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Hum Aapke Hain Koun… !

Traduction : Qui suis-je pour toi ?

Bande originale

Didi Tera Devar Deewana
Maye Ni Maye
Mausam Ka Jaadu
Chocolate Lime Juice
Joote Do, Paise Lo
Pehla Pehla Pyar
Dhiktana (Part 1)
Babul
Mujhse Juda Hokar
Samdhi Samdhan
Hum Aapke Hain Koun
Wah Wah Ramji
Lo Chali Main
Dhiktana (Part 2)

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La critique de Fantastikindia

Par Madhurifan - le 4 juin 2009

Note :
(9.5/10)

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1993, 1994 et 1995 sont des années marquantes pour le cinéma indien. Elles voient fleurir de très gros succès comme Aankhen (1993), Dilwale Dulhania Le Jayenge et Karan Arjun (1995). Au milieu de ces œuvres, trône un joyau à l’éclat particulier, Hum Aapke Hain Koun. Un film que tout amateur de film indien identifie uniquement à ses initiales : HAHK

Avant tout, quelques repères pour bien réaliser le phénomène que représente Hum Aapke Hain Koun. En Inde, ce film a été joué pendant presque un an d’affilée dans 52 cinémas et il a même tenu 2 ans dans 4 autres salles. Il a collecté 5 filmfare awards et 6 Screen Awards, dont ceux du meilleur film, de la meilleure actrice et du meilleur réalisateur. HAHK a également été un hit en telugu (sous le titre Premalayam) et en tamoul (sous le titre Ambblayam). Un succès peut-être encore plus surprenant à l’étranger (raccourci à 1 h 48 et intitulé Yours Forever) car c’est le premier film indien à avoir été projeté dans les grands circuits de distribution aux USA, au Royaume-Uni et au Canada.

Bref une diffusion et un succès exceptionnels.

Et pourtant, résumer HAHK n’est ni long ni compliqué : c’est l’histoire d’un mariage arrangé entre Rajesh (Mohnish Bahl) et Pooja (Renuka Shahane), les enfants de deux familles amies et aisées, Kailashnath (Alok Nath) et les Choudhury (Anupam Kher et Reema Lagoo). Le frère du marié, Prem (Salman Khan) et la soeur de la mariée Nisha (Madhuri Dixit), tombent amoureux l’un de l’autre et se préparent en secret à annoncer leur mariage à leur famille. Insouciance, bonheur, musique et joie de vivre sont au programme jusqu’à ce qu’un drame (qui arrive au bout de 2 h 50 tout de même) rebatte les cartes. Après quelques larmes, tout finira bien. Normal c’est un film Barjatya !

Cette (quasi-)absence de péripéties s’étend sur 3 h 26, soit un poil moins que Lagaan - 3 h 44 - mais sans tricher avec une partie de cricket à rallonge ! On reste quand même encore loin du record de (l’ennuyeux) LOC : Kargil qui dure 4 h 15.

On comprendra en lisant ce résumé que ce n’est pas dans la complexité du scénario qu’il faut chercher l’origine du succès phénoménal de ce film qui a même réussi l’exploit de battre Dilwale Dulhania Le Jayenge (il a rapporté plus d’un milliard de roupies) et qui se classe au quatrième rang de toute l’histoire du cinéma indien.

Il faut plutôt regarder du "familial". Familial à la fois par son histoire, par ses concepteurs et par les codes utilisés. En fait, HAHK est probablement LE film familial de l’histoire du cinéma indien à ce jour, le successeur de Mother India (Mehboob Khan - 1957) en tant que représentant des valeurs fondamentales de l’Inde traditionnelle. La famille c’est le créneau du clan Barjatya. Au passage, on notera la différence de traitement avec le plus moderne La Famille Indienne de Karan Johar qui traite lui aussi de la famille.

Petit-fils de Tarachand Barjatya, fondateur de la société de production Rajshri, Sooraj Barjatya baigne dans le cinéma depuis l’enfance. Il commence sa carrière à l’âge de 19 ans comme assistant-réalisateur de Mahesh Bhatt sur Saaransh (produit par Rajshri). Il réalise son premier film, Maine Pyar Kiya, à 23 ans. Une occasion de constituer sa famille cinématographique. En effet, outre Alok Nath, on trouve Salman Khan, Reema Lagoo et Mohnish Bahl qui seront tous de l’aventure HAHK. Maine Pyar Kiya obtiendra 4 awards et sera nominé 2 fois. Le tremplin idéal pour HAHK qui sort en 1994 et dont Sooraj est à la fois le scénariste, le producteur et le réalisateur.

L’accouchement de HAHK n’est pas simple. Après le succès de Maine Pyar Kiya, le choix d’un nouveau scénario est délicat pour Sooraj. Il cherche seul sans succès pendant un moment. C’est finalement son père, Rajkumar, qui va lui donner la clé en lui proposant de repartir d’un ancien film des productions Rajshri, Nadiya Ke Par (1982) de Govind Moonis avec Sachin et Sadhana Singh. Sooraj réécrit tout, modifie les personnages, en ajoute et aboutit à la première version du scénario. Il dira plus tard qu’il n’y croyait pas au début, le trouvant trop plat, sans action et qu’il avait du mal à développer une histoire qui lui plaisait. Son père donnera la "touche" Rajshri en lui suggérant de mettre le drame vers la fin.

Mais qu’a donc ce film de si extraordinaire ?

Même si l’on peut résumer l’histoire de façon très rapide, HAHK reste avant tout une fresque. Une fresque familiale avec ses complications et ses relations parfois ambiguës. Par exemple ? Le curieux trio formé par Alok Nath, Anupam Kher et Reema Lagoo, les amis de collège. Reema a épousé Anupam mais ses liens avec Alok restent vifs après toutes ces années (ce qui offre l’occasion d’un bien beau passage musical, Aaj Amare Dil Mein).

Si HAHK raconte une histoire familiale au sens propre, il en raconte une autre au figuré : celle de la grande famille indienne. Le film est truffé de références et d’allusions (une technique que le réalisateur utilisera dans tous ses autres films), à commencer par celle à la mythologie avec l’histoire de Shakuntala, une des figures du Mahabarata qui sert de fil rouge comique. Autre exemple, les noms des personnages. Kailashnath (temple dédié à Shiva et mont sacré tibétain), Siddharth (nom du Bouddha), et Prem (amour et affection en sanskrit) qui sera le nom du héros de tous ses films ultérieurs. Il est d’ailleurs intéressant de constater qu’il gardera ce nom pour son héros masculin mais qu’il changera à chaque fois celui de l’héroïne.

Un coup d’oeil à la fonction des personnages permet toutefois d’envisager une autre explication à ce succès.

Le personnage central est Pooja. C’est elle qui est l’ange de la maisonnée, la bonté incarnée. Les patriarches Kailashnath et Choudhury dirigent les affaires matérielles et assurent protection et subsistance à la communauté. Prem est un homme d’affaires et Nisha est ingénieur. Et, bien entendu, on trouve également les domestiques. Cela ne vous rappelle rien ? En fait il s’agit de la reconstitution des castes en vase clos.

Pooja a la fonction de Brahmane, elle représente le spirituel, le guide. Kailashnath et Choudhury sont les Kshatriya, les rois terrestres de cet univers autarcique. Prem et Nisha sont les Vaishya, les actifs dans leur temps. Les domestiques sont les Sudras. Restent les intouchables. Pas simple à intégrer dans cet univers si propre. Sooraj Barjatya utilise un personnage symbolique : le chien Tuffy. C’est lui qui est aux pieds et c’est lui qui va changer le cours de l’histoire, qui sera le "fils de Dieu" (l’un des noms des intouchables). Tuffy est d’ailleurs un nouveau personnage, créé par Sooraj, qui n’existait pas dans le film original, Nadiya Ke Par.

Il est donc extrêmement facile pour chaque spectateur indien de se reconnaître dans un personnage et dans l’univers du film. Dans ces conditions, rien d’étonnant à ce que le public se soit rué dans les salles.

Mais Sooraj Barjatya ne s’est pas arrêté au scénario et aux personnages. Si ces matériaux s’adressent directement au coeur indien, la technique est également mise à contribution. Le choix des couleurs par exemple, auquel il dit s’être particulièrement attaché. Le ton est donné dès le générique en noir et blanc, ou plutôt en jaune et bleu, couleurs lunaires, la lune ayant une forte connotation familiale en Inde. Toutefois, l’exemple le plus flagrant est l’association du sari vert de Madhuri et du costume marron/orange de Salman évoquant directement le drapeau indien.

Si le réalisateur sait s’appuyer sur la technique, curieusement à première vue, la façon de filmer est particulièrement neutre. Aucun effet spécial ni plan acrobatique. Plongées et contre-plongées sont réduites à leur usage le plus basique. Clairement Sooraj Barjatya n’est pas un amateur de "gadgets visuels", les chorégraphies étant les seules exceptions à cette règle. D’ailleurs, il raconte dans une de ses interviews que le premier jour où il a assisté Mahesh Batt sur Saaransh, il a compris qu’un réalisateur n’a rien à faire des histoires de caméra et d’angles de prise de vue. Son problème c’est le film dans son ensemble. Dans HAHK, il utilise certes des plans larges, classiques au cinéma, mais il utilise surtout des types de plans plus fréquents en télévision : plans moyens et gros plans. Globalement le cadrage est plutôt serré, sur le modèle télé. On peut dire que HAHK est filmé comme un soap, un de ces films produits par les vendeurs de lessive dont l’objectif est de garder le téléspectateur (ou plutôt la téléspectatrice) devant son écran entre deux pubs. Cette façon de travailler peut surprendre pour un film de cinéma qui se veut spectaculaire et elle donne d’ailleurs une ambiance particulière au film. Mais on comprend mieux cette démarche si l’on se remet dans le contexte de l’époque. Au début des années 90, le cinéma indien est en crise, durement concurrencé par le câble et les cassettes pirates. Pour ramener les spectateurs dans les salles, les Barjatya ont, très intelligemment, tendu des ponts entre le petit et le grand écran. Au lieu de choisir l’option grand spectacle en opposition au petit écran (comme le firent par exemple les Américains avec le cinémascope, le technicolor pour la partie technique et les péplums et westerns pour la partie esthétique), les Barjatya ont choisi d’utiliser les recettes de la télé mais avec les moyens et la magnificence du grand écran. Pari risqué mais pari gagné.

Tous les acteurs qui participent à l’aventure sont parfaits. Les premiers rôles comme les seconds (Satish Shah, Bindu, Sahila Chaddha, Himani Shivpuri). Salman et Madhuri y sont particulièrement charismatiques. En 1994, Salman a déjà une quinzaine de films à son actif. Madhuri a enchaîné de très bons films dont le dernier est l’excellent mais dramatique Anjaam (avec SRK). Elle répond donc avec HAHK au besoin des spectateurs de la voir dans un rôle plus léger. L’alchimie entre les deux acteurs fonctionne à merveille et leurs duos sont un pur plaisir. A eux seuls, ils sont manifestement l’un des points forts du film. Salman nous montre même qu’il n’est pas si mauvais en danse, notamment sur Pehla, Pehla Pyar Hai, une sorte de chorégraphie à la Fred Astaire-Ginger Rogers où sa souplesse et sa sveltesse (ça a bien changé depuis) font merveille. Madhuri est un régal pour les yeux, comme d’habitude.

Pourtant, malgré toutes ces qualités, si une seule chose devait rester du film, ce serait la musique transcendée par ses stars vocales de l’époque : Lata Mangeshkar et Udit Narayan. La musique a toujours une place prépondérante dans les productions Rajshri. C’est presque toujours le squelette du film. HAHK est intimement bâti autour des 14 morceaux qui balisent l’histoire. A la différence de beaucoup de productions récentes, dans lesquelles les musiques et chorégraphies sont ajoutées comme des bonus et n’ont rien à voir avec l’histoire, dans HAHK, chaque pièce a sa place et contribue au scénario autant que les parties parlées. A tel point qu’on sort de la projection avec le sentiment qu’il y avait de la musique pendant tout le film. Les compositions de ce film s’incrustent dans les cervelles et elles font maintenant partie du patrimoine cinématographique indien (voir l’article très complet de Jordan White sur la partie musicale).

Le succès de HAHK sera phénoménal, bien au-delà des espoirs du clan Barjatya. Il se prolongera même sur scène puisqu’une comédie musicale intitulée 14 Songs, Two Weddings And A Funeral, directement inspirée du film, sera jouée en Angleterre plusieurs années plus tard. Pour les amateurs d’anecdotes, c’est Parminder Nagra, héroïne du film Joue-la comme Beckham de Gurinder Chadha, qui reprendra sur scène le rôle de Madhuri Dixit (pour d’autres anecdotes, vous pouvez lire l’article "Il était une fois… Hum Aapke Hain Koun").

Lorsqu’on demande à Sooraj Barjatya s’il pourrait refaire un autre HAHK aujourd’hui, il répond : "Chacun de mes films est une partie de ma vie. Je ne pourrais pas refaire HAHK car cette partie est finie". En attendant, ce joyau unique, qui restera comme l’archétype du Bollywood des valeurs traditionnelles dans le monde moderne, continue à enchanter des générations d’amateurs.

sources : boxofficeindia.com, Rajshri productions, Rediff.com

Commentaires
16 commentaires
En réponse à Sofy_pff - le 19/06/2009 à 12:18

Le message suivant n’apporte rien, absolument rien au débat, mais je tiens à le poster :

J’ai failli voir HAHK dans un Deluxe (prononcez Dileux) bus entre Amritsar et Chandigarh il y a quelques années. Mon explosion de joie en reconnaissant Madhuri à l’écran ("SHE’S MY FAVOURITE ACTRESS !") à plus qu’amusé mes compagnons de voyage qui ont alors engagé la conversation ; en particulier ma voisine, une pendjabi d’une quarantaine d’année, qui a ensuite absolument voulu me convertir au sikhisme (euh, aucun lien de cause à effet ici…) ! Entre deux hautes considérations philosopho-théologiques, j’avais du mal à suivre le film, qui plus est sans sous-titres. J’ai définitivement laché l’affaire quand j’ai attrapé un début de torticoli parce que l’énorme turban du monsieur devant moi m’obligait à me contorsionner pour apercevoir l’écran à l’avant du bus…

Mais quel super souvenir !!

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Fafa le 04/06/2011 à 13:37

Je viens de voir ce film et à la fin je dois dire que j’étais, je sais pas comment dire…dubitatif. Que s’est il passé pendant les 3h du film ? Bah rien…a priori, hormis peut être le pseudo drame. Fidèle à mes habitudes je viens comparer mes impressions avec la revue du film et là effectivement, en tant qu’occidental, il est bien difficile de décrypter tous les codes et sous entendus qui "jonchent" HAHK.

Ce film m’apparait maintenant définitivement démagogique, bâtit pour le succès mais avec beaucoup de maitrise. Il y’a par exemple constamment au moins deux personnages à l’écran, 90% du temps entre 5 et 10 et souvent une cinquantaine et faire cohabiter tous ces acteurs en les faisant vivre et les faire contribuer activement à la scène sans pour autant avoir de réplique, je trouve que c’est une prouesse remarquable. Les numéros musicaux s’intègrent très bien au film (mais bon j’ai vite saturé quand même^^), les acteurs sont tous bons, techniquement c’est un très bon film car même si il ne se passe strictement rien je ne me suis pas ennuyé.

Salman Khan se meut toujours avec la grasse d’un buffle dans une rizière et Madhuri nous fait un festival de gimmicks homemade et est éternellement aussi…bah…divine…étonnant non^^ ?

HAHK à voir ? Oui car c’est le Bollywood qu’il faut voir puis passer un peu de temps à décrypter et sans doute ensuite à revisionner tant HAHK est un condensé de codes bollywoodiens et qu’il permet ensuite, je pense, d’avoir une meilleure lecture d’autres films. Mais bon faut déjà arriver à la fin du premier visionnage et pour le revisionnage….moi je fais faire un break et part apprécier un peu de silence et de vide^^.

Encore merci Madhurifan de ton éclairage, c’est très intéressant. C’est d’ailleurs une des raison pour laquelle je ne vais pas sur des sites anglophones car souvent rédigés par des indiens, donc forcément avec un angle de vue différent.

Sofy_pff le 19/06/2009 à 12:18

Le message suivant n’apporte rien, absolument rien au débat, mais je tiens à le poster :

J’ai failli voir HAHK dans un Deluxe (prononcez Dileux) bus entre Amritsar et Chandigarh il y a quelques années. Mon explosion de joie en reconnaissant Madhuri à l’écran ("SHE’S MY FAVOURITE ACTRESS !") à plus qu’amusé mes compagnons de voyage qui ont alors engagé la conversation ; en particulier ma voisine, une pendjabi d’une quarantaine d’année, qui a ensuite absolument voulu me convertir au sikhisme (euh, aucun lien de cause à effet ici…) ! Entre deux hautes considérations philosopho-théologiques, j’avais du mal à suivre le film, qui plus est sans sous-titres. J’ai définitivement laché l’affaire quand j’ai attrapé un début de torticoli parce que l’énorme turban du monsieur devant moi m’obligait à me contorsionner pour apercevoir l’écran à l’avant du bus…

Mais quel super souvenir !!

Jawad le 10/06/2009 à 18:03

Bravo pour ton article très bien documenté ! Par contre personnellement HAHK est un des plus mauvais films indiens que j’ai vu, un des seuls que j’ai failli ne jamais finir (avec Bhoot et Page3). C’est marrant 5 min de voir un sitcom sur la vie d’une famille indienne de l’époque débutdes années 90, mais 2h45 c’est juste une prouesse sportive que je n’ai pas réussi à surmonter. Je ne parle pas des 30 dernières minutes pathétiques pour se remettre du coup de théatre qu’on avait pas imaginé.

Dans le genre les Bisounours en Inde, je préfère Vivah ou les romances surréalistes telles que Muhje Dosti Karoge ou Na Tum Jao Na Hum. Et du même réalisateur, en plus de Vivah on peut quand même noter Maine Pyar Kya qui était pour le coup vraiment un bon film. J’aurai mis 4/10 à HAHK juste pour l’ambiance bon enfant…

Guiridja le 10/06/2009 à 21:16

je savais que tu avais aimé MDK !!!!! (tu pourras plus te moquer de moi quand je te parlerais de ce film niark !!!)

scène de l’église que je kif trop trop trop he understand, she understand to !!!!

d^.^b

Madhurifan le 10/06/2009 à 21:07

Ta réponse m’épate. Je pensais qu’on était allergique ou non à l’ensemble des films Barjatya. Je ne pensais pas une seconde qu’on puisse aimer Vivah (j’adore !!) et pas HAHK. Mais ta réaction me prouve le contraire. Alors quelles différences ? J’en vois deux : les acteurs et l’image. Personnellement j’adore Salaman et Madhuri (oeuf corse) dans HAHK mais je trouve que le couple Amrita / Shahid de Vivah est aussi très bien. Et plus moderne. L’autre point fort de Vivah, c’est la qualité de l’image. Les copies d’HAHK qu’on peut voir aujourd’hui ne sont que des DVD qui ne valent pas un clou. Même les DVD originaux ont une image minable. Ce qui est un comble pour un film dans lequel l’image est si importante. Les DVD de Vivah, au contraire, sont d’excellente qualité avec des couleurs pétantes et parfaitement nettes.

Moralité, dans un cas (HAHK) on a le sentiment de voir un vieux film et dans l’autre (Vivah) un films de djeuns (je ne parle pas du contenu, hein ;-) J’aimerais bien que Rajshri sorte une belle version d’HAHK qu’on puisse comparer objectivement.

Quant à tes autres commentaires, je ne peux qu’être d’accord : Bhoot = bhooofff, Page 3, je ne suis pas allé au bout non plus (ou plutôt si, mais dans un état second. Quant à Muhjse Dosti Karoge, c’est dans mon top 10 (voire 5) !!!

Jawad le 11/06/2009 à 09:59

En fait quand j’ai regardé HAHK, je n’avais pas d’a priori sur les acteurs, c’était parmi les premiers films que je voyais. Mais, après coup, je préfère le couple Shahid-Amrita à celui de Salman-Madhuri. Mais je crois pas que cela se situe là. Ni sur la qualité de l’image, qui pour moi ne change rien. Des fois même je suis plus indulgent avec les vieux films vu que les facilités de production n’étaient pas si aisées qu’actuellement. Par exemple un film comme Drona est impardonnable.

Il y a sans doute le fait que j’ai vu HAHK avant Vivah. J’étais peut être inconsciemment préparé à cette lenteur et à ce monde de bisounours. Mais la différence c’est qu’il y a plus de situations différentes dans Vivah, que dans HAHK où la 10 ème chanson chantée en famille a eu raison de moi.

Madhurifan le 07/06/2009 à 11:02

Il y a une chose certaine. Si l’on cherche un film consensuel entre Inde et occident, ce n’est sûrement pas du côté des productions Rajshri qu’il faut se tourner. Dans le meilleur des cas on pourra être d’accord sur la musique mais guère plus.

Mais non, Didi, tu n’es pas du tout l’empêcheuse de tourner un rond, je t’assure, mais alors, pas du tout ! Pour répondre à ta remarque, je considère par exemple que Trenet était un immense poète et un sale type. Et j’arrive à vivre avec cette psychose latente sans problème. En ce qui concerne Vivah, je n’arrive même pas à comprendre comment tu as pu être tentée de le regarder car les Barjatya sont ce qu’ils sont mais ils ne prennent personne par surprise. On sait à quoi s’attendre avec eux. Si on en mange quand même en sachant qu’on ne supporte pas, il ne faut pas être surpris du mal au ventre.

Didi le 07/06/2009 à 12:10

Vivah je me suis fait avoir, je n’étais pas assez initiée. Pour HAHK, je suis prévenue, donc j’évite. Mais je pense qu’il faut quand même dire quelque part les intentions de cette maison de production, chose que j’ai faite dans ce concert de louanges à quelques exceptions près.

Madhurifan le 07/06/2009 à 12:56

En découvrant Bollywood, on a tous eu des mauvaises surprises. Il est de notoriété publique que c’est comme ça qu’on apprend et c’est pas plus mal.

Je ne suis pas certain qu’il y ait vraiment un concert de louanges pour HAHK (sauf en Inde, bien entendu, vu le succès du film). En France, ou plutôt en occident, du fait de notre environnement culturel, tout le monde ne réagit pas avec le même enthousiasme que les indiens. Tu en es d’ailleurs la preuve flagrante.

Mais, bon, hein, y’a pas que Barjatya dans la vie, heureusement.

Kendra le 06/06/2009 à 17:00

Je l’avais bien aimé ce film, tellement exubérant, qui veut en mettre plein la vue avec son ôde à la société de consommation. Un des rares films dans lequel j’ai trouvé Salman bien, son couple avec Madhuri est agréable. Mais je n’en ferais pas un quasi chef-d’oeuvre, c’est certain, il y beaucoup trop de défauts, en premier lieu comme l’ont souligné Cécile et Maya, une image de la femme peu reluisante. Ahlala, encore ce satané oeil d’orientale occidentalisée.
De toutes manières, un film à voir pour tout amateur de ciné indien, ne serait-ce que pour s’en faire sa propre opinion.

Madhurifan le 06/06/2009 à 11:39

A mon sens, tout le problème réside dans le fait qu’on voit ces films à travers notre culture. Je ne crois pas qu’un indien et un français voient la même chose en regardant HAHK.

Essaie quand même de le revoir. Ne serait-ce que pour les musiques et les chorégraphies.

Didi le 06/06/2009 à 18:02

Je ne veux pas paraître l’empêcheuse de tourner en rond, mais le réal et sa boîte de production font dans l’exaltation du parampara naphtaliné à des fins de propagande idéologique (je ne vais pas entrer dans les détails, mais dès qu’on est un peu informé, on sait les accointances entre la boîte de prod et un certain parti politique indien). Moi, je me contenterai de "Didi tera dewar deewana", le reste, je le laisse aux amateurs. Vivah m’a filé une indigestion.

pbx67 le 07/06/2009 à 13:29

Humour ripoliné, oeillades répétées de Madhuri,… Depuis 4 ans, je fais un blocage vers la 2e heure du film. Didi, donne-moi une raison de ne pas m’acharner, dis-nous quel est ce fameux parti politique ? Shiv sena ? BJP ?

Maya le 06/06/2009 à 09:52

bravo pour l’article Madhurifan, j’ai enfin compris pourquoi HAHK avait rencontré un tel succès ! ton article m’a même donné envie de revoir le film pour tout ce qui est au-delà de l’histoire.

Mais quand j’ai vu le film j’avoue que je me suis ennuyée ferme, avec une pointe d’agacement récurrente devant les pitreries de Salman et Madhuri et l’immobilisme du perso de Madhuri face à ce qui lui arrive. J’ai eu l’impression qu’elle n’avait pas de cerveau. Je préfère cent fois son rôle dans Beta. Je n’aurais pas mis plus de 7 à HAHK

Mais on sait bien qu’à Bollywood il y en a pour tous les goûts ! Je suis très contente que ce bel article fasse honneur à ce grand succès.

Cécile le 04/06/2009 à 22:00

Rien à redire en ce qui concerne les qualités du film, l’article les recense à merveille ; malgré tout, je ne pourrais pas mettre une aussi bonne note, car, outre les merveilleuses chansons, une Madhuri sublime et des couleurs explosives, je trouve qu’ "Hum aapke hain koun" donne une image assez ignoble de la Femme, et je pèse mes mots ! Je ne veux pas jouer les féministes engagées (du moins pas trop longtemps… ) mais j’ai manqué de m’étrangler à plusieurs reprises pendant le visionnage : je pense notamment à la première version de "Dhik tana" où Prem chante les mérites de sa belle-soeur qui se lève dès l’aurore pour préparer le petit-déjeuner de son mari, ou la manière abusive qu’a Pooja de considérer son mari comme un dieu. Certes, l’image de l’épouse traditionnelle est loin d’être nouvelle à Bollywood, mais le réalisateur pousse le bouchon un peu trop loin ici, ce qui donne un goût un peu amer à l’ensemble, du moins peut-être pour un public occidental… A mon goût, les femmes ne sont dans ce film que des épouses plus que parfaites qui ont à peine décollé du moyen-âge… Pas terrible comme message pour un film !

Jordan le 04/06/2009 à 20:26

Article passionnant, accessible et riche. J’ai mis pas mal de temps avant de regarder le film, mais quand je l’ai vu j’ai été frappé par la cinégénie de Madhuri et l’humour du film qui est distillé pendant deux heures quarante : petits duels durant les chansons, prise de becs et complicité vont de pair. Salman Khan joue bien la comédie et se montre même parfois touchant. Ensuite il y a eu le virage Har Dil Jo Pyaar Karega, le mauvais virage malheureusement. Aloknath apporte une touche de bonhommie dès le début, dans un rôle qu’il reprendra plus de dix ans après dans Ek Vivah Aisa Bhi. Le truc qui m’avait un peu dérangé lors du premier visionnage c’est évidemment l’élément dramatique qui vient tout remettre en question : le côté "hénaurme" de la situation, la façon dont c’est filmé et mis en musique. Le réal en fait des tonnes. Et pourtant ça passe…après que l’on ait avalé pareille couleuvre. Un film qui a marqué son temps, effectivement bourré de références, techniquement très intéressant. La fin est jubilatoire. Comme celle de La Famille Indienne.