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Humpty Sharma Ki Dulhania

Traduction : La mariée d'Humpty Sharma

Année2014
LangueHindi
GenreComédie romantique
RéalisateurShashank Khaitan
Dir. PhotoNeha Parti Matiyani
ScénaristeShashank Khaitan
ActeursVarun Dhawan, Alia Bhatt, Ashutosh Rana, Siddharth Shukla, Aditya Sharma, Deepika Amin, Mahnaz Damania, Gaurav Pandey, Sahil Vaid, Kenny Desai, Guncha Narula
Dir. MusicalSachin-Jigar, Toshi Sabri, Jawad Ahmed
ParoliersIrshad Kamil, Kumaar
ChanteursShreya Ghoshal, Vishal Dadlani, Arijit Singh, Udit Narayan, Benny Dayal, Deepali Sathe, Toshi Sabri, Divya Kumar, Shalmali Kholgade, Akriti Kakkar, Anushka Manchanda, Alia Bhatt, Badshah, Pratibha Bhagel, Niharika Sinha
ChorégraphesChinni Prakash, Adil Shaikh, Remo D’Souza, Ahmed Khan
ProducteurKaran Johar
Durée133 mn

Bande originale

Saturday Saturday
Samjhawan
Daingad Daingad
Lucky Tu Lucky Me
Emotional Fool
D Se Dance
Samjhawan (Unplugged)

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Fiche IMDB
Page Wikipedia
La critique de Fantastikindia

Par Marine - le 10 mars 2015

Note :
(7/10)

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A Ambala, c’est l’effervescence. La jeune Kavya Pratap Singh (Alia Bhatt) n’a qu’une idée en tête : se trouver une robe de mariée signée par un grand couturier. Comme sa grande copine Gurpreet. Mais son père qui s’active à organiser ce mariage qu’il a arrangé avec soin refuse de lui donner l’ahurissante somme nécessaire à cet achat pourtant vital. La voilà donc partie chez tonton à Delhi avec une double mission : assister au mariage de Gurpreet et trouver l’argent qui lui offrira la seule chose qu’elle désire. Sa robe de mariée. C’est là qu’elle rencontre Humpty Sharma (Varun Dhawan). Charmante petite fripouille qui préfère s’amuser que de reprendre le commerce de son père.

Avant même de voir le film, il faut savoir qu’Humpty Sharma Ki Dulhania se présente comme une réécriture moderne et assumée de Dilwale Dulhania Le Jayenge. Du titre au générique qui inclut des passages de DDLJ, en passant par les affiches présentant les héros dans les champs en fleur jaunes, tout est fait pour le montrer au spectateur. Si cela attise la curiosité et peut attirer le badaud dans les salles, réécrire Dilwale Dulhania Le Jayenge c’est surtout risquer à tout instant par son ambition même de frôler le sacrilège pour les fans.
Il est de notoriété publique que DDLJ a dépassé les 1000 semaines au cinéma. On touche ici à un monstre sacré du cinéma, et lui trouver des défauts est un blasphème. Alors dans ce cas, que peut-on réécrire ? Dans les faits, cette référence a surtout servi à démonter le film. Ici, je vais prendre le parti de montrer que même si on le compare à DDLJ, le film vaut la peine d’être vu.
La trame des deux films est la même et il est difficile (mais pas impossible) d’échapper à la comparaison constante.
Partie 1 : l’héroïne découvre la vie hors de sa famille et finit par tomber amoureuse du héros.
Partie 2 : le héros va retrouver l’héroïne pour empêcher son mariage avec un autre.

L’intérêt de Humpty Sharma Ki Dulhania repose donc à priori sur sa capacité à réactualiser un propos vieux de près de 20 ans. On gomme donc les aspérités de DDLJ (il n’y a pas de défaut vous a-t-on dit plus haut). Exit le père monolithique, le fiancé détestable et le plan pourri de Raj pour épouser Simran. Qui ne s’est pas déjà dit en regardant DDLJ : « Chouette, Raj est parti en Inde pour récupérer Simran. Je me demande quel est son plan ? » avant de découvrir dépité que non, il n’en n’avait pas. Il veut juste faire ami-ami avec tout le monde. Ici, même s’il y est un peu forcé, le garçon fait connaitre ses intentions.

Dans HSKD, le père de l’héroïne dialogue avec sa femme et il tient plus au bonheur de sa fille qu’à son honneur (et pas seulement après plus de trois heures de bobine). Le personnage a été finement réécrit pour coller à notre nouvelle génération. Une grande réussite selon moi, qui ai trouvé ce père protecteur plus réaliste et oh combien plus humain que la version incarnée par Amrish Puri. Ça, bien sûr, c’est mon regard d’occidentale. Je ne sais pas si ce père parait plus réaliste à une jeune punjabi. En tout cas, si ce père-là arrange le mariage de sa fille, c’est pour être sûr qu’elle sera heureuse auprès d’un bon mari. Et non pour tenir une promesse et sauvegarder son sacro-saint « honneur ».

Autre point important : l’antagoniste. Le fiancé de Simran ne vous a peut-être pas marqué outre mesure. Il était violent, trouvait le teint de sa future épouse trop foncé et pensait déjà à la tromper avant même d’avoir convolé. Pas vraiment étonnant donc qu’on le déteste et qu’on souhaite d’autant plus que le père de Simran la laisse partir avec le gentil Raj. Ça facilite un peu les choses. Et bien là, le fiancé de Kavya n’est pas une ordure. Loin de là. Lui trouver des défauts devient un challenge.

Dans DDLJ, c’est le NRI qui était le plus évolué des hommes face à l’indien local obtus. HSKD c’est la revanche des indiens résidents, frustrés de s’être fait voler pendant des années les plus jolies indiennes par les riches NRI, financiers et médecins en tous genres. Et cela sans avoir besoin de rendre abject le rival NRI. Car si ce dernier est parfait en tout point et supérieur aux autres (au risque d’être une caricature, mais si vous croisez le même spécimen quelque part, envoyez-le moi, je suis preneuse), le résident, lui, a le cœur qu’il faut.

Si on regarde attentivement les affiches, on nous montre l’héroïne en position dominante par rapport au héros. Si dans la seconde partie du film Kavya m’a semblé moins effacée que Simran, la promesse affichée n’est pas vraiment tenue. Le dernier mot revient toujours au héros. Mais comme dans DDLJ, il est agréable de voir les personnages grandir au fil du temps. Ils finissent par distinguer ce qui est vraiment important dans la vie, et non leurs petits désirs matérialistes (je veux une robe de grand couturier !)
Enfin, ce qui peut vraiment gêner dans ce film ? Le final. Il est raté. Mais vraiment complètement raté. Ça ressemble à un cours d’Harry Potter… il y a des choses qu’on a fait disparaître par magie. D’autres apparaissent, et on ne sait même pas où on se trouve ! Dans un univers parallèle ? Merci Sliders : les mondes parallèles d’offrir des solutions aux couples de films indiens. Je ne peux en dire davantage pour cause de spoiler.

Vous connaissez par cœur Mehndi Laga Ke Rakhna et Tujhe Dekha To ? Il suffit d’en jouer les premières notes pour que vos épaules commencent à bouger toutes seules ? Honnêtement, la bande originale de HSKD ne vous fera pas le même effet et elle ressemble assez à ce qui se fait actuellement, en 2014. Un générique de fin sans aucun intérêt et dont la mise en scène est très éloignée du contenu du film : Saturday Saturday. Mais l’idée de danser sur des chars n’est pas mauvaise. Cela évitera peut-être de les envoyer en Europe de l’Est. Sinon, pour la musique de boite de nuit, on a aussi Lucky Tu Lucky Me qui est pas mal dans son genre. La chanson familiale, Daingad Daingad, est assez amusante quand on lit les paroles. Les balades sont assez passe partout et n’égalent pas la puissance qu’ont celles d’Ek Villain ou d’Aashiqui 2. Samjhawan a eu une version chantée par Alia Bhatt. J’avais déjà parlé des actrices qui chantent dans la critique d’Ek Villain. Pour finir, la chanson de « mariage » D se Danse est très entraînante et entêtante. En somme, j’ai quand même été séduite par cet album (que j’ai commandé chez mon vendeur préféré).

Pour succéder à Kajol et Shah Rukh Khan, on a pris deux jeunes de l’industrie. Si Alia Bhatt est à nouveau très agréable, après 2 states et Highway, les hommes ont tendance à lui voler la vedette. Et pourtant ! En me rendant au cinéma, je n’attendais rien du film et encore moins de Varun Dhawan. Son précédent film Main Tera Hero avait tout l’air d’un film potache sans intérêt et sa filiation me poussait à avoir un mauvais a priori sur lui. Après tout, il était le fils de David Dhawan, réalisateur de films à l’humour poussif. Et bien on peut se tromper ! J’ignore quelle pouvait être l’alchimie entre les deux acteurs dans Student of the Year, mais dans HSKD elle fonctionne bien. Les deux personnages sont tendres et émouvants. Et surtout, ils sont crédibles, loin des poupées vides qu’on nous sert régulièrement.

L’autre surprise de ce film est Ashutosh Rana. Il joue donc le père de l’héroïne. Dans HSKD il m’a fait une très bonne impression et ce n’est qu’en rédigeant cet article que je me suis rendue compte qu’il était cet acteur qui m’avait traumatisée dans Dushman. Et il est aussi bon en père de famille qu’en psychopathe.

Le producteur du film n’est autre que ce très cher Karan Johar qui avait fait débuter les deux acteurs dans Student of the year. Il a présenté HSKD comme une ode au classique qu’est DDLJ. Si quelqu’un pouvait oser cela c’était peut-être Karan Johar qui avait travaillé avec son cousin Aditya Chopra à l’écriture et à la réalisation de ce dernier. Par contre, c’était peut-être prétentieux pour la première réalisation de Shashank Khaitan, également crédité en tant que scénariste, et qui a manqué quelques cours du bon auteur, comme « l’impératif d’écrire une bonne fin ».

HSKD s’est hissé au rang de hit en 2014. Bien sûr ce n’est pas une référence quand on sait que Heropanti et Ragini MMS 2 peuvent en dire autant. Mais c’est un joli succès bien mérité. C’est le deuxième film de 2014 d’où je suis sortie de la salle de cinéma (deux fois) avec un sourire niais. On ne voyage pas aussi loin ni aussi bien qu’avec Aditya Chopra, cependant HSKD fait partie du groupe des bonnes comédies romantiques de l’année, avec Khoobsurat et Daawat-e-Ishq, et un peu de réalisme fait un bien fou.



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