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Conclusion de l’affaire Vishwaroopam [Mise à jour du 05-02-2013]

Publié mardi 5 février 2013
Dernière modification mardi 5 février 2013
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Par Gandhi Tata

Rubrique News
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Mise à jour du 05-02-2013 : Avec l’intervention de Kamal Hassan, qui a annoncé hier la date de sortie de son film polémique (7 février), l’affaire Vishwaroopam s’est définitivement close, non sans une certaine amertume, puisque les organisations musulmanes ont réussi à obtenir l’altération du long métrage.


Certains passages, dit offensants, seront coupés et les personnages du film seront brièvement réduits au silence, le temps de quelques dialogues pouvant heurter, selon ces formations politiques, la sensibilité de la communauté musulmane. Cette victoire politique est sans aucun doute un terrible revers pour la liberté d’expression. Kamal Hassan a choisi de jouer le jeu, en retirant son recours en justice et en remerciant poliment le premier ministre de l’état tamoul, Jayalalithaa, qui avait appuyé la ridicule décision de justice et demandé aux deux parties de trouver une solution à l’amiable.


Cependant, l’acteur peut se consoler avec l’excellent résultat de son film au BOX OFFICE du nord de l’Inde. En effet,Vishwaroopam a réussi l’exploit de faire une meilleure première semaine que Endhiran - the robot (2010), précédent succès tamoul en territoire bollywoodien.

On a également entendu que Kadal, qui vient de sortir, faisait l’objet d’une plainte déposée par une organisation chrétienne nommée Christhu Murthy Christian Democratic Party, laquelle accuse le film d’être anti-chrétien. Mani Ratnam n’a pas encore fait de communiqué, mais devant la recrudescence de ces intolérances, tout réalisateur devrait, à l’avenir, s’inspirer du Dictateur de Chaplin, pour aborder les sujets délicats.

caricature extraite de santabanta.com


Mise à jour du 01-02-2013 : L’affaire Vishwaroopam n’en est pas encore à son dernier épisode, mais les derniers évènements ne font que renforcer le sentiment de dépit.


Le gel des projections au Tamil Nadu est toujours maintenu et, pour couronner le tout, le premier ministre de l’état tamoul, Jayalalithaa, est intervenue en personne pour appuyer la décision de justice et renvoyer les deux parties, dos au mur, afin qu’elles puissent trouver un accord à l’amiable.


Tout naturellement, c’est aussi à ce moment que l’ensemble de la confrérie kollywoodienne s’est réveillé pour féliciter honteusement cette insignifiante intervention politique et soutenir hypocritement l’acteur, Kamal Hassan, dans ce moment difficile. Bien heureusement, ses amis fidèles, comme Rajnikanth, n’ont pas attendu la décrue pour le réconforter.


Bien avant ces interventions, du pouvoir, et de l’industrie du cinéma tamoul, Kamal s’est exprimé à deux reprises, dans un climat chargé d’émotion. Dans un premier temps, le comédien a littéralement craqué devant les médias, en expliquant son calvaire et son désir de quitter le pays. Enfin, il a repris ses esprits pour apaiser les tensions et demander le calme de ses fans clubs, prêts à en découdre avec les organisations musulmanes en cause. Il a tenu également à minimiser la portée de cette affaire et à rappeler que ce n’était finalement que du cinéma. Son discours était très digne et pacifique, lorsqu’il a insisté sur le soutien qu’il a reçu de la part de ses fans de tous les horizons religieux. Kamal : "Je n’éprouve aucune colère, mais de la déception, et même si je risque de perdre ma maison, ce n’est que du cinéma…."


A présent, l’acteur est occupé avec la promotion du film dans le nord de l’Inde et il ne compte pas faire appel de la décision ou de réagir sur cette affaire, avant le 6 février 2013. Mais devant la justification du premier ministre, qui a invoqué l’article 144, en rapport avec le maintien de l’ordre public, pour bloquer la sortie du film au Tamil Nadu, Kamal Hassan n’a qu’un seul choix possible, celui de couper les scènes pouvant heurter la sensibilité de la communauté musulmane.


Toute cette polémique autour de Vishwaroopam relance une fois de plus le débat sur le fonctionnement de la censure, au niveau national. Des personnalités comme Salman Khan, Javed Akhtar, Shyam Benegal ou encore Priyadarshan ont ouvertement apporté leur soutien à Kamal, et sévèrement condamné cette misérable décision de justice.

Encore une fois, l’art est instrumentalisé par le pouvoir politique pour attiser la haine et toute une communauté est trahie par des organisations censées la représenter.


Mise à jour du 26-01-2013 : Vishwaroopam a débuté, hier, sa carrière dans les salles obscures du monde et en Inde, excepté dans l’état du Tamil Nadu et à Pondichéry. En plus de ce gel initial, prononcé par la cour supérieure de Madras, la police a fait irruption dans les salles de l’état d’Hyderabad pour interrompre la projection du film et expulser les spectateurs.


D’un autre côté, de nombreux tamouls, fans de l’acteur ou simples cinéphiles, ne se sont pas découragés, et sont allés jusqu’à passer la frontière pour aller voir le film, dans un état où la décision de justice n’est pas appliquée. Enfin, les premiers avis sont unanimes, et mis à part la longueur du film, tous s’accordent à dire que Vishwaroopam ne véhicule pas de messages islamophobes et qu’au contraire, il critique assez sévèrement, les forces pernicieuses, comme le terrorisme ou la politique, qui usent de l’Islam pour manipuler les consciences. Finalement, c’est peut être par peur d’être démasqué, que ces formations religieuses extrémistes, ont voulu museler la liberté d’expression de Kamal Hassan.


En souhaitant, la victoire de l’art, sur l’obscurantisme religieux, nous attendons toujours des nouvelles d’une hypothétique sortie française, qui semblait pourtant certaine, il y a quelques jours. Les rumeurs de la toile, parlent d’un distributeur mystère qui aurait acquis les droits pour la France, mais qui tarde à se faire connaitre. Si ces bruits sont avérés, il serait pourtant dans son intérêt, de profiter du buzz généré par ce film, pour le sortir. Nous vous en dirons plus, quand les infos filtreront.


Si il y a bien un cinéaste indien, qui est capable de susciter la curiosité, l’intérêt et la polémique, c’est Kamal Hassan ! 58 ans, une carrière aussi immense que son égo, et un talent unique. Kamal, on peut l’adorer ou le détester, mais impossible de passer à côté de ses chef-d’œuvres.


Si ses derniers films étaient plutôt décevant, l’acteur-réalisateur revient avec un long-métrage politique, au sujet actuel et brulant : le terrorisme. Baptisé Vishwaroopam, ce thriller politique d’espionnage, aura une intrigue qui semble emprunter le même chemin que la série évènement Homeland.


D’après la bande annonce, Kamal y interprète Viswanath, un personnage énigmatique, ayant une double identité de danseur efféminé et d’un agent double ou dormant, qui va reprendre du service. Sa femme, le Dr Nirupama, ignore tout, du véritable visage de son mari et le soupçonne pour les mauvaises raisons. Lorsque Ben Laden est éliminé par les forces spéciales américaines, des représailles s’organisent et les cellules dormantes sont réactivées. C’est aussi le moment pour Viswanath de révéler son vrai visage, son Vishwaroopam.


Le moins qu’on puisse dire, c’est que le synopsis du film, qu’on devine au visionnage des films-annonces, nous promet un long métrage passionnant et truffé de rebondissements. D’ailleurs, les acteurs le disent, dans cette histoire, tout le monde a un double rôle. La distribution proposée par Kamal est tout aussi surprenante que son histoire, puisqu’elle comptera le réalisateur Shekar Kapur, l’actrice indo-américaine Pooja Kumar, la comédienne tamoule Andrea Jeremiah et des acteurs du cinéma hindi comme Rahul Bose et Zarina Wahab. Sachez aussi que Vishwaroopam sortira en 3 versions, hindi, tamoule et telugu. Le film a été simultanément tourné en hindi et tamoul, et il sera doublé en telugu.


Le cinéma de Kamal Hassan est souvent sujet à controverse, mais nul n’aurait imaginé l’acteur dans un tel tourbillon. Si Vishwaroopam a valu à son acteur-réalisateur, l’appréciation d’une personnalité comme Barrie M. Osborne (producteur de la trilogie du Seigneur des Anneaux) et d’un prétendu projet hollywoodien, il lui a également offert un véritable chemin de croix, dont il se serait bien passé.


Tout commence avec les protestations d’un parti politique extrémiste, le Hindu Makkal Katchi, qui reproche à Kamal, l’utilisation d’un titre en sanskrit, pour un film tamoul. Leur revendication est de le changer et donner un nom en tamoul. L’acteur n’en est pas à son premier accrochage avec cette formation politique, qui l’accuse régulièrement d’être anti-tamoul. Kamal Hassan est sorti victorieux de ce premier acte, mais il ne savait pas à ce moment, que ses déboires ne faisaient que commencer.


L’acte 2 voit Kamal affronter l’association des exploitants de salles de cinéma du Tamil Nadu. L’acteur planifiait de révolutionner l’industrie du cinéma tamoul, avec une sortie simultanée de son film en salles et en DTH (Direct to Home), c’est à dire, en vidéo à la demande, à la télévision. Dès la divulgation de ce projet, la levée de boucliers ne s’est pas faite attendre et a poussé Kamal Hassan à différer l’offre en DTH, 1 semaine après la sortie en salles. On ne parlera pas de revers, puisque l’accord à l’amiable sur la sortie décalée était, d’une certaine manière, une petite avancée. Cette proposition était surement trop progressiste pour une industrie qui rechigne à changer ses méthodes de travail.


Enfin, la dernière polémique en date a été orchestrée par le responsable politique de la formation du Tamil Nadu Muslim Munnetra Kazagham (TMMK), Jawahirullah, qui prétend que la sortie du film risque de créer une vague de peur et d’hostilités envers les tamouls musulmans barbus. Ces allégations ridicules ont pourtant trouvé un écho, au sein de nombreuses organisations musulmanes, qui ont réussi à obtenir de Kamal Hassan une projection spéciale pour juger du contenu. Cependant, cette séance a été retardée de 15 jours par le gouvernement du Tamil Nadu, à cause des protestations répétées du TMMK. Finalement, l’affaire, qui est actuellement en cours de jugement à la cour supérieure de Madras, a pris une mauvaise tournure, avec le tribunal qui a décidé de geler, la sortie tamoule jusqu’au 28 janvier 2013 et autoriser la sortie mondiale, comme prévue, pour le 25 janvier 2013. Cette décision, validée par la censure, est un exemple supplémentaire des manipulations crapuleuses du pouvoir politique pour museler la liberté d’expression. L’autorisation de la sortie mondiale était évidente, puisque les copies du film étaient déjà en circulation dans le monde et un gel général aurait très certainement tué la sortie, même différée, du film, à cause du piratage.

Un comité de soutien virtuel s’est spontanément organisé sur la toile et notamment, sur les réseaux sociaux comme Facebook. En France, de nombreux fans de cinéma tamoul ont arboré en avatar sur facebook, un visuel qui mentionne "respect the art, respect the artist, respect the audience, i support KAMALHASAN". Le verdict final est attendu à partir du 28 janvier 2013 et nous espérons de tout cœur que Kamal en sorte gagnant.


Enfin, aucune info concernant une probable sortie française. Des rumeurs de sortie au Grand Rex ont fait le tour du web, mais le film n’aurait pas obtenu de visa pour le moment et nous n’en savons pas plus sur son distributeur. Nous vous tiendrons au courant, lorsque les infos tomberont.

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