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Love Aaj Kal

Publié vendredi 24 juillet 2009
Dernière modification lundi 27 juillet 2009
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Par Jordan White

Rubrique Albums
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Très attendue, la BOF de Love Aaj Kal est disponible depuis quelques jours. Une bonne occasion pour vous parler de la déception ou du demi-succès qu’elle représente, c’est selon. L’attente était là, elle n’est pas récompensée, même si l’on peut y trouver matière à débat d’une part mais aussi source de tubes qui vont forcément faire danser nombre de personnes sur le dancefloor. Sans rien ajouter au paysage musical actuel.

Pritam, capable de produire et de composer de bons tubes (Singh is Kinng et Jee Karda par exemple) mais aussi des oeuvres très mineures voire très décevantes (Life in a metro, Woh Lamhe), ne se gêne surtout pas pour piquer des mélodies à droite à gauche, pour remixer à sa façon ce qui fonctionne ailleurs et peut donc fonctionner selon lui à Mumbai. Certes il n’est pas le premier musicien à le faire. Si l’on réécoute Mehbooba du légendaire Sholay on n’aura aucun mal à reconnaître la mélodie du tube de Demis Roussos intitulé Say you love me dont le génial RD Burman s’est manifestement beaucoup inspiré. Idem pour le duo Salim/Sulaiman qui reprend les fameuses paroles d’une chanson d’un film de Raj Kapoor Mera Joota Hai Japani, pour leur Phir Milenge Chalte Chalte. L’essentiel n’est pas dans l’inspiration mais dans ce que l’on en fait, d’un point de vue créatif.

Reprendre les éléments d’une mélodie, son air n’est en soit pas un scandale. Plagier sans l’admettre est déjà moins sympathique. Comme certains réalisateurs jouant trop sur le comique de situation ou running gag, Pritam possède ce côté théâtral qui peut agacer ; à ce titre il fallait le voir dans tous les clips de Life in a metro, sous la pluie comme en intérieur. Ce n’est pourtant pas faute de démarrer tambour battant avec Twist, proclamé un peu vite hit de l’été. Le morceau est agréablement chanté par Neeraj Shridar qui s’est fait une spécialité du chant punjabi. A écouter de plus près, l’intro est pourtant plagiée sur celle d’un film de Madhubala, le morceau Ek pardesi mera dil le gaya ainsi que l’air Man Dole dans le Nagin original de 1954, lui-même remaké en 1976 (et l’air de chanson pompé derechef par Pritam) . Il reprend ces airs et y ajoute le son moderne : style r’n’b, chant enjoué, riffs électriques discrets, dhols.

A l’écoute de Chor Bazaari, l’air rappelle la volonté qu’était celle d’Ab To Forever de Ta Ra Rum Pum : du reggaeton/dance sympathique mais très oubliable dans une ambiance qui se veut cool et le sera très probablement en images. Malheureusement le morceau, surtout dans son refrain, ne décolle pas vraiment (y compris quand il s’essaie aux notes de trompette, au vocoder, au pont avec une touche d’électro).

Répétant ad nauseam les mêmes paroles, Aahun Aahun est assez usante au fil des écoutes malgré l’euphorie des débuts et toute la bonne volonté associée. Aahun Aahun, comme un nombre important de titres, surfe sur la vague punjabie et sur les airs bhangra qui ont une cote hallucinante en ce moment. La faute n’en revient pas à Neeraj Shridhar (chanteur attachant), ni à la composition qui aurait pu être écrite par RDB (déjà présents sur la BOF de Kambakkht Ishq dès le titre d’ouverture, bis repetita). La faute à une structure mélodique inégale, déjà entendue, déjà copiée et ici ne semblant plus pouvoir s’arrêter dans un dernier refrain pesant. Le problème vient aussi de ce sentiment que le disque, malgré déjà trois titres, ne va jamais décoller.

Pourtant le potentiel est là : production efficace, chanteurs parmi les plus doués de leur génération. Mais la sauce ne prend pas vraiment, ou alors de façon si inégale que cela est un peu frustrant. Même Mohit Chauhan qui nous a beaucoup émus ces derniers temps (Delhi 6, New York, Let’s Dance) refait du Mohit Chauhan sur le titre Dooriyan sans renouveler son registre.

Il a déjà été plus inspiré. Tout comme a pu l’être Rahat Fateh Ali Khan qui nous propose un Aaj Din Chadeya sympathique mais pas très mémorable. On est loin de la finesse d’un titre comme Tujhe Mein Rab Dikta Hai, même si l’intro façon caisse claire jazzy et la belle présence de la gratte acoustique sont agréables.

Pritam nous propose ensuite un autre bhangra, Thoda Thoda Pyaar, qui veut décoller avant même d’avoir commencé en s’inspirant très fortement d’une chanson d’Aloo Chaat, Boliyan, surtout pour son intro (chanson qui elle-même reprend la mélodie de Dilwale Dulhania Le Jayenge). Le morceau se révèle très vite fatigant avec son flot de paroles continues, son refrain se voulant énergique mais cachant assez mal un manque d’inspiration. Cela dit, on peut y être sensible comme rejeter en bloc.

Love Aaj Kal n’est donc pas insupportable, loin s’en faut. Mais l’attente créée et le résultat final peuvent décevoir. A moins que vous ne soyez charmé(e)s à nouveau par le duo Imtiaz/Pritam qui avait déjà produit le très oubliable Jab We Met (film et musique).

La bande-annonce du film :


Année : 2009

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