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Le cinéma d’Ameer Sultan, Paruthi Veeran

Publié mercredi 30 mars 2011
Dernière modification mercredi 30 mars 2011
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Par Gandhi Tata

Rubrique News
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▶ Fin du jeu-concours Raam

A l’occasion des projections du film Raam en France avec la présence exceptionnelle d’Ameer Sultan (voir la news), Fantastikindia vous propose de découvrir les meilleurs clips musicaux et extraits de films du réalisateur !

Après s’être intéressé aux débuts d’Ameer Sultan avec Mounam Pesiyathe, place maintenant à son dernier film qui l’a définitivement placé parmi les réalisateurs qui compte à Kodambakam.

Paruthi Veeran sorti en 2007, est incontestablement son plus grand succès commercial ! Je précise bien commercial, car le film, en dépit de ses nombreuses qualités, a toujours fait débat pour sa fin controversée et brutale. En comparaison, Raam avait fait l’unanimité au sein de la critique.


Son 3ièm film est important et spécial à plus d’un titre ! Premièrement, Paruthi Veeran est une œuvre qui renouvelle et remet au goût du jour, les films ruraux qui furent à la mode durant les années 80-90. Le réalisateur Barathiraja qui s’en était fait une spécialité, avait donné un visage romantique aux campagnes tamoules. Entre verdure chatoyante et villageois chantonnant dans les champs, Barathiraja ne se permettait que quelques audaces en matière en réalisme comme Karuthamma en 1995, qui parlait des infanticides de fillettes.

Paruthi Veeran tire son inspiration des violences ethniques qui ont fait rage dans les villages tamouls par le passé. Ce problème, n’a d’ailleurs jamais réellement quitté les actualités, mais la situation tend à s’améliorer. Pour que son film soit le plus fidèle possible à ses faits divers, Ameer Sultan s’est appuyé sur les textes juridiques (Criminal tribes act) établis sous l’occupation britannique en 1871 et condamnant les crimes ethniques qui étaient courants dans les campagnes indiennes de cette époque.

Le sujet choisi est sensible et Ameer Sultan n’opte pas pour les clichés cinématographiques. Là où un autre réalisateur aurait préféré romancer à souhait et diluer le matériau de départ, lui, suit la logique de cet univers violent et compose des personnages bruts et authentiques.


La qualité principale du film est cette impression de réel qui se dégage au visionnage. D’ailleurs, le plébiscite du public pour un objet cinématographique aussi singulier, a été une véritable victoire pour le réalisateur et sa foi en une histoire qui n’avait au départ, aucune chance au Box Office selon les observateurs.

Au pari du film rural, s’ajoute celui de lancer la carrière d’un débutant, fils de et frère de. Ameer Sultan a eu du flair en misant sur Karthi Sivakumar, fils du grand Sivakumar, acteur vedette des années 70 et frère de la grande star du moment, Surya Sivakumar. C’est avec ce lourd héritage, que le comédien s’est plongé dans le rôle de Paruthi, grosse brut au cœur tendre qui va s’éprendre de la belle et farouche Muthazhagu. Karthi s’est considérablement investi pour ce rôle et sa transformation physique a énormément contribué à la crédibilité du personnage.

Si Paruthi Veeran a été un début idéal pour Karthi, ce fut une véritable renaissance pour l’actrice Priyamani dont la carrière était resté dans les startings block depuis plusieurs années, en dépit d’un talent certain. Sa géniale interprétation, lui a valu le très convoité National Award qui n’avait plus été remis à une actrice tamoule depuis longtemps.


Les grands films se sont souvent fait dans la douleur et Paruthi Veeran, ne déroge pas à la règle. Après le retrait de la boite de production Studio Green pour cause de pertes financières, peu avant la fin du tournage, Ameer Sultan avait du mettre la main à la poche pour terminer le film avec Teamwork. Cette affaire arriva à un point critique lorsqu’il fallu décider du propriétaire. La justice trancha en faveur de Studio Green qui avait financé la majeure partie de Paruthi Veeran, mais sur le plan moral, sans Ameer Sultan et Teamwork, le film n’aurait jamais vu le jour.

Enfin, côté musique, Yuvan Shankar Raja était fidèle au poste après Mounam Pesiyathe et Raam. Le challenge était de taille ici, car Yuvan, plus connu pour ses morceaux électroniques et teintés de hip hop, devait s’essayer à la folk tamoule. Le résultat sonne juste et prouve que le compositeur est capable d’explorer de nouveaux horizons musicaux.

Paruthi Veeran est un des meilleurs films de la décennie 2000 et nous vous invitons à découvrir cette Fantastik critique de nos Fantastik rédacteurs : >>ici<<


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