]]>

Hijack

Traduction : Détournement

Année2008
LangueHindi
GenreFilm d’action
RéalisateurKunal Shivdasani
Dir. PhotoJehangir Chowdhury
ScénaristesKunal Shivdasani, Gavendra Agarwal
ActeursShiney Ahuja, Esha Deol
Dir. MusicalJustin-Uday
ParolierKumaar
ChanteursSunidhi Chauhan, KK, Suraj Jagan, Shilpa Rao, Shaan, Joi, Uday Ninjoor
ChorégraphesRemo D’Souza, Harshal-Vitthal
ProducteursDinesh Vijan, Kunal Shivdasani
Durée117 mn

Bande originale

Yaad Mein Aksar
Dekh Dekh
Koi Na Jaane
Theme Of Hijack
Aksar (Unplugged)
Dekh Dekh (Club Mix)
Yaad Mein Aksar (Remix)
Yaad Mein Aksar (Sad)

En savoir plus

Fiche IMDB
Page Wikipedia
La critique de Fantastikindia

Par Madhurifan - le 1er janvier 2009

Note :
(3/10)

Article lu 1397 fois

Galerie

Des terroristes détournent un avion pour obtenir la libération d’un de leur chef dont la précédente tentative d’évasion a échoué. Leur vrai chef, celui qui tire les ficelles est inconnu mais on sait que c’est une taupe puisqu’il renseigne les terroristes. Enfin, c’est le spectateur qui sait parce que, parmi ceux qui entourent la taupe en question, personne n’a rien remarqué.

Pas de chance pour eux, car deux fatalités vont contrarier leurs plans (mais dois-je dévoiler un tel suspense ?). Premièrement, la fillette de Vikram Madaan (Shiney Ahuja), ancien commandant de bord dont la femme a été tuée par des terroristes (il y en a qui sont marqués par le sort), est à bord. Deuxièmement, leur avion doit atterrir à Chandigarh pour faire le plein et c’est là que travaille Vikram à qui on a retiré sa licence de pilote. Franchement, si ça, ce n’est pas de la malchance !!!

Vikram va tout tenter pour régler le problème et sauver sa fille (mais où vont-ils chercher tant d’originalité ?). Heureusement, pour le soutenir dans sa tâche, il a Saira (Esha Deol) à ses côtés. Dès lors, rien ne peut plus lui faire peur et il ira jusqu’à sauter sur l’aile d’un 747 en train de décoller après :
a) lui avoir couru après pour le rattraper pendant le décollage,
b) l’avoir poursuivi sans succès avec une voiture passerelle,
c) l’avoir rejoint en se tenant à une main après le patin d’un hélicoptère.
Au passage, le point qui ne rassure pas c’est le temps de décollage de ces gros avions !

Voilà résumée l’histoire hyper-originale de Hijack.

En ce qui concerne les personnages, les méchants sont très méchants, voire psychopathes pour certains et pire, ils n’hésitent pas à mettre leurs menaces à exécution, c’est dire s’ils sont méchants. Dans les bons, il y a d’abord les extra bons comme Vikram et eux, ils ont des hésitations, c’est dire s’ils sont gentils. Il y a aussi les abrutis comme le ministre qui doit prendre les décisions capitales.

Une mention spéciale à la subtilité du personnage de Vikram dont la cyclothymie fait peine à voir. De grands moments de joie lorsqu’il est avec sa fille aux heures sombres dans lesquelles il se renfrogne comme si on lui avait piqué son Nutella.

Au fait, vous ai-je dit que j’ai trouvé ce film complètement nul ?

J’ai lu à plusieurs reprises qu’on le comparait à Passager 57. Moi, je veux bien, mais au moins dans l’original, on ne s’ennuyait pas et les cascades étaient dignes de ce nom. Ici, tout le monde donne l’impression de faire la queue au supermarché un 24 décembre. Je me demande comment on peut encore pondre un pareil scénario en 2008. Kunal Shivdasani accumule tous les poncifs, la bande de jeunes qui part en week-end en mentant aux parents (ils seront bien punis, ça leur apprendra), les jeunes mariés qui reviennent de leur lune de miel et qui croient malin de se mêler de l’histoire, le couple de vieux dont le mari est asthmatique et donc le flacon d’anti-histaminiques est presque vide, et j’en oublie sûrement. On se croirait revenu au temps des premiers films-catastrophes US de série B.

Et les décors ? Parlons-en un peu. Ils sont d’une pauvreté absolue (c’est comme ça, l’aéroport de Chandigarh ?), le pompon étant la tour de contrôle avec une belle photo de 2m x 3m à la place de la vitre qui donne sur les pistes. Pour le reste, on fait dans le pas cher avec une magnifique carlingue et un poste de pilotage droit sorti du BHV, rayons ampoules et boutons. Ah, j’oubliais la magnifique soute dans laquelle Vikram rentre comme dans un moulin. Elle est très joliment meublée de rayonnages couverts de filets (pour éviter que ça ne tombe je suppose) mais dans lesquels les objets sont simplement empilés.

Et les acteurs ? Les deux vedettes sont Shiney Ahuja et Esha Deol. Shiney donne l’impression de se demander ce qu’il fait dans cette galère. On l’a quand même vu plus inspiré, dans Life in a Metro ou Woh Lamhe par exemple. Son jeu est particulièrement peu subtil on a du mal à croire à son implication dans l’histoire. Quant à Esha Deol, une fois de plus elle fait preuve d’une absence totale de conviction et de charisme. Pour être tout à fait franc, je ne lui ai jamais trouvé aucune qualité d’actrice. C’est d’ailleurs dommage car on aurait pu s’attendre à plus de dons avec des parents comme les siens (ceci dit, ses demi-frères, Bobby et Sunny ne m’ont jamais convaincu non plus). En second rôle, K.K. Raina (le méchant) grimace avec une conviction iznogoudienne et sans aucune subtilité lui non plus.

La musique et les chorégraphies ? Je viens de finir de voir le film et je ne m’en souviens déjà plus. Elles se noient dans l’atonie générale et rien ne surnage.

J’ai beau réfléchir, je ne vois pas ce qui pourrait justifier une indulgence quelconque. Même les effets spéciaux sont ratés. Le ridicule incendie du moteur de l’avion dont la pauvreté du trucage fait peine à voir en est un exemple.

Le seul atout d’Hijack est qu’il est court (environ 2 heures). Le supplice est donc rapide.

L’impression générale que je garde de ce film est qu’il s’agit probablement plus d’un téléfilm que d’un film destiné aux salles. A ce titre il constitue peut-être un jalon à creuser sur l’évolution en cours du cinéma indien. Après avoir occidentalisé les scénarios, raccourci les durées, Bollywood s’attaque aux formats et tente sa chance sur les téléfilms à moyen budget exportables. On oublie le Ramayana et on évite les soap trop indiens. Par contre l’action pas chère reste un bon créneau universel, surtout quand les méchants peuvent être aussi les méchants pour l’Occident. Une occasion de pénétrer un marché occidental déjà bien lobotomisé. Avis aux amateurs, Hijack convient bien aux vendeurs de "temps de cerveau disponible".

Certains vont se demander pourquoi j’ai perdu du temps à écrire la critique d’un film si nul. Une seule réponse : je suis de bonne humeur car il fait beau dehors.

Commentaires
11 commentaires
En réponse à Didi - le 30/12/2008 à 18:18

Mais que faisais-tu dans cette galère, Jean Philippe, à regarder un film aussi nul ? En tout cas, ta chronique m’aura bien fait rire, moi, qui suis incapable de regarder une série Z quelle qu’elle soit et d’où qu’elle vienne (suis peut-être un peu coincée). Laurent m’épate beaucoup dans son plaisir à regarder séries Z et autres nanards. Shiney Ahuja, qui m’avait fait bonne impression dans les films où je l’avais vu, me déçoit beaucoup s’il ne sait choisir ses films avec discernement.

Laissez un commentaire :

Didi le 30/12/2008 à 18:18

Mais que faisais-tu dans cette galère, Jean Philippe, à regarder un film aussi nul ? En tout cas, ta chronique m’aura bien fait rire, moi, qui suis incapable de regarder une série Z quelle qu’elle soit et d’où qu’elle vienne (suis peut-être un peu coincée). Laurent m’épate beaucoup dans son plaisir à regarder séries Z et autres nanards. Shiney Ahuja, qui m’avait fait bonne impression dans les films où je l’avais vu, me déçoit beaucoup s’il ne sait choisir ses films avec discernement.

Jean-Philippe le 30/12/2008 à 18:28

Heureux d’avoir pu te faire rire Didi. Par les temps qui courent, ça ne fait pas de mal ;) Pour Shiney, tout le monde peut faire une erreur. Mais franchement, s’il a lu le scénario, il devait se douter qu’il n’y aurait aucune originalité dans le film. Après, c’est autre chose, les grands réalisateurs peuvent faire des chefs d’oeuvre avec un scénario débile. Il a peu être cru que le film serait réalisé par Yash Chopra ou A. Gowariker.

Laurent le 30/12/2008 à 18:36

D’accord sur ce point : il existe à Bolly presque plus de chefs-d’oeuvre qui ont des scénarii débiles que de films avec des bons scénarii (sic) je suis bien pédant scénario comme dit Olivier Barrot. Quant aux navets hindis, il est évident que je les regarde en faisant un peu d’avance rapide (utile pour la plupart des chansons hindis, plus que du sud de l’Inde), parce qu’ils sont généralement plus longs et moins fluides que les navets occidentaux.

Jordan le 30/12/2008 à 17:27

Les douilles qui tombent en contre-plongée, c’est exactement le même plan que dans le premier Matrix, quand Neo s’échappe en étant secouru par l’hélico.

Piller à ce point il faut quand même le faire, mais ça fait aussi la saveur de Mission Istaanbul qui ne recule devant rien, pas même, bien sûr, les excès.

Laurent le 30/12/2008 à 18:03

Oui, "contre-plongée" bien sûr ; je ne me souviens pas de Matrix 1 (mais j’ai la trilogie, le 2 est pour moi un chef-d’oeuvre absolu d’action kitsch), mais ce plan est superbe pour un Bolly d’action de seconde zone, qui reste tout à fait dispensable.

Jean-Philippe le 30/12/2008 à 17:12

Merci pour les compliments Jordan,

Moi aussi j’ai bien aimé Mission Istaanbul (surement plus à cause de Shreya que de Zayed :-) mais à mon avis Mission Istaanbul est nettement meilleur que Hijack. Au moins il y quelques rebondissements sympas et ça fait nettement moins cheap. Je n’ai rien contre les séries Z. Je me souviens m’être envoyé un paquet de films d’horreurs allemands des années 70 (avec les débuts de Klaus Kinski si mes souvenirs sont bons) qui te faisaient accepter n’importe quoi après avec indulgence…

Laurent le 30/12/2008 à 17:20

Les suites Z de Nosferatu avec Kinski qui rempilait, interesting !… Sinon je confirme, Mission Istaanbul est nettement mieux, peut-être pas pour la qualité de l’action (bien que certains cadrages en plongée avec les dizaines de douilles mitraillées tombant de l’hélico étaient fort plaisants) mais pour sa quantité, jamais vu autant de fusillades nerveuses dans un Bolly. Ceci dit, on est loin dans les deux cas des rares bons films d’action Bolly, à savoit M-Kashmir et les films de R. Santoshi (Ghatak, Pukar, Khakee, voire Family).

Jordan le 30/12/2008 à 16:28

Merci pour l’article Madhurifan (Jean-Philippe) d’un film que j’ai acheté en DVD original (excellent master au passage) et que je regarderai à l’occasion un dimanche après-midi.

Si je ne sais évidemment pas quoi penser du film, j’ai trouvé en revanche ton article drôle et plaisant à lire. Et je constate que tu as réussi à titiller les penchants Z de notre cher Laurent. Cela dit j’ai moi-même trouvé Mission Istaanbul vraiment pas mal.

sofy_pff le 30/12/2008 à 11:20

"Certains vont se demander pourquoi j’ai perdu du temps à écrire la critique d’un film si nul" moi j’adore les critiques négatives (voire incendiaires !) parceque 1) ça se fait rare et 2) ça me conforte dans l’idée que j’ai bien fait de ne pas acheter cette daube !!!

Merci Jean-Philippe !! Et félicitations pour ce, il me semble, premier papier sur Fanta !

Jean-Philippe le 30/12/2008 à 12:01

Merci pour ce gentil petit message Sofy,

C’est effectivement le premier papier. Un grand moment… de modestie :-)

Pour la daube, il y aura, hélas, probablement d’autres occasions de se faire avoir. Cela étant, tous les goûts sont dans la nature et sont respectables. J’imagine qu’il y en a qui ont aimé ce film.

Laurent le 30/12/2008 à 00:17

Haha ! Je mettrais quand même la moyenne à ce film : c’est une série Z, certes, mais au moins on rigole avec le méchant, et j’ai trouvé le héros et les scènes d’action pas si mal que ça pour du Bollywood. Passager 57 avec Snipes est cependant nettement supérieur, une solide petite série B.