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Luck by Chance

Traduction : Chance par hasard

Bande originale

Yeh Zindagi Bhi
Baawre
Pyaar Ki Dastaan
Yeh Aaj Kya Ho Gaya
Sapnon Se Bhare Naina
O Rahi Re
Baawre (Remix)

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La critique de Fantastikindia

Par Kendra - le 26 février 2009

Note :
(6.5/10)

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L’année 2001 a fait connaître au monde du cinéma l’enfant terrible du poète/parolier/scénariste Javed Akhtar, Farhan de son prénom et réalisateur de son état. S’ensuit un très joli parcours, même si ses films ne rencontrent pas un succès populaire (Lakshya) la critique est toujours de son côté. Puis en 2008, le jeune réalisateur réserve une surprise de taille en jouant le premier rôle de Rock On !! : c’est également un acteur, et un bon !
2009 arrive et voilà qu’une autre membre de la famille fait ses premiers pas en tant que réalisatrice, Zoya, la soeur de Farhan. Au vu du pedigree familial et de la communication autour de sa première oeuvre Luck by Chance, les attentes sont énormes.

Nul doute que Zoya Akhtar soit une véritable passionnée de cinéma, dans le sens le plus noble du terme. Elle rend hommage à tous ceux qui le font, dans un très joli générique laissant augurer du meilleur pour la suite. Personne n’est oublié, ni le chaiwallah, ni le portier, le costumier, le couturier ou les éternels junior artists. La réalisatrice a pour but bien avoué de dépeindre la dure réalité de ces centaines de jeunes acteurs et actrices qui triment pour l’amour de l’art, des réalisateurs et producteurs, de la difficulté de concilier exigences artistiques et financières.
Sona ne rechigne devant aucun second rôle, aucune apparition dans l’espoir de percer un jour ; son voisin Abhi est lui aussi acteur et prépare une pièce de théâtre entre deux castings. Il retrouve son ami Vikram, directement arrivé de Delhi, qui compte bien laisser sa trace dans l’histoire de Filmcity. On suit également le producteur Romy Rolly et sa femme, aux prises avec les états d’âme de leur poulain, la star Zafar Khan et l’ancienne gloire qui tente de lancer sa fille Nikki sur le devant de la scène.

Luck by Chance est jalonné de quelques scènes absolument délectables, avec d’excellentes idées de la part de la scénariste/réalisatrice. La critique est parfois jubilatoire, comme la chanson Baawre, métaphore comparant le cinéma à un véritable cirque ; ou comme cette séance "couvertures de magazines" où les deux aspirants-stars proclament "nous sommes juste de très bons amis" (cela ne vous rappelle pas une ou deux couvertures de Filmfare ?). Zoya Akhtar pointe l’opportunisme mais surtout l’ego surdimensionné qui peut faire d’une étoile montante une étoile filante.

Pourtant, il y a un "mais". La critique est présente certes, mais elle est loin d’être acerbe. Le ton manque de piquant, d’acidité et de cruauté tant la réalisatrice n’a pas voulu blesser les artisans du cinéma. Ses personnages ont presque tous des réactions déplacées, mais ont toujours une bonne excuse. L’amorce d’un très bon film est là, mais le tout retombe vite un peu avant l’intermission.
Il manque beaucoup d’énergie et de fluidité à Luck by Chance ainsi que ce petit quelque chose qui devrait le rendre attachant. Ce ne sont qu’enchaînements de scènes minutieusement travaillées mais sans forcément d’âme au final. Le milieu du film traîne beaucoup trop en longueur, on s’ennuie parfois, mais surtout la réalisatrice noie son message dans des détours inintéressants laissant le spectateur au mieux de marbre, au pire endormi. Le tournage du film de Vikram et Nikki, Dil ki aag ("Les feux de l’amour"… pardon, du coeur) prend bien trop de temps, notamment à cause de la chanson Pyaar ki dastaan, mise en abîme du tournage d’une chanson d’amour qui se veut caricaturale mais qui est pourtant on ne peut plus conventionnelle.

Les relations entre les personnages sont aussi inégales. Si le couple mère/fille a un ton très juste (superbe Dimple Kapadia dans un rôle tout en nuances), le couple Sona/Vikram fait faux, le spectateur n’a pas le temps de s’attacher à eux que les problèmes arrivent déjà. Le film est porté par Konkona Sen Sharma qui insuffle un charme et une finesse à chacun de ses rôles et ne manque pas, encore une fois, d’impressionner. Si Farhan Akhtar fait un travail honnête, son personnage est plutôt banal finalement, un opportuniste de plus au discours égoïste. C’est peut-être Hrithik Roshan qui a la chance d’avoir le rôle le plus intéressant, très sombre au final, d’un acteur aux prises avec ses démons. Le souci du détail et le début d’une réflexion intéressante se retrouvent dans ce plan où la superstar fait face à ses fans, des enfants qu’elle divertit derrière la vitre de sa voiture climatisée.

Contrairement aux attentes, Luck by Chance n’a pas séduit le public du tout, et floppe au box-office. Le bouche-à-oreille ne lui aura laissé aucune chance, son ton en demi-teinte n’ayant su trouver preneur ; même les nombreux caméos de superstars telles que SRK ou Aamir Khan n’ont pu faire déplacer les foules. Un film techniquement bon, très pointilleux dans les détails et les nombreuses références ; malheureusement une beauté froide laissant un goût d’inachevé fort désagréable.

Vous pourrez retrouver la critique musique de Jordan White ici

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