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Interview d’Uday Chopra

Publié vendredi 6 juin 2014
Dernière modification mardi 3 juin 2014
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Par Brigitte L. K.

Rubrique Entretiens
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Yash Raj Film est coproducteur du film Grace de Monaco, réalisé par Olivier Dahan, qui a été présenté en ouverture du Festival de Cannes 2014.
Après l’inauguration du village indien le 15 mai 2014, une série de questions-réponses sont posées au représentant de YRF, Uday Chopra, fils du réalisateur et producteur Yash Chopra.

Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur la polémique avec Weinstein Company qui souhaitait une fin différente ? (le coproducteur Harvey Weinstein aurait émis le souhait de refaire le montage pour le public américain).
Uday Chopra : Cette histoire a été un peu trop montée en épingle. Un grand distributeur comme Weinstein montre une sensibilité américaine différente de la sensibilité européenne. Il n’y a pas un montage séparé pour Weinstein Company, c’est le film d’Olivier Dahan quoi qu’il arrive. S’il y a un changement, ce sera le travail d’Olivier Dahan sur son film, en cohérence avec sa vision. Cette rumeur voudrait qu’il y ait une procédure, etc…, en fin de compte, ils trouveront un accord pour ce film.

Est ce qu’il n’y a pas dans ce film une sentimentalité indienne, une émotion ? Comment sera distribué le film en Inde ?
Uday Chopra : Pour moi, à cause de cette relation, ce mariage qui fonctionne mal et puis l’État (de Monaco) qui dysfonctionne au même moment représentent une histoire indienne aussi. Cela fait écho à des histoires de l’imagerie indienne. Pour un auditoire féminin, il faut dire que c’est une histoire de femme. Elle (Grace) se retrouve dans une position où elle n’est pas convaincue d’être à sa place. Et en Inde spécifiquement, les femmes affrontent souvent ce genre de situation. Il y a des mariages arrangés, dans une moindre mesure, sans se marier au prince d’une nation, mais dans leur esprit, elles sentent qu’elle se marient à un prince. Par conséquent, elles deviennent quelqu’un d’autre. Grace, à un niveau différent, a vécu cette expérience.
En ce qui concerne la distribution en Inde, normalement, ce serait une distribution discrète mais comme notre Société est impliquée, nous allons pousser pour qu’il y ait une diffusion plus large que d’habitude. Je ne connais pas le nombre de salles mais ce sera le double d’une diffusion ordinaire. La date de sortie en France est le 14 mai. On ne sait pas encore pour les USA. En Inde, ce sera vers la mi-juin.

Vous êtes connu en tant qu’acteur et maintenant, allez-vous partager votre temps dans une activité de production ?
Uday Chopra : Mon mandat à présent sera d’accroître l’activité de ma société à Los Angeles. Grace de Monaco est notre première co-production. J’espère produire beaucoup plus. Grace est une histoire internationale racontée à un auditoire très vaste.

Est ce un tournant personnel important par rapport à votre carrière en investissant dans ce film de dimension très internationale ?
Uday Chopra : Il y a longtemps que je souhaitais modifier ma carrière. Au lieu de rester devant la caméra, j’avais envie de passer derrière la caméra. Je voulais faire ce que mon père avait toujours fait. Selon mes propres critères. Tenter d’accéder à de nouveaux succès. En essayant d’entrer dans l’industrie hollywoodienne, tout en me faisant mon nom. Cela ne signifie pas que je ne jouerai plus. Je vais simplement poursuivre ma propre carrière. Selon si c’est excitant, novateur, même si c’est un petit budget, je vais avoir envie de m’occuper de ces nouveaux projets.

La réalisation vous tente ?
Uday Chopra : Peut-être par la suite, mais pas pour le moment ! J’ai des projets en cours mais la réalisation n’est pas encore d’actualité.

Les films indiens n’ont pas vraiment d’exposition ici en France. Comment améliorer les choses ?
Uday Chopra : C’est complètement lié à la sensibilité indienne. La différence culturelle est flagrante mais c’est aussi en train de changer. Les réalisateurs indiens qui tournent en dehors de notre pays sont plus perméables à une sensibilité occidentale. Donc, il y a de plus en plus de films indiens qui arrivent en France et même à Cannes. On l’a vu les années précédentes et cette année avec Titli.


Questions- réponses avec des journalistes indiens, propos recueillis et traduits par Brigitte Leloire Kerackian

15 mai 2014 - Festival de Cannes 2014

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