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Ilaiyaraja

Fonctions : compositeur, parolier, chanteur
De son vrai nom : Gnanathesikan
Né le : 2 juin 1943 (75 ans)
à : Pannaipuram
Nationalité : indienne

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La biographie de Fantastikindia

Par Seji - le 6 avril 2017

Dernière mise à jour le 6 avril 2017

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Qui est Ilaiyaraja ?

Compositeur, chanteur et parolier, Ilaiyaraja a débuté une immense carrière protéiforme dans le cinéma indien des années 70. Veuf, sa femme Jeeva étant décédée en 2011, il est père de trois enfants : Kartick Raja, Bhavatharini et Yuvan Shankar Raja. Ils ont connu un succès dans la même industrie en tant que compositeurs et interprètes, notamment Yuvan Shankar Raja qui a su créer un style bien à lui et a connu des années de gloire depuis 1996.

Ilaiyaraja (son prénom d’origine est Gnanathesikan) est né en 1943 dans une famille d’intouchables dans le village de Pannaipuram (Tamil Nadu). Grandissant dans un univers rural, il va rejoindre, à l’adolescence, le collectif musical dirigé par son frère aîné, Pavalar Varadajan, durant une dizaine d’années. Il va faire la connaissance de R.K. Shekhar, le père d’A.R. Rahman, qui travaillera d’ailleurs pour lui en tant que claviériste. Dans les années 1970, Ilaiyaraja travaille comme assistant pour le compositeur Kannada (G.K. Venkatesh) sur plus de 200 films et fait l’apprentissage de la guitare et du clavier électronique. Il démarrera sa propre carrière dans les studios cinéma de Madras (aujourd’hui Chennai) avec Gangai Amaran, son frère cadet, Barathiraja, qui écrira ses scénarios à ses côtés, et S.P. Balasupramanium qui débute sa carrière de chanteur.

Sa carrière démarre en 1976 grâce au producteur Panchu Arunachalam qui l’engage pour la musique du film Annakili. Sa composition dénote déjà d’un mélange de folklore influencée de styles musicaux occidentaux. Il va connaître une renommée sans précédent dans les décennies 70-90, en devenant le compositeur des plus grands réalisateurs de l’époque : K. Balachander, Balu Mahendra, Barathi Raja, K. Viswanath, J. Mahendran, Fazil, Singgetham Srinivasa Rao, S.P. Muthuraman et Mani Ratnam. Il marque une nouvelle ère moderne — musicalement parlant —, tout en travaillant pour les industries hindie, telegue, malayalam, et il a également l’occasion de travailler avec les plus grands paroliers comme Kannadasan, Vairamuthu, Gulzar et Vaali. Il a aussi révélé les plus grands chanteurs, ou plus communément les « playback singers », à l’instar de K.J. Yesudas, S.P. Balasubramaniam, S. Janaki, Sujatha, P. Susheela, K.S. Chithra, Malaysia Vasudevan, Asha Bhosle et Lata Mangeshkar.

Il a également composé des chants religieux basés sur les textes hindous interprétés par le guru Ramana Maharishi, Il est aussi à l’origine d’une symphonie : le « Thiruvasakam » en 2005, qui reprend d’anciens poèmes tamouls avec un arrangement réalisé en Hongrie avec l’orchestre symphonique de Budapest. Il a organisé des concerts dont le plus important fut à Chennai : un live de 4 heures, toujours au cours de la même année. On continue à le voir dans des tournées aux États-unis, au Canada, au Royaume-Uni, en Italie, en Malaisie, à Singapour, etc.


Les succès à retenir

  • 6000 chansons composées
  • 1000 bandes originales de films
  • 400 chansons interprétées par lui
  • 1er asiatique à avoir composé une symphonie
  • Médaille d’or au Trinity College, Londres
  • Le titre de « Isaignani » (génie de la musique) et le titre civil de « Kalaimamani » (pour sa participation artistique et culturelle) lui ont été attribué par le chef d’état du Tamil Nadu, M. Karunanidhi, en 1988
  • Il a été honoré du titre honorifique de « Padma Bhushan » par le gouvernement indien en 2010
  • Il a reçu le « Centenary Award For Life Time Achievement » à l’International Film Festival of India, en 2015
  • Il a été récompensé par la Sangeet Natak Akami Award (Académie Nationale Indienne des Arts de la Musique, de la Danse et du Théâtre) en 2012
  • 5 National Awards pour Saagara Sangamam (1984), Sindhu Bhairavi (1986), Rudraveena (1989), Pazhassi Raja (2010), Tharai Thappattai (2016)
  • Rakkama Kaiya Thattu du film Thalapathi de Mani Ratnam (1991) fait partie de la liste des 10 meilleures chansons mondiales listées par BBC
  • Nayakan de Mani Ratnam (1987) dont il a signé la BO, a été listé parmi les 100 meilleurs films de tous les temps par le magazine TIME
  • Anjali de Mani Ratnam (1990) et Hey Ram de Kamal Hassan (2000) ont fait partie des films présentés par l’Inde pour concourir aux Oscars

Ilaiyaraja, une diversité musicale

Il est connu et reconnu pour pour avoir su brillamment allier les courants occidentaux et le classicisme musical indien. La rencontre en 1968 (il n’a alors que 25 ans) avec son professeur de musique Dhanraj à Chennai (anciennement Madras) ; sera l’apprentissage d’univers musicaux qu’on appelle « Western ». Il se spécialise dans la guitare en intégrant un cours au Trinity College of Music, à Londres. Ses arrangements sont audacieux et marquent plusieurs générations de mélomanes grâce à des harmonies aussi modernes qu’uniques. L’impact qu’aura son style musical reste aujourd’hui révélateur, car même des artistes comme Mika et Les Black Eyed Peas vont jusqu’à le sampler. Il est réputé pour créer des combinaisons sur les styles suivants : pop, folk, jazz, rock, disco, funk, bossa nova, flamenco, classique, jazz, afro-tribal avec des sons indiens comme les Ragas classiques et les rythmes ruraux. Ses compositions très complexes ont donné des chansons et musiques mythiques ; dotées d’une fraîcheur intemporelle.

En 1978, il enregistre la 1ère chanson en stéréo faisant décoller la vente des cassettes audio et vinyles.
Dans les années 90, il introduit la musique électronique et autres technologies qui vont améliorer l’orchestration de ses enregistrements. Il a sublimé les emplois d’instruments autant classiques (comme le tabla, le veenai, nadashwaram, miridangam) que les instruments occidentaux (comme la guitare électrique, le saxophone, la batterie, les claviers électroniques). Il a une utilisation assez originale des vocales et/ou des chœurs. C’est la raison pour laquelle il exige que les performances des chanteurs soient le plus affinées possible ; d’ailleurs il ne lésine pas sur le nombre de prises enregistrées.

Ilaiyaraja est également connu pour ses coups de colère, son exigence, mais aussi son perfectionnisme, ne laissant rien au hasard et générant de multiples répétitions. Il a conçu deux albums non destinés à des films :

  • How To Name It ? (1986), hommage distingué aux chants classiques de Tyāgarāja et la musique baroque de J. S. Bach.
  • Nothing But Wind (1988) interprété par le flûtiste Hariprasad Chaurasia et un orchestre d’une cinquantaine d’instruments, phénomène musical naturel prenant forme avec les sons du vent, de la brise, ou encore de la tempête par exemple.

Ilaiyaraja, une dimension dramatique
via ses bandes originales

Ilaiyaraja excelle dans un domaine où rares sont ceux qui ont pu réussir, ou du moins à donner autant d’importance que notre Isaignagni. Il suffit de voir les nombreux fans parsemés dans le monde qui partagent les bandes originales — et/ou extraits rarissimes — de ses films, car malheureusement il n’y pas de tradition de rajouter dans les cassettes (ou les disques) les musiques des films, sauf exception ; les films sans chansons comportant uniquement la bande originale comme le très joli album sorti en 2013 Onaayum aattukuttiyum, du réalisateur Mysskin.

Totalement passionné, je collectionne moi-même depuis des années les musiques de films d’Ilaiyaraja. Je consacre (dès que l’envie me prend) des heures à trouver des morceaux inédits. J’éprouve une fascination démesurée pour ses mélodies. Elles me transcendent et réveillent des émotions diverses, qui vont s’articuler comme par magie à mon humeur du moment. Elles m’ont par exemple, dans les années 90, beaucoup aidé lors de mes premières années en France. D’ailleurs, je m’en sers toujours dans mes écrits et courts métrages, en faisant des playlists des musiques et chansons qui vont correspondre au ton recherché. Je ne retrouve pas ces sensations chez les autres compositeurs émérites, mis à part un autre musicien qui réussit à me surprendre de la même manière : Ennio Morricone. Ces backbackground scores ont sublimé des films, même mineurs, et ont contribué à leur succès.

Aujourd’hui un film peut être reconnu dès les premières notes de son générique ou morceau culte. Et le génie d’Ilaiyaraja — souvent copié jamais égalé — est d’avoir su distiller par la force de ses compositions une atmosphère qui vous colle à la peau. Des réalisateurs l’ont compris et lui ont permis de marquer le cinéma tamoul à jamais, comme Mani Ratnam (avant la permutation avec A.R. Rahman), son ami d’enfance Barathi Raja, Balu Mahendra, J. Mahendran et S.P. Muthuraman. Ils ont, selon moi, su exploiter la versatilité et la puissance de ce génie.

Ilaiyaraja, et Aujourd’hui ?

Ilaiyaraja a aujourd’hui 73 ans. Entre exploration spirituelle, concerts et émissions télé, il continue à composer pour des films plutôt modestes. Les réalisateurs les plus emblématiques, eux, continuent à le solliciter. C’est le cas de Bala, Mysskin, R. Balki, Gautam Menon, Kamal Hasan, témoignages nostalgiques du respect et de l’amour qu’ils ont vis-à-vis de ce visionnaire. Évidemment le « Mozart indien » A.R. Rahman est plus populaire, notamment grâce à sa renommée internationale.

Ilaiyaraja reste très adulé par les puristes, comme un trésor national. Ses œuvres ont traversé des générations entières de manière inévitable. Ses albums en cours sont : Sabash Naidu (Kamal Hasan), Naachiyaar (Bala) et Padman (R.Balki).

Commentaires
71 commentaires
En réponse à Ferdinand LACOUR - le 07/07/2017 à 09:00

"Yengirundo Azhaikkum…" Mano et Ladha Mangeshkar/Ilayaraja YEN JEEVAN PADHUDE, 24 juin 1988

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Ferdinand LACOUR le 07/07/2017 à 09:00

"Yengirundo Azhaikkum…" Mano et Ladha Mangeshkar/Ilayaraja YEN JEEVAN PADHUDE, 24 juin 1988

Ferdinand LACOUR le 07/07/2017 à 09:00

"Vangala Kadhalai…" K.J.Yésudass/Vaali MANADIL URUDI VENDHUM, 23 octobre 1987

Ferdinand LACOUR le 07/07/2017 à 08:59

"Méladai Mélai…" Malaysia Vasudevan et S.Janaki/Gangaï Amaran ARUVADAI NAL, 1er novembre 1986

Ferdinand LACOUR le 07/07/2017 à 08:58

"Summa Todhavum…" S.P.Balasubramanium et Malaysia Vasudevan/Gangaï Amaran MUDAL VASANDAM, 23 mai 1986

Ferdinand LACOUR le 07/07/2017 à 08:58

"Adikalai…" K.J.Yésudass et S.Janaki/Vaïramuthu NATHEPU, 11 avril 1986

Ferdinand LACOUR le 07/07/2017 à 08:57

"Naan Tédhum…" Ilayaraja et S.Janaki/Kanmani Suppu DARMA PATINI, 14 mars 1986

Ferdinand LACOUR le 07/07/2017 à 08:57

"Kadalin Deepam…" S.P.Balasubramanium/Pandju Arunatchalam TAMBIKKU YENDA OORU, 20 avril 1984

Ferdinand LACOUR le 07/07/2017 à 08:56

"Kasturi Manai…" K.J.Yésudass et Uma Ramanan/Vaïramuthu PUDUMAI PENN, 14 juillet 1984

Ferdinand LACOUR le 07/07/2017 à 08:56

"Annai Annai…" Samuel Grubb, Deepan Chakravarti et G.Vidhiyadhar/ Gangaï Amaran KOZHI KOOVUDU, 25 décembre 1982

Ferdinand LACOUR le 07/07/2017 à 08:55

"Yérikarai Poongathai…" K.J.Yésudass/Chidambharanadhan THOORAI NINNU POTCHU, 14 avril 1982

Ferdinand LACOUR le 07/07/2017 à 08:54

"Azhagai Azhagu…" K.J.Yésudass/Kannadassan RAJA PARVAI, 10 avril 1981

Ferdinand LACOUR le 07/07/2017 à 08:54

"Paruvamai…" S.P.Balasubramanium et S.Janaki/Pandju Arunatchalam NENJATAI KILADAI, 12 décembre 1980

Ferdinand LACOUR le 07/07/2017 à 08:53

Ilayaraja vise du premier coup, l’homme du hit qui fait mouche

Ferdinand LACOUR le 07/07/2017 à 08:53

NEEDANE YEN PONEVASANDAM, 14 décembre 2012

Ferdinand LACOUR le 07/07/2017 à 08:52

ORU NAL ORU KANAVU, 26 août 2005

Ferdinand LACOUR le 07/07/2017 à 08:52

JULIE GANABADI, 14 février 2003 MANASELAM, 21 mars 2003

Ferdinand LACOUR le 07/07/2017 à 08:52

ULIE GANABADI, 14 février 2003 MANASELAM, 21 mars 2003

Ferdinand LACOUR le 07/07/2017 à 08:51

YEN MANA VANIL, 12 septembre 2002 RAMANNA, 4 novembre 2002

Ferdinand LACOUR le 07/07/2017 à 08:51

KASI, 25 décembre 2001

Ferdinand LACOUR le 07/07/2017 à 08:51

PONNU VEETHU KARAN, 15 janvier 1999

Ferdinand LACOUR le 07/07/2017 à 08:50

KADAL KAVIDAI, 25 décembre 1998

Ferdinand LACOUR le 07/07/2017 à 08:50

ORU OURLA ORU RAJAKUMARI, 15 janvier 1995 PATHU PADHAVA, 10 février 1995 RASAIYYA, 24 août 1995

Ferdinand LACOUR le 07/07/2017 à 08:50

RAJAKUMARAN, 14 janvier 1994 VEETHULAI VISHESHANGA, 14 janvier 1994

Ferdinand LACOUR le 07/07/2017 à 08:49

MARUPADHAIYUM, 14 janvier 1993 UDHAN PIRAPPU, 15 août 1993 CHINNA JAMEEN, 13 novembre 1993

Ferdinand LACOUR le 07/07/2017 à 08:49

CHINNA KOUNDHER, 14 janvier 1992 PANDHIDURAI, 15 janvier 1992 RICKSHAW MAMA, 15 janvier 1992 RASSA KUTHI, 23 octobre 1992 SENTAMIZH PATHU, 25 octobre 1992 THIRUMADI PAZHANISAMY, 25 octobre 1992 MEERA, 18 décembre 1992

Ferdinand LACOUR le 07/07/2017 à 08:48

EERAMANAI ROJAVAI, 12 janvier 1991 CHINNA THAMBI, 12 avril 1991 PUDIYA RAGAM, 21 juin 1991

Ferdinand LACOUR le 07/07/2017 à 08:48

SIRAIYIL SILA RAGANGAL, 1990 KIZHAKKU VASSAL, 12 juillet 1990 KELADHI KANMANI, 27 juillet 1990 MY DEAR MARTHANDHAN, 24 août 1990 YENGITHA MODADAI, 14 septembre 1990

Ferdinand LACOUR le 07/07/2017 à 08:48

VARUSHAM 16, 17 février 1989 PATHUKORU THALAIVAN, 17 mars 1989 NINAIVU CHINNAM, 5 mai 1989 IDHAYATAI THIRUDHADE, 10 mai 1989 PANDHIYAI NATHE TANGAM, 19 mai 1989 KARAGATHA KARAN, 16 juin 1989 ANNANUKKU JAÏ, 23 juin 1989 PICK POCKET, 23 juin 1989 PUDU PUDU ARTHANGAL, 28 octobre 1989 VATIYAR VEETHU PILAI, 28 octobre 1989

Ferdinand LACOUR le 07/07/2017 à 08:47

SOLA TUDHIKKUDU MANASU, 19 février 1988 THERKATI KALAN, 22 avril 1988 AGNI NATCHATIRAM, 15 avril 1988

Ferdinand LACOUR le 07/07/2017 à 08:47

RETHAI VAL KURUVI, 27 février 1987 NINAIVAI ORU SANGEEDAM, 24 juillet 1987 THEERTA KARAIHINILAI, 11 septembre 1987

Ferdinand LACOUR le 07/07/2017 à 08:46

AMMAN KOVIL KIZHAKALAI, 24 avril 1986 KADHALORA KAVIDAIGAL, 5 juillet 1986 MOUNA RAGAM, 15 août 1986 UNNAKAGAIVAI VAZHEGIRAN, 15 août 1986 MELAI TIRUDAI KADAVU, 12 septembre 1986 ARUVADAI NAL, 1er novembre 1986

Ferdinand LACOUR le 07/07/2017 à 08:46

UDHAYA GEEDAM, 13 avril 1985 (300ème bande originale) THENDHRAL YENNAI TODHU, 31 mai 1985 MUDAL MARIYADAI, 15 août 1985 IDHAYA KOVIL, 14 septembre 1985 CHINNA VEEDHU, 11 novembre 1985 AN PAVAM, 27 décembre 1985

Ferdinand LACOUR le 07/07/2017 à 08:45

Mes bandes originales d’Ilayaraja PAYANANGAL MUDHIVADILAI, 26 février 1982

Ferdinand LACOUR le 07/07/2017 à 08:45

C’est ainsi qu’il se fâcha tout rouge, aussi, avec S.P.Balasubramanium, sur sa manière de chanter, au milieu des années 80. Il reprochait au ténor de prendre certaine liberté lorsqu’il rajoutait ses fameux interjections dans le titre en question. Les deux hommes prirent quelques distances sur un court instant. C’est dans ce laps de temps que le jeune Mano arriva par le biais d’Ilayaraja, pour le film de l’acteur Sathiyaradj, POOVIZHI VASALILE (1987).

Ferdinand LACOUR le 07/07/2017 à 08:44

On l’accusait parfois de "piquer" les maquettes de certains inconnus qui lui sollicitaient une chance… L’homme pouvait être très dur envers ses musiciens, très tatillon.

Ferdinand LACOUR le 07/07/2017 à 08:44

Quand un compositeur de sa trempe, s’occupe de plus de la moitié de la production tamoul, à lui tout seul, (au milieu des années 80), cela représente une charge de travail colossal et le résultat s’en ressent forcément, à un moment donné, il faut bien le reconnaitre. Il valait mieux être un Kamal ou un Rajini pour ne pas avoir de mauvaises surprises !

Ferdinand LACOUR le 07/07/2017 à 08:43

Ilayaraja trainait une mauvaise réputation. Elle ne dégradait pas l’image du compositeur, loin de là, mais elle existait bien. On entendait souvent les gens (je squattais très souvent, les disquaires tamouls de Pondichéry) se plaindre dans les termes suivants, "Aalu pathe adikkiran…" qui voulait dire, qu’on lui reprochait de composer "à la tête du client". Ce qui n’était pas entièrement faux.

Ferdinand LACOUR le 07/07/2017 à 08:42

En parlant des éléments qui constituent une chanson : Les paroliers les plus célèbres furent également de la partie. Certains se bousculèrent au portillon. Pour en citer quelques uns, Vâlee, Pandju Arunatchalam, Vaïramuthu, Mu.Metha ou N.Kamaradjan, leurs paroles résonnent encore… Le compositeur écrivait aussi avec son frère Gangaï Amaran. Les interprètes ne furent pas en reste. S.P.Balasubramanium, K.J.Yésudass, Malaysia Vasudevan, Mano, Arun Mozhi, Gangaï Amaran, P.Susheela, S.Janaki, S.P.Saïlaja, K.S.Chitra ou encore Swarnaladha donnèrent vie aux mélodies du "Maestro" qui chantait aussi…

Ferdinand LACOUR le 07/07/2017 à 08:41

Et enfin, les prestigieuses maisons de productions, telles que la A.V.M.Productions, la Sathiya Movies, la Sivaji Productions, la Kavidalaiya Productions, la Motherland Pictures, la Raj Kamal Films International, firent les yeux doux à Ilayaraja et il leur rendit bien…

Ferdinand LACOUR le 07/07/2017 à 08:40

Pour ce qui est des réalisateurs, C.V.Sridher, R.M.Veerappan, K.Balachander, Balu Mahendra, Bharadiraja, R.Sundhar Rajan, Mani Ratnam, K,Rangaradj, S.P.Muthuraman, P.Vasu et R.V.Udhaya Kumar, le compositeur Ilayaraja travailla avec une certaine régularité et même fidélité pour certains d’entre eux…

Ferdinand LACOUR le 07/07/2017 à 08:39

On peut ajouter à cette liste, la grande vedette Mogan,qui bénéficia de la part du musicien, des bandes originales mémorables voire cultes pour certaines d’entre elles. Derrière, j’ajouterai, Vijayakanth, Prabhu Ganesan, Rama Radjan, Kartick Muthuraman, et un peu plus tard, Sathiyaradj…

Ferdinand LACOUR le 07/07/2017 à 08:39

En ce qui concerne la dernière catégorie, les acteurs, il est certain, que pour les deux pilliers des années 80/90, Kamal Hassan et Rajini Kanth, le compositeur tamoul ne sait jamais restreint ou bâclé son travail, bien au contraire, avec et pour eux, il déploya toute ses connaissances, toute sa créativité, s’est dépensé sans compter pour leur offrir, le meilleur de lui-même. On pouvait être sûr qu’à 99% le résultat serait à la hauteur, que l’on ne serait pas déçu du voyage. Les efforts d’Ilayaraja parlent d’eux-même, jusqu’à nos jours.

Ferdinand LACOUR le 07/07/2017 à 08:38

Ilayaraja, c’était avant tout, des collaborations, que ce soit une légendaire maison de production, un important réalisateur, ou une star…

Ferdinand LACOUR le 07/07/2017 à 08:38

Les plus "sérieux" étaient, à cette période, T.Rajender (acteur-réalisateur), Chandrabose (de la A.V.M.), le binôme Shankar-Ganesh, Gangaï Amaran (frère cadet d’Ilayaraja) et celui qui fut avant, le "Mel Isai Mannar" M.S.Visuwanadhan… On n’était pas saturé car un titre prenait le temps de s’installer et de conquérir nos coeurs.

Ferdinand LACOUR le 07/07/2017 à 08:37

Le reste était dévolu, à des gens tels que G.K.Vengadesh, V.S.Narasimman (compositeur collaborant souvent avec K.Balachander et ses assistants), Vijay Anand, Shiyam, Hemachandran, Manoj-Giyan et V.Kumar.

Ferdinand LACOUR le 07/07/2017 à 08:35

Pourquoi Ilayaraja ? Tout simplement, qu’en 1985, il est celui qui domine la scène musicale, au cinéma, à la radio, dans les mariages, et autres grandes fêtes qui ponctuent la vie des Tamouls et chez eux (pour ceux qui possèdent un lecteur radio cassette). Il occupe l’espace, se taille la part du lion, en ce qui concerne les bandes originales de films dans le cinéma dravidien. 75% de ce que nous consommions, étaient du "Ilayaraja". Les auditeurs tamouls étaient tous à l’unisson, écoutaient tous, à peu près le même titre en vogue, dans l’air du temps.

Ferdinand LACOUR le 07/07/2017 à 08:34

Pourquoi Ilayaraja ? Tout simplement, qu’en 1985, il est celui qui domine la scène musicale, au cinéma, à la radio, dans les mariages, et autres grandes fêtes qui ponctuent la vie des Tamouls et chez eux (pour ceux qui possèdent un lecteur radio cassette). Il occupe l’espace, se taille la part du lion, en ce qui concerne les bandes originales de films dans le cinéma dravidien. 75% de ce que nous consommions, étaient du "Ilayaraja". Les auditeurs tamouls étaient tous à l’unisson, écoutaient tous, à peu près le même titre en vogue, dans l’air du temps.

Ferdinand LACOUR le 07/07/2017 à 08:34

Pourquoi Ilayaraja ? Tout simplement, qu’en 1985, il est celui qui domine la scène musicale, au cinéma, à la radio, dans les mariages, et autres grandes fêtes qui ponctuent la vie des Tamouls et chez eux (pour ceux qui possèdent un lecteur radio cassette). Il occupe l’espace, se taille la part du lion, en ce qui concerne les bandes originales de films dans le cinéma dravidien. 75% de ce que nous consommions, étaient du "Ilayaraja". Les auditeurs tamouls étaient tous à l’unisson, écoutaient tous, à peu près le même titre en vogue, dans l’air du temps.

Ferdinand LACOUR le 07/07/2017 à 08:33

L’année de mon arrivée est importante, 1985, car elle correspond, à ce que je qualifie, le summum de la créativité musicale du "Isai Ignagni" Ilayaraja. Le compositeur est arrivé à maturité, à cette époque. Et il pratique une vitesse de croisière qu’il maintiendra, sans flancher ou fléchir, jusqu’en 1992, l’année de l’apparition, de la "tempête musicale" dénommée A.R.Rahman ! Celui qui le "déboulonna" (Mais ceci est déjà une autre histoire…).

Ferdinand LACOUR le 07/07/2017 à 08:33

Faute ou pas du tout, d’une variété à "l’occidental", celle qui constitue l’équivalent en Inde, en général, ce résume, à ces fameux 5 ou 6 titres, environ, la fréquence dans les films tamouls, depuis les années 80. Avant, du temps des capes et d’épées, des mythologies, on pouvait en compter une bonne vingtaine, en moyenne, par film.

Ferdinand LACOUR le 07/07/2017 à 08:33

l faut dire que cela me fut facilité par un camarade, qui lui était entré en Inde, bien avant, quelques années auparavant. Il sortait à peine de l’enfance. Il s’était très bien acclimaté et se fondait bien dans l’ambiance indienne. Quand à moi, j’étais déjà un ado d’une quinzaine d’années, mes goûts musicaux étaient presque déterminés, voire définitifs. Et donc, avec son aide, tel un guide et traducteur qui vous décode, qui vous résume la situation, qui vous donne les "bons plans", il m’initia à la musique populaire de là-bas, c’est à dire, aux chansons extraites des bandes originales de films tamouls.

Ferdinand LACOUR le 07/07/2017 à 08:32

Donc, à Pondichéry, pendant que nous attendions notre déménagement (qui voguait tranquillement en mer), avec tous nos affaires, nos disques vinyles, nos cassettes (K7Audio), entre autre, il fallait prendre son mal en patience et s’adapter à la musique qui existait.

Ferdinand LACOUR le 07/07/2017 à 08:31

Je suis arrivé en Inde, vers la fin de l’été 85. En Corse, mon "dada" en musique, c’était Ennio Morricone. Et oui, déjà de la musique de films, on ne se refait pas.

Ferdinand LACOUR le 05/07/2017 à 02:54

UDHAYA GEEDAM, 13 avril 1985 (300ème bande originale) THENDHRAL YENNAI TODHU, 31 mai 1985 MUDAL MARIYADAI, 15 août 1985 IDHAYA KOVIL, 14 septembre 1985 CHINNA VEEDHU, 11 novembre 1985 AN PAVAM, 27 décembre 1985

Ferdinand LACOUR le 05/07/2017 à 02:52

"Yengirundo Azhaikkum…" Mano et Ladha Mangeshkar Ilayaraja YEN JEEVAN PADHUDE, 24 juin 1988

Ferdinand LACOUR le 05/07/2017 à 02:52

"Vangala Kadhalai…" K.J.Yésudass Vaali MANADIL URUDI VENDHUM, 23 octobre 1987

Ferdinand LACOUR le 05/07/2017 à 02:51

"Méladai Mélai…" Malaysia Vasudevan et S.Janaki Gangaï Amaran ARUVADAI NAL, 1er novembre 1986

Ferdinand LACOUR le 05/07/2017 à 02:51

"Summa Todhavum…" S.P.Balasubramanium et Malaysia Vasudevan Gangaï Amaran MUDAL VASANDAM, 23 mai 1986

Ferdinand LACOUR le 05/07/2017 à 02:50

"Adikalai…" K.J.Yésudass et S.Janaki Vaïramuthu NATHEPU, 11 avril 1986

Ferdinand LACOUR le 05/07/2017 à 02:50

"Naan Tédhum…" Ilayaraja et S.Janaki Kanmani Suppu DARMA PATINI, 14 mars 1986

Ferdinand LACOUR le 05/07/2017 à 02:49

"Kadalin Deepam…" S.P.Balasubramanium Pandju Arunatchalam TAMBIKKU YENDA OORU, 20 avril 1984

Ferdinand LACOUR le 05/07/2017 à 02:49

"Kasturi Manai…" K.J.Yésudass et Uma Ramanan Vaïramuthu PUDUMAI PENN, 14 juillet 1984

Ferdinand LACOUR le 05/07/2017 à 02:48

"Annai Annai…" Samuel Grubb, Deepan Chakravarti et G.Vidhiyadhar Gangaï Amaran KOZHI KOOVUDU, 25 décembre 1982

Ferdinand LACOUR le 05/07/2017 à 02:48

"Yérikarai Poongathai…" K.J.Yésudass Chidambharanadhan THOORAI NINNU POTCHU, 14 avril 1982

Ferdinand LACOUR le 05/07/2017 à 02:47

"Azhagai Azhagu…" K.J.Yésudass Kannadassan RAJA PARVAI, 10 avril 1981

Ferdinand LACOUR le 05/07/2017 à 02:46

"Paruvamai…" S.P.Balasubramanium et S.Janaki Pandju Arunatchalam NENJATAI KILADAI, 12 décembre 1980

Ferdinand LACOUR le 05/07/2017 à 02:46

Ilayaraja vise du premier coup, l’homme du hit qui fait mouche "Paruvamai…" S.P.Balasubramanium et S.Janaki Pandju Arunatchalam NENJATAI KILADAI, 12 décembre 1980 "Azhagai Azhagu…" K.J.Yésudass Kannadassan RAJA PARVAI, 10 avril 1981 "Yérikarai Poongathai…" K.J.Yésudass Chidambharanadhan THOORAI NINNU POTCHU, 14 avril 1982 "Annai Annai…" Samuel Grubb, Deepan Chakravarti et G.Vidhiyadhar Gangaï Amaran KOZHI KOOVUDU, 25 décembre 1982 "Kasturi Manai…" K.J.Yésudass et Uma Ramanan Vaïramuthu PUDUMAI PENN, 14 juillet 1984 "Kadalin Deepam…" S.P.Balasubramanium Pandju Arunatchalam TAMBIKKU YENDA OORU, 20 avril 1984 "Naan Tédhum…" Ilayaraja et S.Janaki Kanmani Suppu DARMA PATINI, 14 mars 1986 "Adikalai…" K.J.Yésudass et S.Janaki Vaïramuthu NATHEPU, 11 avril 1986 "Summa Todhavum…" S.P.Balasubramanium et Malaysia Vasudevan Gangaï Amaran MUDAL VASANDAM, 23 mai 1986 "Méladai Mélai…" Malaysia Vasudevan et S.Janaki Gangaï Amaran ARUVADAI NAL, 1er novembre 1986 "Vangala Kadhalai…" K.J.Yésudass Vaali MANADIL URUDI VENDHUM, 23 octobre 1987 "Yengirundo Azhaikkum…" Mano et Ladha Mangeshkar Ilayaraja YEN JEEVAN PADHUDE, 24 juin 1988

Ferdinand LACOUR le 05/07/2017 à 02:45

Mes bandes originales d’Ilayaraja PAYANANGAL MUDHIVADILAI, 26 février 1982 UDHAYA GEEDAM, 13 avril 1985 (300ème bande originale) THENDHRAL YENNAI TODHU, 31 mai 1985 MUDAL MARIYADAI, 15 août 1985 IDHAYA KOVIL, 14 septembre 1985 CHINNA VEEDHU, 11 novembre 1985 AN PAVAM, 27 décembre 1985 AMMAN KOVIL KIZHAKALAI, 24 avril 1986 KADHALORA KAVIDAIGAL, 5 juillet 1986 MOUNA RAGAM, 15 août 1986 UNNAKAGAIVAI VAZHEGIRAN, 15 août 1986 MELAI TIRUDAI KADAVU, 12 septembre 1986 ARUVADAI NAL, 1er novembre 1986 RETHAI VAL KURUVI, 27 février 1987 NINAIVAI ORU SANGEEDAM, 24 juillet 1987 THEERTA KARAIHINILAI, 11 septembre 1987 SOLA TUDHIKKUDU MANASU, 19 février 1988 THERKATI KALAN, 22 avril 1988 AGNI NATCHATIRAM, 15 avril 1988 VARUSHAM 16, 17 février 1989 PATHUKORU THALAIVAN, 17 mars 1989 NINAIVU CHINNAM, 5 mai 1989 IDHAYATAI THIRUDHADE, 10 mai 1989 PANDHIYAI NATHE TANGAM, 19 mai 1989 KARAGATHA KARAN, 16 juin 1989 ANNANUKKU JAÏ, 23 juin 1989 PICK POCKET, 23 juin 1989 PUDU PUDU ARTHANGAL, 28 octobre 1989 VATIYAR VEETHU PILAI, 28 octobre 1989 SIRAIYIL SILA RAGANGAL, 1990 KIZHAKKU VASSAL, 12 juillet 1990 KELADHI KANMANI, 27 juillet 1990 MY DEAR MARTHANDHAN, 24 août 1990 YENGITHA MODADAI, 14 septembre 1990 EERAMANAI ROJAVAI, 12 janvier 1991 CHINNA THAMBI, 12 avril 1991 PUDIYA RAGAM, 21 juin 1991 CHINNA KOUNDHER, 14 janvier 1992 PANDHIDURAI, 15 janvier 1992 RICKSHAW MAMA, 15 janvier 1992 RASSA KUTHI, 23 octobre 1992 SENTAMIZH PATHU, 25 octobre 1992 THIRUMADI PAZHANISAMY, 25 octobre 1992 MEERA, 18 décembre 1992 MARUPADHAIYUM, 14 janvier 1993 UDHAN PIRAPPU, 15 août 1993 CHINNA JAMEEN, 13 novembre 1993 RAJAKUMARAN, 14 janvier 1994 VEETHULAI VISHESHANGA, 14 janvier 1994 ORU OURLA ORU RAJAKUMARI, 15 janvier 1995 PATHU PADHAVA, 10 février 1995 RASAIYYA, 24 août 1995 KADAL KAVIDAI, 25 décembre 1998 PONNU VEETHU KARAN, 15 janvier 1999 KASI, 25 décembre 2001 YEN MANA VANIL, 12 septembre 2002 RAMANNA, 4 novembre 2002 JULIE GANABADI, 14 février 2003 MANASELAM, 21 mars 2003 ORU NAL ORU KANAVU, 26 août 2005 NEEDANE YEN PONEVASANDAM, 14 décembre 2012

Ferdinand LACOUR le 05/07/2017 à 02:43

Au début, en Corse Quand je suis arrivé en Inde, à Pondichéry, vers la fin de l’été 85… En Corse, mon "dada" en musique, c’était Ennio Morricone. Et oui, déjà de la musique de films, on ne se refait pas. A Pondichéry Donc, à Pondichéry, pendant que nous attendions notre déménagement (qui voguait tranquillement en mer), avec tous nos affaires, nos disques vinyles, nos cassettes (K7Audio), entre autre, il fallait prendre son mal en patience et s’adapter à la musique qui existait. Un bon copain Il faut dire que cela me fut facilité par un camarade, qui lui était entré en Inde, bien avant, quelques années auparavant. Il sortait à peine de l’enfance. Il s’était très bien acclimaté et se fondait bien dans l’ambiance indienne. Quand à moi, j’étais déjà un ado d’une quinzaine d’années, mes goûts musicaux étaient presque déterminés, voire définitifs. Et donc, avec son aide, tel un guide et traducteur qui vous décode, qui vous résume la situation, qui vous donne les "bons plans", il m’initia à la musique populaire de là-bas, c’est à dire, aux chansons extraites des bandes originales de films tamouls. La variété tamoule Faute ou pas du tout, d’une variété à "l’occidental", celle qui constitue l’équivalent en Inde, en général, ce résume, à ces fameux 5 ou 6 titres, environ, la fréquence dans les films tamouls, depuis les années 80. Avant, du temps des capes et d’épées, des mythologies, on pouvait en compter une bonne vingtaine, en moyenne, par film. A l’apogée L’année de mon arrivée est importante, 1985, car elle correspond, à ce que je qualifie, le summum de la créativité musicale du "Isai Ignagni" Ilayaraja. Le compositeur est arrivé à maturité, à cette époque. Et il pratique une vitesse de croisière qu’il maintiendra, sans flancher ou fléchir, jusqu’en 1992, l’année de l’apparition, de la "tempête musicale" dénommée A.R.Rahman ! Celui qui le "déboulonna" (Mais ceci est déjà une autre histoire…). Ilayaraja Pourquoi Ilayaraja ? Tout simplement, qu’en 1985, il est celui qui domine la scène musicale, au cinéma, à la radio, dans les mariages, et autres grandes fêtes qui ponctuent la vie des Tamouls et chez eux (pour ceux qui possèdent un lecteur radio cassette). Il occupe l’espace, se taille la part du lion, en ce qui concerne les bandes originales de films dans le cinéma dravidien. 75% de ce que nous consommions, étaient du "Ilayaraja". Les auditeurs tamouls étaient tous à l’unisson, écoutaient tous, à peu près le même titre en vogue, dans l’air du temps. Et le reste Le reste était dévolu, à des gens tels que G.K.Vengadesh, V.S.Narasimman (compositeur collaborant souvent avec K.Balachander et ses assistants), Vijay Anand, Shiyam, Hemachandran, Manoj-Giyan et V.Kumar. Les concurrents Les plus "sérieux" étaient, à cette période, T.Rajender (acteur-réalisateur), Chandrabose (de la A.V.M.), le binôme Shankar-Ganesh, Gangaï Amaran (frère cadet d’Ilayaraja) et celui qui fut avant, le "Mel Isai Mannar" M.S.Visuwanadhan… On n’était pas saturé car un titre prenait le temps de s’installer et de conquérir nos coeurs. Des collaborations fructueuses Ilayaraja, c’était avant tout, des collaborations, que ce soit une légendaire maison de production, un important réalisateur, ou une star… Les stars En ce qui concerne la dernière catégorie, les acteurs, il est certain, que pour les deux pilliers des années 80/90, Kamal Hassan et Rajini Kanth, le compositeur tamoul ne sait jamais restreint ou bâclé son travail, bien au contraire, avec et pour eux, il déploya toute ses connaissances, toute sa créativité, s’est dépensé sans compter pour leur offrir, le meilleur de lui-même. On pouvait être sûr qu’à 99% le résultat serait à la hauteur, que l’on ne serait pas déçu du voyage. Les efforts d’Ilayaraja parlent d’eux-même, jusqu’à nos jours. Les immenses vedettes On peut ajouter à cette liste, la grande vedette Mogan,qui bénéficia de la part du musicien, des bandes originales mémorables voire cultes pour certaines d’entre elles. Derrière, j’ajouterai, Vijayakanth, Prabhu Ganesan, Rama Radjan, Kartick Muthuraman, et un peu plus tard, Sathiyaradj… Les directeurs Pour ce qui est des réalisateurs, C.V.Sridher, R.M.Veerappan, K.Balachander, Balu Mahendra, Bharadiraja, R.Sundhar Rajan, Mani Ratnam, K,Rangaradj, S.P.Muthuraman, P.Vasu et R.V.Udhaya Kumar, le compositeur Ilayaraja travailla avec une certaine régularité et même fidélité pour certains d’entre eux… Les bannières Et enfin, les prestigieuses maisons de productions, telles que la A.V.M.Productions, la Sathiya Movies, la Sivaji Productions, la Kavidalaiya Productions, la Motherland Pictures, la Raj Kamal Films International, firent les yeux doux à Ilayaraja et il leur rendit bien… La chanson En parlant des éléments qui constituent une chanson : Les paroliers les plus célèbres furent également de la partie. Certains se bousculèrent au portillon. Pour en citer quelques uns, Vâlee, Pandju Arunatchalam, Vaïramuthu, Mu.Metha ou N.Kamaradjan, leurs paroles résonnent encore… Le compositeur écrivait aussi avec son frère Gangaï Amaran. Les interprètes ne furent pas en reste. S.P.Balasubramanium, K.J.Yésudass, Malaysia Vasudevan, Mano, Arun Mozhi, Gangaï Amaran, P.Susheela, S.Janaki, S.P.Saïlaja, K.S.Chitra ou encore Swarnaladha donnèrent vie aux mélodies du "Maestro" qui chantait aussi… Un caractère pas facile Ilayaraja trainait une mauvaise réputation. Elle ne dégradait pas l’image du compositeur, loin de là, mais elle existait bien. On entendait souvent les gens (je squattais très souvent, les disquaires tamouls de Pondichéry) se plaindre dans les termes suivants, "Aalu pathe adikkiran…" qui voulait dire, qu’on lui reprochait de composer "à la tête du client". Ce qui n’était pas entièrement faux. Le poids lourd des 80s Quand un compositeur de sa trempe, s’occupe de plus de la moitié de la production tamoul, à lui tout seul, (au milieu des années 80), cela représente une charge de travail colossal et le résultat s’en ressent forcément, à un moment donné, il faut bien le reconnaitre. Il valait mieux être un Kamal ou un Rajini pour ne pas avoir de mauvaises surprises ! Une certaine controverse On l’accusait parfois de "piquer" les maquettes de certains inconnus qui lui sollicitaient une chance… L’homme pouvait être très dur envers ses musiciens, très tatillon. Le parrain C’est ainsi qu’il se fâcha tout rouge, aussi, avec S.P.Balasubramanium, sur sa manière de chanter, au milieu des années 80. Il reprochait au ténor de prendre certaine liberté lorsqu’il rajoutait ses fameux interjections dans le titre en question. Les deux hommes prirent quelques distances sur un court instant. C’est dans ce laps de temps que le jeune Mano arriva par le biais d’Ilayaraja, pour le film de l’acteur Sathiyaradj, POOVIZHI VASALILE (1987).

Ferdinand LACOUR le 03/07/2017 à 12:36

Les bandes originales des films de "Mic" Mogan, également…

Ferdinand LACOUR le 03/07/2017 à 12:29

Sa collaboration avec la A.V.M.Productions, c’est quelque chose, aussi !

Filmographie sélective

Quelques titres de chansons

Enuyir Neethane
dans Priya (1978)
La 1ère chanson enregistrée en stéréo pour Rajinikanth avec des rythmes et vocales malais, plus la voix de K.J. Yesudas. Éblouissant !

Ninaivo Oru Paravai
dans Sigappu Rojakkal (1978)
Cette chanson est parfaite. Saxo, piano classique… c’est une des premières chansons interprétées par Kamal Hassan. Brillant !

En Iniya Pon Nilave
dans Moodu Pani (1980)
Pour moi c’est une des meilleures mélodies soul d’Ilaiyaraja : une maîtrise de la guitare et la voix inimitable de K.J. Yesudas !

Idhu Oru Nila Kaalam
dans Tik Tik Tik (1981)
Une chanson très pop funk. Ce mix batterie, basse et la voix de S. Janaki sont étonnants, surtout le chant carnatique inattendu. Audacieux !

Va Vaa Pakkam Vaa
dans Thanga Magan (1983)
Du disco rien que du disco… avec Rajinikanth aux commandes. Du bon son et en « battle » s’il vous plaît !

Pothi Vacha Malliga Mottu
dans Man Vasanai (1983)
Chanson aux mélodies rurales avec un doux mélange de tabla et de violon classique. Fermez les yeux et savourez !

Valai Osai
dans Sathya (1988)
Autre chanson avec Kamal Hassan. Appréciez ce mélange funky de clavier électronique avec les voix suaves de S.P. Bala et Lata Mangeshkar. Une merveille !

Rum Bum Bum
dans Michael Madhana Kama Rajan (1990)
Une chanson très entraînante sur fond de music dance. Une chorégraphie adaptée. Succès retentissant !

Anjali
dans Anjali (1990)
Une sorte de balade pour enfants, chantée par ses enfants entre autres. Simple et efficace. Le duo Mani Ratnam et Ilaiyaraja à son apogée.

April Mayiley
dans Idhayam (1991)
Laissez-vous entraîner par le rythme très pop pris en charge par le maestro lui-même. Une chanson qui a animé l’été 91, rien que ça !


Bandes originales

Johnny (1980)
Un double rôle pour Rajinikanth dans ce film qui connaîtra un grand succès populaire. Le générique commence à 1min45 vous mettant dans l’ambiance.

Nenjathai Killadhe (1981)
Le premier film de Suhasini (Mme Mani Ratnam). Un film romantique dont les 1ères notes nous saisissent. Pointe d’originalité : Mixage de pas de footing.

Mouna Ragam (1986)
Le film qui a lancé Mani Ratnam. Écoutez ce générique, on sent tout le dramatisme de ce film qui évoque le divorce.

Punnagai Mannan (1986)
Kamal Hassan en chorégraphe suicidaire qui trouve l’amour auprès d’une élève. Ilaiyaraja se lance dans la musique électronique.

Nayakan (1987)
Un père, un puissant parrain, veut voir son petit-fils, mais sa fille l’en empêche. Poignant. Kamal est magnifié dans ce rôle offert par Mani Ratnam.

Aboorva Sagotharargal (1989)
Un des rôles importants de Kamal Hassan qui joue un nain. Un des meilleurs génériques pour un film de vengeance nerveux et mélancolique.

Chatriyan (1990)
Un des meilleurs films de flics de Vijayakanth, qui est forcé de reprendre du service pour arrêter celui qui a fait tuer sa femme.

Talapathi (1991)
Rajini et Mani Ratnam, autre duo de choc. Fameuse scène où le personnage doit quitter la femme qu’il aime. La musique sonne comme une épopée tragique.

Idhayam (1991)
Un des plus grands films romantiques de cette décennie avec un rendu émotionnel très fort, cela se voit d’entrée au générique.

Guna (1991)
Une pépite signée Kamal Hassan, un succès auprès de la critique et une bande originale exceptionnelle dont cette séquence rendue « mystique » par la chanson et l’image mettant en scène le « coup de foudre » du personnage..