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Kanden Kadhalai

Publié vendredi 11 septembre 2009
Dernière modification vendredi 7 janvier 2011
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Par Jordan White

Rubrique Albums
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▶ Wanted (2009)

Kanden Kadhalai est l’occasion, après Angadi Theru, d’évoquer la musique du sud avec ses apports toujours aussi importants. Si la musique des films du nord a été très inégale en cette année 2009 malgré quelques bonnes surprises de rentrée, le sud nous donne encore l’occasion de nous réjouir de la créativité des compositeurs en langues tamoule et telugu.

Si Kanden Kadhalai ne ment pas quant à son objectif cinématographique, à savoir être le remake stricto sensu de Jab We Met d’Imtiaz Ali (auteur cette année du seul vrai carton au BO de 2009 avec Love Aaj Kal), au niveau de la musique, Vidyasagar nous offre une musique très différente tant du point de vue instrumental, vocal qu’en terme d’impact. Si Jab We Met était une BOF (signée Pritam) correcte (bien que les fans aient pu crier au chef-d’oeuvre), certains de ses titres étaient des pompages intégraux et à peine déguisés de musique pop occidentale, dont une fameuse reprise note sur note d’un tube d’Anggun.

Kanden Kadhalai a au moins une qualité certaine et ce dès Venpanju, c’est de nous livrer une musique originale accrocheuse et joliment composée. Ce titre nous permet aussi de retrouver un chanteur connu des fans du ciné hindi, à savoir Udit Narayan qui enchante dès les premières notes avec sa voix et son timbre si particulier, suivi également par Karthik qui a chanté sur Oy entre autres. Si l’on peut être un peu surpris par les toutes premières paroles, la suite nous rassure tout de suite. Udit entame alors sa partie vocale avec sa voix chaude coutumière. Une chanson très efficace que cette Venpanju qui réussit à s’imposer dans le registre pop comme une chanson très entraînante avec sa touche de flûte de pan distillée avec une heureuse parcimonie.

Suthudu Suthudu hisse la BOF à un cran supérieur, du point de vue de sa construction rythmique (alternance de passages calmes et ponts renversants d’inventivité). Là encore, le débit de paroles au début de la chanson peut surprendre, mais les dhols prennent leur envol au bout de trente secondes pour ne plus nous lâcher. L’alchimie voix/percussions, l’originalité de la mélodie, l’utilisation de l’instrumentation classique (flûte de pan, tablas, dhols), quelque peu absente des BOF depuis des mois (surtout au nord), est ici bien mise en avant et en valeur. A l’instar d’une BOF comme Padikathavan et d’un morceau comme Anukoledenadu sur Oy !, on sent une patte, une identité indienne, éloignée des standards occidentaux, une forme de retour aux sources qui tient plus d’Illayaraja que de All the Best (pour citer une BOF très récente). Impossible de passer à côté de ce pont renversant, très court mais magistral de 3 min 12 s à 3 min 35 s. Il suffit parfois de peu de choses pour vous transporter.

Naan Mozhi est un morceau plus calme, très serein, très apaisé (en apparence). Le titre est davantage soufflé que chanté, mais cette subtilité a son charme évident, et l’auditeur est facilement touché. Il faut surtout signaler que la BOF comporte très peu de dialogues en anglais et est essentiellement chantée en tamoul. Là encore, l’accent est mis sur l’utilisation des instruments classiques sans retouche électronique du son.

Kaatru Pudhidhai est très différent musicalement parlant. Le titre recourt à l’électronique avec intelligence et capte l’air du temps sans imposer un rythme trop binaire. Le morceau repose beaucoup sur l’efficacité du refrain. Sans doute s’agit-il du morceau le plus axé "jeune" du disque, avec son côté résolument club et ses paroles plus limitées que le reste dans le refrain. Mais même dans un genre archi-rebattu qui a donné des classiques encore entonnés de nos jours (You are my soniya sur La Famille Indienne, et beaucoup plus récemment Dance with me d’Aaja Nachle ou Azma Luck de Luck), le titre s’en sort avec les honneurs.

Les deux morceaux qui complètent l’album sont eux aussi plus axés dance/pop, sans oublier la présence de violons ou d’une basse (instruments s’adaptant facilement à toutes les ambiances depuis la musique panarabique jusqu’au slow). C’est le cas pour Oododi Poaren qui s’appuie sur la voix accrocheuse de Lavanya (bien épaulée dans le second couplet avant la reprise du refrain).

La chanson qui vous fera le plus penser à Mauja Hi Mauja, chanson qui était devenue un quasi-hymne à l’époque de la sortie de Jab We Met en 2007, est Oru Naal Iravi, clin d’oeil très appuyé. Quasiment le même tempo, la même intro, et surtout la même influence punjabie durant tout le morceau. C’est du bhangra avec une dose de dance complètement assumée, pas très originale mais très rentre-dedans (ce serait intéressant de savoir comment est mixé ce morceau en boîte, mais ça doit probablement cracher dans les enceintes avec les basses énormes).

Un très bon disque que ce Kanden Kadhalai qui laisse deviner un film fort sympathique avec la délicieuse Tamanna et le talentueux Bharath. Espérons-le en tout cas.


Année : 2009

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