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Interview de Mani Ratnam

Publié jeudi 10 mai 2018
Dernière modification jeudi 10 mai 2018
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Par Brigitte Leloire Kérackian

Rubrique Entretiens
◀ Interview de Waheeda Rehman

Internationalement reconnu, Mani Ratnam, le réalisateur originaire de Madurai, a une place particulière dans le cinéma indien : entre le divertissement et le cinéma d’auteur. Ses angles de vue originaux et ses scénarios très élaborés le font apprécier par un très large public, du nord au sud de l’Inde, lui ôtant l’étiquette de cinéaste uniquement tamoul. Ses mises en scène audacieuses l’ont classé comme un des grands innovateurs de sa génération.

Un certain nombre de ses longs métrages sont devenus des classiques : Roja, Bombay ou Dil Se avec Shah Rukh Khan, ou Nayakan avec Kamal Hasaan, Thalapathi avec Rajnikanth, Yuva, Guru et Raavan avec Abhishek Bachchan en hindi et Vrikam en version Tamoul ainsi que Aishwarya Rai. Sa collaboration avec le compositeur A.R. Rahman est légendaire et constitue un des duos les plus créatifs.

Son film préféré serait Iruvar ( 1997), peinture sans concessions des liens entre les hommes politiques et le cinéma. Il confronte Mohanlal, dans le rôle principal, avec Prakash Raj, ainsi que Aishwarya Rai, et Tabu. Indépendamment des National film awards, des Filmfare awards, Mani Ratnam a reçu nombre de distinctions. son film Bombay par exemple a été projeté au Edinburgh International film festival, au Jérusalem Film festival. Avec le film Anjali, il entre dans la liste des rares films sélectionnés aux Oscars pour le Meilleur Film Etranger en 1990. La Mostra de Venise a su lui rendre hommage en 2010.

Par une belle journée d’hiver à Chennai, je le rencontre dans les locaux de Madras Talkies (NDLR : l’ancien nom de Chennai est Madras). Très avenant, il répond spontanément à mes interrogations. Derrière son sourire, sa personnalité est humble et animée par un feu sacré, un enthousiasme inépuisable. Complètement dédié à son art, son plaisir à parler cinéma est communicatif.


Brigitte Leloire Kerackian : Votre famille était dans le domaine du cinéma et donc, vous connaissiez les difficultés de cet univers. Vous aviez un MBA , une carrière de consultant s’ouvrait à vous alors pourquoi dans votre jeunesse avez-vous bifurqué vers la réalisation ?
Mani Ratnam : Je cherchais à m’insérer dans l’industrie au lieu de l’activité du consulting. J’étais à la croisée des chemins car j’étais très déçu de mon activité de consultant. Dans l’intermède, j’ai eu envie de prendre une année sabbatique pour travailler sur des films avec des amis. Nous avions des discussions informelles pour la production et la réalisation de ce film. Je me suis aperçu que cela me plaisait beaucoup donc j’ai co-écrit l’histoire avec eux.

BLK : Dans votre interview au British Film Institute (NDLR : en ligne, juillet 2015) vous avez mentionné que votre inspiration était fortement ancrée dans le Mahabarata. Est-ce que, pour vous, cela signifie que toutes les histoires ont déjà été écrites ?
Mani Ratnam : Je suis fasciné par ces histoires écrites dans des temps très anciens et qui sont encore d’une actualité vibrante. Au fonds, chaque vie individuelle a une histoire particulière selon le contexte. N’importe quel auteur doué peut écrire une histoire à partir de la vie de chacun.

Nous ne savons pas à l’avance si cela va coïncider avec l’intérêt des spectateurs. Nous pouvons juste supposer que si cela vous touche, alors un certain nombre de personnes seront intéressées. Quand j’ai fait mon premier film, un film Kannada, j’avais le sentiment d’avoir tout dit. La préparation avec les acteurs, toutes les séquences que j’avais du réécrire, les corrections, etc… m’avait tant épuisé que j’étais persuadé que j’avais atteint mon ultime message. Vers quoi pourrais-je m’orienter après ce film ? Tout ce que je savais, je l’avais incorporé dans ce film !

Lorsque je démarre un nouveau film, avec un univers différent, une équipe d’acteurs différents, une nouvelle histoire dans laquelle évolue les personnages, je suis poussé à tout recommencer comme si c’était la première fois ! Vous débutez sans savoir quel chemin va se dessiner et ensuite les choses prennent tournure.

Dans ma vie quotidienne, je note certains faits, des événements anodins que je laisse de côté sans m’en préoccuper. Certains sont utilisables dans une histoire mais pas d’autres.

BLK : Par exemple, votre film Yuva dépeint 3 histoires distinctes. Des personnages sans liens entre eux évoluent puis, au moment du dénouement, on nous révèle pourquoi il fallait les suivre en parallèle. Était-ce une création très expérimentale ? Est -ce que vous avez un équipe qui vous donne des pistes sur la justesse de votre concept ?

MR : Avant mon film Nayakan, j’avais écrit un film sur un homme et une femme unis dans un mariage arrangé : Muna Ragam. Je savais l’issue dès la conception puisque c’est un fait de société banal en Inde. J’avais les clés pour le final et l’objectif était de montrer la manière dont cela allait se dénouer. En revanche, Nayakan raconte le parcours d’ un homme du Tamil Nadu qui arrive dans un lieu dont il ignore la langue, sans aucune connaissance ni amis. Il a dû survivre dans le monde du crime, et grandir dans ce milieu. Je n’avais aucune idée de son destin. Il nous a fallu travailler pour découvrir comment le personnage allait évoluer. Vous voyagez en même temps que lui pour le cerner. Il y a des histoires où la fin de l’intrigue se révèle de suite et d’autres vous imposent d’entrer dans une exploration. Partager vos idées avec des personnes de confiance et tester leurs réactions sont des supports mais, en définitive, vous devez décider par vous-même.

BLK : Avec votre Société de production vous avez créé 25 films et en avez produit 15. Par exemple votre dernière production est OK Jaanu ( 2017 de Shaad Ali) qu’est ce qui vous entraîne à produire telle histoire ou telle autre ?
MR : Je produis peu de films. Essentiellement avec des collaborateurs qui ont travaillé pour moi, qui sont mes assistant-réalisateur désireux d’évoluer vers la réalisation. Donc ma société les soutient. Sinon je préfère mettre en scène, c’est vraiment ma passion ! La production n’est pas ma tasse de thé même si c’est une nécessité.

BLK : Vos thèmes de prédilection sont le terrorisme, les relations dans le couple, l’enfance, le crime, la politique. Y- a-t- il de nouveaux champs que vous aimeriez explorer ?
MR : Dans chacun de ces genres, il y a la vie d’un être humain. Même si on parle du terrorisme, c’est l’histoire de la personne prise dans ce mouvement, que ce soit du point de vue de la victime ou celle de l’auteur. Je ne prends pas pour point de départ un thème très spécifique : quelques éléments humains avec lesquels on se connecte me permettent de monter une histoire complète pour un long métrage. C’est toujours l’élément humain de chaque thème qui me guide et qui m’attire.

BLK : A l’époque Iruvar a- t-il eu des difficultés à sortir à cause du Censor Board (NDLR : The Central Board of Film Certification (CBFC) souvent nommé Censor Board) ?
MR : Ce bureau est un héritage des britanniques et il a gardé des règles de cette époque. Ils sont archaïques dans leur vision de l’industrie cinématographique. Comme ils sont en place, il faut leur présenter nos dossiers. Un réalisateur doit avoir le droit de montrer ce qui se passe dans la société présente.

BLK : Iruvar a été présenté au festival de Toronto, est -ce que c’est le moment où le public international a vraiment accueilli votre cinéma ?
MR : Il y a eu une rétrospective où 4 ou 5 films ont été montrés sur les écrans. C’était une bonne plateforme pour contacter d’autres sphères. Cela a eu un impact sur le public indien ainsi que sur les partis politiques. Leurs réactions ont été diplomatiques cependant.

BLK : Comment sélectionnez vous vos acteurs ? Quand vous écrivez votre scénario, avez- vous déjà en vue un acteur pour le rôle principal ?
MR : Il faut qu’il convienne au personnage et doit être intéressé par le film. Les 2 priorités sont que ce doit être juste pour moi et pour lui. Au moment de l’écriture, vous pouvez pressentir qui serait l’acteur le plus adapté. Dans l’étape suivante, nous prenons contact avec les acteurs et si l’idée leur plait, après la finalisation de l’écriture, nous les appelons plus longuement.

BLK : Votre collaboration avec AR Rahman est une alliance célébrée depuis toujours ! Comment recrutez- vous vos chorégraphes ?
MR : Dans le cinéma, il y a deux situations où nous sommes très dépendants d’une autre personne : le chorégraphe et le spécialiste/chorégraphe des scènes d’action ! Il est nécessaire d’avoir une compréhension mutuelle très forte ! Ils arrivent au milieu du film et vous aide à chorégraphier les scènes en maîtrisant le sens profond de ces séquences. Ensuite, ils quittent le plateau, ils vont de projet en projet ! Quand vous construisez votre film, il faut que ce soit homogène. La personne qui est sur la même longueur d’ondes que vous va prendre en charge ces scènes particulières. Elle ne traite pas l’affaire comme une musique ayant besoin d’une chorégraphie mais comme une histoire unique nécessitant une chorégraphie.

BLK : Farah Khan a fait la chorégraphie de Dil Se , Chaya, chaya : une scène d’anthologie du cinéma indien de ces 50 dernières années ! Donnez-nous quelques détails sur ce tournage car les acteurs et danseurs sont filmés sur un train. Le train avance sur un pont avec la troupe en mouvement pour danser au rythme de la chanson ! Comment avez- vous fait ? Il paraît qu’ils n’avaient pas de harnais.
MR : En fait, le responsable de scènes d’action vérifiait que tout le monde soit harnaché par sécurité. Excepté Shah Rukh Khan bien sûr qui refusait catégoriquement d’en porter un ! Nous avons tourné dans toute l’Inde pour trouver des collines, et dans le sud de l’Inde aussi. Mais sur ces voies, il y avait beaucoup de trains. Il fallait donc être très prudents. On devait bien calculer l’approche du tunnel pour ne pas qu’il y ait le moindre choc. Pour ne pas risquer l’accident, une personne dédiée prévenait l’approche de la paroi : il fallait s’asseoir au bon moment pour que personne ne heurte sa tête. On avait une planification et une organisation très serrée et c’est un bon souvenir !

BLK : Pourriez- vous partager quelques moments du tournage de Dil se qui est un film majeur ?
MR : Nous avons commencé le tournage au Ladakh, le concept de la fameuse chanson qui y est tournée représente les "Ombres de l’amour". Dans la poésie traditionnelle, il y a 7 étapes de l’amour que le personnage doit traverser. Cette séquence en chanson est l’interprétation de cette tradition. Donc nous avons essayé de restituer ce thème avec les couleurs et les mouvements de danse. Dans l’esprit de cette pensée soufie, le héros est attiré irrésistiblement vers cette jeune inconnue comme dans une toile d’araignée !

BLK : J’aimerais revenir sur Raavanan dont le mode de tournage est surprenant et inhabituel . Comment avez-vous convaincu Vikram de jouer le kidnappeur dans la version tamoul et le policier dans la version hindi ? Aviez-vous cette idée dès la conception ? N’était-ce pas une organisation et un projet extrêmement complexe ?
MR : Nous avons émis l’idée de faire les 2 versions en même temps. Je n’ai pas eu besoin d’argumenter beaucoup puisque Vikram a été séduit dès le début. Sur le même plateau, vous aviez Abhishek Bachchan et Vikram jouant la même scène successivement, le même jour. La partie où Vikram joue le policier a été tournée plus tard. Nous avions l’ambition de tourner un projet exceptionnel mais c’était vraiment complètement fou ! (rires) Nous voulions une histoire pan-indienne ce qui justifiait les versions dans les 2 langues et basée sur une épopée (NDLR : Ramanyana). Notre ambition était immense en tournant les 2 versions en même temps. Nous avons du surmonter des difficultés gigantesques !

BLK : Les séquences dans la jungle, dans l’humidité permanente, au bord de rivières ont dû mobiliser vos équipes très fortement. Avec le recul, qu’en pensez -vous ?
MR : Je ne le referai pas . A la base, nos conditions de tournage étaient terriblement éprouvantes car les sites étaient escarpés, compliqués à atteindre. Les obstacles étaient permanents. Nous avons tourné au Kerala, Tamil nadu, Ooti et au Maharastra.

BLK : Pour votre prochain film vous allez faire jouer Jiotyka, Arwin Swhami, Silamba Saram, Vijay Sethupathi. Quel genre de film nous proposez-vous cette fois ?
MR : Mon prochain long métrage sera un drame familial dont nous débutons le tournage en février. Il devrait sortir théoriquement en septembre.


Interview en anglais par Brigitte Leloire Kérackian janvier 2018, Chennai, Inde

note : A ce jour, on sait uniquement le nom du futur long métrage : ‘Chekka Chivantha Vaanam’.

Commentaires
15 commentaires
En réponse à Ferdinand LACOUR - le 11/05/2018 à 16:54

Le père de Mani Rathnam est connu, aussi, sous l’appellation usuelle, dans le monde du cinéma indien, de "Vénus"S.Gopalrathnam…

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Ferdinand LACOUR le 11/05/2018 à 17:50

En parlant de producteur, comment ne pas évoquer le douloureux souvenir des frères de Mani Rathnam, l’aîné, Gopalrathnam Venkateshwaran dit populairement G.V. et le benjamin, Gopalrathnam Srinivassan, tous deux disparus tragiquement.

BALK le 16/06/2018 à 18:37

14 commentaires de la meme personne ? Un portrait et une intervuew son 2 exercices journalistiques differents. Il faut varier les plaisirs.

Ferdinand LACOUR le 11/05/2018 à 17:35

La Sâthiya Jiyodi Films finança la première réalisation tamoule de Mani Rathnam, en 1985, avec la comédie dramatique, PAGAL NILAVU, réunissant Murali, Révadi et Sâthiyaradj… Le père était son premier producteur et le fils, son premier producteur pour un film tamoul…

Ferdinand LACOUR le 11/05/2018 à 17:21

Sous La Sâthiya Jiyodi Films, on compte des films tels que MOONDHRAM PIRAI (1982), avec Kamal Hassan, KIZHAKKU VASAL (1990), avec Kartick, IDHAYAM (1991) avec Murali, et récemment VIVEGAM (2017) avec Ajith Kumar…

Ferdinand LACOUR le 11/05/2018 à 17:15

C’est MGR qui suggèra le nom de Sâthiya Jiyodi Films, par écrit, joignant ses prompts succès à toutes leurs futures entreprises, vœux partagés par "Vénus"T.Govindarajan et ainsi que par le beau-père de G.Thiyagarajan, R.M.Veerappan (producteur de la mythique Sâthiya Movies)…

Ferdinand LACOUR le 11/05/2018 à 16:54

Le père de Mani Rathnam est connu, aussi, sous l’appellation usuelle, dans le monde du cinéma indien, de "Vénus"S.Gopalrathnam…

Ferdinand LACOUR le 11/05/2018 à 16:49

Dans les années 80, c’est le même T.Govindarajan, patron de La Vénus Pictures, qui permet au jeune Mani Rathnam, de réaliser son premier film, PALLAVI ANU PALLAVI (1983), pour l’état du Karnataka. "Vénus"T.Govindarajan (1922-2007) fut le producteur d’une cinquantaine de films, il meurt le 14 février, à l’âge de 85 ans… Il épousa T.A.Pattammal (sœur de la star comique T.A.Maduram mariée à l’icône NSK). Les enfants de "Vénus"T.Govindarajan sont, T.G.Thiyagarajan et T.T.G.Thiyagasaravanan, producteurs, également, de La Sâthiya Jiyodi Films.

Ferdinand LACOUR le 11/05/2018 à 16:29

La Vénus Pictures dans l’Andra-Pradesh, PELLI KANUKA (1960), avec A.N.R., et dans langue hindie, l’année suivante, en 1961, avec Raj Kapoor, NAZRAANA. Des déclinaisons de KALIYANA PARISU (1959).

Ferdinand LACOUR le 11/05/2018 à 16:18

Un peu à la manière d’un Andrew V. McLaglen. En effet, en remontant dans la famille de Mani Rathnam, son père, S.Gopalrathnam faisait partie d’un célèbre trio de producteurs, avec S.Krishnamurthy (le grand oncle de Mani) et T.Govindarajan, sous la bannière de La Vénus Pictures. Cette compagnie fit les beaux jours du cinéma indien (aussi bien dans le sud que dans le nord) durant près de trois décennies (1950-1980), environ. Pour informations, on peut citer, UTHAMA PUTHIRAN (1958) avec Sivaji Ganeshan, ou KALIYANA PARISU (1959) avec Gémini Ganeshan, ou encore EN ANNAN (1970) avec MGR, pour le public tamoul…

Ferdinand LACOUR le 11/05/2018 à 15:58

Il est dommage que la rédactrice n’est pas creusée dans les origines de Mani Ratnam, car on se rend compte très vite que le réalisateur baignait déjà dans le cinéma dès sa naissance…

Ferdinand O. LACOUR le 11/05/2018 à 15:36

Et en août 98, il accouche de DIL SE, son troisième volet consacré au terrorisme, clôturant ainsi sa trilogie.

Ferdinand O. LACOUR le 11/05/2018 à 15:24

Il est surprenant que le réalisateur préfére IRUVAR, biographie revue et corrigée de l’icône tamoule MGR par Mani Ratnam, car c’est le film qui le condamna à être tricard, persona non grata, un certain temps, à Madras, le temps de se faire une nouvelle virginité, de se faire un peu oublier. Et il met à profit cette période d’absence dans le sud pour aller dans le nord, se frotter au cinéma hindi…

Ferdinand O. LACOUR le 11/05/2018 à 15:03

Mani Ratnam s’était déjà fait "tirer le portrait" dans l’excellent article de Gandhi Tâta, en février 2007 sur ce même site… L’éditorial de Gandhi Tâta est très fourni (presque toute sa filmographie (jusqu’en 2007, correspondant à la sortie de GURU) est passée en revue avec de belles photos à l’appui)… L’article fut réactualisé… Du moins, ses films…

Ferdinand O. LACOUR le 11/05/2018 à 14:39

La différence majeure, c’est qu’ici, c’est une interview et que c’est la rédactrice du sujet, seule, qui s’est fait un tout petit plaisir, par la même occasion… Mais rien de nouveau hélas, sur le réalisateur d’AGNI NATCHATHIRAM (1988)…

Ferdinand O. LACOUR le 11/05/2018 à 14:17

Mani Ratnam s’était déjà fait "tirer le portrait" dans l’excellent article de Gandhi Tâta, en février 2010, sur ce même site…

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