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Karma


Bande originale

Karma (Introduction)
Mera Karma Tu
Aye Watan Tere Liye
Aye Sanam Tere Liye
Maine Rab Se Tujhe
De Daru
Na Jaiyo Pardes
Aye Mohabbat Teri Dastan

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La critique de Fantastikindia

Par Laurent - le 31 octobre 2008

Note :
(7.5/10)

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Rana Vishwa Pratap Singh (Dilip Kumar), un directeur de prison sexagénaire, est convaincu que certains condamnés ont un bon fond et la capacité de se racheter. Mais ce n’est certainement pas le cas du docteur Deng (Anupam Kher), le chef de l’organisation terroriste P.S.O. dont le but est d’anéantir l’Inde, et qui est détenu dans la prison de Singh. Il est d’ailleurs bientôt libéré par ses hommes, et tue la majeure partie de la famille de Singh, dont les seuls survivants sont son fils cadet (Jugal Hansraj), estropié, et sa femme (Nutan), qui devient muette à la suite de ce traumatisme. Singh décide de se venger, et recrute pour cela trois condamnés à mort (Anil Kapoor, Jackie Shroff et Naseeruddin Shah), à qui il promet la liberté s’ils l’aident à combattre le docteur Deng. Il leur fait ainsi subir un entraînement draconien…

Karma se situe à l’apogée de la carrière du showman Subhash Ghai, réalisateur ambitieux d’une série quasiment ininterrompue d’œuvres majeures des années 80 jusqu’à nos jours. Le film est prenant dès le début, avec d’emblée plusieurs scènes marquantes : le dialogue dans la cellule entre le héros idéaliste et le terroriste cynique, les touchantes chamailleries du protagoniste vieillissant et de sa femme, qui a inventé un langage sonore à base de secousses de ses bracelets que seul son époux comprend, la chanson euphorisante du héros… On sent d’ores et déjà que c’est l’une des meilleures prestations du grand Dilip Kumar, qui est excellent dans un rôle de fonctionnaire incorruptible qui s’apparente à celui du vieux policier intègre qu’il jouait dans le fameux Shakti, dans lequel il volait la vedette à Amitabh Bachchan quelques années plus tôt.

Ce long métrage devient encore plus excitant lorsque notre héros enrôle trois prisonniers aux personnalités complémentaires, s’engageant alors dans la voie du film de commando. Certes, ce dernier genre n’est pas traité avec une rigueur exemplaire (personnages de condamnés à mort trop dociles, scènes d’entraînement trop soft et vite expédiées), il fait de longues digressions du côté du road-movie romantique pendant un bon moment, mais la fraîcheur d’Anil Kapoor et la bonhomie de l’imposant Jackie Shroff permettent d’apprécier leurs sympathiques histoires d’amour et leurs réjouissantes chansons aux mélodies entraînantes. Ces deux héros fétiches du réalisateur retrouveront ce dernier trois ans plus tard dans un autre masala de qualité, Ram Lakhan, mais Karma reste nettement plus passionnant.

L’acteur tout-terrain Naseeruddin Shah, qui s’est aussi bien illustré dans des films d’auteur (Le Mariage Des Moussons, Omkara) que commerciaux (Main Hoon Na, Krrish), est également convaincant en ex-terroriste qui décide de se racheter une bonne conduite, et ses joutes oratoires avec le grand Dilip Kumar sont comparables à de beaux moments de théâtre entre deux vétérans. Difficile à croire que ces deux professionnels ne s’entendaient pas sur le tournage !

Le seul véritable point faible de la distribution est Anupam Kher : éternel second couteau généralement abonné à des rôles comiques, il est moins médiocre que d’habitude ici, mais le personnage de terroriste impitoyable qu’il interprète est peu crédible, et sa cruauté ne se manifeste qu’indirectement par les crimes qu’il délègue à ses hommes de main. Dans le rôle, on aurait largement préféré l’excellent Amrish Puri, méchant flamboyant dans bon nombre de réalisations de Subhash Ghai.

Le film contient heureusement assez de séquences marquantes sans son antagoniste, comme les scènes bouleversantes dans lesquelles Dilip Kumar, en voyage avec ses hommes, téléphone à sa femme muette, et où elle répond à chacune de ses questions en agitant ses bracelets d’une certaine manière près du combiné. Ces passages sont si émouvants qu’on les aurait même aimés plus longs et plus nombreux. Une autre scène mémorable est celle où Jackie Shroff s’ouvre la main à l’aide d’un couteau et passe son sang dans les cheveux de sa bien-aimée prisonnière qu’il souhaite épouser. La grande séquence d’action finale dans laquelle nos héros prennent d’assaut le repaire des méchants, une sorte de garnison avec tout une mini-armée de terroristes en uniformes, est également impressionnante : elle n’est certes pas comparable techniquement aux grosses productions hollywoodiennes de l’époque, mais elle en surpasse la plupart par sa force dramatique, un moment jouissif dans ce cinéma populaire où, après s’être longuement identifié au héros meurtri, le spectateur peut enfin apprécier l’exécution de sa vengeance impitoyable…

Malgré son imperfection technique, qui fait du reste tout son charme, et son méchant décevant, Karma est donc un film puissant et très touchant, l’une des grandes références du cinéma hindi des années 80, avec un impressionnant casting de stars attachantes et charismatiques ainsi qu’un grand nombre de scènes mémorables, dont de beaux passages patriotiques qui prennent aux tripes.

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