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Interview de Mohit Suri

Publié vendredi 6 mai 2016
Dernière modification dimanche 8 mai 2016
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Par Brigitte L. K.

Rubrique Entretiens
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Mohit Suri, né en 1981, a réalisé le célèbre Aashiqui 2 sorti en 2013, tournant important pour les carrières de Shradda Kapoor et d’Aditya Roi Kapoor. Mohit Suri est le neveu des producteurs et réalisateurs Mahesh Bhatt et Mukesh Bhatt, par conséquent le cousin d’Emraan Hashmi (héros fréquents de ses films), Alia Bhatt et Pooja Bhatt.

Sa filmographie démarre avec Kalyug (2005) et Awarapan (2007), tous les deux salués par la critique et le public. Il a eu une période dédiée aux suites de films avec Raaz - the Mystery continues (2009), Murder 2 (2011), puis arrive l’énorme succès de 2013 : Aashiqui 2 .
Un de ses récents longs métrages Ek Villain avait créé une belle surprise grâce à une bande originale extrêmement soignée (composée par Mithoon et Ankit Tiwari). Ritesh Deshmuk, plutôt voué aux rôles de l’indien moyen, y livre une performance glaçante dans le mari éperdu d’amour et poussé à tuer par ses pulsions violentes. Le casting impeccable avec la ravissante Shradda Kapoor et le séduisant Siddharth Malhotra avait complété cette réalisation très maîtrisée. L’histoire se construit dans une série d’allers-retours vers le passé sans que le rythme ne s’essouffle, ni que le spectateur ne se lasse de la vengeance à l’encontre du tueur en série.

J’ai beaucoup de chance de le rencontrer dans les locaux de sa société de production car en général, il termine un film pour en commencer un autre. Ses grands yeux très ouverts me frappent immédiatement et aussi son débit de langage très rapide. On me l’avait décrit comme un homme pressé et cette énergie reflète son appétit de chercher de nouvelles idées pour le grand écran.


Brigitte Leloire Kérackian : Nous aimerions avoir plus de détails sur votre début de carrière et les circonstances de votre toute première réalisation.
Mohit Suri : J’ai démarré la réalisation il y a dix ans environ mais cinq ans auparavant j’avais déjà commencé à être assistant-réalisateur. Dès l’âge de 17 ans, j’étais sur les tournages. J’assistais le réalisateur Vikram Bhatt dont un des films les plus connu est Ghulam, ou Raaz, produit par Mahesh Bhatt. Raaz était un film d’horreur. À 17 ans, j’étais étudiant tout en commençant à être assistant-réalisateur. Ma situation financière m’a poussé à chercher du travail et j’ai été voir mon oncle, M. Mahesh Bhatt, célèbre producteur, pour pouvoir gagner ma vie. J’étais autant prêt à occuper un travail administratif que sur les tournages. À cette époque je n’avais pas d’exigences particulières, car j’avais surtout besoin de trouver un emploi.

BLK : A un si jeune âge, est-ce que vous nourrissiez déjà le rêve de travailler dans le cinéma ?
MS : Pas encore. Je n’avais aucune idée de ce que cela pouvait représenter. J’avais une passion pour la lecture. Mon projet d’étudier à l’étranger n’a pas pu se concrétiser car mon père avait des difficultés financières. C’est alors que j’ai décidé de travailler pour gagner ma vie. À cet âge, on n’a pas vraiment d’idée sur les possibilités de s’insérer dans la vie active. Je n’étais pas du tout un « étudiant en cinéma » par exemple. Je pensais plus m’orienter en science ou littérature.
J’ai poursuivi mes études et j’étais assistant-réalisateur en même temps, en fait. Le matin j’allais à la fac et les après-midi, on tournait avec mon réalisateur. Ce poste me permettait de gagner plus d’argent que si j’étais resté dans un emploi administratif. J’avais la possibilité de bouger et de rencontrer des gens aussi. À cet âge, on n’a pas trop envie de rester derrière un bureau. Au début, je ne savais même pas ce qu’était un chariot ou une grue. J’y ai découvert la caméra pour la première fois de ma vie. Même si mon oncle est d’une immense notoriété, je ne connaissais pas du tout cet environnement. Je vivais mon existence normale d’adolescent, loin de ce monde-là.
Je me souviens avec mon cousin, l’acteur Emraan Hashmi, on avait ces conversations quand on prenait le train pour aller de Bandra vers les lieux de tournage. Un soir, en revenant d’une longue journée de tournage, il m’a confié : « Je pense que je préfère être acteur, c’est bien trop dur de devenir réalisateur ! » et je lui ai répondu : « Personnellement, j’aimerais diriger un film ! » Je dirais que ce jour-là, chacun a pris sa décision sur son avenir professionnel.
L’aventure a commencé à cette époque et j’ai pu assister à la réalisation de huit films. J’avais à peu près 21 ans. Et ensuite, j’ai eu le sentiment de bondir d’un tournage à l’autre. Je voulais changer d’orientation puisque j’avais fait le tour de ce métier. Mon salaire était très convenable car j’étais de plus en plus efficace dans mes fonctions. Il fallait pourtant que je prenne une décision sinon je n’irai jamais plus loin dans mes responsabilités. J’ai donc arrêté l’assistanat pour tenter de prendre une nouvelle voie, pousser les choses afin qu’elles évoluent pour enfin devenir réalisateur.

BLK : Aviez-vous l’envie d’écrire des histoires ?
MS : Cela ne se posait pas en ces termes. Je me débats en fait tous les matins. Vous vous installez devant votre ordinateur et vous supposez que vous faites bien les choses. Tout en étant bourré de doutes !
J’ai passé tant de temps sur les tournages, à préparer, voir tous les détails pour que les scènes soient bien photographiées etc… que je connais toutes les dimensions de cette activité. Aujourd’hui, j’ai 34 ans et j’ai démarré à 17 ans. On peut donc conclure que j’ai passé la moitié de ma vie sur les tournages. J’ai réalisé mon premier film à 23 ans.

BLK : Comment avez-vous convaincu vos producteurs d’investir dans votre film à cette époque ?
MS : Cela ne s’est pas vraiment passé comme on l’imagine. Je ne l’ai absolument pas programmé ! M. Bhatt est très entreprenant et original dans ses projets mais j’avais juste écrit une histoire que j’avais proposé. Je n’ai pas demandé à réaliser le film car la majorité des réalisateurs avaient au moins 35 ans. À 21 ans, j’avais juste écrit cette histoire et je pensais que la société de production devait la tourner. Ils considéraient que, puisque j’étais l’auteur, je devais tourner le film. J’ai répondu que ce n’était pas réaliste à 21 ans de me lancer ainsi et aussi que je manquais d’expérience. J’avais besoin de voir encore beaucoup de choses pour me préparer.
Mon ami très proche Anurag Basu [1] était en train de tourner pour la Société de production un film, Tumsa Nahin Dekha, quand il a développé un cancer. Il a dû être hospitalisé et on m’a appelé en urgence pour finir de tourner ce film.
J’étais en train de préparer mon projet et, soudain, il fallait que je reprenne ce film du jour au lendemain. Il n’a pas vraiment marché mais Anurag m’a tellement inspiré. Il était dans une période si difficile de sa vie et cependant totalement préoccupé par son film. Je n’avais aucune possibilité d’évaluer mon travail. En revanche, mon entourage, la production a compris de quoi j’étais capable à un âge aussi jeune. C’est ainsi que j’ai fait mon premier film à l’âge de 23-24 ans. Kalyug est sorti la même année en fait.

BLK : Quand on regarde votre filmographie, beaucoup de vos personnages et leurs histoires sont assez tourmentés, ce qui tranche dans le cinéma indien, n’est ce pas ?
MS : Je ne dirais pas si sombre que cela quand on compare au cinéma français par exemple. Je ne m’identifie pas au cinéma hyper réaliste non plus, sans être dans le cinéma souriant et super commercial.
Tous ces films où il y a des drames ou des meurtres, que ce soit Kalyug ou Murder ou Zeher, je n’avais pas la possibilité de recruter des célébrités. Emraan (Hashmi) était un nouveau venu, par exemple, ainsi que d’autres acteurs. On a tenté de nouvelles histoires, différentes des conventions habituelles, en prenant soin aussi de choisir de belles musiques. J’ai toujours dit que, malgré mon budget restreint, je voulais avoir une bande originale de premier choix, supérieure à celle des autres. Concernant la musique, je n’ai pas de qualités exceptionnelles, je crois sincèrement que je travaille énormément sur ce sujet. Ce qui fait la différence auprès du public. L’exemple d’Aashiqui 2 est révélateur.
Pour être totalement honnête, c’était un mécanisme de survie ! Quand il y a des campagnes de promotion dans les médias avec dix passages par jour grâce aux stars les plus en vue et que vous n’avez qu’une seule chance, vous avez une opportunité en diffusant une très belle chanson. Nous avons tenté l’aventure avec Aashiqui 2 avec nos moyens. Shradda Kapoor était très jeune à ce moment-là. Ses films précédents n’avaient pas réellement bien marché. Aditya (Roy Kapoor) n’avait pas encore eu de rôle principal et cela nous a tous propulsés.
Murder 2 avait eu un très bon accueil mais à 28 ans j’avais déjà sept films à mon actif. J’avais besoin de me renouveler complètement. C’était un moment important de ma carrière.

BLK : Aashiqui 2 est donc votre film romantique mais dont la fin est fatale. On dirait que vos héros et héroïnes ont des destins tragiques et, indépendamment des thrillers que vous avez tournés, les issues de vos histoires d’amour sont toujours dramatiques.
MS : Mon épouse me questionne tout le temps. « Ce jeune homme se montre si romantique et il faut que son personnage meure soudainement à cause de quelqu’un d’autre ! » Je ne peux pas répondre.

BLK : Pouviez-vous supposer que ces personnages seraient reconnus et attachants pour le public ?
MS : Prédire que le public va aimer ou non me semble impossible. Je me situe toujours comme faisant partie du public. Si l’histoire me bouleverse et me donne envie de pleurer, ou éveille ma curiosité, alors c’est intéressant.

BLK : Est-ce que vous écrivez des histoires que personne d’autre n’écrit et qui vous font rêver ?
MS : Plutôt des histoires qui me font ressentir des émotions. Je pense que si vous allez dans une salle de cinéma pour applaudir, pour siffler de joie, pour danser, vous y allez aussi pour être ému et pleurer. C’est ce que je crois profondément mais peu de gens font de tels films.
J’ai certainement en moi ce sens du tragique et du mélodrame. J’ai un sens théâtral et ma vision du monde est un peu particulière. Je ne vois pas le monde uniquement à travers les films et les livres. En fait, je ne pense pas qu’on apprenne à faire un film. Je ne pense pas que l’assistanat de réalisation suffise.

BLK : Comment vous vient le montage si énergique de vos films ? Le rythme reste très soutenu en comparaison de la moyenne.
MS : Je suis tout le temps agité et en ébullition en fait. Je pense sincèrement que le montage est rythmé par le sens musical. Cela peut être une musique lente mais essentielle pour induire le tempo !
Un réalisateur de ma connaissance me disait qu’il avait ce tempo interne qui le guidait. Je n’ai pas encore atteint ce niveau mais je sens que c’est la voie à suivre.

BLK : Avez-vous l’impression de créer un genre dans le cinéma car vos histoires sont toutes tristes, vos héros sont bouleversants, poursuivis par quelques psychopathes de temps à autres, et dont le romantisme est très puissant ?
MS : Je ne saurais dire. Certains de mes amis me taquinent en disant : « Tes films n’ont pas seulement besoin de sous-titres mais aussi de sous-explications de textes ! On a du mal à saisir ce que tu veux dire. »
Je pense que ce qui ne vous bouleverse pas totalement ne vous touche pas intensément au fond.
Dans Ek Villain, vous aviez une attention émotionnelle très intense et tout le romantisme en est ressorti.
Il y a aussi le fait que les femmes sont si importantes dans ma vie. Je me sens dépendant de mon épouse et de ma sœur, puisque je n’ai plus ma mère. Donc cela conduit à mon angoisse, une impulsion émotionnelle très forte. Donc mes héros donnent tout leur cœur dans la protection de ceux qui comptent pour eux.
Je considère très sincèrement que les femmes sont le sexe fort. En tous cas émotionnellement, elles sont bien plus fortes que nous. C’est pourquoi, même si je fais un thriller ou un film d’action, il y aura toujours une femme forte et décidée.

BLK : Dans le casting d’Ek Villain, vous avez choisi Ritesh Deshmuk et Sidharth Malhotra. Ils ont ces beaux visages, tous deux représentent le gendre idéal. Pourquoi eux en particulier plutôt que des acteurs familiers des films d’action ?
MR : J’aime rompre avec les tendances. Quand j’ai recruté Jacqueline (Fernandez), elle avait fait deux films où elle était Jasmine dans Aladin ou bien un alien [dans Jaane Kahan Se Aayi Hai, NDLR]. Nous avions déjà brisé les structures conventionnelles avec Emraan, puisque nous avons grandi ensemble. Même pour le casting d’Aashiqui 2, les acteurs avaient fait des comédies mais pas de rôles très émotionnels. À la lecture du scénario, ils m’ont interrogé pour être certains que j’avais la conviction de les sélectionner spécialement pour ces rôles. Quand j’entre en relation avec un acteur, je vois clairement ce que je peux attendre de lui.
Sidharth avait l’étiquette de l’acteur lancé par Dharma Productions [2], avec un physique avantageux au corps ciselé, style gentil garçon. J’ai pris le temps de lui parler et j’ai vu en lui quelqu’un qui est venu seul à Bombay, vivant dans la banlieue, qui s’est débattu pour s’en sortir. Il a travaillé avec acharnement en tant qu’assistant-réalisateur. Venant de la classe moyenne, il s’est construit seul. J’ai perçu ses capacités émotionnelles et je pensais qu’il pouvait assumer ce rôle. Il avait ce côté très policé et parfait et je lui ai demandé de se défaire de cet aspect pour le rôle. Il avait aussi cette angoisse existentielle, cette lutte intérieure, il pouvait donc endosser ce personnage.
Regarder Ritesh Deshmuk ! Dans ses films, il joue des rôles comiques mais il est toujours l’homme simple, de la classe moyenne qui est persécuté par sa femme. Si vous rencontrez Ritesh, même s’il est le fils de Vilasrao Deshmuk [3], il a des valeurs traditionnelles. Sa façon de vivre avec son frère et son épouse, son fils est un style de vie de la classe moyenne du Maharashtra. Il correspondait totalement à mon personnage dont il devait ôter le côté comique. S’il supprime son humour et ses gags, il représente l’homme de la classe moyenne laissé pour compte du système, typique de Bombay. Les héros sont plus reconnus que les gens simples et c’est exactement ce qui fonctionne pour Ritesh, dont l’éducation est un atout dans ce rôle.

BLK : Pouvez vous nous parler de votre future création : Half girlfriend ?
MS : Je suis en train de finaliser l’histoire et le casting est en cours. C’est un garçon d’une petite ville provinciale indienne qui tombe amoureux d’une fille de la grande ville. En fait, cela raconte le conflit entre « Bharat » et l’Inde. Les deux Indes qui vivent ensemble. « Bharat » représente l’Inde des petites villes, connectée à la terre et qui n’est pas influencée par l’Occident. Ils sont plus reliés aux racines, la culture traditionnelle. Mon personnage vient d’une petite ville du Bihar, qui est actuellement un état perturbé, le plus peuplé, avec des problèmes d’analphabétisme etc… Je pense que ces personnes peuvent pousser la réflexion plus complexe que celles des classes sociales élevées du sud de Delhi. Ils peuvent s’habiller comme les Américains, utiliser un jargon différent. Comme dans ces restaurants où on vous sert des plats indiens mais avec un accent américanisé : un des aspects de l’Inde actuelle.
C’est étrange, vous savez : on va respecter une personne parlant l’anglais, qui n’est pas sa langue maternelle et mépriser une personne parlant le hindi ou sa langue locale. Cette réalité est bizarre ! La tendance veut que la presse en anglais devienne plus influente que la presse en langue locale. Il y a une histoire d’amour entre ces personnes venant de deux réalités. Ils se laissent prendre dans ces rapports de coexistence archaïque et moderne et cela se déroule dans le sud de Delhi.

BLK : Half girlfriend représente-t-il votre romance préférée ? Aurez-vous une fin heureuse cette fois ?
MS : C’est mon style de romance. Il contient un puissant ressort romanesque. Comment pourrais je dévoiler la fin ? (Rires !) Le roman est déjà publié donc il a une conclusion où les héros se rencontrent finalement. Maintenant, comment ils vont parvenir à cette rencontre, sera la trame.

BLK : Les lieux de tournage sont-ils déterminés ?
MS : On a choisi le Bihar, Delhi, et New York. Un lieu de tournage très cher.

BLK : Avez vous recruté vos acteurs ? Et vos chansons sont-elles totalement finalisées ?
MS : Pas encore, et trouver les dates pour que tout le monde soit disponible représente une des difficultés.
Il y a deux ou trois chansons prêtes et on avance dans les enregistrements, au fur et à mesure. Je travaille avec beaucoup d’artistes nouveaux plutôt qu’une seule personne. J’aime beaucoup travailler avec ces nouveaux musiciens car cela me connecte avec une grande créativité. Ces musiques, préparées au fonds d’un garage sans le soucis de les vendre à l’extérieur, ont tendance à avoir plus de sentiments, car elles ont été composées pour une histoire d’amour brisée, un amoureux, un moment de joie très profond. Ceux qui créent pour la vente ont moins d’impact.
J’ai beaucoup de musiciens différents avec mon label EMI Music India faisant partie d’une division d’Universal music. On fait la promotion de nouveaux talents musicaux. Je pense sincèrement que les stars de ma vie sont les compositeurs et chanteurs que j’ai pu lancer : Dayra Atifaslam, Mustapha Zayed. J’ai fait des musique avec Toshi Shareb, Varu Singh, Rajit Singh, Mitoon, Anki Tiwari. Et Palaka avec qui j’ai fait quelques une de ses premières chansons.
Je voulais surprendre à chaque nouveau film avec un directeur musical différent. À l’origine, c’était une question de survie car les plus célèbres ne travaillaient pas avec moi. Je prenais une fabuleuse chanson de chacun d’eux. Maintenant, je recherche vraiment le meilleur pour mes bandes originales. Il y a une rumeur à mon sujet qui dit que quand vous invitez Mohit Suri il y a de fortes chances pour qu’il ne vienne pas, car il préférera vérifier si un directeur musical méconnu et talentueux à l’autre bout de la ville pourra lui préparer une création originale.


[1Anurag Basu a réalisé Gangster, Life in a Metro, Barfi !

[2Dharma Productions, la Société de production de Karan Johar

[3Homme politique


Interview réalisée et traduite par Brigitte Leloire Kérackian, Bombay, novembre 2015.

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