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Kadal

Traduction : La Mer

Année2013
LangueTamoul
GenreMélodrame / Romance
RéalisateurMani Ratnam
Dir. PhotoRajiv Menon
ScénaristesMani Ratnam, Jayamohan
ActeursArvind Swami, Gautham Karthik, Arjun, Thulasi Nair, Lakshmi Manchu
Dir. MusicalA. R. Rahman
ParoliersMadhan Karky, Vairamuthu, Aaryan Dinesh Kanagaratnam
ChanteursA. R. Rahman, Chinmayee, Vijay Yesudas, Shakthisree Gopalan, Tanvi Shah, Sid Sriram, Abhay Jodhpurkar, Harini, Haricharan, Aaryan Dinesh Kanagaratnam
ChorégrapheBrinda
ProducteursMani Ratnam, Manohar Prasad
Durée165 mn

Bande originale

Chithirai Nela
Adiye
Moongil Thottam
Elay Keechaan
Nenjukkule
Anbin Vaasale
Magudi Magudi

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Fiche IMDB
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La critique de Fantastikindia

Par Kendra - le 25 février 2013

Note :
(5/10)

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Lorsque l’on s’intéresse au cinéma, vous serez d’accord je l’espère, il y a forcément des réalisateurs qui vous accrochent plus que d’autres, des acteurs qui vous touchent particulièrement, et donc chaque annonce d’un nouveau film de leur part vous fait l’effet d’une dose de caféine dans le sang, vous ne tenez plus en place, sautillant à chaque fois que la pensée de ce futur délice vous traverse l’esprit. Ne nous mentons pas, c’est un vœu pieux que de n’avoir aucune attente concernant un film.
C’est donc avec impatience que j’attends personnellement chaque sortie de Mani Ratnam qui m’a émue avec Alaipayuthey et s’est créé une place spéciale dans mon cœur de cinéphile avec Thalapaty , Kannathil Muthamittal ou encore Aayutha Ezhutu. Qu’en est-il de Kadal ?

Sam et Bergmans se rencontrent au séminaire et se lient d’amitié rapidement, comprenant que s’ils sont extrêmement différents, ils n’en sont pas moins complémentaires. Pourtant Sam se voit bientôt obligé par sa morale de dénoncer Bergmans, le faisant ainsi mettre à la porte du séminaire et le privant d’une carrière sure. Des années après, le Père Sam se voit attribuer un poste dans un village de pêcheur au fin fond du Tamil Nadu, où il rencontre le jeune Thomas, fils de prostituée et orphelin, qu’il décide de prendre sous son aile. Une quinzaine d’années plus tard, Bergmans se retrouve dans la vie du Père Sam qui prend alors la décision lourde de conséquences de l’aider.

Nous voilà face à un dilemme. Si du point de vue de l’image et grâce à la caméra de Rajeev Menon, Kadal vaut son pesant d’or, le scénario quant à lui est trop fouillis, rendant ainsi un montage clair impossible, partant dans tous les sens, survolant bon nombre de pistes qui auraient d’ailleurs pu s’avérer intéressantes. On se retrouve souvent d’une scène à l’autre sans apparente continuité, sans fluidité aucune. Concernant l’écriture, tout est beaucoup trop facile, les twists dignes d’un masala quelconque, or l’on veut bien nous fait comprendre depuis le début, métaphores à l’appui, que c’est un film se voulant plus profond.
Depuis le début de sa carrière, ce qui fait l’une des forces de Mani Ratnam, à mon sens, est sa constante capacité à passer d’un style à un autre, exploitant tour à tour la romance, le sujet de société, politique ou plus philosophique. Malheureusement, si Raavan(an) commençait déjà à montrer les limites, Kadal est à mon sens un pur échec, sur le fond, mais aussi sur une partie de la forme : pendant un bon quart d’heure, l’on se demande même si ce n’est pas Bala qui réalise ce film, lors de ce passage qui est le plus cruel et horrible jamais filmé par Mani Ratnam.

Kadal marque le grand début de deux enfants de la balle, dont les parents, Karthik et Radha, ont joué ensemble dans leur premier film en 1981. Joli symbole. Si Thulasi Nair, 16 ans, n’est pas complètement convaincante dans le rôle de l’ange salvatrice aux légers problèmes mentaux (honnêtement, après avoir pris connaissance de son âge, je pense que c’est l’explication principale. Beaucoup trop jeune pour ce rôle là), la grande révélation du film restera Gautham Karthik. Voilà un jeune prometteur, bon dans le jeu, mais aussi dans la danse (et Dieu sait que c’est un élément essentiel dans tout film indien qui se respecte). Il aborde avec fraîcheur et naïveté un rôle assez ingrat, celui de l’âme perdue représentant l’Humanité qui doit choisir entre le Bien et le Mal.

Comment demander à des acteurs, si doués soient-ils de faire dans la subtilité quand leurs personnages ne sont que grossières caricatures, absolument pas aidés par des dialogues souvent fades et répétitifs. Il ne vaut mieux pas compter le nombre de fois où Bergmans, parle de lui comme étant « Satan » ou le « fils de Satan », le public a pourtant bien vite compris de quoi il retournait.
Arjun, plutôt habitué aux rôles de héros fait une tentative honorable ici, mais finit par ne ressembler qu’à un énième méchant de masala, avec tous les clichés qui vont avec.
Kadal signe le grand retour au cinéma d’un acteur phare des années 80 et 90, Arvind Swamy, après 12 ans loin des caméras. Pour sa 5ème collaboration avec Mani Ratnam, on ne peut pas dire que le rôle soit vraiment intéressant, une figure de Jésus assez caricaturale, de la tentation à la crucifixion (observez la scène où il est lynché par les villageois).
Lakshmi Manchu (la sorcière Irendri dans Anaganaga o dheerudu) dont c’est le premier rôle en tamoul est Celina, personnage ambiguë vraiment intéressant…. dont l’histoire est complètement laissée de côté et à peine évoquée d’un détour de phrase un peu plus tard dans le film.
La bande annonce, les affiches, la promotion autour du film font plutôt penser à Kadal comme à une romance entre les deux jeunes protagonistes, or cette histoire n’est que secondaire, et tellement ancrée dans une logique "masala basique" qu’elle perd beaucoup de force.

Tiens, un méchant

Si dans l’écriture la subtilité n’est pas de mise, il en est malheureusement de même dans l’exploitation du symbolisme, extrêmement manichéen. Le jeu des lumières vous fera clairement comprendre quand le camp du Bien a l’aval ou vice versa, qui est touché(e) par la Grâce de Dieu, qui est touché par les moustaches de Satan (indice, son nom commence par B et finit par ergmans…) Les gardes robes sont blanches et noires, sombres et claires, palme de la candeur angélique pour Béatrice, qui ne porte que des robes immaculées, pures, sauf dans les chansons. Ainsi on pourra se poser la question sur le choix artistique du clip d’Adiye. Une chorégraphie, une mise en scène et des costumes sublimes, mais qui tranchent trop violemment avec l’image de l’angélique Béatrice.
Le titre même du film, la mer, évoque le Baptême, appuyé par plusieurs scènes qui ne demandent que peu de connaissances dans les rites chrétiens pour être compris.

Bah là, c'est un gentil.

La bande son, signée A.R. Rahman, réussie, est une bouffée d’air dans ce film parfois un peu trop lourd. Quelques chansons vous fendront le cœur, d’autre vous rempliront de joie et de douceur, comme le joli petit bijoux qu’est Moongil Thottam.

Les attentes n’ont clairement pas été comblées avec Kadal, on reste sur sa faim, mal à l’aise devant ce film simplement raté. En attendant le prochain Mani Ratnam.



Bande-annonce

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