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Kai Po Che !

Traduction : Frères pour la Vie

Année2013
LangueHindi
GenreDrame
RéalisateurAbhishek Kapoor
Dir. PhotoAnay Goswami
ScénaristesAbhishek Kapoor, Supratik Sen, Chetan Bhagat, Pubali Chaudhuri
ActeursSushant Singh Rajput, Amit Sadh, Raj Kumar Yadav, Amrita Puri
Dir. MusicalAmit Trivedi
ParolierSwanand Kirkire
ChanteursAmit Trivedi, Mohan Kanan, Shruti Pathak, Divya Kumar, Mili Nair
ChorégraphesMansi Aggarwal, Jayesh Pradhan
ProducteursRonnie Screwvala, Siddharth Roy Kapur
Durée125 mn

Bande originale

Manjha
Shubhaarambh
Meethi Boliyaan

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Fiche IMDB
Page Wikipedia
La critique de Fantastikindia

Par Didi - le 28 mai 2013

Note :
(7/10)

Article lu 1250 fois

Ishaan (Sushant Singh Rajput), Omi (Amit Sadh) et Govind (Raj Kumar Yadav), trois jeunes de la classe moyenne, vivent à Ahmedabad (Gujarat). Ils ont des projets plein la tête comme tous les jeunes gens de leur âge, entre autres celui d’ouvrir un magasin d’équipement pour le cricket — sport par antonomase en Inde — avec un centre d’entraînement. Ishaan aurait voulu être joueur professionnel, jouer dans l’équipe nationale. Bien qu’il soit bon, la politique de recrutement des sportifs de haut niveau, puisant essentiellement dans le vivier des universités, ne lui en a pas laissé l’opportunité. Il se console néanmoins pensant changer les choses en devenant entraîneur des jeunes de son quartier et former de futurs graines de champion. Govind est le geek et la tête pensante du trio. Passionné de mathématiques, c’est lui qui est à l’origine du projet d’ouvrir le magasin dont il entend bien gérer les comptes. Quant à Omi, à la personnalité moins affirmée, il suit le mouvement et se contente d’apporter le soutien financier au projet grâce à l’argent de son oncle, politique à la tête d’un parti nationaliste hindou. Nos trois compères sont, comme les jeunes de leur âge, travaillés par les hormones, autrement dit, ils ont aussi des préoccupations amoureuses, surtout Govind qui n’est pas indifférent au charme de la sœur d’Ishaan et celle-ci le lui rend bien. Ishaan, quant à lui, se concentre sur un talent en herbe qu’il vient de découvrir, le jeune Ali, dont il espère bien faire un futur joueur de l’équipe nationale.

L’amitié des trois jeunes hommes va alors être mise à l’épreuve des aléas de la vie qui leur reservent un destin bien différent de celui qu’ils avaient imaginé…

Kai Po Che ! Est le troisième film d’ Abhishek Kapoor, qui s’était surtout fait connaître grâce au très bon Rock on !!. C’est aussi l’adaptation du roman de Chetan Bhagat, The 3 Mistakes of My Life, dont une autre œuvre est à l’origine de 3 Idiots, et comme on est jamais mieux servi que par soi-même, il a aussi participé à l’écriture du scénario. On retrouve d’ailleurs dans Kai Po Che !, des éléments communs aux deux films cités, à savoir les aspirations de la jeunesse indienne contemporaine de classe moyenne à travers une histoire d’amitiés et de destins croisés. Kai Po Che ! s’inscrit donc dans la lignée de Dil Chahta hai, l’un des premiers films à avoir dressé le portrait de jeunes Indiens modernes cherchant leur place dans une société en pleine mutation.

On pourra regretter cependant que ces films, en dépit de leur modernité revendiquée, reprenne malgré tout la tradition classique de dépeindre essentiellement l’amitié virile de sorte que l’on ignore les aspirations des jeunes indiennes, soit de la moitié de la population. Les histoires d’amitiés mixtes qui ne finissent pas en relation amoureuse sont bien trop rares dans la filmographie indienne. Sur le modèle du destin croisé d’un groupe d’amis, je n’en connais d’ailleurs qu’un, Ullam Ketkume.

La narration de l’amitié et de ses épreuves des trois jeunes hommes de Kai Po Che ! est, somme toute, assez classique, puisqu’elle s’étale sur un long flash-back, avec un prélude et un épilogue présentant les personnages à l’époque actuelle, soit quelques années après le déroulement de l’histoire principale. La division du film en deux parties, marquée par l’interlude ou intermission, avec la deuxième plus sombre, plus dramatique que la première est tout aussi académique. D’ailleurs, en regardant la première partie de Kai Po Che !, assez longuette et banale, on se dit qu’on a encore affaire à un énième film de copains sur le sport. Ce n’est qu’en sachant que les choses intéressantes arrivaient après l’intermission que j’ai pu aller au-delà. Oui, que voulez-vous, j’aime bien les drames et encore, je me soigne !

J’évoquerai peu cette deuxième partie pour ne pas dévoiler le dénouement que l’on pressent malgré tout. Je dirai simplement que les épreuves que réserve le destin à nos trois amis sont un tremblement de terre et les émeutes interreligieuses — euphémisme policé pour désigner un massacre mutuel d’individus dressés les uns contre les autres par la manipulation politique — de 2002. C’est à ce moment que Kai Po Che ! offre ses scènes les plus intéressantes et émouvantes. Car on voit bien Omi, le plus influençable des trois, glisser sur la pente du fanatisme et se distancer de ses amis jusqu’à commettre l’irréparable. Là encore je dirai que Kai Po Che ! ne brille pas par son originalité. Mais il est vrai que lorsqu’on a en tête Bombay, de Mani Ratnam, pour narrer une histoire similaire, la comparaison est difficile à soutenir.

Jusqu’à présent, je n’ai pas été très élogieuse dans ma chronique de Kai Po Che ! Si ce film est classique, académique, etc. quel peut être l’élément de fraîcheur qui serait la principale motivation pour le voir ? Sans hésiter, je répondrai son casting. Ces trois jeunes acteurs méconnus — j’entends par là pas « fils de » —, plus habitués du petit écran que du grand, rendent leur personnage crédible et attachant, et apportent la touche de spontanéité qui font de Kai Po Che ! un film honnête faute d’être un grand film. Ils sont donc trois promesses que l’on aimerait voir confirmées si ces jeunes hommes, comme d’autres avant eux, ne se fourvoient pas (ne te sens pas visé, Bharath !). Je donnerai malgré tout une mention spéciale à Sushant Singh Rajput qui crève littéralement l’écran par sa prestance et sa beauté, digne d’un prince rajpoute. Après Ayushmann Khurrana, révélation de Vicky Donor, également venu du petit écran, on se dit que la télévision représente un vivier de jeunes acteurs (à quand les actrices ?) prometteurs qui peuvent représenter une alternative intéressante au renouvellement des générations.

Les quelques chansons qui ponctuent le film sont agréables, mais ne laissent pas un souvenir impérissable. On signalera cependant un numéro de garba, très bien intégré à la trame narrative.

Quant à la signification du titre, « kai po che ! » est un cri de joie gujarati qu’entonne le vainqueur d’une course de cerf-volant. Difficilement traduisible, le film a été exploité à l’international sous le titre de Brothers for life, frères pour la vie.

Kai Po Che ! a été présenté à la Berlinale, en février dernier. Sorti le 22 février sur les écrans internationaux (sauf en France), il a rencontré un succès honorable et a été déclaré semi-hit au box-office.


Bande-annonce

Commentaires
4 commentaires
En réponse à Didi - le 29/05/2013 à 20:28

Ce n’est pas moi qui déclare "hit" ou "semi hit", j’ai pris l’information sur Box Office of India, institution quand même plus compétente que nous en la matière. Cf. http://boxofficeindia.com/cpages.php?pageName=earnings

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clem le 29/05/2013 à 11:13

Pas trop d’accord avec ta critique, j’ai vraiment adoré ce superbe film, et je le placerai plus dans la lignée de Rang De Basanti que Dil Chahta Hai… j’aurais mis 8,5/10 :) (par contre rectification, ça a été un bon hit puisqu’il a remporté plus de deux fois son budget en Inde)

Didi le 29/05/2013 à 20:28

Ce n’est pas moi qui déclare "hit" ou "semi hit", j’ai pris l’information sur Box Office of India, institution quand même plus compétente que nous en la matière. Cf. http://boxofficeindia.com/cpages.php?pageName=earnings

clem le 30/05/2013 à 16:54

Plusieurs sites fiables l’ont déclaré hit, comme koimoi et bollywoodhungama… Après chacun ses sources, au pire ça reste un succès surprise pour des acteur peu/pas connus :)

Didi le 30/05/2013 à 21:08

… Et surtout prometteurs. Espérons qu’ils confirment.