d’une manière ou d’une autre.

Après un fort moment de doute existentiel et de révolte, les quatre comparses de Charlie admettent qu’ils devront apprendre quelques rudiments de l’art de la danse… Ils vont user quelques professeurs dégoutés jusqu’à ce que Nandu, en désespoir de cause, ait l’idée de faire appel à une vieille amie, Mohini Joshie (Deepika Padukone), danseuse de bar ultra sexy qui rêve d’ouvrir une école de danse pour les petites filles. La rencontre entre Charlie et Mohini fait des étincelles, au sens propre, puisqu’un des gags récurrents du début du film, consiste à enflammer un objet proche ou un vêtement de Charlie dès que Mohini le touche. De son côté, bien que souvent blessée par son attitude méprisante, la jeune femme, affublée d’un fort accent (clin d’œil à Chennai Express), craque dès qu’il lui dit deux mots en anglais, autre gag à répétition.

La vis comica du film repose en partie sur ce type d’effet. La réalisatrice joue aussi beaucoup, comme dans ses précédents longs métrages, sur le pur burlesque, pas toujours très fin mais plutôt efficace. De nombreuses situations sont hilarantes. On rit par exemple de bon cœur à l’arrivée de Tammy en short et baskets bariolés, tombeur de ces dames sur le retour, qui roule des mécaniques mais a peur de sa mère. Il la craint au point de faire une crise de tétanie lorsqu’elle vient le débusquer dans le restaurant où il déjeune avec ses compères. Il est pris de tremblements irrépressibles pendant trente secondes à chaque fois qu’il est stressé, on devine qu’il y aura d’autres crises du même genre avant la fin des événements. L’effet comique de celle qui le saisit sur la piste de danse est bien exploité. La leçon de danse en tutu, la fuite de Nandu devant les gardes armés ou son apparition impromptue dans la fête donnée par Grover sont tout aussi irrésistibles. On pourrait en citer d’autres.

D’où vient alors que l’on reste tout de même sur sa faim au bout des 3 heures de projection ? Farah Khan ne se renouvelle hélas pas vraiment dans Happy New Year. L’autocitation trop fréquente finit par lasser. Les orgies de couleurs saturées, criardes, les gags au-dessous de la ceinture (allusions sexuelles peu finaudes), voire « pipi-caca-popo » (la propension qu’a Nandu de vomir à n’importe quel moment), quoiqu’on soit dans la grosse farce, les allusions à d’autres films de Shah Rukh (la fin de Rab Ne Bana Di Jodi rejouée, mais c’est lui qui a la jambe enroulée autour de Deepika) ou à ses propres réalisations, et surtout les trop nombreuses scènes sans fin de combats au ralenti, sont des ficelles déjà vues et revues. Ce qui surprenait dans Om Shanti Om ou dans Main Hoon Na est devenu un ressort fatigué. Et comme elle a beaucoup regardé du côté d’Ocean Eleven ou même de Dhoom 2, pour rester à Bollywood, sa comédie de hold-up chic peine parfois à convaincre.

Question rythme, le film a du mal à démarrer et l’exposition des personnages est bien trop longue. Le mélange entre éléments dramatiques et aspects comiques n’est pas aussi bien dosé que dans les précédents avec Shah Rukh. Manque d’imagination encore, la réalisatrice nous avait fait la surprise des « six packs » du Baadshah dans Om Shanti Om, très bien, était-il nécessaire d’en remettre une couche ? Elle mise ici sur sa plastique plus que sur sa capacité incroyable à alterner les émotions contradictoires à l’écran, c’est très dommage. On aime l’acteur pour son talent, les Musclors pullulent dans le cinéma indien, cela paraissait suffisant. D’autant qu’il y en a un second dans le film (Sonu Sood). Il a moins de « packs », diront les amatrices. Si ça continue, Farah Khan n’aura qu’à lui mettre une carapace et à l’embaucher comme Tortue Ninja dans un prochain opus. Second degré ou pas, le combat du début, filmé avec force giclures d’eau sur une peau couverte de boue, frise la pornographie, le contraire de l’érotisme

Elle donne aussi l’impression d’avoir hésité sur le parti à prendre : le personnage de Charlie tombe amoureux malgré lui, c’est très peu exploité, à l’exception de l’auto-combustion du début. Il a une revanche à prendre sur la vie, la metteuse en scène n’assume pas cette facette de l’histoire et lui met quelques larmes à l’œil pour solde de tout compte. Shah Rukh, bien que mal loti par un scénario qui se cherche, se donne à fond sans jamais tirer la couverture à lui. On lui en sait gré. Aucun acteur n’est médiocre. Le personnage d’Abhishek Bachchan que l’on n’a pas vu aussi excellent depuis longtemps lui permet de faire des merveilles. Il s’en donne à cœur joie, c’est efficace et communicatif. Il est proprement stupéfiant dans cet emploi d’ahuri en manque d’affection.

Deepika est resplendissante et on regrette, là encore, que Farah Khan n’ait pas davantage profité de son talent de clown, comme l’avait fait Rohit Shetty dans Chennai Express. Boman Irani est souvent hilarant. Si Sonu Sood et Jackie Shroff en méchant jouent plutôt les utilités, Vivaan Shah qui en est à son troisième film ne s’en sort pas trop mal même s’il est un peu en retrait face à ces monstres sacrés. Les nombreux caméos, une marque de fabrique de Farah Khan, sont en revanche très agréables une fois de plus. La palme d’or revient à Anurag Kashyap (mais si !) qui au moins une fois nous aura fait rire. En juré chargé de la sélection des équipes lors des phases éliminatoires du concours, compromis dans une vidéoporn en compagnie de Vishal Dadlani, le metteur en scène se révèle très drôle. Gauri Khan apparaît bien sûr en tant que productrice. Et le dernier, attendrissant et plus jeune acteur, est AbRam qui fait ses débuts à l’écran à la fin du générique, seul puis dans les bras de son père qui le couvre de baisers (fin de la minute de l’incurable fan).

La musique du duo Vishal-Shekar (Vishal Dadlani et Shekar Ravjiani) qui a déjà œuvré pour Om Shanti Om est bonne, c’est bien le moins que l’on puisse attendre de ces vétérans. On a un petit faible pour la chanson romantique Manwa Laage, chantée notamment par Shreya Ghoshal, ou pour la délirante Nonsense Ki Night pour laquelle la chorégraphie est à la hauteur du propos, c’est-à-dire dans l’absurde revendiqué, de plus les acteurs s’amusent. Pourtant, aucun morceau n’est vraiment inoubliable, qu’il s’agisse de la très rythmée et centrale India Waale ou de Lovely, accompagnant la spectaculaire séquence du bar où évolue Mohini. On peut dire la même chose des chorégraphies que la réalisatrice a partagées avec Geeta Kapoor qui tient aussi le rôle d’une juge du concours.

Pour conclure, si Happy New Year n’est pas un plantage comme Tees Maar Khan, l’avant-dernier long métrage de Farah Kahn, ce n’est pas celui que l’on aura envie de voir et revoir. Raccourci d’au moins trente minutes, le film aurait été une impeccable farce. Gageons qu’avec l’extraordinaire appareil promotionnel dont elle a bénéficié, tournée Slam comprise, cette dernière œuvre battra des records au box-office — les premiers chiffres fournis vont dans ce sens. Mais un produit bien lancé ne fait pas forcément un chef-d’œuvre. Que cela ne vous décourage pas d’aller vous rendre compte par vous-même, il y a de bons moments, on vous l’a dit, et des acteurs au top, ça ne se rate pas.

Un dernier mot. Celles et ceux qui n’ont pas encore vu la bande-annonce sous-titrée en français sur notre site ou sur celui de notre partenaire, Aanna films, qui distribue le film, l’ont vraiment fait exprès. La voici de nouveau :



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