]]>

Kochadaiyaan s’anime

Publié vendredi 14 mars 2014
Dernière modification vendredi 14 mars 2014
News lue 501 fois

Par Gandhi Tata

Rubrique News
◀ La semaine Bollywood #5
▶ La semaine Bollywood #6

Le week-end dernier, l’attente des fans de la Superstar Rajinikanth s’est achevée avec la présentation de la bande-annonce finale de Kochadaiyaan, à l’occasion du lancement de la bande originale du film, signée A.R. Rahman, en présence de Shah Rukh Khan. Ce film d’animation en 3D, réalisé en performance capture, sortira cet été, après une gestation de près de 7 ans. Le développement de cette coproduction Eros International-Media One Global Entertainment fut si chaotique qu’on ne pensait pas la voir débarquer à l’écran un jour.


Aussi invraisemblable que cela puisse paraitre, Kochadaiyaan revient d’une traversée du désert, émaillée de nombreux pépins, qui aura duré presque 7 ans. Après le développement raté de Sultan : The Warrior (un projet d’animation) (2007), Soundarya R. Ashwin (fille de Rajni) devait produire un film d’époque intitulé Rana (2011), avec son père et Deepika Padukone à la distribution. Malheureusement, l’état de santé de Rajinikanth s’est dégradé suite à un problème de déshydratation et Rana fut définitivement abandonné.



Après la convalescence de l’acteur, Soundarya R. Ashwin a ravivé son rêve de film en motion capture, en initiant la production de Kochadaiyaan. D’une part, avec l’âge avancé de son père et ses problèmes de santé, la performance capture était un moyen efficace de revoir un Rajni en pleine forme, bien que virtuelle, et d’autre part, ce projet a permis de récupérer tout le travail d’écriture réalisé pour Rana. D’après le réalisateur K.S.Ravikumar, ce nouveau long-métrage raconterait l’histoire de Kochadaiyaan et de son fils Rana (Rajni dans un double rôle).


Avec un budget estimé entre 20 et 23 millions de dollars, des stars comme Rajni, Deepika Padukone et Jackie Shroff, et des techniciens de premier plan comme A. R. Rahman et Rajiv Menon, Kochadaiyaan n’a pas le droit à l’erreur. Alors cette bande-annonce, bien ou bien ?

Par sympathie et respect pour celui qui fait vibrer des millions cœur, on est tenté de dire que c’est une première tentative, plutôt honorable, qui mérite d’être soutenu. Mais quand on visionne ces images et on se souvient de ce qui nous a été présenté 7 ans auparavant, sous le nom de Sultan : The Warrior, les progrès sont assez ridicules. Enfin, le nom de Soundarya R. Ashwin derrière le fauteuil de réalisateur fait doucement rire, lorsqu’on sait qu’à part être bien née, celle qui s’autoproclame graphiste et conceptrice d’images numériques n’a que des génériques de films, en terme de réalisation (et 10 ans de carrière). Plutôt maigre pour se lancer dans un domaine qui demande de la maturité, de l’exigence et d’être un tant soit peu perfectionniste.


Kochadaiyaan ressemble plus à une pompe à fric, destinée à berner les fans de l’acteur, qu’à une véritable prouesse technique visant à poser les premiers jalons de l’animation tamoule. Sans prendre de pincettes, ça respire davantage l’opportunisme mal placé d’une fille qui cherche à prospérer et vendre du rêve, sur le nom de son illustre père.

Cette critique peut paraitre sévère, mais Soundarya R. Ashwin qui est à la tête de ce projet, représente une puissance financière non négligeable, et jouit d’une notoriété considérable, grâce à sa Superstar de père. Ces avantages lui ont permis de monter une société de production et de nouer un accord avec la Warner Bros Entertainment. Autant d’éléments qui auraient dû lui permettre d’avoir le meilleur en matière de savoir faire technique. Mais cette bande-annonce présente un résultat assez hideux graphiquement, et je ne parle même pas de la motion capture qui frôle l’amateurisme et se limite à reproduire la gestuelle, mais qu’en est-il des expressions faciales ?

Enfin, pour ceux qui estiment, qu’il ne faut pas comparer Kochadaiyaan à des mastodontes comme Les Aventures de Tintin : Le Secret de La Licorne ou Le Drôle de Noël de Scrooge dont les budgets avoisinent les 150 millions de dollars, je suis tout à fait d’accord. Mais prenez Albator, corsaire de l’espace, film d’animation japonais de Shinji Aramaki sorti l’année dernière. Il a été produit pour 30 millions de dollars, soit 6 ou 7 millions de plus que Kochadaiyaan, mais la différence est gigantesque.


Le manque d’ambition est décevant et cela se voit dès les 30 premières secondes, lorsque Rajni marche, observez la texture du sol, lisse, sans aucune pierre, alors que la scène se déroule dans un paysage montagneux. À 1’20’’, nos yeux se focalisent sur la Superstar, mais regardez un peu les personnages secondaires, identiques avec des vêtements différents et une démarche de zombie. On peut dire que je chipote pour ces détails insignifiants, mais ces images me font penser à la modélisation des personnages et des décors de jeux comme Half-Life à la fin des années 90. Ainsi on a un Rajni au regard de bœuf alors qu’il est hyper charismatique dans la réalité, et que dire de Deepika dont le sexappeal vole en éclat avec des yeux exorbités comme si elle venait de tirer des rails de coke.

J’espère que la postproduction est en cours et que le résultat final sera moins ignoble. Si on ne doit retenir qu’une chose de Kochadaiyaan, c’est sa bande originale assez exceptionnelle, composé par A.R. Rahman qui, lui, ne déçoit pas.


Commentaires
3 commentaires