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Lootera

Traduction : Voleur

Bande originale

Sawaar Loon
Ankahee
Monta Re
Zinda
Manmarziyan

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La critique de Fantastikindia

Par Kendra - le 26 novembre 2013

Note :
(8/10)

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1953, dans un village du Bengale, un jeune archéologue peu bavard et la fille au caractère bien trempé d’un zamindar tombent éperdument amoureux. En cette période trouble, comment vont-ils vivre leur destin ?

Second opus du réalisateur Vikramaditya Motwane après le très acclamé Udaan, présenté à Cannes en 2010, Lootera était aussi bien attendu par les cinéphiles que par les critiques qui acéraient déjà leurs plumes.

Après avoir réalisé un premier gros succès, il est toujours difficile de ne pas décevoir, c’est pourtant le tour de force du jeune cinéaste, ici, qui choisit d’adapter une nouvelle américaine du début du XXème siècle, The New Leaf, d’O. Henry. Pour plus de précision, la première partie du film est entièrement sortie de l’imagination du réalisateur afin de donner aux personnages une histoire un peu plus profonde. Il est d’ailleurs fortement déconseillé, si vous voulez garder la primeur des rebondissements, d’aller lire le résumé de la nouvelle.

Lootera n’est pas seulement un beau film, c’est une véritable poésie d’une douceur incroyable pour les yeux et d’une chaleur enveloppante pour l’âme. Une œuvre qui fait de sa lente narration son atout principal afin de permettre de ressentir toute l’empathie nécessaire à l’égard de ces personnages si humains. Lootera demande un peu de patience de la part du spectateur, mais absolument pas d’effort pour apprécier pleinement la symbolique des épreuves (pas forcément très subtiles, il est vrai).

Toutes ces émotions mises superbement en image par Mahendra Shetty ne seraient pas complètes sans le support musical créé de main de maître par Amit Trivedi, qui, encore une fois, signe un véritable petit bijou. Voilà une succession de mélodies à la douceur bienvenues qui vous hanteront bien après la fin du film.

Un film porté par des performances d’acteurs, principaux et secondaires, magistralement dirigés par Vikramaditya Motwane.

Le couple à l’écran est incarné par deux des acteurs les plus en vue des ces dernières années, les deux dernières stars du cinéma commercial, car il faut bien l’avouer, jusqu’à Lootera, ils étaient plutôt abonnés à des rôles sans trop de substance à l’exception peut-être du premier film de Ranveer Singh, Band Baaja Baarat. Il a cependant enchaîné plusieurs films misant clairement plus sur sa plastique irréprochable que sur ses dons d’acteurs. C’est une erreur ici réparée tant il incarne un Varun tout en nuance, d’une douceur et d’une force justement dosées, voilà qui fera taire les mauvaises langues qui ne voient en lui qu’un énième éphèbe sachant danser, critiques souvent dirigées envers Sonakshi également, et qu’elle met à mal tout autant que son partenaire à l’écran. Son jeu, plus en force que celui de Ranveer, s’adapte merveilleusement au caractère de Pakhi. Voilà la preuve que lorsqu’on sait les diriger, les deux acteurs ont un immense talent à mettre au service d’un projet intéressant.
Cependant, n’oublions pas de mentionner le travail impeccable de Barun Chanda (qui a débuté sous la direction de Satyajit Ray) en père aimant dépassé par le nouveau monde qui frappe à sa porte, le rôle trop court de la délicieuse Divya Dutta, ainsi que la très belle présence de Vikrant Massey, plus connu des amateurs de séries puisqu’il fait notamment partie de la distribution du grand succès télévisé de ces deux dernières années Qubool Hai.

Si Lootera décrit une relation amoureuse d’abord impossible, c’est également un très bel hommage à la relation père/fille, à cet amour inconditionnel et puissant d’un père pour son enfant, et ses réticences face à celui qui vient lui voler son trésor.

Lorsqu’on pense qu’un film de cette qualité n’est finalement que la seconde réalisation de Motwani , on peut se permettre d’être très optimiste quant à son avenir à Bombay, et d’être impatient de voir les merveilles qu’il nous réserve à l’avenir.

Une belle histoire sur la rédemption, le sacrifice, le devoir, l’acceptation de l’inévitable et la capacité à transformer l’amour en source d’énergie.



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