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L’Eté Bollywood 2016

Publié dimanche 24 juillet 2016
Dernière modification dimanche 24 juillet 2016
News lue 418 fois

Par Savoy1

Rubrique News
◀ 4 bébés/seconde, Saison 1
▶ Sortie de Déesses indiennes en colère

Depuis la mi-juillet, et ce jusqu’au 13 septembre 2016, l’été est de nouveau « bollywood » pour le Brady, le cinéma du 39 boulevard de Strasbourg, Paris 10ème.

Porte-étendard du cinoche bis fantastique et d’horreur pendant une bonne trentaine d’années, la salle de quartier, qui fête cette année ses 60 printemps, confirme aujourd’hui son statut de passeur des cinématographies du Monde. Parallèlement au cycle Monumental, qui met à l’honneur des œuvres maitresses du patrimoine, de la Dolce Vita aux Portes du Paradis, en passant par West Side Story ou Spartacus, on est ravi de retrouver une nouvelle édition de l’Eté Bollywood.

Année « anniversaire » oblige pour le Brady, les représentants indiens de cette saison, au nombre de huit, accueillent, en plus des récentes sorties habituelles, deux métrages qui ont marqué l’histoire de la distribution en salle française au tournant des années 2000.

Le programme hindi

Tout d’abord, Devdas version 2002, qui aurait pu figurer au palmarès du cycle Monumental. Sanjay Leela Bhansali, Aishwarya, Shah Rukh, est-il utile d’en dire davantage. Du mélo au long cours, dont la flamboyance a définitivement toute sa place sur grand écran.
My name is Khan, ensuite, toujours avec Shah Rukh. Typique des œuvres fleuves portées par l’acteur au tournant des années 2000-2010, qui auront permis au cinéma de studio hindi, l’espace de quelques sorties, de se frayer un chemin dans les multiplexes français. Avant que le travail de nos amis de Aanna Films et consorts ne porte ses fruits.
Jamais deux sans trois, SRK encore, avec son petit dernier, Fan, thriller ambigu sur la célébrité. Une forme de retour en grâce pour la star, après un enchaînement d’apparitions qui semblaient devenir mécaniques.

Allez, assez de SRK, et remettons cette autre forte personnalité qu’est Salman Khan au centre de nos attentions. Deux films pour renouer avec ses différentes facettes. D’une part l’espion et aventurier viril de Ek tha Tiger , blockbuster de série B, dont ce sera peut-être l’occasion de revoir le spectacle à la hausse sur grand écran, n’en déplaise à nos rédacteurs de l’époque ;-)
Mais Salman c’est aussi le pauvre bougre frappé par le destin (il reste viril, rassurez-vous !), via le mélodrame « sportif » Sultan, qui poursuit ici sa carrière entamée début juillet.

Voici venir maintenant Tamasha, rom-com à la sauce bollywood, qui pourrait faire figure d’outsider auprès de ses collègues. A priori ici, pas de grand spectacle, pas de « gros bras » ni de feu d’artifice. Mais de la romance, portée par la musique de Rahman, qu’il va être possible de rattraper si on a loupé sa modeste sortie il y a de cela quelques mois. D’autant plus que notre rédactrice nous y incite via sa chronique.

Deux rejetons du Sud

Pour terminer ce tour d’horizon, deux métrages à part : Pizza et La légende de Baahubali. « A part » pour de multiples raisons.
D’abord, pas de cycle « bollywood » qui se respecte sans films qui n’en sont pas, du « bollywood ». Eternelle problématique des étiquettes imposées au public à un instant t.
Deuxièmement, parce que nos deux films, respectivement tamoul et telugu, sont les fiers représentants de deux échelles de valeurs économiques et industrielles à l’opposé l’une de l’autre. Le cinoche indépendant et bricolé d’un côté, la grande fresque nourrie au spectacle surdimensionné et aux effets spéciaux de l’autre.
Enfin, vu de notre sol français, ils sont en quelque sorte les bornes jalonnant un trajet entamé par Aanna Films pour la reconnaissance du cinéma de genres. Présenté au premier FFAST, en 2013, Pizza n’aura pas connu de distribution en salle. De manière assez fataliste, notre collègue d’Aanna offrait alors peu de probabilité de visibilité sur nos écrans, pour cette catégorie de petits films sans star. Ce sera démenti par la suite, et de quelle manière …
L’occasion donc de (re)découvrir au cinéma les effluves angoissantes dégagées par cette pizza. Comme de profiter de la reprise sur Paris des péripéties grandioses d’un prince amené à régner.

Nous vous laissons consulter ici le programme des réjouissances.
La ferveur du public indien ne sera vraisemblablement pas de la partie. Mais l’équipe du Brady ne demande qu’à accueillir ceux pour qui l’expérience de la salle a encore un sens. Pour ceux qui le peuvent, l’occasion également d’une petite balade dans ce quartier populaire, entre le passage Brady et la rue du faubourg St Denis.

Les 60 ans du Brady

En parlant de balade, permettez-nous un petit coup de projecteur sur la médiathèque Françoise Sagan, sise au 8 rue Léon Schwartzenberg du même 10ème arrondissement, tout près de la gare de l’Est.

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"copyright" Médiathèque Françoise Sagan

Gilles Chétanian, actuel projectionniste du Brady, y a été accueilli pour la mise en place d’une modeste, mais ô combien nostalgique exposition retraçant les étapes qui ont marqué la carrière du cinéma qui l’emploie. Dans un cadre clair et chaleureux, parmi les memorabilia rassemblés, affiches, photos d’exploitation et autres archives transmises par les anciens du lieu, la plaquette d’une précédente édition de l’été bollywood, sur laquelle plane le nom de notre site, alors partenaire de l’événement. De nombreux objets qui parleront à tout collectionneur ou fétichiste du cinéma qui se respecte. Cette exposition, dont l’entrée est libre, se tient jusqu’au 18 septembre.

Si vous avez un peu de temps, ne pas hésiter : c’est rendre hommage à un lieu qui fait vivre son quartier, et notre passion, ce de son vivant …

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