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Luck

Traduction : Chance

Bande originale

Luck Aazma
Khudaya Ve
Jee Le [Luck]
Aazma — Luck Is The Key
Laaga Le
Khudaya Ve (Radio Mix)
Luck Aazma (Remix)
Jee Le (Remix)
Khudaya Ve (Remix)

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La critique de Fantastikindia

Par Laurent - le 4 août 2009

Note :
(4.5/10)

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Ram Mehra (Imran Khan) est un jeune homme honnête, mais dont la famille a des problèmes d’argent. Après avoir commis un vol à la banque où il travaille dans le but d’aider sa mère, sa bonne fortune le sauve lorsqu’il croise la route de Lakhaan Tamaang (Danny Denzongpa), qui lui permet de gagner de l’argent dans des paris. Il a en effet décelé la chance insolente dont jouit Ram, et l’oblige à effectuer un dernier travail, pour lequel il gagnera 20 crore en 20 jours : sous la direction de Moussa (Sanjay Dutt), un obsédé des paris risqués, plusieurs personnes sélectionnées pour leur chance extraordinaire, dont Ram et le militaire Jabbar Pratap Singh (Mithun Chakraborty), s’affronteront dans des épreuves dangereuses auxquelles elles devront survivre…

Deuxième réalisation de Soham Shah après le médiocre film d’épouvante Kaal en 2005, Luck se veut un thriller pas comme les autres et, dans une certaine mesure, il est assez original à sa manière. Cependant, précisons-le d’emblée, on ne peut goûter à un tel film que si l’on a au préalable accepté son postulat défiant toute vraisemblance, présupposant que certaines personnes peuvent avoir une chance sans limite qui les sortirait des pièges les plus inextricables. Le problème, c’est que ce point de départ fantaisiste n’est jamais vraiment crédible, puisqu’il n’est étayé que par des naïvetés (« La seule chose de sûre à propos de la chance, c’est qu’elle tournera », peut-on lire sur l’affiche) et des répliques à l’emphase facile (« La chance sourit toujours à ceux qui jouent avec le cœur »).

C’est bien dommage, car cela casse parfois le suspense des épreuves que doivent subir les concurrents, qui comportent aussi bien des véhicules rapides (trains, hélicoptères) que des armes à feu (une roulette russe collective notamment) et des champs de mines… Tous ces éléments sont même combinés dans l’efficace climax, dont la surenchère d’action rappelle le long final du premier Dhoom. Si l’on ajoute à cela une séquence forte avec des requins, on peut au moins féliciter le réalisateur pour avoir jalonné son film de scènes divertissantes, bien filmées et montées (il faut d’ailleurs inclure dans le lot les clips modernes des deux génériques, typiques des années 2000, les autres chansons entraînantes servant habilement de fond sonore aux « montages de transition » entre deux scènes importantes).

Manque de pot, si les séquences d’action constituent l’atout principal du film, Soham Shah a complètement négligé ses personnages : alors qu’il a engagé une belle brochette d’acteurs talentueux et plutôt sobres, leurs rôles manquent d’épaisseur, et on se désintéresse vite de leurs aventures puisqu’on n’éprouve aucune empathie pour eux, que ce soit pour Imran Khan, qui passe le plus clair de son temps à froncer ses épais sourcils, ou la charmante Shruti Hassan, fille du grand acteur tamoul Kamal Hassan. Même les prestations des fringants sexagénaires Danny Denzongpa et Mithun Chakraborty n’ont pas grande saveur, et seul Sanjay Dutt, qui a certes un rôle taillé sur mesure, sort un peu du lot avec son personnage caricatural de bad guy obsédé par sa propre chance (sic), qu’il interprète avec un certain entrain…

Au final, on a donc droit à un film assez vide, qui ne se laisse regarder d’un œil distrait que grâce aux scènes de cascades diverses, ludiques et peu abrutissantes si on les compare par exemple à celles du ridicule et encore moins réussi Dhoom 2. Sans être d’un ennui mortel, Luck est un film d’action très moyen qui vieillira mal, l’équivalent d’un petit direct-to-DVD américain, même s’il est plutôt violent pour un film d’action bollywoodien. Pari perdu en tout cas pour le réalisateur (quoique, Kaal était nettement plus pénible) comme pour les acteurs, Imran Khan le premier, qui réitère aux côtés de Sanjay la déception de Kidnap.

Au box-office non plus, Luck et ses dialogues affectés n’ont pas rencontré le succès escompté, et le bouche-à-oreille négatif a même contribué, paraît-il, à faire de ce film l’objet de toutes les railleries de la part des spectateurs de cinéma indiens, au même titre que Ram Gopal Varma Ki Aag et Tashan en 2007-2008.

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