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Kaashmora


Année2016
LangueTamoul
GenresComédie d’arnaque, Film fantastique
RéalisateurGokul
Dir. PhotoOm Prakash
ScénaristeGokul
ActeursKarthik , Nayantara, Vivek , Sri Divya
Dir. MusicalSanthosh Narayanan
ParoliersMuthamil, Laitha Anand
ChanteursAnanthu, Kalpana, Santhosh Narayanan, Saisharan
ProducteursS.R. Prakashbabu, S.R. Prabhu
Durée164 mn

Bande originale

Dhikku Dhikku Sir
Jagadhammaa
Oyaa Oyaa
Thakida Thakida

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La critique de Fantastikindia

Par Marine - le 8 novembre 2016

Note :
(6/10)

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Quelque part en Inde, dans un magnifique temple/palais à l’abandon, un parchemin traitant d’une malédiction est volé par un rapace. Ailleurs dans le même pays, Kaashmora (Karthik) est un jeune homme qui prétend s’adresser aux fantômes et vaincre les plus malfaisants d’entre eux.

Après une com’ et une bande-annonce qui faisaient passer Kaashmora pour une pâle copie de Baahubali, — insistant autant sur le genre fantasy que sur le budget consacré au film — force est de constater en sortant de la salle de cinéma que l’on nous a trompés. Est-ce que le monteur de la bande-annonce était mauvais ou trop bon ? En réalité Kaashmora est une comédie très réussie sur les arnaques à l’exorcisme. Et les péripéties du personnage principal, Kaashmora (un sage très à la mode qui parle aux esprits), l’amènent juste par hasard à être mêlé avec sa famille à une sombre histoire de vengeance vieille de 700 ans.

Alors, la partie « médiévale/heroic fantasy » est-elle à jeter aux oubliettes ? Très clairement, on est loin de Baahubali qui hante nos esprits dès lors que l’on parle de ce genre en particulier. Ce dernier a marqué durablement les spectateurs par sa qualité visuelle, scénaristique et d’interprétation, et il y a gros à parier que dans les prochaines années tous les films qui souhaiteront faire dans la fresque épique y seront impitoyablement comparés. C’est donc un choix très risqué que de tenter l’aventure dans le seul but d’attirer dans les salles une partie du public de l’œuvre de Rajamouli. Dans Kaashmora, il s’agit de la partie scénaristique la moins bonne. Mais avec le peu de temps dédié à cette partie, qui au bout du compte est presque anecdotique (moins d’un quart du film), il était difficile d’en faire une histoire vraiment intéressante. Est-ce le budget qui manquait pour que cela dure plus de temps ?

Quant aux effets spéciaux, ils sont particulièrement laids… que ce soit pour rendre des chauves-souris ou même pour les décors (qui ressemblent à ceux de jeux vidéos du début des années 2000) [1].

Pour « le film le plus cher de Karthi », on s’attendait à mieux. D’autant plus que ce dernier, dans le rôle de ce personnage chauve portant barbe et tatouage d’aigle, et qui nous a tant intrigué, semble bien mal à l’aise. Il ne se départ pas de son regard de pervers fou à lier et paraît gêné par sa nouvelle carrure (si bien qu’il lève constamment la tête), rendant ainsi son personnage encore moins crédible. Encore faut-il reconnaître que ce n’est pas vraiment la faute de l’acteur tant son personnage est mal écrit. Bien sûr, il s’en sort nettement mieux et même magistralement dans le rôle de Kaashmora. Ah ! vous ai-je dit que les armures étaient en plastique ? On se serait cru dans Veer. Sauf que ce dernier avait été essentiellement tourné en décors naturels et que le fort d’Amber rend quand même mieux qu’un dessin mal fait sur le premier logiciel 3D venu.

Ce qui sauve cette partie « fantastique », c’est la prestation — tant attendue par le public — de Nayanthara (attente attestée par les sifflements dans la salle, bien plus forts et plus nombreux qu’à n’importe quel autre moment du film [2]). Courte apparition, certes, mais des plus charmantes. À vrai dire on ne voit pas l’actrice beaucoup plus que dans la bande-annonce, mais au moins elle y met du cœur et nous aide à passer ce moment difficile (bon, peut-être que j’en rajoute un peu).

Le véritable intérêt donc, c’est l’histoire de Kaashmora qui prétend dialoguer avec les esprits, comme toute sa famille. Ils sont tous complètement disjonctés et très inventifs, et ce pour notre plus grand bonheur. À eux cinq ils mettent à leurs pieds tous ceux qu’ils croisent : swamis, politiciens véreux, policiers. Tous ces gens sont joyeusement de mèche et ont provoqué un fou rire incontrôlé chez mes voisins (véritables néophytes du cinéma indien amenés ici par mes soins) lorsqu’une descente de la police chez le dit politicien lui fut annoncée… planquez tout cet or bon sang !

En revanche, Sri Divya dans le rôle de l’étudiante en sciences occultes est franchement inutile de bout en bout, mais il fallait bien mettre une « héroïne » quelque part. Signe — s’il le fallait… — que le cinéma tamoul de divertissement a toujours du mal à écrire des personnages féminins intéressants. Les seules lignes un peu réussies du film à ce sujet ayant été réservées à Nayanthara.

Pour Diwali vous cherchiez une comédie assez légère à regarder en famille, loin des cœurs brisés et des affres de la politique ? Oubliez tout ce qu’on vous a dit sur Kaashmora et laissez vos idées reçues au placard. Savourez cette très sympathique comédie aux personnages hauts en couleurs et ne vous formalisez pas de cette partie « fantastique » qui ne rend pas justice à l’ensemble du film ; Nayanthara exceptée.

Bande-annonce



[1Honnêtement, il ne fait pas beaucoup mieux que Chine, intrigue dans la cité interdite, sorti en 1999.

[2Le film est sorti en France sous la bannière de notre partenaire Aanna Films.

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