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Kedarnath


Année2018
LangueHindi
GenreMélodrame / Romance
RéalisateurAbhishek Kapoor
Dir. PhotoTushar Kanti Ray
ScénaristesAbhishek Kapoor, Kanika Dhillon
ActeursSushant Singh Rajput, Sara Ali Khan, Nitish Bharadwaj, Alka Amin
Dir. MusicalAmit Trivedi
ParolierAmitabh Bhattacharya
ChanteursAmit Trivedi, Dev Negi, Arijit Singh, Nikhita Gandhi, Asees Kaur
ProducteursRonnie Screwvala, Pragya Kapoor
Durée116 mn

Bande originale

Namo Namo
Sweetheart
Qaafirana
Jaan ’Nisaar

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Fiche IMDB
Page Wikipedia
La critique de Fantastikindia

Par Brigitte Leloire Kérackian
Publié le

Note :
(6/10)

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Kedarnath est annoncé comme une histoire d’amour interconfessionnelle, entre un musulman et une hindoue, sortie le 7 décembre dernier en Inde .

Pour renouveler l’exercice, Abhishek Kapoor a choisi des personnages contrastés, une photographie très bien structurée, une composition musicale réussie et surtout des décors naturels. Quel rafraîchissement !

Le temple de Kedarnath est connu par tous les amateurs de trek et de spiritualité car c’est une destination de choix : les contreforts de l’Himalaya sont l’écrin de ce temple unique, où coule la rivière Manikarni. Des pluies diluviennes, ajoutées aux débordements des lacs en amont — Chorabari Tal et Gandhi Tal —, ont brutalement balayé Kedarnath et ont causé plus de 4 000 morts et 70 000 disparus en juin 2013.

L’usage des effets spéciaux pour rendre compte de la tragédie des inondations de 2013 a toutefois des résultats inégaux : parfois ils passent inaperçus et d’autres ils sont plus visibles. Le drame a quand même totalement dévasté le village alors que le temple est resté debout. Des images d’archives sont intégrées dans le film.

La montagne abrite le temple hindou de Kedarnath (dans l’État de Uttarakhand) dédié à Shiva. Il se situe à 3500 m d’altitude et à 223 km de la ville de Rishikesh. Le temple n’est accessible que par un chemin de 16 km qu’il faut parcourir à pied sur des chemins escarpés, des escaliers, des lacets, des ponts surplombant des rivières…

Le jeune Mansoor conduit avec son âne les pèlerins, mais aussi — sur son dos ! — tous ceux qui ne peuvent pas marcher sur une si longue distance. On aurait bien envie de grimper avec lui les pentes ardues sur le rythme de la chanson Namo Namo, interprétée par Amit Trivedi… Courageusement, chaque jour de la période du pèlerinage, il facilite la montée aux visiteurs. Il sonne même la cloche à l’entrée du temple, sous l’œil désapprobateur d’un brahmane prétentieux, fiancé de Mukku.

La jeune Mukku, au caractère bien trempé, se passionne pour le cricket et ne se gêne pas pour exploser de joie, ou de rage, quand son équipe favorite est en compétition. Son père est un prêtre brahmane qui gère en famille un hôtel. Pour aider un oncle qui tient une boutique en bas de la vallée, elle descend à dos d’âne puis sur celui de Mansoor jusqu’à celle-ci. Sa personnalité piquante et indépendante ne le laisse pas indifférent.

Mais Mansoor connaît sa place… jusqu’à ce qu’une intimité se profile doucement entre eux. Mukku n’a aucun respect pour le fiancé que ses parents lui imposent. On apprend d’ailleurs qu’il était promis à sa sœur aînée jusqu’à ce qu’il rompe avec elle pour lui préférer Mukku.

Quand Mansoor a le cœur brisé en apprenant que Mukku l’utilise sans vergogne, la jeune fille déploie toute son énergie pour lui témoigner ses sentiments. Les mélodies prennent alors toute leur ampleur pour souligner leurs émotions. La partition musicale et les arrangements avec les voix d’Arijit Singh, Dev Negi, Nikhita Gandhi, Asees Kaur and Amit Trivedi sont absolument remarquables et donnent un lyrisme au diapason de ce décor impressionnant.

Abhishek Kapoor a monté son histoire en moins de 2h, par conséquent aucune scène ou image n’est superflue. La caméra capte magistralement la lumière. Les pentes du massif himalayen verdoyant sont magnifiées. Après Kai Po Che !, on ne peut que le féliciter d’avoir recruté Sushant Singh Rajput. Son jeu d’acteur est parfait lorsqu’il campe le modeste Mansoor, complètement conscient de sa condition sociale et de l’abîme qui le sépare de l’élue de son cœur. Dans chaque scène, sa présence est d’une justesse touchante.

Sara Ali Khan, fille de l’acteur Saif Ali Khan, née de son premier mariage avec Amrita Singh — petite fille de la grande actrice Sharmila Tagore —, interprète avec beaucoup de conviction une jeune fille fière, passionnée, qui a construit ses propres valeurs. Elle refuse le diktat familial du mariage arrangé, soumis au bon vouloir d’un brahmane hautain et rigide. Elle restitue Mukku sans efforts. Le spectateur a envie de la voir triompher de l’adversité. Ses incantations ont quand même un caractère prémonitoire, illustration du profond enracinement de la spiritualité et de la pratique religieuse dans la culture indienne.

Il n’en reste pas moins que ce long métrage est très bien rythmé, il nous emporte dans une montagne peu filmée à Bollywood car les tournages sur sites sont chers. Ce charmant couple de cinéma joué par Sara Ali Khan et Sushant Singh Rajput est bouleversant de simplicité et de véracité.


Bande-annonce

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