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I am Kalam

Traduction : Je m'appelle Kalam

Année2011
LangueHindi
GenresFilms sociaux, Film pour enfants
RéalisateurNila Madhab Panda
Dir. PhotoMohana Krishna
ScénaristesSanjay Chauhan, Nila Madhab Panda
ActeursHarsh Mayar, Gulshan Grover, Pitobash Tripathy, Husaan Saad, Beatrix Ordeix, Meena Mir
Dir. MusicalAbhishek Ray, Susmit Bose, Madhuparna, Shivji Dholi, Papon
ParoliersManavendra, Kishor Chanchal, Salil Vaidya, Shivji Dholi, Protique Mojoomdar
ChanteursShreya Ghoshal, KK, Papon, Javed Ali, Mansi Bharadwaj, Shivji Dholi, Susmit Bose, Anushka Manchanda
ProducteurSantanu Mishra
Durée87 mn

Bande originale

Chand Taare
Chand Taare - Children
Chini Bhini
Jeevan Ek Rangoli
Rang Jamale - Female
Rang Jamale - Male
Udan Pe Baitho - Unplugged
Zindagi Aisi Waisi

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La critique de Fantastikindia

Par Didi - le 25 décembre 2012

Note :
(9/10)

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Chhotu est un garçonnet d’une dizaine d’années qui vit avec sa mère et sa petite sœur au fin fond du Rajasthan. Malheureusement, il doit quitter l’école en dépit de ses bons résultat pour contribuer, par son travail, aux finances familiales au plus mal à cause de la sécheresse. Sa mère le conduit alors chez son futur patron, l’oncle Bhati, qui tient une gargotte (dhaba) sur le bord de la route près d’un palais rajpout transformé en hôtel. Chhotu est aussi doué dans son travail qu’il l’était pour les études. Sa vivacité d’esprit et son esprit d’initiative impressionnent son patron, mais suscitent la jalousie de Laptan, son collègue, un jeune homme pas très futé et paresseux qui rêve de devenir acteur. En allant servir le thé aux touristes du palais-hôtel, Chhotu fait la connaissance du fils du maître des lieux, Ranvijay, un jeune prince solitaire auquel son père interdit de fréquenter des roturiers. Les deux jeunes garçons se lient d’amitié et se voient en cachette pour jouer, s’apprendre réciproquement des jeux, partager des connaissances, etc. Ranvijay apprécie tant son nouvel ami qu’il est tout disposé à l’aider à réaliser son rêve : étudier en cachette, après le travail, pour devenir un homme aussi important que l’ex-président de l’Inde, A. P. J. Abdul Kalam…

I am Kalam, sorti en Inde en août 2011, est un film produit par l’ONG Smile Foundation qui milite pour changer les mentalités, en particulier la soumission passive au fatalisme, afin d’éradiquer le travail des enfants en favorisant leur scolarisation. C’est d’ailleurs ce programme qui est mis en œuvre à travers le message de I am Kalam, joli conte destiné autant aux enfants qu’aux adultes, ceux qui ont gardé une âme d’enfant ou ceux qui envisagent l’existence de façon résolument optimiste. I am Kalam est bien un film militant, mais sans donner dans le misérabiliste, ni le pathos larmoyant. Il est à l’image de son protagoniste et du jeune acteur qui l’interprète : un film souriant, touchant, volontariste et sensible.

Par certains côtés, I am Kalam ressemble à Taare Zameen Par, en particulier par cette volonté de mettre l’enfant au cœur du récit, sans avoir été réalisé avec les moyens financiers dont disposait le film d’Aamir Khan, ni la présence d’une vedette à l’affiche. Bel exemple de cinéma indépendant, c’est le sourire de Chhotu, le regard triste de Ranvijay, la bonhomie de Bhati ou les décors naturels du Rajasthan, sublimés par la photographie de Mohana Krishna, qui sont l’argument de vente de I am Kalam.

En dépit de son étiquette « indépendante », l’histoire de I am Kalam reprend, en partie, les schémas actantiel et narratif du cinéma hindi populaire pour les détourner au service du message : laisser les enfants aller jusqu’au bout de leurs rêves. Nous avons un héros, le jeune Chhotu, auto-rebaptisé Kalam, comme son idole, qui a une histoire d’amour avec son rêve : devenir une personne éduquée et importante socialement. Pour réaliser cette quête, il doit lutter contre les préjugés et, surtout, le fatalisme et la soumission passive au déterminisme social. Dans son périple, il reçoit l’aide de personnages secondaires : le jeune prince Ranvijay, l’oncle Bhati, la touriste française. Nous avons même un personnage négatif tout à fait typique, un « méchant », Laptan, son collègue envieux. Finalement, nous avons une fin heureuse, après moults péripéties.

Si la durée de I am Kalam se rapproche des standards internationaux, le film n’est pas exempt d’intermèdes musicaux. Il ne s’agit pas de séquences chantées ou dansées classiques, mais de démonstrations de danse et de musique traditionnelle rajasthanies très bien intégrées à la trame narrative du film.

La prestation de l’ensemble du casting constitue l’un des atouts du film. Le jeune Harsh Mayar qui joue le rôle de Chhotu/Kalam crève l’écran, ce n’est donc pas étonnant qu’il ait reçu la récompense suprême pour sa prestation, le national award du meilleur enfant acteur. Il réalise d’une certaine façon un rêve à l’image du personnage qu’il interprète, puisque, à l’instar de Rubina Ali et de Azharuddin Mohammed Ismail, les jeunes acteurs de Slumdog Millionaire, Harsh Mayar vient d’un bidonville de Delhi. Le national award l’a sorti du bidonville et lui a offert un autre rôle dans le petit film sorti en août 2012, Jalpari : The Desert Mermaid. Espérons pour lui que ces deux films marqueront le début d’une longue carrière.

Finalement, si I am Kalam possède de nombreuses qualités, je ne ferai au film qu’un seul petit reproche : dénigrer, par le côté négatif du personnage, le rêve de Laptan de faire du cinéma. Dans le générique de fin, le film encourage le combat pour la scolarisation et incite à laisser rêver les enfants, à ne pas brimer leurs espoirs et leurs aspirations en alléguant la destinée, la pauvreté ou le fatalisme. Pourquoi faudrait-il exclure de ces rêves et espoirs l’aspiration à une carrière cinématographique ? Rêver d’être acteur est tout aussi légitime que de rêver d’être un scientifique ou futur président, surtout dans un pays où le cinéma, quelles que soient ses formes de distribution (multiplexes, petites salles ou cinémas ambulants) est aussi important culturellement en étant, malgré tout, le loisir le plus accessible.

Présenté au 63e Festival de Cannes, I am Kalam a fait ensuite le tour des festivals internationaux et récolté une moisson de récompenses, y compris aux filmfares (meilleur réalisateur débutant) ou aux national awards. Sorti sur les écrans indiens en août 2011, une semaine après le très commercial Singham, et malgré une distribution confidentielle et un démarrage moyen, le film a obtenu des résultats corrects au Box-office, bénéficiant du bouche à oreille des spectateurs touchés par l’histoire et le sourire de Chhotu/Kalam, sans doute la meilleur raison de le regarder.

Souhaitons aussi que I am Kalam, tout comme I am, d’Onir, autre exemple de cinéma hindi indépendant, bénéficie d’une sortie DVD en France

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